Etudes consacrées à l'abolitionnisme en Europe occidentale. Des spécialistes de l'histoire de l'abolitionnisme occidental tentent de comprendre de quelle façon les abolitionnistes tels que Montesquieu ou Tocqueville percevaient leurs actions. Ils replacent également ce mouvement dans un processus plus vaste qui est celui de la démocratisation des sociétés.
À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour la première fois dans
l'histoire du monde, des hommes et des femmes s'assemblèrent
afin, non pas de réformer le système esclavagiste ou bien d'aider
à l'affranchissement de certains esclaves, mais de mettre un terme définitif à
l'institution esclavagiste dans son ensemble. Cette «formidable expérience»,
comme l'ont appelée les abolitionnistes anglais, a depuis lors suscité maintes
interprétations. Mais l'essentiel de l'effort a porté en direction de l'abolitionnisme
britannique, ainsi qu'à la recherche de la cause ou du facteur capable d'expliquer
cette profonde mutation.
Quelques-uns des meilleurs spécialistes internationaux de l'histoire de
l'abolitionnisme occidental ont bien voulu, ici, se prêter à un autre exercice :
essayer, non pas d'expliquer, mais de comprendre comment les abolitionnistes
percevaient eux-mêmes les choses, en se focalisant pour cela sur trois pays
de l'Europe continentale, la France, le Portugal et la Suisse. On comprend
alors combien le combat mené par les abolitionnistes était véritablement
révolutionnaire, mais aussi combien ces derniers étaient attachés à la mise en
pratique de méthodes réformistes.
Avec ses forces, ses faiblesses et ses ambiguïtés, l'abolitionnisme européen est
ainsi replacé dans un processus plus vaste, dont il est issu et qu'il a aussi sans doute
conduit à orienter : celui de la progressive démocratisation et «modernisation»
de nos sociétés européennes.