Il Babbo




Il Babbo

Ivan Macaux

Éditeur : Stock Tous les livres chez l'éditeur Stock , Paris, Paris

Collection : Bleue Tous les livres dans la collection Bleue

Description : 219 pages; (22 x 14 cm)

EAN13 : 9782234074163


Résumé

Il Babbo parcourt les routes de France, entre la Côte d'Azur et Paris. Assis à son côté, son fils se remémore le destin tumultueux de cet homme hors du commun, mi-escroc, mi-idéaliste. Le père et son enfant à peine sorti de l'adolescence s'observent sans parvenir à se cerner l'un l'autre. Premier roman. ©Electre 2014

Quatrième de couverture

«Le voilà qui arrive. "Il Babbo". Il n'a rien d'italien, c'est ma mère qui l'est à moitié. C'est elle qui l'a surnommé ainsi pour nous. Avec l'accent, en tirant sur le "a". J'aime le sobriquet. Aux heures claires, il sent le babillage et la bulle savonneuse. Aux heures sombres, il claque comme une sentence enfantine : "Pas beau !"» Une semaine sur les routes de France, entre le Var et Paris, dans le sillage d'une vieille bagnole en bout de course. Il Babbo conduit. Sur le siège passager, son fils scrute le rétroviseur où défilent les souvenirs d'enfance, caprices et coups de poker de ce père au destin sinueux et spectaculaire. Qui est-il ce Babbo, cet homme jovial et interlope : idéaliste patenté ou escroc aux heures de bureau ? Et qui est vraiment ce narrateur ? Plus un adolescent, pas tout à fait un homme. Ce voyage, seul à seul, est un moment rare. Père et fils s'observent, se toisent, se cherchent. Le long des départementales, c'est le poids des silences et des non-dits que l'auteur convoie, et l'histoire d'une famille française, en creux, qu'il explore. Au fil des kilomètres, se croiseront l'Afrique et Barbara, Musclor et Stefan Zweig, des généraux soviétiques chez Tati, Lee Harvey Oswald et le porno.

 

Thématique : Littérature - Littérature française - Littérature française


Éditeur : Stock , Paris


Collection : Bleue


Reliure : Non précisé


Description : 219 pages; (22 x 14 cm)


ISBN : 978-2-234-07416-3


EAN13 : 9782234074163

Extrait du livre

En vingt ans de vie commune, je n'ai jamais connu mon père. J'ai cru y parvenir bien des fois, en vain. Rien que de très normal, sans doute. Le bonhomme est du genre changeant. Rien qui ne justifiât de ces nuits sans sommeil. Et pourtant, je ne suis pas dans mon assiette. Ça spaghettise dans le buffet, ça tirebouchonne dans le goulot. Anxieux, pour sûr, le narrateur. Je tente bien de prendre à partie le voyage qui s'annonce. Cela serait si simple de croire à une insomnie pré-road-trip la veille d'un grand départ. Cette boule épique d'excitation et de crainte. Du genre : cartes routières, check, brosse à dents, check, lunettes de soleil, check, penser à fermer les volets, le pique-nique, le linge qui sèche, ranger les chaises pliantes dans le jardin d'hiver, la table en fer forgé, couper l'électricité, pas l'eau, mettre la clé sous la bassine. Mais, au réveil, j'appréhende le tête-à-tête, bouledingue le tout dans mon crâne. Je gratte, sniffe, morfle. Je voudrais bien le percer, l'animal. Oh, pas l'hallali. J'suis pas Brutus. Non, pas faire pleurer sur mon épaule. Suis pas l'enfant prodigue non plus. Je voudrais qu'on se parle, quoi. Il est des moments qu'on a beau vouloir neutres, ils se présentent à vous sous l'impérieuse nécessité d'être de ceux qui comptent. Ils arrivent malgré soi. Ça va venir. C'est maintenant. Ou ça ne sera jamais. On claudique dans l'escalier, le pas lourd. La semelle, sous le poids, colle aux tomettes bancales. Poe, un pas. La main sur la rampe, elle glisse. Ça couine. Pas cirée, cette rampe. Poe, l'autre pied. Un temps. Il reprend son souffle. Ça résonne dans la vieille bâtisse. Il finira par descendre. Sa valise à la main. Pas besoin de le croiser. Une demi-heure d'avance. Comme toujours. Comme s'il «courait contre le temps». Chronophobe. C'est dans le dico. Enfin, pas la peur de vieillir chez lui. Le paternel, c'est plutôt la peur de rajeunir qui le tiraille. Il vient de passer toute sa vie à acquérir son sérieux. À chiner son statut. Sa légitimité à être. Désormais, ça y est, il peut jouer les vieux messieurs respectables. «À cheval sur les horaires.» Il croit transcender ses aléas de vie. Parfois, comme ce matin, il semble les surjouer. Il califourchonne, ouais. Il pantomime le bourgeois pressé, le workaholic en mal d'air dilettante, le businessman en week-end champêtre. L'homme de peu drapé de l'homme de bien. Le voilà qui arrive. «il babbo». Il n'a rien d'italien, c'est ma mère qui l'est à moitié. C'est elle qui l'a surnommé ainsi pour nous. Avec l'accent, en tirant sur le «a». J'aime le sobriquet. Aux heures claires, il sent le babillage et la bulle savonneuse. Aux heures sombres, il claque comme une sentence enfantine : «Pas beau !» J'ai senti le coup venir. Je le connais, le Babbo, j'avais anticipé. Mon sac est prêt. Il me regarde, étonné. Presque fier des valeurs transmises à sa descendance. Il me fait rire, j'le capte à des bornes à la ronde. Seulement, je me vexe car son regard me touche. Salaud. Laisse-toi m'être indifférent. Laisse-moi jouer les affranchis. D'accord, l'orgueil de t'être agréable ne se dissipe pas. Mais permets-moi de le croire, ça m'aiderait à grandir.
Ivan Macaux, quelle place tiennent les livres dans votre vie ?
C'est une façon de m'abstraire du monde, et pourtant de le comprendre.

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