Chargement...
Chargement...

Dossiers

Arles 2018 : 49e Rencontres internationales de la photogr...

Comme tous les ans, les amateurs de photographies tournent leurs regards vers Arles. Au programme des rencontres de la photographie, de multiples expositions qui mettent à l'honneur : Robert Frank, Raymond Depardon, Paul Graham, Taysir Batniji, René Burri, William Wegman, Jonas Bendiksen, Anne Go...

Urbex : L'Art de l'Exploration Urbaine

Quand la planète entière a déjà été foulée et photographiée sous tous les angles, que les milieux les plus reculés sont devenus le commun du tourisme, que reste-il à découvrir ? Les lieux oubliés…

David Goldblatt 1930-2018

« Je suis un critique social autoproclamé et sans permis » Disparition de l'emblématique photographe sud-africain David Goldblatt à l'age de 88 ans.

Coups de cœur

HELMAR LERSKI

PhotographieIsraëlavant-gardepalestine
Le mahJ (Musée d'art d'histoire du Judaïsme) nous propose, du 11 avril au 26 août 2018, la première rétrospective en France d'un photographe et cinéaste méconnu : Helmar Lerski

Helmar Lerski (1871-1956) est né à Strasbourg (ville alors allemande), naturalisé suisse quelques années plus tard, il se rend aux Etats-Unis en 1893 où il apprendra la photographie puis il va à Berlin en 1915 où il devient notamment chef opérateur pour le Cinéma. En 1932, il s'installe en Palestine alors sous mandat britannique devenant un pionnier de la photographie et du cinéma dans ce pays puis retourne en Suisse en 1948 peu avant la création de l'état d'Israël. Son œuvre photographique très originale est basée sur le portrait. Il sculpte littéralement les visages avec la lumière, jouant sur la plasticité des formes et sur des clairs-obscurs prononcés tel un Caravage de la photographie en utilisant tout un jeu de miroirs et de réflecteurs. Le beau catalogue d'exposition des éditions Gallimard évoque les nombreux aspects de l'oeuvre photographique de Lerski : portraits américains (1910-1915) ; portraits de personnalités berlinoises et série Têtes de tous les jours (1927-1931) proche de l'esthétique de la Nouvelle objectivité ; série Arabes et juifs (1931-1935) et son œuvre majeur : Métamorphoses par la lumière (1935-1936), 137 portraits du même homme transfigurés par la lumière. Ce travail lui fait dire : «J'écrivais «avec la lumière» et du modelé sortirent toutes les formes de ma fantaisie, tour à tour Napoléon, un mendiant, un moine du Moyen-âge, un croisé, un technicien moderne, un fanatique religieux, la statue gothique, le masque mortuaire ». C'est le sommet de son œuvre où son art singulier du portrait fait disparaître à la fois l'illusion de pouvoir saisir l'âme d'une personne et la fiction d'une identité fixe. Il ira même jusqu'à l'abstraction en agrandissant des détails (oeil, plis de la peau...) de ces deux précédentes séries Arabes et juifs et Métamorphoses par la lumière dans une autre série intitulée Paysages du visage (1941). Une oeuvre puissante, saisissante, d'une grande force plastique.

Photos graphiques

PhotographiePoésiePhotographie
L'oeuvre photographique de Jean-Michel Folon est largement méconnue. Ces photos de travail, d'inspiration destinées à un usage privé révèlent néanmoins un vrai regard photographique. Folon, à travers différentes séries, s'emploie à découvrir dans des objets du quotidien (interrupteur, prise élect...

DAIDO MORIYAMA

ArtsPhotographiePhotographieJapon
Depuis son premier livre : Japan a photo theater (1968) Moriyama a publié près 200 ouvrages. La revue RECORD est l'une des ses oeuvres majeures et l'une des plus représentative de son travail.

Moriyama, né en 1938, est l'un des grands maîtres de la Street photography. Il fut l'assistant du grand Eikoh Hosoe sur la célèbre série Barakei avec l'écrivain Mikio Mishima en 1961. Il entame sa carrière de photographe indépendant à partie de 1964. Il rejoint en 1968, le mouvement PROVOKE lors de la deuxième édition de la revue éponyme. Il crée en 1972 une revue qui tient à la fois du journal intime, du fanzine et du photo-journal, RECORD que les éditions Textuel rééditent sous forme d'un somptueux fac-similé complet des 30 premiers numéros sous coffret. Tout le génie du photographe éclate dans ses fiévreuses images, saturées, granuleuses, fortement contrastées, brutes, floues, sales, aux cadrages singuliers. Daido Moriyama qui se compare lui-même à un chien errant est un photographe rôdeur, chasseur qui saisit une réalité crue que l'on ne voit pas ou que l'on préfère oublier. Toute l'oeuvre du grand photographe est la célébration de cette beauté urbaine et sauvage.

IRVING PENN

ArtsPhotographiePhotographie
Le Grand Palais célèbre le centenaire de la naissance d’un des plus grands photographe du XXème siècle, Irving Penn (1917-2009). Le somptueux catalogue qui accompagne l’exposition est à la hauteur de l’oeuvre élégante et sobre du grand maître de la photographie de studio. Indispensable.

Irving Penn étudie le design à la Pennsylvania Muséum school of Industrial art où l’un de ses professeurs est Alexey Brodovitch, directeur artistique du légendaire Harper’s Bazaar. Il débute vraiment sa carrière magazine, en 1943, au magazine Vogue avec le talentueux Alexander Libermann. Il signa, en quarante de carrière (1943-2004), plus de 165 couvertures du Vogue americain. Son art se caractérise par une suprême élégance et une grande sobriété, utilisant la lumière du Nord comme les maîtres hollandais du XVIIème siècle. Fidèle à la photographie de studio, il recréa le monde, tel un démiurge discret, dans son antre de la Cinquième avenue à New-York, développant lui-même ses clichés. Il fut tout à la fois un grand photographe de mode et un immense portraitiste. Picasso, Alfred Hitchcock, Marlène Dietrich, Truman Capote, Marcel Duchamp, Dali… autant de personnalités qu’il a fait posé devant un simple rideau gris (un travail qui n’est pas sans évoquer l’oeuvre de Giovanni Battista Moroni, l’un des plus grands portraitistes italien du XVIème siècle). Il fut aussi le portraitiste des gens du peuple comme en témoigne sa célèbre série des petits métiers réalisée en 1950-1951 (en hommage au photographe Eugène Atget) ou ses différentes séries de portraits d’indiens traditionnels à Cuzco en 1948, d’enfants et jeunes villageoises du Dahomey en 1967 ou de Guerriers de Nouvelle-Guinée en 1970. Il fut aussi un éblouissant photographe de nature morte. Il suffit pour s'en convaincre de contempler sa somptueuse Nature morte avec pastèque de 1947 ou sa radicale série de mégots de 1972). Il fut encore un incroyable photographe de nus qu’il traite comme de véritables sculptures (un travail stupéfiant d’audace réalisé entre 1949 et 1950 mais seulement exposé en 2002). Un géant de la photographie. Un prodigieux artiste tout simplement.

Photographie

Chargement...