Résumé
Le fragile éden au sein duquel un père s'est réfugié avec ses trois enfants pour fuir le déluge qui a englouti Los Angeles est remis en question par l'arrivée d'un étranger, symbole de ce monde que le père a fui. Au nom d'un idéal de pureté post-apocalyptique, celui-ci se transforme alors en tyran. Une réflexion en écho à l'Ancien Testament et à«La tempête»de W. Shakespeare.
Quatrième de couverture
Roman
Une île... au bout du monde, où se sont réfugiés
dans une arche un père et ses trois enfants pour
échapper au grand déluge qui a englouti Los Angeles.
Vie en autarcie, proche de la nature, à l'abri
des turpitudes et des compromis de la civilisation
moderne : tout semble en place pour une idylle
post-apocalyptique dans la veine écologique.
L'arrivée d'un étranger, symbole pour le père
du monde dégénéré qu'il a fui, grippe les rouages
bien huilés de ce fragile Éden et déclenche
les mécanismes incontrôlables et destructeurs
du mensonge.
Avec ce récit qui oscille entre réalisme et fable
allégorique, Sam Taylor parvient à créer un thriller
existentiel aux accents faulknériens et à l'atmosphère
délétère qui voit un père se transformer, au nom
d'un idéal perverti de pureté et d'innocence,
en véritable tyran domestique, figure vengeresse
de l'Ancien Testament, à l'autorité d'autant plus
envahissante qu'elle n'est pas rachetée
par l'image rédemptrice de la mère, disparue.
Narrateurs à tour de rôle, le père, Finn et Alice
mêlent leurs voix dissonantes en une polyphonie
qui, rythmée par les échos de la Bible, de Shakespeare
ou des contes de fées, tient le lecteur en haleine
et atteint à la grandeur poétique.