L'auteur revient sur les cinquante ans de la Ve République, depuis sa fondation par de Gaulle en 1958. Placé de par ses fonctions au coeur du système politique, F.-G. Maugarlone raconte comment il a vu fonctionner, dans ses grands et ses petits côtés, un pouvoir monarchique dont les Français paraissent se satisfaire.
«Histoire personnelle, puisque la cinquième République,
j'ai vécu avec elle dès ses débuts, ne l'ayant précédée que de peu
avec mes amis Julien Clerc et Laurent Theis, et j'ai poussé le
zèle jusqu'à l'assister plus de trente ans dans son sanctuaire du
Palais-Bourbon. Vieux fonctionnaire parlementaire, certains se
trouveront ainsi trois raisons pour m'honorer de leur discrédit.
J'en ajoute une quatrième : j'ai aimé l'Assemblée nationale.
«Seul un souci de vérité m'anime quand je décris Pompidou
en César Birotteau, Giscard d'Estaing en Narcisse se mirant
dans les yeux de la France, Chirac en cheval ayant oublié son
cavalier et Mitterrand en inventeur d'une forme originale de
sincérité, etc.
«Notre génération a grandi à l'ombre du général de Gaulle
et, la première depuis des lustres à n'avoir pas connu la guerre, a
fomenté une pseudo-révolution. Sur les ruines de nos illusions
flotte désormais le drapeau gris du sérieux. Il n'y a pas de
honte, au vu d'un bilan, à reconnaître les réalités, ce qui laisse
une petite chance de les transformer.»
F.-G. M.