Chargement...
Chargement...

Sélection de livres

Les incontournables de la rentrée littéraire de janvier

LittératureRentrée littéraireRoman
Découvrez les ouvrages qui ont tapé dans l’œil de nos libraires...

Coups de cœur

Les garçons de l’été

Littérature FrançaiseRentrée littéraireRomanFolie
Comme une vague que l'on prend de plein fouet, le roman de Rebecca Lighieri nous surprend, nous réveille, et nous emporte !
Des trois enfants qu’elle a conçus, Thadée est sans conteste celui dont Mi est la plus fière. Outre un physique agréable, et une plastique qui s’est avantageusement bien développée à l’adolescence, Thadée mène une vie épanouissante, tant sur le plan intellectuel que sportif : il semble réussir dans ses études, et pratique intensément le surf.
Sa passion l’amène ainsi à quitter les plages de la côte basque pour celles de La Réunion le temps d’une année sabbatique – à ses dires, il a la bénédiction de ses professeurs, qui lui proposent de cuber sa khâgne l’année suivante afin de pouvoir intégrer une grande école.
Les mois passés à surfer en compagnie de jeunes sportifs de son âge sont brutalement interrompus par un évènement tragique : une morsure de requin entaille profondément sa jambe et l’amène à rentrer brutalement en métropole.
Si la vie de Thadée n’est plus en danger, rien ne sera plus comme avant. L’accident vient ouvrir une brèche dans l'équilibre de la petite famille biarrotte…

Grand roman sur la famille et sa folie, Les garçons de l’été mêle habilement humour, suspens et noirceur.
Rebecca Lighieri – que les lecteurs connaissent sans doute sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Tam – signe ici un livre aussi dense, corrosif, que brillamment écrit.

Songe à la douceur

Littérature adolescenteRentrée littéraireRomanAmour
Il ne sert à rien d’y aller par quatre chemins, « Songe à la douceur » entre dans mon panthéon de mes 10 livres préférés de tous les temps. Dans une vie de libraire, et donc de lectrice un poil compulsive, la chose, croyez-moi, n’est pas dite à la légère.
Voilà, c’est dit. Mais après ? Comment trouver les mots sans enchaîner les superlatifs ? Pour quoi le charme agit-il autant ? Parce que c’est un livre qui respire l’intelligence ? Sans doute. Parce que Clémentine Beauvais manie l’ironie avec distance et malice et pointe du doigt tous nos petits travers de façon résolument piquante ? Parce que l’on passe de la légèreté au drame comme une barque glisse au fil de l’eau ? Parce que les mots chantent, tintent, carillonnent et que cette musique enchante ? Bien sûr.
Mais aussi parce qu’à travers les hésitations de Tatiana et d’Eugène, l’amour de Lenski pour Olga, Songe à la douceur prend son lecteur au sérieux pour lui parler de cette vie qui nous échoit, dont nous sommes les heureux détenteurs sans en avoir pour autant le mode d’emploi. Comment être heureux, comment aimer et - pire encore car souvent difficile - dire à l’autre son amour : Clémentine Beauvais explore nos sentiments avec finesse, brode au petit point le motif de nos détresses et de nos égarements, de nos regrets et de nos ratages comme celui de nos enthousiasmes.

Adapter en vers libres Eugène Onéguine de Pouchkine ! Nul n’en n’avait jamais eu l’idée (diablement culottée) et Clémentine Beauvais l’a fait ! Entre comédie romantique résolument ancrée dans notre époque (ah, les délicieuses scènes de marivaudage sur Skype ou par texto) et hommages discrets mais délicieux à la littérature, Songe à la douceur dessine un bréviaire du discours amoureux qui pourrait bien devenir un classique. Élégant (sans même parler de l’extraordinaire travail d’orfèvre dans la typographie et la mise en page qui soutiennent le texte en écho) et impertinent, jubilatoire, facétieux, forcément bouleversant, ce roman est un puissant générateur d’émotions, qui diffuse une joie et une énergie peu communes tout en vous serrant la gorge. Parlerai-je de chef d’œuvre ? Oui. Et de ma bouche le mot sort rarement. C’est un livre comme on en lit peu et je ne peux que me joindre au concert de louanges qui vont rougir les joues de cette jeune romancière que nous aurons l’immense privilège de recevoir en nos murs le 10 septembre prochain.

Julia Kerninon : une Apache respectable

Littérature FrançaiseAmourEcritureAutobiographie
Gonflée. Oui, quand j’ai lu (je crois sur le site de Télérama) que Julia Kerninon, signait une oeuvre ouvertement autobiographique à 30 ans, je me suis dis : elle est gonflée. J’étais déstabilisée, car après avoir lu ses deux derniers romans ("Buvard" puis "Le dernier amour d’Attila Kiss"), j’ava...
 Sauf qu’Une activité respectable, ça commence comme ça :

« À cinq ans et demi, j’ai passé un contrat avec mon père. Premier compromis d’une longue et fructueuse série, j’ai accepté de ne plus sucer mon pouce en échange d’un aller-retour à la capitale. Pourtant, c’est ma mère qui m’a emmenée - dans mon souvenir en tout cas il n’y a qu’elle et moi au moment où elle s’est arrêtée net devant une façade, dans le quartier Notre-Dame, et m’a fait déchiffrer l’enseigne de Shakespeare and Company. C’était l’année où nous portions chacune un manteau en faux léopard (…) »

Alors forcément, je continue, parce que moi aussi je suis de province, parce que moi aussi me rendre pour la première fois à Paris et chercher et trouver Shakespeare and Company (épelé shakeuspireu dans la tête pour se souvenir de l’orthographe) ça veut dire quelque chose, parce que moi aussi j’ai lu comme une enragée, et qu’à un moment de ma vie mes lectures et les auteurs que j’aimais et découvrais en dilettante étaient ce qui me définissait, m’encrait au réel, c’était mon judas sur l’avenir, et se rendre à Shakespeare and Company, ça terminait l’enfance.

J’ai continué, et défend aujourd’hui ce livre avec toute la force de mon narcissisme, parce qu’enfin une jeune femme qui me ressemble, qui ressemble à mes ami-e-s, qui n’est pas devenue un pur produit éditorial, mais une apache, une forcenée, une sauvage, raconte son rapport viscéral et intime à la lecture, et surtout, à l’écriture.

« Je vis la même journée depuis vingt cinq ans et j’en ai déjà trente. »

Julia Kerninon écrit comme certains fabriquent de la musique, font des photos, pratiquent un sport : c’est en elle, c’est son domaine, qu’elle exporte à Budapest où elle ne quittera pas son appartement, qu’elle remplit de ses expériences (la jeune Caroline de Buvard est-elle née quand Julia servait des rafraîchissements dans un petit bar de la côte Atlantique ?).

Si vous avez aimé les livres de Julia Kerninon, empressez-vous de lire celui-ci. Les autres, dépêchez-vous d’acheter Buvard : vous découvrirez une auteure dont vous allez avoir envie de continuer d’entendre parler.

Nous, les passeurs - Marie Barraud, éditions Robert Laffont

Seconde guerre mondialeFamilleRésistanceHistoire
Remonter le fil, abattre les tabous, disloquer les verrous familiaux, voilà ce qu’entreprend dans ce livre Marie Barraud, petite fille du docteur Albert Barraud, résistant bordelais déporté au camp de Neuengamme en 1939.
En 2014, Marie Barraud atteint l’âge de 35 ans avec une sensation omniprésente de ne pas pouvoir vivre sa vie passionnément et pleinement. Quelque chose lui manque, savoir d’où elle vient, et comprendre pourquoi elle admire tant son père au point de ne pas oser lui poser des questions sur son passé. Qui était son grand-père ? Doit-elle l’aimer et honorer sa mémoire, ou se méfier quand elle devine la colère avec laquelle son père a grandit jusqu’à aujourd’hui. Marie n’ose pas bousculer ces non dits et cette obscure histoire qui hante les rapports qu’elle entretient avec les membres de sa famille. Un frère absent, un père effacé, une grand-mère à jamais endeuillée. Elle sent que ce qu’il y a derrière est lourd, pour eux et pour elle, que cette ombre qu’elle a envie d’affronter va changer à jamais leur avenir.

Un homme qui a connu son grand-père va lui apporter les réponses, le récit de « ce qui s’est réellement passé » au camp de Neuengamme. Le courage d’Albert Barraud, ses sacrifices, son espoir sans failles.
Mais le chemin de Marie ne s’arrête pas là. Il lui faudra désormais panser les blessures de sa famille grâce à ces informations qu’elle seule connaît.

Nous, les passeurs, dépasse l’anecdote historique sur le camp de Neuengamme et le naufrage du Cap Arcona le 3 Mai 1945, pour atteindre un prodigieux questionnement sur la famille, son héritage et ses douleurs. L’écriture touchante et pudique de l’auteur nous atteint au plus profond tant elle aborde une réflexion que nous menons tous à un moment de notre vie. Un grand grand coup de cœur !

Article 353 du code pénal

LittératureLittératureCrimeArnaque
On vous promet monts et merveilles. On vous dit que la vie peut être simple, qu'il suffit de faire confiance à une personne et que cette personne vous rendra riche. Cette personne est confiante, sûr d'elle, convaincante. En plus, manque de chance, vous lui avez suggéré que vous disposiez d'un pet...
Le roman commence par un meurtre. D'un geste violent que le lecteur ne peut que condamner, Martial pousse Antoine hors du bateau et le laisse se noyer sans ressentir la moindre émotion. Ce ne sera cependant pas le roman d'une fuite. Martial reconnaît son acte devant le juge et le revendique.

Pourquoi ? Ce juge est certainement la dernière personne que cela intéresse. Si rien ne peut excuser un tel crime, au moins peut-il essayer de comprendre pourquoi il a eu lieu.

Quand Antoine Lazenec arrive dans ce petit village et promet monts et merveilles pour son développement, tout le monde a envie de le croire. Promoteur immobilier, il connaît son affaire... ou tout du moins, il en a l'air avec ses beaux vêtements et sa belle voiture.

Avec ses quelques économies, Martial prend le risque de lui faire confiance. Après tout, qui ne jouerait pas les prochains numéros du loto s'il les connaissait à l'avance ?

Comme d'habitude, Tanguy Viel nous passionne. Son écriture prenante et l'intrigue nous tient en haleine du début à la fin. Article 353 du Code pénal (éditions Minuit) est sans conteste une belle aventure humaine.

L'irrésistible Agatha Raisin

PolarEnquêtePolicierSérie
Il était temps de découvrir M.C. Beaton, auteur d'une série culte en Angleterre avec les enquêtes de la truculente Agatha Raisin, enfin traduites en France (il lui aura fallu pas moins de 24 ans pour franchir la Manche, omission enfin réparée...).
On pense à la Miss Marple d'Agatha Christie, évidemment, mais en plus dévergondée : personnage de quinqua exaspérante qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec ! On l'adore d'emblée !
Albin Michel a décidé de publier l'intégrale (27 tomes) par salve de deux titres d'un coup, nous avons ainsi vu arriver sur nos tables des petits volumes attractifs (au doux prix de 14 euros) aux couvertures colorées et amusantes, attirant l’œil du curieux.
Ainsi, la première énigme La quiche fatale, met en scène l'arrivée d'Agatha Raisin à Corsely, paisible village des Costswolds, où elle décide, pour s'intégrer à la communauté, de participer à un concours de cuisine de la paroisse, qui tourne mal : mais qui a bien pu empoisonner la quiche ? Agatha mène l'enquête à sa façon et met... les pieds dans le plat !
Dans le deuxième opus, Remède de cheval, le vétérinaire succombe à un injection de tranquillisant destiné à un cheval rétif, la dose lui a été fatale ! Dans le volume suivant, la randonnée s'avère mortelle, puis la jardinière talentueuse - que tout le monde jalousait, y compris Agatha – est retrouvée assassinée, comme le titre le laissait pressentir elle n'a vraiment pas eu de pot...
Si vous aimez l'humour british, voilà une série à découvrir qui vous mettra de bonne humeur à l'heure du tea time en dégustant un scone, pour bien commencer cette nouvelle année !

Littérature

Chargement...