Deux camps opposés à la mondialisation, d'un côté, les mollahs dénonçant l'Occident et la corruption du monde, de l'autre, les ennemis du capitalisme qui soulignent l'oppression exercée sur les peuples. L'auteur démontre que ces différents courants sont contredits par la réalité des faits, soulignant que la mondialisation est un processus non achevé.
La mondialisation actuelle est la troisième
mondialisation. Les deux premières, la
conquête de l'Amérique au XVIe siècle, puis
celle des comptoirs anglais au XIXe siècle, se
sont terminées en tragédie pour les populations concernées.
Les ennemis de la mondialisation se recrutent
aujourd'hui dans deux camps que tout oppose, mais
qui se nourrissent de ce témoignage de l'histoire. Celui
des «mollahs» qui résistent à «l'occidentalisation du
monde», et celui des anticapitalistes qui luttent contre
l'exploitation des peuples. Le premier groupe mène
une guerre des civilisations, le second, une lutte des
classes à l'échelle planétaire.
Ce livre montre que leur combat commun se trompe de
cible. La véritable faille de la troisième mondialisation
est ailleurs : elle fait naître des attentes auxquelles elle
est incapable de répondre. La conscience planétaire est
mondialisée, tandis que les forces économiques sont en
retard sur celle-ci. C'est parce qu'elle n'advient pas, et
non parce qu'elle est déjà advenue, que la mondialisation
aiguise les frustrations. Se méprendre sur ce
point, c'est construire la critique du monde contemporain
sur un formidable malentendu.