Le Vendredi 13 Juin 2008
Eric Laurrent reçoit le prix Lavinal - Printemps des lecteurs 2008 au Château Lynch-Bages. Récit.
Un grand type timide et élégant, le cheveu gris et ras et l’oreille ornée d’un anneau pour seule fantaisie. Un écrivain. Eric Laurrent recevait hier son prix Lavinal Printemps des lecteurs 2008, entouré des membres de la Commanderie du Bontemps, des jurés qui l’ont élu, des librairies qui lont sélectionné et de quelques invités.
Un petit retour en arrière
Lorsque les libraires du rayon Littérature de la librairie ont eu l’idée de créer un prix, ce dernier devait avoir la double responsabilité de refléter leurs goûts ainsi que celui de quelques clients fidèles avec lesquels ils aimaient échanger au coin d’une table. Il devait également s’insérer dans la masse des prix littéraires aux objets et aux dotations tous plus originaux en se proposant d’élire l’un de ces romans qui, hasard des calendriers de parutions, échappent généralement aux prix. Ces derniers sont pour la plupart attribués à la fin de l’automne à des ouvrages parus dans les quelques mois qui précèdent. Un livre qui aurait le malheur – ou la chance – de paraître en une autre saison se verrait de fait écarté de toute sélection. Les jurys sont humains, ils ne peuvent tout lire, hélas pour nous, tant mieux pour eux.
Nous voici donc avec ce prix Lavinal – Printemps des lecteurs auquel ont tôt fait de s’associer France 3 Aquitaine, Radio France Bleu Gironde, le journal Sud-Ouest ainsi que Jean-Michel Cazes, vigneron et mécène, par l’intermédiaire de son Café Lavinal, à Bages, aux portes de Pauillac.
Ceux d’entre vous qui ont suivi les aventures des auteurs sélectionnés et du jury chargé de les départager sur le blog que nous avons créés à cette fin peuvent sauter ce passage…
Un jury fut donc constitué qui rassemblait cinq lecteurs choisis par les libraires pour la pertinence de leur avis argumentés et leur amour de la littérature ainsi que les représentants des différents partenaires du prix. Ce jur, se réunit un beau soir de mai au Chapon Fin et, autour de mets fins, débattît longuement des mérites et défauts des œuvres qui leur étaient proposées. De là, il ressortit que les six ouvrages sélectionnés possédaient certes de grandes qualités, qui furent d’ailleurs âprement débattues, mais qu’un seul devait l’emporter. Au bout de deux tours de scrutin, un seul nom demeurait, un nom inscrit sur la couverture blanche des éditions de Minuit : Eric Laurrent, pour Renaissance italienne.
Sitôt connu le résultat, contact fut pris avec les éditions à l’étoile dont la directrice Irène Lindon fut enchantée par la nouvelle. Elle organisa donc le voyage du lauréat dans nos contrées viticoles, charge à nous – et à nos amis – de recevoir l’auteur en faisant honneur à nos traditions d’hospitalité et de savoir-vivre.
Ce jeudi-là, donc...
Jean-Michel Cazes et son Café Lavinal mirent les petits plats dans les grands et, sous un ciel menaçant d’orages, les chevaliers de la confrérie médocaine du Bontemps reçurent en leur sein Eric Laurrent qui endossa donc la cape écarlate et jura fidélité à Dionysos et à ses mânes. Il fit ensuite le tour des cuviers et chais. Vint ensuite le temps du cocktail où l’auteur put enfin rencontrer ceux qui l’avaient couronné et discuter en leur compagnie de ce qui fait le sel du style. Les obligatoires télévisions et radios réclamèrent alors leur part de l’événement et Eric Laurrent nous fut enlevé, repartant dôté d’un double magnum de Lynch-Bages 2001 (dont les vertus inspiratrices sont scientifiquement prouvées), d’une invitation à revenir nous visiter et d’une solide dizaine de nouveaux amis, aussi charmés que conquis.

Eric Laurrent, Chevalier du Bontemps et lauréat du prix Lavinal
Souhaitons maintenant à Eric Laurrent et à sa Renaissance italienne une carrière aussi belle que celle que celle que connût Nicolski du canadien francophone Nicolas Dickner, premier lauréat de notre prix. Félicitons les libraires d’avoir su si bien choisir parmi tous les titres de ce début d’année ceux qui composèrent cette sélction. Rendons aussi hommage à ceux que la palme à caressé de son ombre sans toutesfois les toucher : Véronique Ovaldé, consolée par le Prix France Culture, Mathieu Larnaudie, dont le beau Strangulation devrait encore faire parler, Marie-Hélène Lafon, dont Les derniers Indiens ont ému plus d’un juré, Guillaume Lecasble et se femmes siciliennes en colère dans Linge sale et enfin Eric Faye et son Homme sans empreintes dont la renommée critique n’a pas eu à souffrir de cette absence de couronne. Nous nous retrouverons, c’est certain.
Les plus curieux retrouveront ce texte sur le MollatBlog du prix Lavinal - Printemps des lecteurs , ainsi que quelques images de la cérémonie de remise du prix.