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Passions scolaires en Côte d'Ivoire : école, Etat et société

Auteur : Laurence Proteau

Paru le : 20/12/2002
Éditeur(s) : Karthala
Série(s) : Non précisé.
Collection(s) : Hommes et sociétés
Contributeur(s) : Préfacier : Claudine Vidal

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Résumé

En Côte d'Ivoire, l'école est au centre de passions privées et publiques, de luttes individuelles et collectives, autant de la part des familles que des syndicats d'élèves et d'enseignants. Etude structurale du système scolaire ivoirien et de sa place dans l'espace social. ©Electre 2018

Quatrième de couverture

En Côte d'Ivoire, l'Ecole est au centre de passions privées et publiques, de luttes individuelles et collectives, autant de la part des familles que des syndicats d'élèves et d'enseignants. Sur la scène publique, mais aussi dans les coulisses de l'intimité familiale, elle pose la «question sociale» dans toute sa brutalité : plus inégale que libératrice, elle conserve malgré tout, en l'absence d'autres alternatives de mobilité sociale, une force paradoxale d'attraction. Nul ne veut ou ne peut y renoncer complètement, nul ne s'en exclut non plus sans en payer le coût social. L'Ecole semblait garantir à tous une promotion sociale. Elle tint cette promesse jusque dans les années soixante-dix, au moins pour un certain nombre de diplômés des classes populaires et moyennes. Nombreux furent les enseignants du secondaire et du supérieur qui accédèrent à des postes dans l'appareil politique ou dans la haute fonction publique. Le diplôme fut ainsi valorisé par la promotion sociopolitique qu'il autorisait, bien plus que pour les connaissances qu'il était censé valider. L'Ecole et les illusions qu'elle entretenait participaient ainsi à la perpétuation du régime politique autoritaire de Félix Houphouët-Boigny, qui prétendait apporter en mieux-être économique ce qu'il retirait en liberté publique. La fin du «miracle» ivoirien se manifesta dès la fin des années soixante-dix : soumises aux plans d'ajustement structurel, à la réduction drastique du marché du travail et à une paupérisation constante, les fractions sociales moyennes en subirent de plein fouet les effets et firent l'expérience des limites de la transmission à leur descendance d'un «destin» collectif en ascension. La «crise de l'école» apparaît ainsi comme une «crise de croyance» en l'efficacité de l'institution scolaire en tant que moyen de promotion sociale et comme condition d'accès au champ du pouvoir. Elle exacerbe également les conflits et les luttes entre les agents du champ scolaire (enseignants, syndicats, entrepreneurs privés, élèves, étudiants, parents d'élèves) et les responsables politiques qui en avaient défini les objectifs. L'Ecole pose ainsi non seulement la «question sociale» mais aussi la «question politique».

Fiche Technique

Paru le : 20/12/2002

Thématique : Textes de pédagogues

Auteur(s) : Auteur : Laurence Proteau

Éditeur(s) : Karthala

Collection(s) : Hommes et sociétés

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-84586-299-7

EAN13 : 9782845862999

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 385

Hauteur : 24 cm / Largeur : 16 cm

Épaisseur : 16 cm

Poids : 650 g