Résumé
Tomoko, âgée de 11 ans, doit aller passer une année chez son oncle et sa tante. Elle se lie d'amitié avec sa cousine Mina, passionnée de littérature à la santé fragile et découvre grâce à la grand-mère de cette dernière l'existence d'une monde inconnu pour elle jusqu'alors : l'Europe.
Quatrième de couverture
Après le décès de son père, alors que sa mère part
suivre une formation professionnelle, la petite Tomoko,
douze ans, va passer un an chez son oncle et
sa tante. Tout dans la belle demeure familiale est
singulièrement différent de chez elle : sa cousine
Mina passe ses journées dans les livres et collectionne
des boîtes d'allumettes illustrées qui lui inspirent des
histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans
le jardin ; l'oncle a des cheveux châtains, il dirige
une usine d'eau minérale et sa mère se prénomme
Rosa.
A travers la littérature étrangère, les récits de Rosa
sur son Allemagne natale et la retransmission des
Jeux olympiques de Munich à la télévision, Tomoko
découvre l'au-delà de son archipel, un morceau
d'Europe et une autre réalité.
Hommage aux amitiés rêveuses de l'enfance, La
Marche de Mina est un roman d'initiation combinant
étrangeté et tendresse, nostalgie et ironie insouciante.
La marche de Mina
Que reste t-il de notre enfance? Des souvenirs. Mais force est d'admettre qu'au fil du temps ils s'estompent et ne représentent que des bribes de nous-même que l'on a préféré mettre de côté...
Et pourtant l'enfance c'est précieux ; c'est encore le temps de l'émerveillement et de la découverte. La marche de Mina, c'est un peu le retour à l'enfance et à cet émerveillement envolé depuis longtemps pour la majorité d'entre-nous. Tomoko, elle, n'a rien oublié de tout cela. Elle le garde consciencieusement dans un petit carton qu'elle ouvre au gré des nuits blanches. Dans ces moments-là elle replonge en 1972.
1972. Tomoko a 12 ans et son père vient de décéder. Sa mère choisit alors de reprendre des études mais pour cela elle doit déménager sans sa petite fille et la confier à sa sœur et son beau-frère, l'oncle de Tomoko. Intimidée à l'idée d'aller passer un an chez des étrangers Tomoko ne sait pas à quoi s'attendre dans cette famille dont elle a entendu dire la richesse et le train de vie particulier. Pourtant, dès son arrivée à la gare, et grâce à l'accueil de son oncle, elle sait qu'elle se sentira choyée et aimée. L'oncle de Mina est un chef d'entreprise important, il est d'origine allemande et vit avec sa femme, sa fille Mina et sa mère Grand-Mère Rosa. Arrivée à la maison, Tomoko découvre un lieu pas comme les autres, à l'image de cette famille d'originaux. La maison possède un immense parc, vestige du zoo qu'il a jadis été. Rescapé du zoo Pochiko l'hippopotame nain vit ici et est devenu la mascotte de la famille. Dans cette grande maison bourgeoise habitent également Madame Yoneda et Monsieur Kobayashi, l'intendante et le jardinier. Toute cette tribu va fasciner Tomoko dès son arrivée. Immédiatement la petite fille va être impressionnée par les moindres détails : les objets farfelus et résolument modernes, les personnalités épanouies et complices de tous les habitants, les histoires de Grand-Mère Rosa sur son Allemagne natale et surtout la petite Mina. Mina a un an de moins que Tomoko, elle est de santé fragile et ressemble à une poupée de porcelaine. Mina est véritablement la reine du domaine et Pochiko est son fidèle destrier qui la conduit à l'école chaque matin. De sa collection de boîtes d'allumettes à sa collection de livres, Mina va tout partager avec Tomoko.
La marche de Mina est comme un récit de vacances, tout y est beau et ensoleillé, les gens sont heureux, la vie y est belle. De cette expérience d'un an, Tomoko en sort de la même façon qu'on sort d'un rêve, troublée, enchantée et transformée. Ses sensations deviennent les nôtres et sans qu'on s'en soit rendu compte on s'est approprié ses souvenirs, on les a remodelé pour mieux les reconnaître. La marche de Mina nous transporte dans les souvenirs de Tomoko pour finalement nous mener aux nôtres.
Ogawa manie comme elle seule sait le faire l'art de la nostalgie sans épanchements mais avec douceur et chaleur. Peut-être même avec amour.