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Sélection de livres

Dossiers

Qui est-ce que nous fait l'honneur de sa visite en févrie...

Au rayon Poches, on aime l'Amour et on veut que vous le sachiez ! De ce fait, on vous a préparé une sélection de romans qui parlent de l'Amour sous toutes ses formes : tendre, impossible, délicat, moche, déchirant, formidable, harassant, improbable, triste, sulfureux, sublime. Parce que, il faut ...

Coups de cœur

Article 353 du code pénal

LittératureLittératureCrimeArnaque
On vous promet monts et merveilles. On vous dit que la vie peut être simple, qu'il suffit de faire confiance à une personne et que cette personne vous rendra riche. Cette personne est confiante, sûr d'elle, convaincante. En plus, manque de chance, vous lui avez suggéré que vous disposiez d'un pet...
Le roman commence par un meurtre. D'un geste violent que le lecteur ne peut que condamner, Martial pousse Antoine hors du bateau et le laisse se noyer sans ressentir la moindre émotion. Ce ne sera cependant pas le roman d'une fuite. Martial reconnaît son acte devant le juge et le revendique.

Pourquoi ? Ce juge est certainement la dernière personne que cela intéresse. Si rien ne peut excuser un tel crime, au moins peut-il essayer de comprendre pourquoi il a eu lieu.

Quand Antoine Lazenec arrive dans ce petit village et promet monts et merveilles pour son développement, tout le monde a envie de le croire. Promoteur immobilier, il connaît son affaire... ou tout du moins, il en a l'air avec ses beaux vêtements et sa belle voiture.

Avec ses quelques économies, Martial prend le risque de lui faire confiance. Après tout, qui ne jouerait pas les prochains numéros du loto s'il les connaissait à l'avance ?

Comme d'habitude, Tanguy Viel nous passionne. Son écriture prenante et l'intrigue nous tient en haleine du début à la fin. Article 353 du Code pénal (éditions Minuit) est sans conteste une belle aventure humaine.

Nous, les passeurs - Marie Barraud, éditions Robert Laffont

Seconde guerre mondialeFamilleRésistanceHistoire
Remonter le fil, abattre les tabous, disloquer les verrous familiaux, voilà ce qu’entreprend dans ce livre Marie Barraud, petite fille du docteur Albert Barraud, résistant bordelais déporté au camp de Neuengamme en 1939.
En 2014, Marie Barraud atteint l’âge de 35 ans avec une sensation omniprésente de ne pas pouvoir vivre sa vie passionnément et pleinement. Quelque chose lui manque, savoir d’où elle vient, et comprendre pourquoi elle admire tant son père au point de ne pas oser lui poser des questions sur son passé. Qui était son grand-père ? Doit-elle l’aimer et honorer sa mémoire, ou se méfier quand elle devine la colère avec laquelle son père a grandit jusqu’à aujourd’hui. Marie n’ose pas bousculer ces non dits et cette obscure histoire qui hante les rapports qu’elle entretient avec les membres de sa famille. Un frère absent, un père effacé, une grand-mère à jamais endeuillée. Elle sent que ce qu’il y a derrière est lourd, pour eux et pour elle, que cette ombre qu’elle a envie d’affronter va changer à jamais leur avenir.

Un homme qui a connu son grand-père va lui apporter les réponses, le récit de « ce qui s’est réellement passé » au camp de Neuengamme. Le courage d’Albert Barraud, ses sacrifices, son espoir sans failles.
Mais le chemin de Marie ne s’arrête pas là. Il lui faudra désormais panser les blessures de sa famille grâce à ces informations qu’elle seule connaît.

Nous, les passeurs, dépasse l’anecdote historique sur le camp de Neuengamme et le naufrage du Cap Arcona le 3 Mai 1945, pour atteindre un prodigieux questionnement sur la famille, son héritage et ses douleurs. L’écriture touchante et pudique de l’auteur nous atteint au plus profond tant elle aborde une réflexion que nous menons tous à un moment de notre vie. Un grand grand coup de cœur !

Julia Kerninon : une Apache respectable

Littérature FrançaiseAmourEcritureAutobiographie
Gonflée. Oui, quand j’ai lu (je crois sur le site de Télérama) que Julia Kerninon, signait une oeuvre ouvertement autobiographique à 30 ans, je me suis dis : elle est gonflée. J’étais déstabilisée, car après avoir lu ses deux derniers romans ("Buvard" puis "Le dernier amour d’Attila Kiss"), j’ava...
 Sauf qu’Une activité respectable, ça commence comme ça :

« À cinq ans et demi, j’ai passé un contrat avec mon père. Premier compromis d’une longue et fructueuse série, j’ai accepté de ne plus sucer mon pouce en échange d’un aller-retour à la capitale. Pourtant, c’est ma mère qui m’a emmenée - dans mon souvenir en tout cas il n’y a qu’elle et moi au moment où elle s’est arrêtée net devant une façade, dans le quartier Notre-Dame, et m’a fait déchiffrer l’enseigne de Shakespeare and Company. C’était l’année où nous portions chacune un manteau en faux léopard (…) »

Alors forcément, je continue, parce que moi aussi je suis de province, parce que moi aussi me rendre pour la première fois à Paris et chercher et trouver Shakespeare and Company (épelé shakeuspireu dans la tête pour se souvenir de l’orthographe) ça veut dire quelque chose, parce que moi aussi j’ai lu comme une enragée, et qu’à un moment de ma vie mes lectures et les auteurs que j’aimais et découvrais en dilettante étaient ce qui me définissait, m’encrait au réel, c’était mon judas sur l’avenir, et se rendre à Shakespeare and Company, ça terminait l’enfance.

J’ai continué, et défend aujourd’hui ce livre avec toute la force de mon narcissisme, parce qu’enfin une jeune femme qui me ressemble, qui ressemble à mes ami-e-s, qui n’est pas devenue un pur produit éditorial, mais une apache, une forcenée, une sauvage, raconte son rapport viscéral et intime à la lecture, et surtout, à l’écriture.

« Je vis la même journée depuis vingt cinq ans et j’en ai déjà trente. »

Julia Kerninon écrit comme certains fabriquent de la musique, font des photos, pratiquent un sport : c’est en elle, c’est son domaine, qu’elle exporte à Budapest où elle ne quittera pas son appartement, qu’elle remplit de ses expériences (la jeune Caroline de Buvard est-elle née quand Julia servait des rafraîchissements dans un petit bar de la côte Atlantique ?).

Si vous avez aimé les livres de Julia Kerninon, empressez-vous de lire celui-ci. Les autres, dépêchez-vous d’acheter Buvard : vous découvrirez une auteure dont vous allez avoir envie de continuer d’entendre parler.

Littérature

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