Le point sur les nouvelles politiques publiques mises en place par les pouvoirs publics en matière de justice sociale et plus particulièrement de lutte contre l'exclusion et les discriminations et de réduction des inégalités.
La justice sociale est devenue en quelques décennies une référence
majeure de l'action publique. C'est en son nom que
l'État-providence est intervenu massivement après-guerre
dans des domaines non régaliens, qu'il a instauré des systèmes
ambitieux de solidarité collective et mis en oeuvre des politiques
sociales de réduction des inégalités, puis de lutte contre l'exclusion
et les discriminations.
Grevés par leur coût financier et leur manque d'efficacité, ces
dispositifs connaissent aujourd'hui des réformes profondes. Si
l'État social se revendique toujours de la justice sociale, il privilégie
désormais la contractualisation, la responsabilisation et le
ciblage des populations prioritaires, déplaçant du même coup le
curseur des droits acquis vers les devoirs, de la redistribution vers
la reconnaissance.
Tout en soulignant la portée, les enjeux et les limites de cette nouvelle
articulation entre justice sociale et efficacité économique, ce
dossier souligne aussi les difficultés de nos sociétés démocratiques
contemporaines à traduire dans l'action publique des
principes de justice sociale toujours susceptibles d'interprétations
et d'appropriations plurielles.