Publié en 1883, ce roman raconte une entreprise de percement de la Terre jusqu'en son centre afin de profiter de la chaleur du noyau comme source d'énergie intarissable, et décrit la cité nouvelle qui s'érige au-dessus de ce puits flamboyant, Industria City.
«C'est aux abords de la ville, au sein de l'active
fourmilière des faubourgs, qu'il faut voir cette
population d'automates, empressée aux travaux qui lui
sont confiés : les facteurs express et les commissionnaires
à vapeur, les forts de la halle, à air comprimé, hercules
en fer, à la marche pesante, portant sur leurs épaules des
montagnes de fardeaux ; les fiacres à grande vitesse,
retenus avec peine par leurs cochers mécaniques qui,
pour se faire place, cinglent, à grands coups de fouets
électriques, cette plèbe de métal, qui reçoit la décharge et
s'écarte en hurlant ; les phonographes qui transmettent
des ordres ou des nouvelles, qui lisent à haute voix les
journaux dont leur panse est remplie ; les microphones à
l'oreille fine, gavroches indiscrets et gouailleurs, qui
redisent tout ce qu'ils entendent, crient les confidences
qu'ils ont surprises, mugissent comme des taureaux à
l'oreille des sourds, et ajoutent, au tumulte affairé de la
rue populeuse, la surenchère de leurs ébats joyeux.»