Palladium




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Palladium

Boris Razon

Éditeur : Stock Tous les livres chez l'éditeur Stock , Paris, Paris

Collection : Bleue Tous les livres dans la collection Bleue

Description : 472 pages; (22 x 14 cm)

EAN13 : 9782234075320


Résumé

Sans cause apparente, un homme se retrouve totalement paralysé et privé de ses sens. Il plonge dans un voyage intérieur sur les traces de son passé, un univers halluciné, effrayant et orgiaque peuplé de prostituées, de monstres, d'hommes légumes, d'oiseaux anthropomorphes et d'infirmiers fous.

Quatrième de couverture

«Tu sais, je n'arrive pas à comprendre où et quand commençait la réalité, ce sarcophage où je suis enfermé, les résultats médicaux, le rien de ma vie. Et cet autre monde, ces autres mondes où je vivais. J'étais plongé dans des nuits multiples, comme des labyrinthes d'où je devais m'extraire. Je devais trouver la sortie. Je la savais en moi, quelque part.»

 

Thématique : Littérature - Littérature française - Littérature française


Éditeur : Stock , Paris


Collection : Bleue


Reliure : Non précisé


Description : 472 pages; (22 x 14 cm)


ISBN : 978-2-234-07532-0


EAN13 : 9782234075320

Coup de coeur du libraire

Palladium
On compte aujourd'hui un certain nombre de textes de référence écrits sur le thème de la maladie. Le premier qui vient à l'esprit est souvent "Mars" de Friz Zorn, un récit paru dans les années 70 qui évoque le cancer et ses origines psychologiques - tous ceux qui l'ont lu se souviennent de sa première phrase, aussi lapidaire que terrible: « Je suis jeune et riche et cultivé; et je suis malheureux, névrosé et seul ».

On peut citer aussi A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie d'Hervé Guibert -autour de Michel Foucault et du sida-, D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère, ou encore La Maladie de Sachs de Martin Winckler.

Aujourd'hui, il faudra aussi compter sur Palladium, un premier roman paru aux éditions Stock écrit par Boris Razon. Son sujet : la brusque descente aux enfers d'un homme qui se retrouve paralysé en quelques jours et les six mois qu'il passe sur son lit d'hôpital, en proie à de nombreuses hallucinations. Que Palladium soit en partie autobiographique importe peu finalement, ce que l'on retient plutôt est sa grande richesse narrative. Les cent premières pages se lisent comme un compte à rebours implacable, où la maladie s'immisce petit à petit dans le corps de notre héros -un journaliste issu d'un milieu bourgeois, un peu hypocondriaque, mais plutôt heureux de vivre. Viennent ensuite l'hospitalisation, et la métamorphose du corps paralysé : « Immobile, imperturbable, impénétrable, derrière mes yeux paralysés, j'étais devenu le sphinx. » Boris Razon nous emmène avec lui dans un voyage étonnant où l'on croise pirates, prostituées japonaises, et personnel infirmier, le tout au rythme d'un respirateur capricieux qui laisse notre héros toujours au bord de l'étouffement. Entre récit épique et aventures cauchemardesques, le texte se lit d'une traite, et nous fait passer par toutes sortes d'émotions – de la compassion à l'angoisse, de la stupéfaction au fou rire. Belle surprise de cette rentrée littéraire, sachez que Palladium est aussi pressenti pour Prix Goncourt -certains à la librairie sont intimement persuadés qu'il le remportera. Un conseil : ne passez surtout pas à côté de ce très grand livre!

Boris Razon - Palladium

Boris Razon vous présente son ouvrage "Palladium" aux éditions Stock. Rentrée littéraire 2013.

Extrait du livre

Vendredi 29 juillet 2005. Service de réanimation neurologique de la Pitié-Salpêtrière. Chambre numéro 7 Je suis un homme sans âge et un meurtrier. Oh je sais, tu te moques, tu trouves ça prétentieux. «Encore un qui se raconte des histoires», te dis-tu. Tu t'apprêtes à me lâcher, toi aussi. Détrompe-toi, je suis sérieux. Chirurgical. Pas du genre poète. Je n'ai plus d'âge depuis que je suis couché dans un lit d'hôpital. Allongé, telle une momie, incapable de remuer mes membres. Prends ton visage, regarde-le dans le miroir. Oui, observe-toi. Vois le sillon naso-génien, les quelques rides qui se creusent sur ton front, les pattes-d'oie que tu peux faire naître en plissant les yeux. Vois tout cela, les stigmates de l'âge. Chez moi, ils ont disparu. Mon visage ne bouge plus. Il ne remue pas et mes yeux sont immobiles, cachés derrière mes paupières closes. Ma peau est lisse comme une mare au clair de lune. Morte. Oui, souris à tes rides, apprends à les aimer, elles parlent de ta vie ; elles parlent du temps, de l'énergie qui circule. Moi, ma peau est fine et diaphane, elle manque d'air et de soleil. J'ai même des boutons d'adolescent. À part ça, rien, le plat, la mort des muscles. L'enfer à ciel ouvert. Parce que crois-moi, ça bat là-dessous, ça vibre. C'est prêt à tout pour vivre. Tu rigoles moins maintenant, tu commences à me croire. Un homme sans âge et un meurtrier, c'est ce que je suis devenu. Je ne suis pas le fruit d'une imagination quelconque. Je n'ai pas d'imagination. Je n'ai pas de souffle non plus. Pense donc... C'est une machine qui respire pour moi. Elle m'envoie de l'air, elle le chasse, elle m'envoie de l'air, elle le chasse. Je la hais, cette machine, et je prie chaque seconde pour qu'elle ne s'arrête pas. Je veux vivre encore un peu. De l'imagination, la vie en a eu pour moi. Oui, pour moi plus que pour les autres. Et maintenant, j'attends de me libérer. Ils veulent me juger pour les meurtres que j'ai commis. Ils voudraient bien éclaircir l'énigme, comprendre comment j'ai fait. Si je leur racontais, ils ne me croiraient pas. Ils prendraient ça pour des divagations de soûlard ou de grand malade. Je ne suis ni l'un ni l'autre. Ils ont dépêché un jeune homme qui entre chaque matin dans ma chambre et passe sa journée à me surveiller. Il attend que je sorte de ma léthargie. Il pénètre à bas bruit dans la pièce - je le soupçonne d'avoir dormi dans le couloir. Il passe devant le lit sans rien dire, il respire à peine, il observe un silence religieux. Il contourne le sommier, longe la fenêtre, hasarde un oeil au-dehors puis vient s'asseoir sur la chaise à côté du lit, en retrait. Comme ça. Il peut ensuite me surveiller, traquer en vain le moindre soubresaut de mon corps. Je me demande s'il saura avant moi que je suis revenu. J'hésite. Comment faire pour déjouer sa surveillance ? Quand ma famille me rend visite, il s'éclipse. Mais dès qu'ils franchissent le seuil de ma chambre, il est là, à nouveau. Assis, calme et posé. Je ne peux pas dire que je le déteste. J'aimerais savoir qui il est, ce qu'il me veut, comment il fait pour rester immobile et silencieux tout ce temps. Moi j'ai des excuses : je ne peux pas bouger, je suis en réanimation, je suis presque mort. Mais lui, où a-t-il été formé pour se montrer aussi implacable ? On dirait une ombre, un fantôme. Ce n'est pas un de ces flics débonnaires qui feuillettent un journal et observent leur suspect d'un oeil distrait. Lui, il a les yeux rivés sur moi. Il me scrute. Comment je le sais ? J'ai beau avoir les paupières scotchées pour les protéger, je sens son regard posé sur mon visage, sur ma bouche. (...)
Boris Razon, quelle place tiennent les livres dans votre vie ?
Les livres m'ont, entre autres, appris à vivre.

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