Au sommaire notamment : Pour une histoire de l'ethnologie en Suède (M. Hellsprong) ; La folkloristique, une discipline mère ? (B. Klein) ; Les musées face à leur histoire culturelle (B. Svensson) ; Les cultures locales et l'Etat-Providence (J. Frykman, K. Hansen).
Au tournant des années 1960, la discipline ethnologique fait
peau neuve en Suède. Se dépouillant des vieux habits du folklore
pour se tourner vers la société contemporaine, la voilà qui s'ancre
dans le quotidien.
Les travaux ethnologiques vont de ce fait jouir d'une très large
audience publique, et les ethnologues apparaître comme des
«experts de la société quotidienne» auxquels il est bon de faire
appel. Ainsi vont-ils s'intéresser aux questions relatives aux
transformations sociales comme la présence d'immigrants issus
d'autres cultures, ou les rapports avec l'État providence, ou
encore le vieillissement de la population. Renommée «European
ethnology» et se pensant comme distincte de l'anthropologie
sociale et culturelle, la discipline allie désormais aux enquêtes
ethnographiques des études culturelles des faits sociaux, souvent
dans une perspective historique qui la rapproche de l'histoire des
mentalités françaises.
Ce numéro d'Ethnologie française présente donc les travaux
des ethnologues suédois qui ont changé la face de la discipline en
l'espace d'une génération. Le lecteur va pouvoir suivre un parcours
qui initie à une histoire de la discipline et à une cartographie
de ses frontières ; permet d'entendre la parole vivante de quelques
chercheurs suédois parmi les plus éminents ; met l'accent
sur quelques «terrains» particulièrement représentatifs des
investissements scientifiques actuels tant à Lund qu'à Malmö,
Stockholm, Södertörn et Botkyrka, Uppsala ou Umeå.