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Sélection de livres

Les coups de cœur en Littérature

Découvrez notre sélection parmi les ouvrages grands-formats et poches de ce printemps !

Les nouveautés en Littérature

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Les nouveautés du printemps en poche

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Actualité

Dossiers

Les éditions 10-18 fêtent leurs 60 ans !

En 2022, les éditions 10-18 ont 60 ans ! Une belle occasion de célébrer cette maison iconique en librairie, avec de nombreuses surprises.

Les Editions Sabine Wespieser fêtent leurs 20 ans !

Les Éditions Sabine Wespieser célèbrent cette année leurs 20 ans ! Vingt années de littérature, de découverte, d'émotion et d'évasion dont nous vous proposons un aperçu à travers les auteurs phares de la maison et les coups de cœur des libraires.

Hommage à Michel Deguy, immense poète, philosophe et trad...

Insatiable chercheur de mots, Michel Deguy nous a quitté : son oeuvre immense reste avec nous.

Plongez dans cette saga familiale absolument géniale !

Plongez dans cette saga familiale absolument géniale ! (Et pas de panique, les 6 tomes de la série seront sortis d'ici fin juin !)

Coups de cœur

Joanne Tompkins nous livre un premier roman empreint de douceur sur ce qui vient après un drame.

"Comme il était étrange de connaître deux garçons qui étaient morts si violemment. Elle se demanda s'ils demeuraient dans son sillage, si cela avait un sens de se rapprocher de leurs fantômes plutôt que de s'en éloigner."
Isaac vient de perdre son fils unique, Daniel, jeune homme adoré de tous. Il a été assassiné par Jonas, son meilleur ami qui s'est ensuite donné la mort. Le monde de Lorrie, la mère de ce dernier, s'effondre donc à son tour. Autrefois amis, Isaac et Lorrie errent désormais chacun de leur côté, enfermés dans leur propre chagrin; jusqu'à l'apparition d'un troisième personnage, égarée elle aussi : Evangeline. Sortie de nulle part, la jeune fille de seize ans à la chevelure incandescente débarque dans leur vie, le ventre rond annonçant un possible renouveau. Mais elle porte aussi en elle un lourd secret, celui d'avoir connu les garçons avant leur mort sans que personne ne le devine. 

Ces trois personnages, incroyablement humains, vont se confronter. Leurs voix se mêlent, ainsi que leurs sentiments, leurs remords, leurs regrets. Au cœur d'une maison victorienne hantée, le fil de l'histoire se déroule et si tout débute par un drame, Ce qui vient après est surtout un roman d'où ressortent des éclats de rire, la douceur d'un foyer, l'amour indéfectible d'un chien et la construction d'une nouvelle famille. Un grand coup de cœur !

Connaît-on vraiment quelqu'un ?

Un roman psychologique d'une grande subtilité, où Tiffany Tavernier nous emmène dans les abysses de l'âme humaine. Coup de coeur !
Que feriez-vous si demain, votre meilleur ami, celui qui a toute votre confiance et votre estime, se retrouve accusé du pire, de l'impensable ? 
Voici la pensée déroutante que sème dans notre esprit Tiffany Tavernier en racontant l'histoire de Thierry, un homme à la cinquantaine passée, taiseux et taciturne. Un matin, alors que la journée semble commencer paisiblement, la maison de son voisin et plus proche ami se trouve soudainement encerclée par la police ; il serait recherché depuis des années, responsable de la disparition de nombreuses fillettes. C'est ainsi que s'enclenche l'engrenage dans l'esprit de Thierry : comment n'a-t-il pas su?  
Alors, la mémoire s'active et les souvenirs émergent peu à peu...
Dans ce texte sombre mais d'une immense finesse, Tiffany Tavernier déroule avec un réalisme troublant les pensées d'un homme aux prises avec sa conscience, son incompréhension, sa colère, sa frustration mais aussi sa culpabilité. 
L'autrice interroge subtilement ce que peut signifier "connaître quelqu'un" mais va encore plus loin : quelle part de nous-même révèlent nos amitiés ? 

Habiter la guerre

Le dernier roman d'Andreï Kourkov raconte la guerre, celle passée presque inaperçue à l'Ouest mais qui défigure l'Ukraine depuis huit ans.
Mala Starogradivka est un village coincé entre les deux fronts: le pro-russe et celui de l'armée ukrainienne. 
Il n'y reste que deux habitants, Sergueïtch et Pachka, les seuls à ne pas avoir fui plus à l'Ouest, à l'abri des bombardements, des snipers et de du grondement perpétuel de la guerre.
Amis / ennemis, il n'y a que la solitude qui puisse les rapprocher: ils n'ont jamais été complices, loin de là. En temps de guerre, en revanche, perdus au milieu de la campagne ukrainienne, dans leurs maisons proches de l'église bombardée, une trêve s'installe.
Et si le narrateur choisit de mettre la focale sur  Sergueïtch, dont on accompagne le quotidien jusque dans ses pensées, on retrouve dans ce couple mal assorti toute la tension qui règne dans la région du Donbass. Le noms des rues: Chevtchenko et Lénine. Les soldats que chacun fréquente, par pur hasard ou par choix. Les opinions sur la guerre. 
Par petites touches, Kourkov reconstitue à travers deux personnages la vie de cette région déchirée, meurtrie.
Mais Sergueïtch a un filet de secours: ses abeilles. Elles représentent tout pour ce divorcé esseulé et nostalgique. Elles sont la "vie d'avant" mais aussi la possibilité d'un avenir.
Aussi s'en va-t-il dès l'arrivée du printemps, la voiture chargée par ses ruches, chercher un endroit paisible pour ses abeilles, en espérant laisser la guerre derrière lui.
"Les abeilles grises" est un texte rempli d'humanisme, de tendresse. Andreï Kourkov parvient toujours à distiller de la douceur, même dans l'enfer de la guerre.
A lire absolument!

Un ours à la conquête du New-York littéraire des années 1990 !

Une satire absurde et réjouissante par l'immensément drôle William Kotzwinkle !
En quête d'un succès littéraire, un universitaire en manque de popularité s'exile dans une ferme du Maine pour écrire le roman qui sera, à coup sûr, le best-seller de l'année. Mais en revenant d'une course en ville, il s'aperçoit que le manuscrit a disparu. 
Non loin de là, un ours entre dans un diner, une mallette à la main. Dans la mallette, un livre qu'il n'a pas écrit, mais qui parle pourtant des uniques choses humaines qu'il connaît : la pêche et l'amour. Il sortira du café avec le ventre rempli, un nouveau nom, Dan Flakes, et un objectif en tête : rejoindre New-York pour faire publier son premier roman.
Une satire absurde et réjouissante sur les milieux littéraires et médiatiques des années 1990 aux États Unis. Un bijou, singulier et surprenant à l’humour parfaitement bien dosé. 

Il faut lire Le Pain Perdu.

"Les mots à dire ne cessent d'augmenter. Si c'était des enfants conçus, j'accoucherais d'autant que de disparus."
 Le Pain Perdu, c'est l'histoire d'une famille juive persécutée, très rapidement mise au ban de la vie du village avant d'être déportée en 1944. La petite Edith fête ses douze ans dans un ghetto avant de partir pour le camp d'Auschwitz. Ici, les parents sont séparés des enfants, ils ne se reverront jamais. Edith reste avec sa sœur. Les deux jeunes filles sont transférées d'un camp à l'autre, jusqu'à la libération. Mais même si les sœurs s'en sortent et reviennent à la vie, cela ne se fait pas sans difficultés.
Revient-on vraiment des camps ? La jeune Edith n'aura de cesse d'aller de déconvenue en déconvenue, de pays en pays sans jamais trouver sa place devant presque se justifier d'avoir survécu. Cette place, elle finira par la trouver en Italie, à Rome où elle vit toujours et l'Italien deviendra sa langue.

Edith Bruck confronte sa mémoire qui commence à lui faire défaut, et raconte sans rien masquer de l'atrocité, afin de témoigner du passé et combattre toutes nouvelles formes de violence arbitraire. Trouvant refuge dans l'écriture, elle nous livre son histoire dans un style clair, illustrant sa volonté de vivre pleinement comme elle le souhaite après s'être échappée de ce cauchemar. Un livre puissant, bouleversant et surtout nécessaire.

Un récit captivant de bout en bout signé de la plume fine d'Andrés Barba

Entre fable et fait-divers, un texte mystérieux et inlâchable qui interroge notre rapport à l'enfance.
Dans les années 1990 à San Cristobal, là où la terre rouge rencontre le vert profond de la forêt, le marron du Rio Eré et le bleu aveuglant du ciel, des enfants âgés de 9 à 13 ans apparaissent quand se lève le jour et disparaissent dans les bois quand tombe la nuit. Leur présence, d’abord ignorée par les habitants ne souhaitant pas voir la misère, va très vite devenir la préoccupation principale du village. 

Écrit à la manière d’un fait divers raconté des années plus tard, Une république lumineuse est un texte troublant de réalisme qui bouleverse et tourmente. Il fait partie de ces récits qui vous restent en mémoire, interrogent votre morale. Une réflexion sur l’enfance, mais aussi l'insouciance, l'imagination et la liberté qui lui sont inaliénables. Une merveille !

Un premier roman à l’assaut du capitalisme

Trois fortes voix qui résonnent ici comme des cris de colère en réponse à une société en dépression
Dans un style littéraire moderne, ciselé, drôlement acide, Thomas Rosier nous livre ici un premier roman sur le ton de la satire et de l’analyse caustique de nos post-modernités. Ce jeune auteur sorti d’études de sciences politiques, et aujourd’hui charpentier, y dépeint les vies occidentales de ce début de XXIème siècle à coups de marteau littéraire ; le titre choc de l’ouvrage est à l’image parfaite du récit qui y est conté.

Au travers de trois personnages funambules luttant contre la chute du déclassement, de l’extrême précarité et de l’hypocrisie sociale, dont les rêves se voient toujours plus ravagés par le marché d’une perpétuelle auto-promotion de soi, l’auteur dénonce ici les conséquences folles d’existences portées au simple rang de vulgaires produits marketing. Mélanie est une jeune scientifique et doctorante en errance, démunie de toute reconnaissance intellectuelle concrète, qui malgré tous ses efforts demeure une grande oubliée des systèmes universitaires contemporains à ce jour si disloqués, appauvris ; Lucas, lui, incarne là un “Hikikomori*” version française reclus dans sa chambre d’adolescent, incapable de tout contact avec le dehors, disposant de son ordinateur pour seule fenêtre sur le monde anxiogène qui l’entoure ; et Michel représente le stéréotype d’un chirurgien esthétique sur le déclin bien qu’insatiablement à l’affût des vices et des faiblesses des autres. De sa plume grinçante, empreinte d’américanismes à la mode, de punchlines et autres détours de phrases ficelés de perspicacité, l’auteur trame le destin de ses trois caractères qu’à priori tout oppose. En effet miroir avec l'allégresse infinie du fameux et joyeux tableau de Bruegel, intitulé “La Danse de la mariée en plein air”, peint en 1566, et sur lequel s’ouvre ce roman, l’auteur brosse ici le terrible portrait d’un monde “regorgeant d’amis insupportables et d’ennemis brillants”.

Entre zooms et dézooms, Thomas Rosier fait habilement glisser le champ de caméra d’une scène à l’autre pour y exposer la pauvreté comme une nouvelle perspective de profits, la marginalité comme un nouveau marché potentiel, et le désespoir humain comme une nouvelle valeur financière. Entre l’acuité d’une lecture critique sans détour et le piquant d’une “génération Saez”, “Un Monde De Salauds Souriants” pousse le capitalisme jusqu’à son paroxysme. Un premier roman coup de poing, une caricature non loin d’une certaine réalité à ne pas louper!

L'Hikikomori* se manifeste par un mode de vie centré sur le domicile, un intérêt ou un désir nuls pour l'école ou le travail, et la persistance des symptômes depuis plus de six mois. Le phénomène est surtout observé au Japon.

Un road-trip intime et bouleversant

Quelle magnifique découverte que ce roman, premier de l'écrivain irlandais David Park à être traduit en français
Noël approche et la neige ne cesse de tomber en Irlande. Tom se lance malgré tout sur la route pour aller chercher son fils étudiant, bloqué en Angleterre par les éléments et par la fièvre. Ce long trajet dans le silence ouaté d'un paysage uniformément blanc se transforme pour lui en voyage intérieur. On comprend progressivement que la famille a été ébranlée par un drame, et ce chemin d'un père vers son fils devient celui d'une possible rédemption.
Premier roman de l'irlandais David Park à être traduit en français, "Voyage en territoire inconnu" est le récit d'un road-trip intime, d'une blessure qui se dévoile au lecteur au fil des pages et des kilomètres, et d'une lueur qui perce malgré tout au bout de la tempête. Une bouleversante histoire de paternité, de famille, d'amour et de reconstruction, écrite dans une langue d'une délicatesse remarquable.

Le lac de nulle part, Pete Fromm

"Les journées se suivent et se ressemblent, la température continue de baisser, la glace de s'étendre. De moins en moins repérables, les portages s'apparentent à des séances de torture consistant à hisser, à traîner. J'ai l'impression de voir chaque lac pour la première fois et je ne suis pas sûr...
Pete Fromm nous invite de nouveau au cœur des grands espaces, cette fois-ci ceux des lacs canadiens, en compagnie des jumeaux Trig & Al et de leur père, pour un récit survivaliste à la Jack London. 
Après plusieurs années d'absence, le père réapparaît dans la vie de la fratrie, réclamant une "dernière aventure". Mais que cache t-il derrière ce terme ? La tragédie prend place petit à petit, dans ce milieu hostile où se mêlent paysages, émotions, et lourds secrets.
Si la nature peut être cruelle, on observe que la famille peut l'être tout autant. C'est beau, c'est dur mais c'est juste.

Vers Calais en temps ordinaire - James Meek

James Meek est de retour et c'est un véritable enchantement.
Deux ans après Crécy qui vit les archers anglais débouter la chevalerie française, nous suivons trois personnages lors de leur périple entre le sud-ouest de l’Angleterre et la côte, d'où ils partiront vers Calais. Bernardine, fille d'un seigneur local, fuit un mariage arrangé et veut retrouver celui qu'elle pense aimer tout en nourrissant une conception du sentiment amoureux et du sacrement du mariage basée sur sa lecture du sémillant Roman de la Rose qu'elle a dérobé à son père. Will Quate, serf du même village, veut obtenir sa libération en rejoignant une bande d'archers qui s'avère tourmentés par le secret et la violence de leur mode de vie. Thomas, procureur qui tend à revêtir les fonctions d'un homme de Dieu, se rend en Avignon et tient quotidiennement son journal. Entre eux et leur liberté fantasmée, le fléau de la peste sévit en Albion et attise les sens. 
Le récit alterne entre les voix de ces trois personnages, dans une langue extrêmement précise et travaillée. Il faut d’ailleurs saluer la traduction de David Fauquemberg, qui réussit à nous donner à lire la richesse du texte et l'effort fourni par Meek pour créer ce roman qui est bien plus qu'une aventure médiévale.
Au cœur de ce livre se trouve la recherche de l'amour vrai, l’esprit de fraternité, la repentance, le désir, le nationalisme, mais aussi une bonne dose de comédie et de farce. Un incroyable tour de force qui rend ce singulier roman à la fois beau, cruel, amusant, en un mot comme en cent : une merveille. 


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