La subversion des images
Contient un coup de coeur

La subversion des images
surréalisme, photographie, film

sous la direction de Quentin Bajac, Clément Chéroux

Clément Chéroux, Michel Poivert, Guillaume Legall et al.

Éditeur : Ed. du Centre Pompidou, Paris

Description : 479 pages; (31 x 24 cm)

EAN13 : 9782844263902



Résumé

Exploration des liens entre le mouvement surréaliste, la photographie et le cinéma, à travers des clichés de Man Ray, Bellmer, Cahun, Ubac, Boiffard, Tabard, etc. L'ouvrage montre les essais sur les différents usages de la photographie par les surréalistes réunis autour de Breton, de Bataille, etc. Publié à l'occasion d'une exposition présentée à Paris, Winterthour et Madrid.


Quatrième de couverture

« Le vice appelé Surréalisme est l'emploi déréglé et passionnel du stupéfiant image », écrivait Louis Aragon. « Passionnel » et « déréglé », nul autre qualificatif ne semble mieux décrire l'usage que les surréalistes ont fait des images. La photographie est omniprésente dans les différentes activités du groupe : elle se collectionne et s'échange ; elle accompagne la publication des livres, des revues et de quelques tracts ; elle inspire des textes ou des jeux ; elle devient oeuvre entre les mains de certains et s'expose aux côtés des peintures, des sculptures, ou des objets surréalistes. Elle est aussi importante dans leur vie que dans leur art. À travers près de 500 reproductions d'oeuvres et de documents visuels, des essais historiques et théoriques, ainsi qu'une anthologie de textes, ce livre a pour ambition de recenser et d'étudier les multiples utilisations de la photographie par les surréalistes. Il rassemble un large florilège des plus belles épreuves de Man Ray, Hans Bellmer, ou Claude Cahun, présente des oeuvres peu connues comme les photomontages d'André Breton, Paul Eluard ou Antonin Artaud, et fait découvrir des corpus restés jusqu'alors confidentiels : les objets photographiques de Léo Malet, les montages d'images de Benjamin Fondane, les abstractions d'Artür Harfaux et bien plus encore. Par-delà l'hétérogénéité des pratiques et des formes plastiques, l'enjeu de cet ouvrage est de mesurer la rupture introduite par les images modernes - la photographie, mais aussi le cinéma - dans le régime des représentations traditionnelles. Reprenant les mots d'Arthur Rimbaud, les surréalistes voulaient « changer la vie ». Mais ils avaient compris que pour changer la vie, il fallait commencer par changer la vue, « C'est par la force des images, affirmait Breton, que [...] pourraient bien s'accomplir les vraies révolutions. »

 

Paru le : 14/10/2009


Thématique : Beaux-Arts - Peinture et Sculpture - Peinture, dessin et sculpture


Éditeur : Ed. du Centre Pompidou , Paris


Collection : Non précisé


Reliure : Non précisé


Description : 479 pages; (31 x 24 cm)


ISBN : 978-2-84426-390-2


EAN13 : 9782844263902

La subversion des images / surréalisme, photographie, film : exposition, Centre Pompidou, 23 septemb

LA SUBVERSION DES IMAGES

« Changer la vue, cet espoir qui peut paraître insensé, n'en aura pas moins été l'un des grands mobiles de l'activité surréaliste » André Breton




Le Surréalisme fit un usage intense de la photographie : illustration de livres, de revues ; objets intégrés dans des collages ou sculptures ; images à collectionner … Néanmoins on ne peut définir la photographie surréaliste tant est large le spectre de leur inspiration, de l'image documentaire à la photographie expérimentale.
Aussi le catalogue imposant et richement illustré de l'exposition au Centre Pompidou, La Subversion des images, analyse-t-il plus justement les différents usages et fonctions de la photographie dans le mouvement surréaliste. La photographie, un procédé optique mécanique, constitue pour Le Surréalisme le pendant visuel de l'écriture automatique. C'est ainsi que les surréalistes s'amusèrent follement, par exemple, avec les photomatons dont les premières cabines furent installées à Paris en 1928.
La subversion des images peut s'entendre de différentes manières :
D'une part une subversion des images elles-mêmes. Une attaque contre la photographie considérée comme simple procédé de reproduction de la réalité et jusqu'à l'affirmation de l'autonomie de l'image (une image pour elle-même et non l'image de quelque chose). Les surréalistes firent des photographies sans appareil en travaillant directement sur la pellicule sensible ( « rayogrammes » de Man Ray), jouèrent des effets de solarisation, surimpression, grattage, brûlage, distorsion ; firent des photomontages, des collages …
Autant expérimentations destinées à donner une traduction visuelle à des images mentales, rêves, hallucinations ou à créer de nouvelles réalités.
D'autre part une subversion par l'image, la photographie devient un instrument destiné à perturber la perception du spectateur, voire à le choquer (images pornographiques d'Hans Bellmer ou les rognons de porc de Wols) mais aussi et souvent en même temps à révéler un merveilleux caché sous les apparences d'un quotidien banal (graffitis de Brassaï)
La pratique de la photographie par les surréalistes montre une volonté de tout voir et de tout montrer. Une pulsion scopique et un désir exhibitionniste très contemporains ( cf. vidéos ou photos circulant sur le net ou sur les téléphones portables ;images pornographiques, caméras de surveillance omniprésentes …). Mais la force subversive des images photographiques faites par les surréalistes reste intacte tant leur désir à la fois de révéler le réel et de l'inventer y est manifeste.
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