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Portrait : Emmanuelle Samson

Emmanuelle Samsonde retour de Tokyo...

Septembre 2004 : des nouvelles d'Emmanuelle...

Nous avions donc laissé là Emmanuelle Samson, avec en tête des projets de voyages, des envies d'espaces. Elle nous est revenue, d'Inde, puis repartie, au Japon, puis revenue... De ses errances, de quelques promenades et de Tokyo, elle a fait cette exposition , suite de pièces ayant la même ville pour toile de fond. Un brasier scintillant de bouts de rien, assemblés comme pour refabriquer le monde.

En complément, un texte de Jean-François Dumont, son galeriste à Decimusmagnusart.

« Pour beaucoup d'entre vous cette jeune femme artiste n'est pas une inconnue. Nous l'avons accueillie deux fois en 2003 pour la galerie Mollat et les vitrines du rayon Beaux Arts. C'est dire si mon engagement par rapport à cette oeuvre est total.

Bien entendu le quiproquo en matière d'art étant la règle là où quelques-uns voient la finesse et l'élégance de la construction, le jeu miraculeux des vides et des pleins, la plupart s'aveuglent sur les pointes rouillées, les vieux morceaux de bois et de tôles. Il ne se peut pas que l'art passe par là ! le goût est et restera du coté de... de quoi? du second empire peut-être! Soit ! On peut toujours avancer timidement les noms de Kandinsky, de Larionov ou de Levi-Strauss pour l'aspect bricolage, il n'y a rien à faire, sinon continuer.

Depuis vingt ans que j'arpente sans cesse tous les cercles de l'art contemporain j'ai pu apprendre que le courage consiste à repérer et se débarrasser des formalismes. Du courage il en faut à notre jeune artiste pour s'exposer ainsi devant nos yeux, tout révéler et ne rien dire pour autant. Regarder, c'est le seul courage qu'il nous faut à nous. Regarder comme le premier homme qui osa regarder un caillou ou un coucher de soleil en laissant monter en lui cette inquiétude fondamentale liée à son existence. Et depuis rien a changé, la culture individuelle mis à part un Rembrand ne devrait pas se regarder différemment qu'un morceau de caillou.

Je pourrais alors vous raconter l'histoire d'une volière construite à proximité d'un camp de déportation, je pourrais vous parler de la ruine de cette volière et d'une jeune artiste qui la démonte pièce par pièce et la transporte ailleurs et la transforme, la métamorphose en sculptures. Je pourrais vous parler de cette jeune femme qui se promène régulièrement à Tokyo entre son magasin de disques favori et la plage...Mais tout cela c'est de l'anecdote. Mémoire et fragments de vie quotidienne sont là, scellés, dans les constructions. De ces pauvres restes d'une ruine, des parcours quotidiens, la main de l'artiste et sa boite à outils ont permis ce brasier, ce pétillement doré de tôles et de bois. Si l'art contemporain peut paraître tout à la fois destructeur et insolent, cela se justifie historiquement, parfois, sa "vérité" est surtout de dégager plus d'espérance en l'avenir et plus d'énergie vitale que les sources taries de l'art. »

Jean-François Dumont

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