Plein présent




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Plein présent

Natacha Michel

Éditeur : Verdier Tous les livres chez l'éditeur Verdier , Lagrasse (Aude), Lagrasse (Aude)

Description : 283 pages; (22 x 14 cm)

EAN13 : 9782864327103


Résumé

Le 17 octobre 1961, Marianne est témoin de la répression violente de la manifestation pacifique des Algériens à Paris. L'évènement éveille en elle une conscience politique mais également une inquiétude qui fonde sa personnalité. A travers le récit de son amitié avec quatre jeunes filles, Colombe, Mélanie, Véronique et Josèphe, ce roman raconte la construction de soi dans les années 1960.

Quatrième de couverture

On peut résumer Plein présent de diverses façons : . C'est l'histoire d'un échec amoureux raconté par une jeune fille à quatre autres. Chacune en donne une interprétation différente. Un mythe est un récit qui connaît plusieurs versions. Le garçon qui suscite cet amour n'en serait-il pas un ? . C'est l'histoire d'une vengeance entraînant une intrigue qui nous mène en bateau et emporte dans son sillage une vieille et célèbre poétesse, un jeune Paraguayen, des individus aussi extravagants que peu recommandables. . C'est l'histoire des événements politiques qui le balisent : la guerre d'Algérie vue d'en France, du putsch des généraux en Algérie le 23 avril 1960 à la manifestation de Charonne le 8 février 1962, en passant ou plutôt en s'arrêtant sur le massacre des Algériens le 17 octobre 1961. Avec, en prime, un peu d'Espagne de Franco, refuge de l'OAS. Une autre façon de le raconter est celle du livre lui-même dans ce qu'il a de plus intime : l'amitié créatrice entre ces cinq filles, toutes différentes, contradictoires, qui se construisent les unes par les autres. Livre sur la joie d'exister et la difficulté d'être un homme, roman des personnages et d'un élan qui, s'il a pris source dans le passé, demeure plein présent. N. M.

 

Thématique : Littérature - Littérature française - Littérature française


Éditeur : Verdier , Lagrasse (Aude)


Collection : Non précisé


Reliure : Non précisé


Description : 283 pages; (22 x 14 cm)


ISBN : 978-2-86432-710-3


EAN13 : 9782864327103

Natacha Michel

Plein présent
, aux éditions Verdier

L'amitié créatrice entre cinq filles, toutes différentes, contradictoires, qui se construisent les unes par les autres.
Livre sur la joie d'exister et la difficulté d'être un homme, roman des personnages et d'un élan qui, s'il a pris source dans le passé, demeure plein présent.


La rencontre se fera avec Florence Delay.

Natacha Michel - Plein présent

Natacha Michel vous présente son ouvrage "Plein présent" aux éditions Verdier. Lectures de Florence Delay.

Extrait du livre

LA MONTAGNE MAGIQUE Le lieu ? Ici-bas. Cité Robert-Houdin, enclos de pavillons. Le temps ? Un février doux, trompant les fleurs et les plantes, au point du jour. Le personnage principal ? Marianne, Mélaine, Josèphe, oui, c'est un nom de fille, Colombe et Véronique. Décor et accessoires ? Vous verrez bien. Les trois coups que frappe l'annonceur avant le lever du rideau, seulement «Ohé ohé». Car, matin et soir, c'était «Ohé ohé». L'ohé matinal est celui du fakir. Il fait surgir une corde qui tient toute seule en l'air. Celle que vous venez voir loge, en plein Paris, au grenier d'une maison en ruine, y a-t-il façon de grimper plus vite vers elle ? Le cri monte droit, conduit par une glycine centenaire. A travers l'oeil-de-boeuf du toit passent un bras, une épaule. Et le flot d'une chevelure blonde roule sur les ardoises en pente. «Vraiment, c'est l'heure ? - Est-ce que tu viens aujourd'hui ?» Pour Marianne, l'école c'est : autorité et transgression, loi féroce et angoisse, pour Josèphe paradis, pour Colombe le gagner, pour Mélaine indifférence. Mélaine, prise jusqu'au cou dans un corset en plâtre, dormant sur une planche, les mains sur le drap, la tête sous l'oeil-de-boeuf, s'éveille. Cette sorte de pyjama prothèse qu'un début de tuberculose osseuse, une scoliose grave est le nom officiel, lui impose, elle s'y glisse quand personne n'est en vue. Mélaine, lièvre le jour, tortue la nuit ? Et chaque matin, Marianne, huit heures un quart, «Ohé ohé», vient réclamer qu'elle se lève - sinon c'est «Excusez-moi, madame, j'étais un peu souffrante», et Mélaine tend un mot qu'elle a elle-même écrit et signé, avec ce culot imperturbable qui laisse la professeur indécise. Marianne qui vient de l'autre quartier, qui vient des grands immeubles, pousse la porte jamais verrouillée de la maison. Une maison, imaginez, même si celle-ci, toute décrépite, marche victorieusement parmi les pavillons splendides comme un soldat de l'an II sans chaussures au milieu d'une haie de laquais chamarrés. Marianne pousse la porte, écoute le grondement timide de la gouttière, lance un regard à la véranda qui ceint le devant de la maison. Elle connaît bien cette véranda, aussi ventrue qu'une baleinière, son sol de plomb que les pluies ont plissé. Se bat avec une branche de la glycine mal attachée, barrant le perron, reçoit une pluie de pétales mouillés, monte très vite l'escalier en colimaçon, un, deux, trois étages jusqu'à Mélaine en pyjama blanc. «Salut. - Salut.» Salut au matin, un chien aboie, c'est le chien des voisins, mais : «Tu-me-prêtes-ton-caban-je-te-l'échange-contre-ma-veste-de-cuir. - Et-que-diras-ta-mère ?» Marianne jette un regard foudroyant à Mélaine. Le caban de Mélaine porte à la place du coeur un numéro de stock. Est-ce ainsi que les jeunes filles entrent dans la vie ? vêtues d'un vrai caban de marin, obtenu à coup sûr d'un surplus de l'armée ? Devant les rangs, les portes de la classe sont encore closes et les filles alignées comme-des-poules-sur-un-mur-picotant-du-pain-dur, une nouvelle apparaît : Mélaine. En visite. Sans cette humilité, cette égalité, cette impertinence, par laquelle se déclare, tour à tour, l'élève modèle, l'élève confiante, l'élève supérieure. Non. C'est quelqu'un, elles s'en aperçoivent sur-le-champ, à qui l'école est indifférente. Madame Hersant, histoire, qui converse de dos avec madame Planète, français, se sont ensemble retournées vers celle qui ose non seulement arriver en cours d'année, en cours de trimestre, en cours de journée, mais pire, à dix heures du matin.
Natacha Michel, quelle place tiennent les livres dans votre vie ?
Imagine-toi le livre, ses marges blanches, dieu merci si loin de la virginité, avec la belle cavalerie du texte qui passe en son milieu... il nous emporte jusqu'à nous-mêmes.