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Sélection de livres

Coups de cœur

Fiers de punir. Le monde des justiciers hors-la-loi

Economie - DroitDroitJusticeActualité
ou violer la loi pour maintenir l'ordre.


Selon une enquête publiée par l'IFOP en 2020, 70% des français jugent "justifié" le terme d"ensauvagement" pour qualifier l'évolution de la "violence et de la délinquance" dans le pays.
En outre 73% considèrent que les juges en France "ne sont pas assez sévères".
Fort de ces constatations, certains, du simple citoyen jusqu'aux policiers transgressent les lois et décident de rendre justice eux-mêmes. Persuadés que les tribunaux ne fonctionnent plus, que les lois ne sont pas appliquées ou que les forces de l’ordre sont corrompues, ils se transforment en "héros justicier". Dans le monde, de l’Amérique latine à la Russie, en passant par le Nigeria, ils divulguent des images et des noms, ils enlèvent et séquestrent des personnes, ils torturent, mutilent ou tuent, mais toujours au nom du juste, de l’ordre et de la vertu.
Gilles Favarel-Garrigues et Laurent Gayer, tous deux chercheurs aux CNRS étudient comment ces "justiciers autoproclamés" peuvent être jusqu'au-boutiste et publie une enquête passionnante.
Cette plongée dans l'univers des hors la loi est aussi la première enquête du genre en langue française. Les deux chercheurs au CNRS connaissent leurs dossiers à fond, passant du récit de cas à l'analyse comparative, rendant ainsi l'écrit clair et dynamique. Ils s'attardent aussi sur le phénomène social de l'auto-justicier qui ne cesse d'envahir la fiction, du thriller à la bande dessinée en passant par le cinéma.
La question finale étant: La France peut-elle, elle aussi tomber dans ces excès punitifs?

Comprenne qui voudra

Economie - DroitDroitHistoire vraieJustice
Comprenne qui voudra Moi mon remords ce fut La malheureuse qui resta Sur le pavé La victime raisonnable À la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée défigurée Celle qui ressemble aux morts Qui sont morts pour être aimés. Paul Eluard

Gabrielle est prof dans un lycée marseillais, elle a trente ans, elle est en instance de divorce et est mère de deux jeunes enfants ; elle tombe amoureuse d'un de ses élèves Christian qui partage ses sentiments, Les amoureux ne se cachent pas, Nous sommes, en effet, à l'aube de mai 68 où tout semble permis. Très vite les parents de Christian vont réagir et porter l'affaire en justice, Débute la dégringolade de Gabrielle, qui malgré de nombreux soutiens, va être jugée coupable et incarcérée, Elle se suicidera à la veille de son procès en appel,
« Comprenne qui voudra » est un récit très bien construit, fruit d'une enquête sérieuse, collaboration de Pascale Robert Diard, chroniqueuse judiciaire et de Joseph Beauregard, documentariste, avec de nombreuses citations et photos qui viennent illustrer cette histoire d'amour impossible, C'est aussi un reflet précis de toute une époque et de ses mentalités encore majoritairement conservatrices , du pouvoir croissant de la presse sans cesse en quête de sensationnel, Avec un sens aigu de la psychologie, Pascale Robert Diard nous plonge dans cette époque de la fin des années 60,
Ce livre est assez court, les dernières pages étant consacrées à des photos ainsi qu'une partie de la correspondance de Gabrielle.
Les plus anciens d'entre vous et nous connaissent cette affaire par le biais du film d'André Cayatte "Mourir d'aimer" dont Annie Girardot tenait le rôle phare, celui de Gabrielle. 
L'histoire de Gabrielle Russier engage des interrogations, des réflexions sur le rôle de chroniqueur judiciaire, sur celui de journaliste, d'une manière générale, mais aussi sur le fonctionnement de la justice.
Cette enquête ouvre également tout un champ de questions d'un autre ordre : qu'en serait-il aujourd'hui ?

Libérons la Corse

Economie - DroitDroitEnquêteMafia
Des citoyens et des personnalités témoignent.
Le journaliste Jean-Michel Verne donne la parole à une quinzaine de personnalités qui dénoncent à visage découvert les dérives affairistes et mafieuses de la société corse. Frénésie immobilière, fraudes aux primes agricoles, racket, pressions… ces témoins, maires, anciens chefs d'entreprise, responsables associatifs, brisent la loi du silence . Face aux organisations criminelles et à leurs connexions avec les milieux politiques et économiques insulaires, ils pointent non seulement l'inertie des nationalistes à la tête de la région, mais aussi l'attitude d'un État jugé trop souvent défaillant.
Ce livre est la suite logique de la parution du précédent ouvrage de Jean Michel Verne "Juges en Corse" (Robert Laffont, 2019), qui fit l'effet d'un électrochoc, car c'était la première fois que des magistrats parlaient des difficultés rencontrées dans l'exercice de leur fonction. L'assassinat à l'automne 2019 d'un militant écologiste, Massimu Susini, a provoqué une forte mobilisation au travers de la création de deux collectifs antimafia.
Les personnalités qui témoignent dénoncent les dérives sur l'attribution de primes agricoles, la spéculation immobilière, la gestion des fonds public et ce sur l'ensemble des strates de la société corse: maire véreux, dessous-de-table, octroi de marché public, détournement d'aides européennes.....Mais ils dénoncent aussi une certaine ambiguïté de l'Etat qui favorise un clan mafieux contre un autre, un clan nationaliste contre un autre et ce depuis des décennies. Un divisé pour mieux régner en somme!

Rendre la Justice

Economie - DroitDroitJusticeDroit
Le redoutable métier de juger les autres.
65 magistrats parmi les plus grands noms de la magistrature répondent aux mille et une questions que soulève l'exercice de leur métier au quotidien.
Ils ont tous accepté de répondre à la question vertigineuse que leur a posée le réalisateur Robert Salis : qu'est-ce que "Rendre la justice"?
L'ouvrage apporte une bouffée d'oxygène dans le contexte de défiance envers l'autorité judiciaire, que certains rêvent de voir remplacée par des robots ou des concepts de visio.
Cette parole aborde de grandes questions de société, comme la liberté d'expression, les violences conjugales, l'inceste, l'erreur judiciaire, la radicalisation ou la prison. Il y est aussi question de violences, scolaires, conjugales, sexuelles.
La fine fleur de la magistrature s'adonne ainsi à l'exercice de l'introspection.
C'est un ouvrage pédagogique qui tente de proposer une vision du concept de la justice, ses missions et ses objectifs et ce grâce à la parole de ses intervenants.
Cet essai est la suite logique, ou même la transcription du magnifique film documentaire du même titre sous la direction de Robert Salis. (2019)
A lire donc et à voir.

Au nom de toutes les victimes

Economie - DroitDroitSantéMédecine
Il fait trembler les hôpitaux, les lobbies et les laboratoires.

L'avocat bordelais Jean-Christophe Coubris sort un livre consacré à son combat contre les scandales sanitaires, qu'il mène depuis 20 ans. C 'est lui et son cabinet qui se trouve derrière les plaintes contre le Gardasil, les pilules contraceptives, le Mediator ou les prothèses PIP. Leur ligne de défense se résume en trois points : un grand volume de dossiers traités, des expertises soigneusement menées et une médiatisation parfaitement orchestrée. Le cabinet défend 2 800 femmes porteuses d'implants mammaires PIP (condamnation au pénal de Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP le 10 décembre), 2 000 victimes du Mediator et des jeunes femmes qui ont eu des accidents cardio-vasculaires après la prise de pilules contraceptives. Récemment, Maitre Coubris est à l'origine des plaintes déposées contre le Pradaxa – un anticoagulant oral accusé d'avoir provoqué des hémorragies mortelles chez certains patients âgés – et contre le Gardasil – le vaccin contre le papillomavirus, soupçonné d'avoir favorisé le développement de maladies auto-immunes chez des jeunes filles.
Interviewé sur France Bleue, Jean-Christophe Coubris explique "l’impossibilité" dans ces affaires "de gérer les victimes avec seulement un Code civil ou un Code pénal. Il faut leur donner de notre temps, de notre notre énergie pour tenter au mieux de les reconstruire après l'accident dont elles ont été victimes." L'avocat bordelais souligne également "l'importance des indemnisations. Les victimes, leurs familles, sont confrontées à une espèce de double peine. Il y a les séquelles physiques et psychologiques, sans oublier des difficultés financières. L'argent ne fait pas le bonheur, bien évidemment. Mais lorsqu'on a un lourd handicap, il y a des frais considérables qu'il faut assumer pour se reconstruire".
Il sera sous les feux de la rampe ce 29 mars dans le jugement de l'affaire Médiator où il représente pas moins de 2000 des 6500 victimes.
Malgré tout, en vingt ans de carrière, Jean-Christophe Coubris dresse un bilan contrasté de la situation avec moins d'omerta des hôpitaux, des laboratoires plus conscients de la dangerosité du produit, des expertises plus fiables.
Nous avons eu la joie de le rencontrer. Voici le lien vers la vidéo
👉 https://www.youtube.com/watch?v=daLEIbgIyi4


Mémoires d'un juge trop indépendant

Economie - DroitDroitJusticeDroit
Il représente Le Juge d'instruction par excellence.
Juge d’instruction emblématique et visage de la lutte anti-corruption, Renaud Van Ruymbeke revient sur 40 années d’affaires politico-financières.
Dans Mémoires d’un juge trop indépendant aux Editions Tallandier, le magistrat jeune retraité retrace sa carrière, une carrière qui aura contribué à libérer la justice des mains du pouvoir politique.
Son premier dossier sera aussi son plus marquant : l’affaire Robert Boulin et le suicide du ministre du Travail. Dans une lettre posthume, il accusera Renaud Van Ruymbeke d’être un juge trop ambitieux. L'affaire Boulin sera la genèse d’une carrière marquée par la lutte contre l’argent sale et les paradis fiscaux.
Son histoire professionnelle traverse la Vème République où il a traité de nombreuses affaires à la fois financières mais aussi politiques sous cinq Présidents de la République : Valérie Giscard D'Estaing, François Mitterand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Au cours de sa carrière, il a instruit un grand nombre d’affaires parmi les plus médiatiques de leur époque : l’affaire Urba, l’affaire Clearstream 2, l’affaire Elf, l’affaire Kerviel , l’affaire Cahuzac et l’affaire Karachi. Il a fait trembler et condamner les hommes les plus puissants du pays.
Mais cet ouvrage se veut d’abord un témoignage sur le fonctionnement de la justice avant de livrer des propositions:  garantir l'indépendance de la justice face au pouvoir politique et trouver des solutions pour traquer l’argent sale dans les places offshore. A titre d'information, à l’échelle mondiale, l’estimation des avoirs d’origines frauduleuses cachés dans des paradis fiscaux, varie entre 8 700 milliards et 36 000 milliards de dollars.
Le récit d'une existence riche, active et affranchie des entraves (autant que possible)!

L'avocat était une femme

Economie - DroitDroitEssaiTémoignage
Découvrir les « Dupont-Moretta » ou les nouvelles ténors du barreau!

Dans les comptes rendus d'audience, les entretiens, les portraits, l’avocat a longtemps été un homme.
Une poignée d’hommes, même, se partageant les plus gros dossiers criminels ou les affaires politiques ou financières les plus retentissantes.
A côté de chacun d’entre eux, il y a souvent une femme qui connaît le dossier comme eux, parfois peut-être mieux. Dans ce temps d’exposition publique du procès pénal, elle s’éclipsait autant qu’elle était éclipsée.
Le livre de l'avocate Julia Minkowski et la journaliste Lisa Vignoli se consacrent à neuf femmes pénalistes et aux procès de leur vie : Céline Lasek et l'affaire Bertrand Cantat, Cécile de Oliveira pour une affaire de matricide, Frédérique Pons et les procès Guy Georges, Frédérique Baulieu contre une justice bâclée, Caroline Toby face au Gang des barbares, Marie Dosé et l'affaire Edouard Louis, Rachel Lindon et le premier Ministre du Kosovo, Jacqueline Laffont et le dossier Charles Pasqua et enfin Corinne Dreyfus-Schmidt sur le front des violences policières,
L'occasion de raconter le sexisme qui sévit dans la profession. En effet, certains clichés ont la vie dure et la misogynie est un fléau que les femmes avocats subissent encore de plein fouet. Chacune témoigne à son tour, tout à la fois drôle et sans complaisance sur le cœur de leur métier.
Avocate de premier plan, Julia Minkowski est intervenue dans de nombreux procès, dont ceux très médiatisés de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et Gilbert Azibert, mais aussi de Bernard Tapie, en décembre dernier. Elle mène une carrière riche et n'hésite pas à régulièrement transmettre son savoir.
Pour grossir les rangs des femmes au sein des avocats pénalistes.

La faction cannibale

Economie - DroitDroitJusticeHistoire
Art, terreur et vandalisme.
La faction cannibale est une cartographie détaillée de l'art, de la terreur et du radicalisme politique. Sa structure et son intrigue le placent dans le champ des produits culturels: c'est un essai raconté comme s'il s'agissait d'une histoire vivante, avec des changements continus de décors, d'époques et aussi de protagonistes, et où des chanteurs de rock and roll semblent parler aux grands maîtres du crime, ou vice versa.
Ce livre décrit la fascination de l'art pour le crime. Nous sommes dans les années précédant la Révolution française, dans les émeutes de Gordon (les plus importantes de l'histoire de l'Angleterre). William Blake, après avoir rejoint spontanément une foule prête à incendier la ville, se sent euphorique. Les faits semblent confirmer ses sombres visions et idées. Un Edmund Burke effrayé, dont l'auteur tire sa théorie révolutionnaire du «sublime» pour localiser l'origine de la terreur moderne, est contraint de tirer son épée pour s'échapper. Londres est en feu et le chanteur Joe Strummer met sa bande originale. Quelque temps plus tard, le célèbre Thomas de Quincey met en garde contre l'existence de certaines sociétés particulières composées d'«artistes du crime» (Société pour la promotion du meurtre, la suppression de la vertu ou la promotion du vice, entre autres). De là, défilent des mouvements d'avant-garde comme les dadaïstes, les surréalistes et les situationnistes aux côtés de révolutionnaires jacobins, punks, tueurs en série, sociétés secrètes ou sectes apocalyptiques. Ce livre fonctionne comme des passages historiques, des tunnels.
C'est un essai qui plonge le nez dans la sous-culture et l'avant-garde; il nous permet de réflechir à ce qui se passe aujourd'hui. C'est un essai à la lecture enthousiasmante, où se mêlent et s'entremêlent les références littéraires, historiques, culturelles, musicales et artistiques, Quoi de plus jubilatoire que d'aborder un chapitre où se mélangent les Stooges, les Sex Pistols, William Burroughs, De Quincey ou Franck Zappa, L'appendice est à lui seul une invitation au voyage littéraire; et que dire de la partie bande-son où sont notées toutes les références musicales apportées dans la livre, On aurait presque apprécié d'avoir un cd avec les morceaux choisis pour en pimenter la lecture,
Servando Rocha participe depuis vingt ans en Espagne à de nombreux projets artistiques et politiques radicalement contestataires. Il s’occupe de la maison d’édition La Felguera dans laquelle il a publié ses livres : Jours de fureur : contre-culture et lutte armée aux États-Unis (1960-1985) (2004) ou Histoire de l’incendie. Art et révolution dans les temps troublés : de la Commune de Paris à l’avènement du punk (2006).

Roy Cohn

Economie - DroitDroitEtats-unis#NoëlLibrairieMollat
L'avocat du diable.

Roy Cohn était un avocat immense. Il débrouille toutes les situations, gagne presque tous les procès, obtient des sommes folles pour ses clients, décourage des reporters malveillants, fait censurer des livres, désigne lui-même les juges et les procureurs des affaires qu'il traite. Un personnage romanesque et haut en couleur.
A la fois sombre et glamour, riche et mauvais payeur, show-off à l'excès, jetant de la poudre aux yeux, repoussant et outrepassant toutes les limites, flirtant avec la détention, la mafia, la mort; il est fêtard, malhonnête, croqueur d'hommes, totalement lifté. Il roule en Rolls et demande à son chauffeur de ne pas s'arrêter aux feux rouges. Il se targue de ne pas payer d'impôts en faisant passer tous ses revenus et dépenses sur son cabinet, y compris son yacht qu'il coule probablement volontairement pour obtenir l'indemnité de l'assurance.
Cohn a eu une influence considérable. Il est l'artisan de l'élection de Ronald Reagan. Il était proche de Richard Nixon. Il introduit Rupert Murdoch dans l'establishment américain. Il crée l'image de Donald Trump. On apprend comment Cohn persuade le magazine Forbes de mentionner Trump, alors promoteur débutant, parmi les 400 premières fortunes des États-Unis, en mentant de manière éhontée sur les millions de dollars que le futur président feint de posséder alors qu'il n'en est rien. « Fake it to Make it » est leur devise.
Au même rythme qu'elle se trouve progressivement admise dans la société, Cohn assume peu à peu son homosexualité, jusqu'à ne plus vraiment s'en cacher. Roy Cohn était un dur, un violent, un homme sans morale, un tueur et aussi le meilleur avocat de son temps.

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De l'art de la révisions pour parvenir à ses fins!

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