Résumé
Céline rencontre le truand Garcin avant la rédaction de«Voyage au bout de la nuit». Ce dernier lui fournit des informations sur la pègre qu'il fréquente et alimente ainsi la mythomanie de Céline, que le personnage d'affranchi fascine. De 1929 à 1938, l'écrivain a adressé à Garcin 28 lettres qui constituent un apport précieux sur la genèse de l'oeuvre célinienne. Contient un appareil critique.
Quatrième de couverture
«J'ai un projet - tout autre chose, pas de politique ni de frauduleux
commerce, il faudra que je vous en fasse part, et vous
pourrez m'aider.» Ainsi Louis Destouches, médecin hygiéniste,
s'adresse-t-il, le 1er septembre 1929, à Joseph Garcin (1894-1962),
ancien combattant devenu proxénète. Un personnage comme il les
aime : viveur désabusé, aventurier sans scrupule, mais cultivé et
fidèle en amitié.
Autre qualité de Garcin, et non des moindres : il a vécu la fin de
la guerre à Londres, où la pègre n'a plus de secrets pour lui. Le
romancier voit aussitôt le profit qu'il pourra tirer de cette science
des bas-fonds, lui qui les connaît mal... C'est en quelque sorte
l'acte de naissance de Voyage au bout de la nuit (1932), gestation
dont Céline, de lettre en lettre, prend Garcin à témoin.
Ces vingt-huit lettres, présentées et commentées par Pierre Lainé,
constituent un apport essentiel à la connaissance de l'homme et de
l'écrivain. Céline y explore quelques-uns des thèmes qui hanteront
son oeuvre : le cauchemar de la guerre, la fatigue de vivre, l'appétit
de femmes, mais aussi la fatalité du mensonge et la montée des
fascismes - de tous les fascismes. Autant d'obsessions dont Pierre
Lainé évoque les prolongements jusqu'à Rigodon (1969), où plane
une dernière fois l'ombre posthume de Garcin...