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Voleurs d'encre

Auteur : Alfonso Mateo-Sagasta

Paru le : 07/05/2008
Éditeur(s) : Rivages
Série(s) : Non précisé.
Collection(s) : Rivages-Thriller
Contributeur(s) : Traducteur : Denise Laroutis

Un coup de coeur de Mollat

Notre roman de l'été aura les atours du Siècle d'Or espagnol, glorieux et sordide avec ce surprenant roman historique qui met en scène un chercheur de Quichotte.

Rivages Thriller, cette collection de François Guérif qui nous fit connaître tant de fantastiques romans noirs, accueille en ce printemps le premier roman traduit en français d'Alfonso Mateo-Sagasta, ce n'est pourtant pas un polar, encore moins un thriller, on ne le lâche pourtant pas, aussi compliqué qu'il puisse être parfois et aussi faible que puisse être notre culture littéraire classique. Le genre est cependant assez extensible pour abriter des livres inclassables : Voleurs d'encre en fait assurément partie puisqu'il s'agit d'une enquête d'un genre singulier où il n'est en effet question, a priori ni de meurtre ni de crime même si le violence ne manque pas. Nous voici en plein Siècle d'Or espagnol, époque bénie des Muses où l'on compta en une génération plus de grands écrivains qu'en plusieurs siècles mais époque troublée aussi car le bruit et la fureur ne manquent pas, car les guerres, les querelles intestines, les luttes de pouvoir, la corruption sont partout présentes et font l'actualité des gazettes (rien ne change...). La Littérature tient une très grand place au milieu de ce tumulte, les Grands d'Espagne recherchent les talents de ces domestiques talentueux ou géniaux que sont les écrivains qui truffent leurs romans, poèmes ou tragédies de sarcasmes, de règlements de compte et de saillies que tout le monde comprend (mais plus nous...).

Cervantes, on y revient donc, a déjà publié la première partie de son Quichotte il y a une dizaine d'années quand débute notre intrigue. Son éditeur, qui est aussi à la tête d'un tripot clandestin qui lui permet de continuer sa besogne (l'éditeur contemporain n'a plus ce genre de problèmes), se désespère de jamais sortir la suite du “best-seller”.Quelle n'est donc pas sa colère quand il découvre qu'un dénommé Avellaneda s'est autorisé à le doubler, ruinant ses espoirs lucratifs. Il engage son correcteur Isidoro Montemayor, petite plume qui rêve de lettres de noblesse et arrondit son salaire dans les sous-sols où l'on joue aux cartes, pour mener l'enquête et mettre un visage sur ce nom inconnu, ce voleur d'encre. Car cette suite ne se contente pas d'exploiter un succès phénoménal pour l'époque (5000 exemplaires, pensez donc!), elle est une véritable bombe dont les sous-entendus, les ragots et les annonces peuvent avoir des conséquences désastreuses. Va commencer alors un étrange périple d'enquêteur dans ce Madrid sordide et étouffant, rempli d'écrivains assoiffés et sans scrupules qui en savent tous un peu plus qu'ils ne l'avouent sur ce mystérieux pasticheur, un voyage dans les oeuvres des grands noms qui recèlent des portes dérobées, des tiroirs cachés ou des secrets terribles. Don Isidoro va de surprises en découvertes, s'imaginant d'abord une vengeance de Lope de Vega, le coup monté d'ennemis acharnés de ce Cervantes qui a beaucoup à cacher. Mais plus il creuse, plus il interroge, plus se multiplient les galeries et les chausse-trapes, d'autant que s'il lui faut se garder à sa gauche des coups des uns, il doit se protéger à sa droite de ses propres tentations. Tourbillon de théories sur des complots, surenchère d'analyses sur des textes depuis lors idéalisés, récit aventureux et épopée intellectuelle qui nous fait feuilleter les livres de noms prestigieux que nous n'avons jamais ouverts, Voleurs d'encre se pare ainsi des atours du roman à costumes pour mieux nous surprendre et nous faire sentir à quel point cette grande Littérature, vénérée aujourd'hui et trop désincarnée, s'inscrit en fait tout entière dans son siècle de fureur et combien les écrivains, vaniteux, hâbleurs, déchus ou envieux prennent un autre relief quand on les revêt des habits imprégnés de leurs humeurs d'antan. Accrochés aux basques pas très propres de Montemayor, nous accomplissons un périple comme le roman moderne en offre peu. Quant à vous dire le fin mot de l'histoire, ne comptez pas sur nous…
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Résumé

Dans le Madrid du siècle d'or, Francisco Robles, qui a édité la 1re partie de "Don Quichotte", est furieux de voir publier par un certain Avellaneda une seconde partie du chef-d'oeuvre apparaissant comme diffamatoire envers des personnalités. Montemayor est chargé de découvrir le pasticheur, mais s'aperçoit que le livre de Cervantès est codé et contient une dangereuse analyse politique... ©Electre 2017

Quatrième de couverture

Voleurs d'encre Dans le Madrid du Siècle d'Or, Isidoro Montemayor supervise un tripot où viennent s'encanailler de nobles dames esseulées. L'établissement appartient à son maître, don Francisco Robles, qui est par ailleurs éditeur et emploie aussi Isidoro comme rédacteur-correcteur. Robles ne décolère pas. Il a publié le Don Quichotte et attend avec impatience que l'auteur lui livre la suite ; or il apprend qu'un certain Alonso Fernândez de Avellaneda vient de sortir une seconde partie du chef-d'oeuvre, ce qui met en péril la parution de l'ouvrage auquel travaille Cervantes. De plus, cette suite du Quichotte apparaît comme un livre à clés, diffamatoire envers plusieurs personnalités, dont Cervantes lui-même. Robles veut donc apprendre qui se cache derrière l'audacieux pasticheur, et envoie Isidoro à la recherche d'Avellaneda. Une enquête picaresque au coeur de grandes oeuvres littéraires, dont les pages peuvent receler de brûlants secrets. A condition de savoir les interpréter. Roman historique au meilleur sens du terme, proche de l'esprit du Nom de la rose, Voleurs d'encre propose une relecture ironique et tout en finesse de la littérature du Siècle d'Or. De son propre aveu, Mateo-Sagasta, qui est historien, s'est lancé un défi stylistique : écrire dans une langue qui ne relève pas du pastiche, mais qui conserve toute la saveur de l'époque. Le résultat est à la fois brillant, fascinant et délectable. Deuxième roman de Mateo-Sagasta, Voleurs d'encre lui a valu la consécration en Espagne.

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Fiche Technique

Paru le : 07/05/2008

Thématique : Littérature Espagnole et Latino-américaine

Auteur(s) : Auteur : Alfonso Mateo-Sagasta

Éditeur(s) : Rivages

Collection(s) : Rivages-Thriller

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-7436-1822-1

EAN13 : 9782743618223

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 508

Hauteur : 24 cm / Largeur : 16 cm

Épaisseur : 3,5 cm

Poids : 620 g