Un beau matin d’été, Pisuké est enfin assez grande pour quitter ses parents, tout comme ses frères et sœurs l’ont fait avant elle, et trouver l’endroit où passer sa vie. Elle part en emportant l’essentiel dans son sac à dos et en gardant précieusement en tête le conseil de papa : “n’oublie pas de te présenter à tout ce qui t’entoure.”
Commence alors pour Pisuké un voyage à la fois riche en découvertes et semé d’embûches : Elle se fait refouler de la ville et subit le mépris de ses habitants, elle découvre la lumière réconfortante des lucioles dans la nuit noire, elle subit les inondations dans sa grotte près de la rivière mais sauve des insectes en perdition. Après bien des péripéties (nous n’allons pas tout vous raconter ! ) Pisuké trouvera finalement son havre de paix, son refuge, son home sweet home.
Ce délicieux récit initiatique nous apprend que chaque épreuve nous fait grandir et nous rapproche de notre but.
Les illustrations de Makiko Futaki sont riches en détails. La représentation de la nature est foisonnante et les couleurs lumineuses. Les petits personnages sont charmants. Et tous ces éléments contribuent à la réussite de cet album.
Dès 5 ans
Alors que Taupe peine à voir le monde qui l’entoure à cause de sa mauvaise vue, Lapine elle, effrayée de nature, n’ose pas l’affronter.
Taupe, pourtant, a un grand rêve : contempler la lune. Et ça tombe bien, Lapine a une idée formidable pour l’aider à réaliser ce rêve : monter sur la colline aux éclipses, sur laquelle on aurait la chance de voir la lune en très gros. Pour cela, ils devront faire équipe ! Lapide jouera les guides et Taupe l’aidera à surmonter les obstacles qu’ils trouveront sur le chemin.
Un album d’une grande douceur qui met à l’honneur l’amitié et surtout l’entraide.
À la fin du livre, vous trouverez quelques pages documentaires pour les plus curieux et des idées pour organiser une soirée sous les étoiles pour les plus aventureux.
Dès 5 ans
Maxime termine son CM2, et le mercredi, il s’ennuie ferme. Ses parents ont alors l’idée de l’envoyer chez papy Jean pour télétravailler tranquille d’une part, mais aussi pour qu’il expérimente l’ennui pour de vrai. D’abord démuni, il suivra les conseils avisés de son grand-père pour apprivoiser le temps qui passe et commence par explorer la maison familiale. Il y découvre le carnet de recettes et de rencontres de sa défunte grand-mère qui semble encore habiter les pensées quotidiennes de son grand-père. Maxime, en revanche, n’a que très peu de souvenirs d’elle et le déplore. C’est ainsi qu’il va partir à la rencontre du souvenir de sa grand-mère et tenter de reconstituer sa mémoire à travers les personnes consignées dans ce carnet, qui ont compté tout au long de sa vie.
Un roman d’une rare sensibilité qui fait la part belle aux souvenirs des absents.
Dès 9 ans
Irène a 11 ans et n’a pas d’amis. Sa vie tourne essentiellement autour de sa mère, surprotectrice depuis son plus jeune âge. Privée de toute sortie car considérée de santé fragile, elle passe une enfance solitaire et un peu bizarre. Elle n’a jamais eu le droit de se baigner, pour une Marseillaise c’est quand même le comble ! Chez elle, pas de baignoire ni de douche, on se nettoie au gant, c’est plus écologique ! Mais depuis peu, un crabe a élu domicile dans sa chambre et elle fait d’étranges rêves aquatiques.
Après une énième dispute avec sa mère et alors que son crabe a l’air de l’inviter à prendre un bain, elle se lance ! Quand elle découvre qu’elle est une sirène, son monde s’écroule. Non seulement sa mère lui a caché qui elle était mais aussi qu’elle n’était pas seule le jour où elle l’a trouvée… Commence alors pour Irène une folle course à la recherche de ses origines et de son identité. En parallèle, ses sœurs sirènes partent également à sa recherche…
Un roman surprenant qui se lit d’une traite, à la fois fable écologique et folle épopée aux prémices de l’adolescence.
Autrice et illustratrice de bandes dessinées et de documentaires, Agnès Maupré nous livre ici un premier roman original et touchant. Le mythe de la sirène y est intelligemment déconstruit pour une version plus moderne. Une vraie réussite !
Dès 12 ans.
Suivons cette petite souris au cours de cette journée de vacances d’été du lever au coucher. Elle nous raconte toutes ces activités : la baignade sur la plage, le passage au potager, la visite dans le grenier, la folle chevauchée à vélo pour échapper à l’orage, la soirée qui s’étire sur la terrasse… Mais l'originalité de l’ouvrage réside dans le fait que celle-ci, aux différentes étapes de sa journée, ouvre grand ses narines et nous restitue le flot d’odeurs qui l’entoure. Des odeurs agréables : le chocolat chaud du petit déjeuner, les embruns et les coquillages de la plage, le basilic et la menthe du déjeuner, les pins, le large, l’orage… mais aussi des odeurs qui puent comme la vase, la poussière, le vieux papier ou encore le chien mouillé. Cet intérêt pour le sens de l’odorat, sens peu souvent mis en avant, nous pousse à prêter une attention accrue aux odeurs présentes autour de nous. Et pour peu que l’on y fasse vraiment attention, elles constitueront un réservoir de souvenirs inépuisables.Ajoutez à cela la beauté et la finesse des illustrations à l’aquarelle d’Emma Lidia Squillari et vous obtiendrez l’album parfait pour réjouir vos yeux et entraîner vos narines ! Dès 4 ans
Les Mouvantes sont un peuple nomade et matriarcal qui récolte chaque année le Sel magique pour le royaume de La Maurane. Nami, 17 ans, attend son Appel avec impatience, l'événement qui choisira la prochaine cheffe du clan. Mais, deux faits extraordinaires vont ébranler la tranquillité de la tribu. En plus d’être deux appelées cette année-là, Nami voit son corps se couvrir de glyphes rouges. C’est l’Appel du sang, réputé pour être maudit.
En revenant en Maurane, Nami se réjouit de retrouver ses amis de toujours, Elian et Calist, dont elle a été séparée depuis trois ans. Elle a hâte de passer du temps avec eux en se remémorant leurs souvenirs d’enfance.
Seulement, au sein du royaume les choses ont changé, le peuple est à fleur de peau. Les impôts ne font qu’augmenter, les ouvriers et les plus précaires ne s’en sortent plus. La Dauphine dirige sa cité d’une main de fer et n’écoute pas le mécontentement de ses sujets. Alors, lorsque la récolte de Sel est volée, il n’en faut pas plus pour embraser cette colère. Nami parviendra-t-elle à comprendre ce qui se trame et sauver son peuple ? L’amitié peut-elle survivre à tout ?
Un roman intense, sur le passage à l’âge adulte et le poids des responsabilités. Une intrigue habilement menée, et des personnages forts.
Après le très remarqué La Tisseuse de vent, Nina Lan revient avec un deuxième livre jeunesse tout aussi réussi !
L’intrépide et audacieuse Paloma Pumpkin ne rêve que d’aventure. Et pour cela, il n’y a qu’une voie qui s’ouvre à elle : prendre la mer et devenir piratesse ! Malheureusement pour elle, son père ne l’entend pas de cette oreille et compte tout faire pour l’en empêcher, quitte à l’enfermer. C’est évidemment sans compter sur la hargne de notre jeune héroïne qui compte vivre son rêve coûte que coûte. Seulement, c’est une chose de vouloir mais qu’en est-il de pouvoir ? La mer est périlleuse, les capitaines sont féroces mais plus que tout, une femme à bord ça porte malheur et, surtout, ça ne s’est jamais vu ! Mais, de nouveau, la témérité de Paloma est sans limite. Elle embarque donc en cachette à bord du redoutable navire Passereau. Elle devra faire preuve d’endurance et se montrer particulièrement rusée pour réussir à se faire accepter de cet équipage de pirates roublards. Démarre alors une longue traversée et souffle enfin ce vent d’aventure qu’elle a si longtemps attendu. Mais à la première escale, un chargement suspect est embarqué. En trouvant ces femmes et ces hommes enchaînés, Paloma découvre alors ce que les humains peuvent faire de pire. Cependant, la suite de l’histoire lui montrera ce que l’humanité a de plus beau : le courage !
C’est un grand coup de cœur pour cet album qui mêle Histoire et aventure, publié en partenariat avec les musées de Honfleur.
Dès 7 ans
Pauline et Agathe ont toujours été amies, meilleures amies même ! Liées par une passion commune et dévorante pour la danse classique, leur quotidien est rythmé par les cours intransigeants et leur espoir de devenir un jour, petits rats de l’Opéra de Paris. Pourtant, elles ne pourraient pas être plus différentes : Pauline est calme, conciliante, persévérante quand Agathe est exaltée, déterminée, implacable. L’été des 13 ans d’Agathe semble marquer une rupture : alors qu’elles semblaient se compléter jusque-là, tout semble les opposer aujourd’hui, y compris leur petite année de différence qui n’avait pas l’air de les déranger il y a quelques mois. Et surtout, Agathe ne veut plus entendre parler de la danse, ni de Pauline d’ailleurs. Alors, quand la mère de Pauline et le père d’Agathe annoncent leur nouvelle relation et leur envie de partir en vacances en famille, c’est le coup de grâce ! Cette cohabitation forcée s’annonce des plus intenses pour les deux jeunes filles dont l’amitié semble faire partie du passé.
Un roman tout en sensibilité, qui évoque avec pudeur la notion du corps dans la vie des adolescentes et la difficulté que l’on peut avoir à se faire une place dans le monde.
Dès 12 ans