Résumé
Dans l'Angleterre des années 1950, la vie des demi-soeurs Olivia et Emily est bouleversée par la naissance de Rosie, la préférée de leurs parents. Gâtée et sournoise, celle-ci parvient à gâcher les espoirs de mariage de ses soeurs. Plus tard, mariée à Rup et mère d'Alice, junkie sans scrupule, elle convoite la maison familiale où vivent encore Olivia, Emily et leurs parents.
Quatrième de couverture
« - Écoute-moi bien ! Essaie de te souvenir de l'état dans lequel nous étions lorsque nous avons essayé de la tuer. D'accord, nous étions gamines, mais suffisamment ulcérées pour souhaiter sa mort. Réfléchis. Rappelle-toi...
- Tu as raison. Je la jalousais. Mo et Pa étaient en adoration devant elle. Elle leur appartenait à tous les deux comme ça n'avait jamais été le cas pour nous. Je me sentais tellement envieuse. Envieuse lorsqu'elle grimpait dans leur lit et se coulait entre eux, le plus naturellement du monde. J'adorais Pa, mais je n'aurais pas osé faire ça. J'avais l'impression qu'ils l'aimaient davantage, simplement parce que c'était leur enfant à tous les deux. »
Olivia et Emily, demi-soeurs, vivent une enfance heureuse dans l'Angleterre des années 1950. Jusqu'au jour où Mo et Pa font un troisième enfant : Rosie, la petite princesse, leur préférée. Qui se révèle particulièrement odieuse. Grâce à de faux scandales, Rosie parvient à empoisonner l'existence de toute la famille, poussant Olivia et Emily dans leurs derniers retranchements. Comment s'en débarrasser ?
Coups bas, manipulations en tous genres, vengeances : ici, on ne se fait pas de cadeaux... Impossible de s'ennuyer à la lecture de ce roman savoureux, au goût acide, qui nous entraîne dans les méandres d'une intrigue tortueuse en compagnie d'héroïnes aussi cyniques que déjantées. Un festival d'humour noir !
Meurtres entre soeursPetits meurtres entre sœurs
Aucune période ne se prête mieux à l'humour noir que ce temps de l'avent, compte à rebours terrible qui
nous mène sans que rien ne vienne interrompre cette marche inéluctable vers
Noël et ses dégoulinures de bons sentiments et de guimauve qui colle au sapin.
C'est plus atroce encore aux États-Unis où tout le monde il est beau, tout le
monde il est gentil jusqu'à la nausée (et après la Saint-Sylvestre on ressort
les couteaux). Les anglais eux font dans le feutré, c'est bien leur genre : les
puddings, ces masses sombres qui inquiètent et luisent en haut des armoires
commencent leur lente agonie et s'enflammeront à l'heure H dans les vapeurs
d'un alcool qui n'enivre pas. Où la trouver cette fameuse ivresse dont on a
tant besoin pour supporter l'hiver ? Dans les embrassades mielleuses à tante
Machin pour avoir son petit billet ? Dans la poignée de main appuyée des beaux
frères qui chantent le football avec ferveur ? Dans la méchanceté bien sûr, au
cœur de la famille, ce lieu de toutes les monstruosités, de tous les drames et
de toutes les réjouissances les plus morbides...
Willa Marsh, qui écrit aussi sous le nom de Marcia Willett, l'a bien
compris et elle nous régale en cet hiver pétrifiant et glacial d'un charmant
petit roman plein de piquants et d'épines, qui colle au doigt comme un sapin
trop chaud, une bonne dégelée littéraire sur les joies amères de la fraternité
sororale (la pire sans doute car apparemment la moins violente...). Les deux
sœurs qui en sont les héroïnes jouissaient des privilèges de la dualité quand
leurs parents, issus d'un remariage (elles sont demi-sœurs en effet mais cela
n'a fait que renforcer leur complicité), décident de magnifier leur union par
une naissance et mettent au monde la mignonne petite Rosie, un ange, un amour,
un délice, bref : un monstre, à baffer. Nous sommes dans les années 50 et en ce
temps-là on n'avait pas l'insulte ou les paires de baffe comme exutoire à la
colère, il fallait ruser pour se venger, ce que nos deux protagonistes vont
entreprendre en faisant preuve d'une imagination sans borne pour faire payer à
la cadette, une peste phénoménale, ses manigances exaspérantes et ses airs de
sainte. Il y aurait beaucoup à perdre à raconter les méandres de cette histoire
parfaitement conduite et qui réjouit en nous le sadique qui sommeille. Je me
retiens de cracher le morceau de ce gâteau au fiel si goûteux dont on se
ressert sans se faire prier. Jusqu'où iront-elles ? se demande-t-on. Vous êtes
condamné à les suivre et à noircir votre sourire pour le savoir car leur
appétit de vengeance est sans retenue. Ah, que ça fait du bien de laisser un
auteur se lâcher. Et après, le miracle de Noël, eh bien on s'en moque un peu,
non ?