L'histoire de la colonisation russe de la Tchétchénie, amorcée à la fin du XVIIIe siècle, racontée par un historien tchétchène. Le récit décrit la société que les généraux russes ont trouvée en arrivant sur place et les méthodes auxquelles ils ont recouru pour faire plier la résistance. Des figures de la résistance, telles Mansour ou Chamil, sont évoquées et l'islam soufi qui les soude, dépeint.
Pour comprendre les deux guerres qui ont ravagé la Tchétchénie
depuis 1994, il faut revenir à la conquête russe du Caucase, et
principalement à la résistance tchétchène au XIXe siècle. Cette
histoire a été jusqu'à présent écrite essentiellement par des
Russes. L'Aigle et le Loup présente pour la première fois, à un
large public français, une autre lecture d'un conflit qui a vu un
petit nombre de combattants déterminés tenir longtemps en
échec une immense armée.
L'historien tchétchène Maïrbek Vatchagaev décrit la société que
les généraux russes ont voulu soumettre, et les méthodes qu'ils
ont employées. Il fait le portrait des figures de la résistance,
sans cacher les dissensions et les rivalités. Son livre, écrit avec
Aude Merlin, permet de prendre la mesure de l'attachement
à la liberté et à l'indépendance de ceux qui se sont opposés
à la Russie. Il montre également comment s'est construite la
figure de deux ennemis irréductibles, encore en arrière-plan
des relations russo-tchétchènes aujourd'hui.
Un livre indispensable pour décrypter «un passé qui ne passe
pas».