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Les tables des libraires

Les coups de cœurs de l'hiver 2023

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Dossiers

Jumping 2023

Retrouvez-nous au Jumping International de Bordeaux du jeudi 02 février au dimanche 05 février 2023 sur le stand 1A2012 - hall 1 porte 20 allée A.

Napoléon III ou le début de la modernité

Il y a 150 ans, le 9 janvier 1873, Napoléon III s’éteignait dans son exil anglais.

H2O

Une ressource vitale en voie de raréfaction ?

Günther Anders, philosophe de la fin des mondes ?

S'il existe aujourd'hui ce que l'on nomme des "lanceurs d'alerte", il fut un philosophe du XXème siècle qui se qualifiait lui-même de "semeur de panique" : Günther Anders.

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Mathieu Lindon - Une archive

Mathieu Lindon vous présente son ouvrage
"Une archive" aux éditions P.O.L. Rentrée littéraire Janvier 2023.

Gilles Kepel - Enfant de Bohême

Gilles Kepel vous présente son ouvrage "Enfant de Bohême"
aux éditions Gallimard.

Coups de cœur

Chef d'œuvre de ce début d'année.

Brillant, touchant, d'une verve percutante. On ne sort pas de ce livre intact.
Récit d'initiation au cœur d'un Glasgow pauvre et ouvrier dans lequel se dresse le portrait sensible du jeune Mungo, timide, réservé, qui va tomber amoureux d'un jeune homme catholique. 
Son quotidien se résume à être à la maison seul, sa mère ayant abandonné le domicile pour vivre sa vie amoureuse ailleurs, sa sœur de 17 ans vient de temps à autre lui donner à manger grâce à l'argent qu'elle gagne en travaillant au restaurant du coin. Son grand frère de 18 ans quant à lui fait partie d'un gang violent qui persécute les catholiques du quartier. Mungo va osciller entre des moments avec sa sœur, son frère mais aussi avec James, ce jeune homme catholique dont il va tomber amoureux.
Nous voyons donc évoluer ses enfants qui dès l'adolescence par la force des choses, la violence de leurs situations, doivent apprendre à être des adultes. 
C'est un monde donc où il est difficile pour Mungo d'exister, lui qui est si sensible, renfermé sur lui-même, qui a dans des moments stressants des accès de tics nerveux. Il semble à contre-courant de son entourage qui le pousse à faire de lui "un homme un vrai". D'ailleurs dans ce but-là, la mère de Mungo décide de l'envoyer quelques jours avec deux inconnus au passé louche au bord d'un étang pour une partie de pĉhe afin de faire de lui un dur. Séjour qui va sembler un enfer pour Mungo qui va devoir lutter pour sa survie au milieu de nulle part face à ces deux hommes.
Brillant, touchant, d'une verve percutante. On ne sort pas de ce livre intact.

« Sans totem ni tabou »

Boniment (n. m.) : propos débité pour convaincre et attirer la clientèle.
Ainsi, en triturant les mots qui agissent comme écrans de fumée dans la sphère publique, François Bégaudeau met à nu les ruses du Capital et des marchands. S’il y a les mots qui sont, plus ou moins, d’évidents mensonges, il y a ceux qui sont de fausses promesses, des illusions. Ceux-là perdent simplement leur sens originel et se trouvent dévoyés à force d’usage et de mésusage. Sortez un vocable du dictionnaire, mettez-le dans la bouche des coachs, managers, journalistes ou politiciens (soit des experts en boniments) et celui-ci devient un jingle de publicité.

Il en va ainsi, par exemple, de résilience. D’un concept emprunté à la psychologie (ce qui, au passage, révèle une certaine tendance à la psychologisation des techniques de communication), en ressort un mot d’ordre politique : oubliez indignez-vous et veuillez accueillir résiliez-vous. Les mots ont un sens mais peuvent aussi être chargés en symbolique. De cette façon, le simple fait de tenir un gobelet dans votre main (occupant, de préférence, votre seconde main à autre chose) fait de vous quelqu’un d’occupé, quelqu’un qui réussit, un winner. Mais il suffit que les marchands de santé dégainent le mot trouble pour faire de vous l’un de leurs doux clients. « Version bienveillante de la maladie, le trouble est prisé des marchands de soin obligés à la bienveillance. »

En poursuivant un travail de déconfusion et en se posant en sémiologue-sociologue empli d’ironie, François Bégaudeau nous livre donc un petit mais délicieux manuel de désenfumage intellectuel dont nous attendons déjà avec impatience le volume 2, puis 3, puis 4…

« Comme on a l'âge de ses artères, le marchand a l'opinion de sa bourse. » Autrement dit : les mots du capital sont des fenêtres avec vue sur la marchandise.

Suivez Théo Apothéoz dans ses aventures rocambolesques tentant d'échapper à la malédiction apportée par son nom de famille

Et si votre nom de famille n'est source que de poisse, de malchance, de guigne ou d'infortune que feriez-vous ? C'est ce que Théo va tenter de découvrir aux côtés d'un écrivain en panne d'inspiration et de son amour de jeunesse !

Théo Apothéoz est un jeune homme comme les autres : il va à l’école, à des hobbies, est amoureux… La seule chose qui ne lui convient pas, c'est son nom de famille. En effet, le fait de porter le nom d’Apothéoz ne semble apporté que malheur :  le grand-père suite à une gaffe en direct a fini amorphe dans une maison de repos, le père ayant repris une boulangerie tua le maire en lui faisant goûter la nouvelle spécialité maison…

Sur de n’être qu’une malédiction pour sa famille et lui même, Théo décide depuis ses 18 ans de ne s’engager sur rien de sérieux : il ne vit que de petits boulots, vit encore chez son père et n’a jusqu’alors jamais entamé de relation amoureuse notamment avec la jeune Camille dont notre héros est éperdument amoureux depuis sa jeunesse. 
Et un drame n’arrivant pas seul, c’est au tour de son paternel de décéder de circonstances accidentelles (mais tout de même liées à l’alcool). Abattu et dépassé par les événements, Théo fait une pause et souffle un bon coup à la terrasse d’un café. Et comme le hasard peut au final bien faire les choses, il y fait la rencontre d’Antoine Pépin, un écrivain d’ouvrages de développement personnel à succès. Tentant le tout pour le tout, notre bon protagoniste poissard tente de savoir comment un écrivain ferait disparaître un corps pour se débarrasser de celui de son père… sans éveiller les soupçons de son voisin ayant acheté l’appartement en viager ! En résumé plus de père, plus d’appartement. 

Et voici le point de départ des tribulations rocambolesques de nos deux héros qui par la suite partiront sur les routes aux trousses des regrets de Théo.


Aventure humaine sur les regrets, la filiation et la vie adulte, Théo Apothéoz est une pépite de roman graphique. La partie graphique est assurée par Dawid et grâce à lui l’ouvrage chatouille notre œil avec un trait dur et des couleurs douces et amères nous rappelant l’automne et la saison ou les renouvellements s’entame, et attire notre attention sur chacun des petits détails du décors mais aussi sur les réactions des personnages souvent très amusantes. 

Scénaristiquement parlant, l’écrit de Julien Frey nous oriente vers un drame familiale avant de virer vers la tragi comédie avec option humour noir. Un tour de force de la part de l’auteur qui arrive, malgré la gravité des situations, à nous tirer un sourire, voire même de franches rires, lorsque nos protagonistes sont en face d’une situation qui les dépassent. 

Les aventures de Théo sont également une belle occasion pour parler des regrets que nous pouvons exprimer dès notre enfance et qui nous hantent jusqu’au passage à la vie adulte. 


Un joli coup de coeur inattendu, bienveillant, bon vivant, drôle et touchant !

Un ouvrage de référence sur l'artiste Käthe Kollwitz

Un monographie riche et nécessaire sur une figure artistique emblématique du XXe siècle !

« Je veux agir en ces temps où les gens sont si désemparés et si désorientés », écrit Käthe Kollwitz dans son Journal en 1922. Née en 1867, elle est déjà, à l’époque, l’une des artistes allemandes dominantes du XXe siècle. Connue pour son art dès 1900 et soumise plus tard à la répression du régime nazi, elle continue pourtant à dessiner, à graver et même à sculpter ou ériger des monuments jusqu’à sa mort en 1945.
En collaboration avec le Musée Käthe Kollwitz de Cologne, les éditions Martin Halleux lui consacrent une monographie riche et essentielle. L’ouvrage, très complet, vient mettre en lumière l’essentiel de la production picturale et sculpturale de l’artiste, ainsi que ses thématiques de prédilection : le deuil maternel, l’adieu ou encore la vie des classes ouvrières et leurs luttes. Il rend également compte de ses écrits, de ses prises de positions politiques, ainsi que des épisodes marquants de son existence dont certains, comme la mort de son fils Peter au front en 1914, sont à l’origine de créations majeures.

Parmi les nombreuses œuvres d'intérêt présentées on distingue notamment une très belle série d'autoportraits, mais aussi la reproduction de deux cycles gravés :
Une révolte des tisserands, inspiré du premier soulèvement du prolétariat allemand (1844), celui des tisserands de Bielawa et de Pieszyceet, et Un cycle de guerre, illustrant la guerre des Paysans allemands ayant eu lieu entre 1524 et 1526. 

Une magnifique publication qui ravira à la fois les connaisseurs ainsi que ceux et celles ayant à cœur de découvrir l'artiste !