Dans le roman de Flaubert, Emma Bovary se suicide en prenant de l'arsenic. Ce poison n'agissant pas en une seule prise, et des ecchymoses ayant été découvertes sur le corps, deux inspecteurs de la police de Rouen décident d'enquêter. Divers personnages de«Madame Bovary»sont interrogés, à commencer par Charles, le veuf, Rodolphe, l'amant, le pharmacien Homais. Car Emma a été assassinée.
Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est
célèbre. Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions
et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle
se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du
moins ce que prétendra Flaubert. Or c'est un fait
reconnu que l'arsenic, en une seule prise, n'est presque
jamais mortel...
Voici ce qui s'est réellement passé : au chevet de la
jeune femme, deux médecins ont été appelés. L'un, le
docteur Canivet, relève des traces discrètes de contusions
; l'autre, le professeur Larivière, pourra témoigner
des derniers mots chuchotés par Emma :
«Assassinée, pas suicidée.»
Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville
afin d'élucider l'affaire. Et les voilà bientôt nantis de
plusieurs suspects possibles : un mari cocufié, un prêteur
sur gages, deux femmes de caractère, un cynique
libertin, un pharmacien concupiscent...
Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma
suffoquait d'ennui, Philippe Doumenc orchestre une
contre-enquête brillante et talentueuse - un vrai et noir
roman qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même
feignait d'ignorer.