A Genève, Anne-Catherine se sépare de son mari et veut se débarrasser d'un tableau. Elle demande une estimation à Guido Gianotti, le narrateur : il s'agit d'une peinture sur bois de la Renaissance florentine, qui servit de protection pour un tableau précieux qu'il doit identifier. Tout oppose cette femme de la haute société et ce fils d'immigré italien, pourtant leur attirance est immédiate.
Anne-Catherine avait appris à ouvrir une porte
comme on apprend la valse ou les arts de la
table, dans le souci de marquer son rang. Elle
y avait mis ce qu'il fallait d'impatience et de
sécheresse pour faire comprendre au visiteur :
Vous êtes ici chez moi, mon cher monsieur. Si
je veux, je vous chasse.
Sa poignée de main, courte et sûre, était celle
d'une sportive. Je l'imaginai montant à douze ans
des chevaux nommés Hoola-Hop, Confiture, ou
Zarathoustra.
- Mille et une excuses, je vous ai fait attendre
! Vous voulez bien me pardonner ?
Ses excuses sonnaient si faux que du coup
elles étaient d'une franchise absolue : Vous avez
droit à des excuses de façade, mon bon monsieur.
Vous ne vous attendiez pas à ce qu'elles
soient sincères ?