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Dépression, crise, krach...

Publié le 22/10/2008
"L'abus économique, comme l'abus d'alcool, à son lendemain, inévitable." John Kenneth Galbraith
« L'histoire se répète-t-elle et ceux qui sont demeurés étrangers à son cheminement souvent douloureux sont-ils condamnés à emprunter tous les mêmes sentiers. » C'est ce que déclare John Kenneth Galbraith en 1988, lors de la réactualisation de son ouvrage de référence sur la crise de 1929.

Il y faisait alors le rapprochement avec la crise boursière de 1987, en signalant des similitudes apparemment secondaires, celles des lundis noirs et de la saison : l'automne. A croire que cette saison aurait vraiment une influence sur l'humeur des milieux financiers : les excès de l'été menant vers les craintes de l'hiver. Mais les épisodes financiers ne se terminent jamais en douceur, les cycles d'euphorie boursiers mènent souvent à une crise.

En 1929, les conséquences du krach de Wall Street  ont été visibles immédiatement sur les dépenses de consommation et d'investissement, entraînant une chute libre de l'économie, une crise bancaire et un taux de chômage dramatique. On pensait alors le grand capitalisme mourant.

La proposition de relance de John Maynard Keynes, envisageait  la dévaluation pour la stimulation du pouvoir d'achat et instaurait, entre autre, l'intervention de l'état. Depuis 1970, ces thèses ont été délaissées, même si aujourd'hui, il existe des amortisseurs comme l'assurance des dépôts bancaires et le renflouement des banques par les gouvernements, des indemnités de chômage et des retraites. La dérégulation s'est accélérée sous l'augmentation des rendements financiers grâce à l'endettement, aux mouvements de capitaux créés à partir du processus de concentration de l'épargne salariale, des fonds de pension, et des fonds d'investissement. Le fossé entre économie réelle et économie virtuelle s'est alors creusé. La bulle financière du XXIe siècle n'est plus qu'un réseau loin de "toutes réalités terriennes".

En 1961, John Keneth Galbraith écrivait déjà que le sens de la responsabilité chez les gens de finance envers les gens en général n'est pas mince : il est presque nul. Presque cinquante ans après, et "des crises boursières plus tard...", rien n'est plus vrai.
Voilà donc qu'on reparle de régulation du marché, de contrôle des traders fous, de la fin des parachutes dorés pour les grands patrons, d'encadrement de rémunération des opérateurs ou des banquiers, d'interdiction des paradis fiscaux, ...

Plus récemment, François Lenglet,  journaliste économique signalait dans un essai  visionnaire en 2007, La crise des années 30 est devant nous, que ce ne sont pas les différences mais les similitudes qui importent. On les retrouve dans les conséquences sociales actuelles ; le BIT (Bureau International du Travail) annonce vingt millions de chômeurs supplémentaires ; une baisse des crédits est à prévoir, une augmentation des taux d'emprunt, une chute de l'immobilier ainsi que de la consommation, ou en résumé : moins de prêteurs donc moins de dépenses.

Nous avançons en terrain marécageux et passons de "l'exubérance irrationnelle" (formule chère à Alan Greenspan) à un "pessimisme irrationnel", face aux hoquets de l'Histoire où rien n'est jamais acquis. Il  nous faut donc rester sereins et se rallier à la conclusion de François Lenglet, qu'il y a très probablement, des hommes et des idées du renouveau, là, tout près de nous, dissimulés dans le fracas du monde.
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