Dieu n'est pas mort... mais il est un peu malade
Dieu n'est pas mort... mais il est un peu malade
entretiens avec Brigitte Canuel
Auteurs : Odon Vallet - Brigitte Canuel
Éditeur : Bayard, Paris
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Résumé

L'auteur, historien des religions, s'intéresse à la transmission de la foi dans toutes les religions et tente de trouver une réponse à la crise du monde occidental. Il interroge le rapport de l'individu à la croyance et son lien essentiel à l'enfance.

Quatrième de couverture

Baisse vertigineuse de la fréquentation des églises, du nombre de vocations, de baptêmes, de mariages... La religion catholique n'a jamais été autant discutée et si peu pratiquée dans notre pays. Comment affronter cette crise sans précédent? De quelle manière transmettre la religion aujourd'hui? Faut-il consentir au déclin inéluctable ou réagir aux pesanteurs?

C'est bien sûr la seconde option que choisit ici Odon Vallet, interrogé par Brigitte Canuel. Avec la rigueur et le sens de la formule qu'on lui connaît, il aborde l'ensemble des défis que doit affronter l'Église, sans aucun tabou: le célibat des prêtres, les ministères féminins, la messe en latin, l'avenir de la confession, l'explosion du nombre de divorces et de mariages mixtes... Ce faisant et contrairement à une idée fort répandue, il montre que les problèmes du catholicisme concernent aussi les autres religions pratiquées en France.

Tour à tour critique, confiant et drôle, cet examen sans concession reste le meilleur rempart contre l'abandon ou la nostalgie.


Coup de coeur

Par Arnaud de Gail.

Libraire au rayon Religions et Esotérisme

de Gail ArnaudComment être catholique aujourd'hui ? Un essai réjouissant et provocateur d'Odon Vallet.

A la question Dieu est-il mort ?, Odon Vallet répond, avec le sens de la formule qu’on lui connaît : non, mais il est un peu malade !...Ce qui pourrait passer pour un simple trait d’esprit  résume en fait bien la crise que semble traverser actuellement la religion catholique. Un dieu malade, sous-entendu déserté, mis à distance. Les mots ne sont pas trop forts si l’on en croit l’auteur : les églises sont de moins en moins fréquentées, baptêmes et mariages sont en chute libre et les vocations se font de plus en plus rares. A ce constat déjà peu réjouissant s’ajoute la liste des défis que doit actuellement relever l’Eglise : les mariages mixtes, la messe en latin, le célibat des prêtres, les ministères féminins…

Alors, pour aborder ces questions simplement, on s’en remet à Odon Vallet qui n’a plus rien à prouver sur ses talents de vulgarisateur. Tour à tour grave, nostalgique ou léger, l’auteur nous amène peu à peu à prendre du recul sur cette religion vieille de deux mille ans, et comme à son habitude, dresse un parallèle avec les autres branches européennes du christianisme, ainsi que celles d’Asie dont il est aussi un spécialiste. L’intérêt de l’ouvrage n’est pas de proposer une analyse de fond de cette « crise » du catholicisme. La trame n’est ni historique, ni anthropologique. Ce livre, qui s’adresse à tout le monde, pose des questions simples et donne des réponses simples, sous forme de dialogue, à travers huit courts chapitres (baptêmes, mariages, vocations des prêtres,… ) et permet ainsi de dresser un panorama concis des grandes questions que l’Eglise devra rapidement prendre en compte si elle veut rester dynamique.

Mais derrière ce rapide tour d’horizon se dessine une problématique fondamentale, celle du lien entre la mondialisation et le fait religieux. A l’heure de l’ouverture des frontières, la religion est, semble-t-il, de plus en plus choisie et de moins en moins subie. Le christianisme occidental doit faire face à la concurrence d’autres modes de spiritualité, que ce soit un athéisme de plus en plus assumé ou encore l’attrait croissant des religions orientales – principalement l’hindouisme ou le bouddhisme – qui semblent de mieux en mieux correspondre aux préoccupations des Occidentaux. Par exemple, que peut proposer actuellement le catholicisme, religion « universelle »par essence, centrée sur le partage et moins sur la personne, à une société de plus en plus individualiste ? Face à un bouddhisme que chacun peut pratiquer " à la carte", suivant ses besoins et ses humeurs, dont les dogmes semblent plus flous, notre bon vieux catholicisme donne l'impression de n'être plus très en phase avec l'Occident. Mais si l’auteur est réaliste sur ces questions,  il n’est certainement pas fataliste. Le dieu souffrant n’est point mourant. A l’Eglise de prouver qu’elle est capable de s’adapter à une société qui change.