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Portrait : Héloïse d'Ormesson

Héloïse d'OrmessonLa passion d’éditer


Aux côtés de son compagnon Gilles Cohen Solal, Héloïse d’Ormesson a réalisé avec sa maison d’édition éponyme un rêve de toujours : faire connaître en son nom des livres coups de cœur, du roman à l’essai. Avec plus d’une trentaine de titres d’auteurs français et étrangers, le catalogue de cette éditrice passionnée s’est rapidement imposé.

Un regard vif, un sourire révélant une nature timide et enthousiaste à la fois : Héloïse d’Ormesson raconte avec beaucoup de délicatesse son parcours dans le milieu de l’édition. Si être la fille d’un écrivain aussi reconnu l’incite à commencer dans l’édition aux Etats-Unis après des études de littérature comparée, c’est pour mieux apprendre outre-Atlantique la promotion et la gestion du livre. « J’ai grandi parmi les livres. Je les ouvrais tous, les feuilletais sans toujours les comprendre. Il y en avait tellement… ». Si elle confie qu’elle ne pouvait entrer dans le bureau de son père, quoiqu’elle y parvenait en cachette (« il le savait de toute façon ! »), Héloïse d’Ormesson ne sépare pas l’édition de son amour des auteurs : « Je sais ce que ça comporte d’angoisse et d’incertitude. Je connais la fragilité d’un auteur. Je ne suis jamais blessée par leurs doutes, voire leurs caprices. C’est cette dimension affective, et même psychanalytique, qui m’intéresse aussi dans ce travail. » De retour en France, elle entre chez Bouquins, et poursuit peu de temps après comme éditrice chez Flammarion où elle dirige le département Littérature étrangère. Sa maîtrise de l’anglais et sa connaissance de l’allemand lui permettent de découvrir, suivre et promouvoir de nombreux ouvrages. Après dix ans de bons et loyaux services, elle accepte la proposition d’Antoine Gallimard d’entrer chez Denoël en 1998. Son activité professionnelle au sein de la grande maison comprend aussi le management d’une équipe au-delà de l’éditorial. « J’ai publié tout ce que je voulais. Mais j’étais aussi limitée : j’aurais aimé suivre davantage l’aventure de chaque livre. Pouvoir m’investir sur le lancement, le tirage, le prix de vente. Autant d’aspects pour lesquels je ne pouvais intervenir dans ces grandes maisons d’édition… »

Son ami, Gilles Cohen Solal, qui vient de l’édition et de la diffusion, se joint à elle pour créer une maison d’édition après avoir quitté Denoël. Ils hésitent sur le nom. Héloïse d’Ormesson a fait son parcours sans s’appuyer sur la gloire de son père : elle n’en a pas moins un nom qu’elle veut assumer ! Sa rencontre chez Denoël avec l’écrivain prolifique et sous-estimé Pierre Pelot lui permet de publier un premier roman en mars 2005 : Méchamment dimanche. L’enthousiasme d’Héloïse d’Ormesson pour le romancier est manifeste : elle veut, comme pour chacun des livres publiés par la suite, aller au plus près de lecteurs, et leur faire découvrir les trente autres livres publiés depuis, à raison d’une vingtaine d’ouvrages par an.

La rentrée littéraire des éditions Héloïse d’Ormesson confirme cette vigueur, soutenue par le dynamisme des couvertures et relayée par de nombreux articles de presse. Après la publication d’essai sur les changements climatiques (Les faiseurs de pluie de Tim Flannery), le livre intimiste d’Yves di Manno, Discipline) ou la trilogie romanesque en cours de la néerlandaise Vonne van der Meer, la rentrée littéraire se fait sous la thématique « Couleurs de l’exil » : une enfance aux côtés de parents réfugiés espagnols dans L’exil est mon pays d’Isabelle Alonso ; des origines hongroises retrouvées via la cuisine avec le savoureux Bazar Magyar de Viviane Chocas ; un roman fascinant de l’écossais JM Ledgard : Girafe ; et un roman sur l’identité juive du colombien Jack Michonik La Descendance.

Et ce n’est pas tout ! Héloïse d’Ormesson lance une grande opération à travers la France, en accompagnant ses auteurs : Passe-livre. Des livres de sa maison d’édition sont laissés dans des lieux publics avec un témoignage, pour les heureux découvreurs, à envoyer sur Internet au site de la maison d’édition : www.editions-heloisedormesson.com. Alors ouvrez l’œil : il semblerait que quelques livres se « promènent » à Bordeaux…

- Marc Blanchet

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Livres à lire
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Prix : 4,80
Les liaisons dangereuses
Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos
Flammarion
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Théâtre complet
Jean Racine
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Le marchand de Venise
William Shakespeare
ED.THEATRALES-JEUNESSE
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La peau d'un lion
Michael Ondaatje
Editions du Seuil
Prix : 6,50
La couleur pourpre
Alice Walker
Robert Laffont
Prix : 18,14
Les autres / roman
Alice Ferney
Actes sud
Prix : 21,80
Trois chevaux
Erri De Luca
Gallimard
Prix : 14,50