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Sélection de livres

Rentrée littéraire : les grands formats

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Les libraires ayant lu tout l'été, ils vous invitent à découvrir leur toute première sélection de pépites en ces premiers jours de rentrée littéraire !

Rentrée littéraire : les poches

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Les libraires ayant lu tout l'été, ils vous invitent à découvrir leur toute première sélection de pépites en ces premiers jours de rentrée littéraire !

Les nouveautés du Mois de l'Imaginaire !

Science fiction et FantasyScience-fictionFantasyMois de l'Imaginaire
Accourez pour toutes les belles nouveautés de la 2e édition du Mois de l'Imaginaire.

Nos Articles

capitaine

4 ans après Constellation, le nouveau livre d'Adrien Bosc est une nouvelle réussite, passionnant voyage dans la vie des autres.

Nos lectures du week-end - Semaine #40

C'est lundi ! Et comme chaque lundi retrouvez nos lectures du week-end.

Nos lectures du week-end - Semaine #39 Rentrée littéraire

C'est lundi ! Et comme chaque lundi retrouvez nos lectures du week-end.

Une chambre à soi #7 - America

« Peut-être me faudrait-il parler des femmes et de ce qui les caractérise, ou des femmes et des romans qu'elles écrivent, ou des romans qui traitent de la femme, ou encore, pensant que ces trois possibilités sont intimement liées, votre désir est-il que je les envisage dans leur entrelacement ?» ...

Articles

Régis Jauffret et Mahir Guven récompensés par l'académie ...

Les romanciers Régis Jauffret et Mahir Guven ont reçu respectivement vendredi le Goncourt de la nouvelle et le Goncourt du premier roman, deux distinctions remises par l'académie Goncourt. Régis Jauffret, 62 ans, a été récompensé pour "Microfictions 2018" (Gallimard) et Mahir Guven, 32 ans, pour ...

Un nouveau prix littéraire pour célébrer l'immortel Jean ...

Héloïse d'Ormesson, fille du célèbre écrivain disparu en décembre dernier, vient d'annoncer la création d'un nouveau prix littéraire en hommage à son père. Un prix qui défendra "l'amour des livres" et "l'amitié", deux valeurs chères à l'auteur.

Dossiers

Maryse Condé, lauréate du Nouveau prix de littérature.

L'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, plusieurs fois citée pour le Nobel, a remporté vendredi "le nouveau prix de littérature" institué par la "Nouvelle académie" de Stockholm.
" Dans ses oeuvres, avec un langage précis, Maryse Condé décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme."

Partez à l'aventure avec R. L. Stevenson !

« Parfois l'île fourmillait de sauvages que nous combattions, parfois elle était pleine de bêtes féroces lancées à nos trousses; mais rien ne s'est jamais produit dans mes rêveries d'aussi étrange ...
A l'occasion de la nouvelle traduction de Jean-Jacques Greif du chef-d’œuvre de Stevenson chez les merveilleuses éditions Tristram, redécouvrez un florilège de cet écrivain voyageur écossais.

L'Arbre-Monde : figure littéraire

A l'occasion de la sortie du très beau livre de Richard Powers, L'Arbre-Monde, petit retour très subjectif sur la place de l'arbre en littérature...

Coups de cœur

Magma Tunis - Aymen Gharbi

LittératureLittératureUrbanismeVille
Une plongée en apnée au cœur de la capitale tunisienne... Un premier roman vibrant !
Les éditions Asphalte publient peu de littérature francophone, et lorsque cela arrive, le fait est suffisamment rare pour qu'on y prête toute notre attention. D'autant que l'on se souvient du très beau "Prague faubourg est" de Timothée Demeillers comme de l'envoûtant "Sporting club" d'Emmanuel Villin, deux primo romanciers qui ont depuis fait leurs preuves dans cette belle maison en publiant chacun un second roman de qualité. Alors avant même d'ouvrir "Magma Tunis" d'Aymen Gharbit, notre a priori est déjà des plus positifs, et les premières pages que nous lisons ne font que confirmer notre intuition...
C'est Gaylene qui nous ouvre les portes de Tunis et c'est à travers ses yeux un peu hagards de fumeur invétéré de cannabis que nous la découvrons : une ville bruyante, fourmillante, un dédale de boutiques, une librairie envahie de chats... Gaylène s'est disputé avec sa petite amie, et même s'il reste persuadé qu'elle est enfermée dans leur appartement, il a pourtant toujours l'impression de la croiser à chaque coin de rue. Nous voilà ainsi embarqué avec cet anti-héros profondément touchant pour des aventures aussi loufoques que surprenantes, au rythme d'une langue envoûtante. 
Portrait d'une jeunesse désenchantée, "Magma Tunis" est aussi un roman solaire, incroyablement vivant, qui dégage une énergie presque palpable. Pour une immersion totale, il est conseillé de lire le roman en écoutant la playlist que les éditrices ont pris le soin d'intégrer en fin d'ouvrage ! 

Reine Vivian

LittératureLittérature étrangèreLittératurecoup de coeur
Vivian est de retour! (et ce livre pourrait vite devenir votre livre de chevet!)

Dire qu'il a fallu attendre 30 ans pour pouvoir lire Vivian Gornick en français! Après la publication d' Attachement féroce début 2017, les éditions Rivages récidivent et nous offrent pour cette rentrée la traduction de The Odd Woman and The City (par les bons soins de Laetitia Devaux).

 

Si Attachement féroce se construisait exclusivement autour de la relation mère/fille, dans La femme à part Vivian est au centre du récit avec la ville de New York. Nouveau tandem autour duquel gravitent Léonard, l'ami gay et partenaire de joutes verbales hebdomadaires, les ex-maris, les amants, les passants, les clodos, en bref tout ce entoure la solitude.

 

La finesse d'esprit de Viviane Gornick, son brillant sens de l'analyse transforme chaque instantané du quotidien New Yorkais en un tableau de maître: qu'elle raconte la rencontre avec un ancien voisin dentiste, les quelques arrêts de métro passés en la compagnie d'un jeune papa et de son fils handicapé ou l'ambiance dans la ville après le 11 Septembre, vous aurez envie de tout noter, de tout retenir.

La mère refait quelques brèves apparitions mais cette fois-ci on aurait presque l'impression que Vivian aura fini par faire la paix. Même si "Se libérer des blessures de l'enfance est une tâche dont on ne vient jamais entièrement à bout, même au bord de la mort." La place est prise désormais par la littérature et les références aux oeuvres, auteurs, personnages y sont nombreuses. 

 

Difficile d'en dire plus: La Femme à part  fait partie de ces livres destinés à devenir irremplaçables, de ceux que vous avez envie de lire et relire encore à de divers moments de la vie, en pensant "Qu'est-ce que Vivian dirait?"


 

Ça raconte Sarah : une étoile dans le ciel de Minuit signée Pauline Delabroy-Allard

LittératureRentrée littéraireAmourPassion
Et vous, avez-vous jamais aimé à ce point ?
Premier roman, c'est aussi l'une de nos premières claque de la rentrée, une plongée affolante au cœur de la passion.
Celles et ceux qui ont (sur)vécu (à) au moins une grand histoire passionnelle verrons leurs pupilles se dilater, les veines gonfler et le coeur trébucher à la lecture de Ca raconte Sarah. Car se plonger dans cette histoire d'amour c'est replonger, fatalement, se réinjecter dans le cœur cette substance qui fait vivre plus fort.

Ce livre raconte Sarah, oui, la rencontre que notre narratrice fait avec elle, la beauté de leur désir.
Sarah, on la connaît : c'est cette femme trop vivante, magnifique, qui se maquille trop, parle trop fort, a envie là tout de suite maintenant, cette femme brillante, qui rend tout passionnant, cette femme qui rend le vie PLUS.

Pauline Delabroy-Allard parvient en quelques traits à donner chair à Sarah, on l'entend immédiatement rire (trop fort), on est touché aussitôt par son énergie immense. Son amante, son témoin, celle qui nous raconte Sarah est plus discrète, gênée même par cette ogresse sublime à qui elle ne peut résister. Les phrases sont courtes, essoufflées, le texte se fragmente en instants extatiques, et cette phrase, qui revient, comme une prière : Sarah est vivante.

Ce premier roman bouleversant relevé de déclarations d'amour à Duras et à la littérature nous a touché au cœur.

Le monarque des ombres - Javier Cercas

LittératureRentrée littéraireFamilleGuerres
Plus de 15 ans après Les soldats de Salamine, Javier Cercas affronte les démons de son héritage dans un dernier livre intense et habité.
Le grand-oncle de Cercas, Manuel Mena, est mort au combat à 19 ans lors d'une des batailles les plus meurtrières de la guerre civile espagnole. Dans son petit village et dans sa famille, il est un martyr et un héros que tout le monde connaît mais que personne ne mentionne : Manuel Mena était phalangiste, au sein d'une famille plus franquiste que républicaine. Après plusieurs années de recherches, Cercas décide enfin de faire face à ce fantôme qui le hante en écrivant l'histoire de ce jeune homme qui, tel Achille à la fin de l'Odyssée, n'est plus que monarque des morts au royaume des ombres. Qui était-il, quelles étaient ses convictions et ses croyances ? Comment un jeune homme peut-il être séduit par un groupuscule fasciste ? Quelle est la part de la foi et celle du devoir ? Face à la mort sur les rives de l'Ebre, était-il le même qu'en prenant les armes pour la première fois, des années auparavant ?

« Si j'étais un littérateur et ceci une fiction, je pourrais affabuler sur l'événement, je serais autorisé à procéder ainsi. […] Mais je ne l'imaginerai pas ou du moins je ferai semblant de ne pas l'imaginer, car ceci n 'est pas une fiction et je ne suis pas un littérateur, de sorte que je dois m'en tenir à la solidité des faits. »

Dans Les soldats de Salamine, également consacré un épisode réel de la guerre civile, Cercas avait eu recours à un personnage fictif pour cette histoire qui nécessitait un héros. Ici, on peut difficilement parler de fiction ou de roman tant l'auteur met du zèle à séparer les faits du récit : comme souvent chez lui, l'Histoire et l'histoire s'entre-croisent, et le lecteur assiste aussi bien à la construction du livre qu'il a sous les yeux qu'à son propos. Ainsi, l'histoire de Mena se raconte par des dates, des documents, des photos. L'histoire de la recherche de cet homme en revanche, se traduit par les témoignages recueillis par l'auteur et sa famille, et par ses réflexions sur notre lien avec le passé.

« Car le passé est un puits insondable et noir où l'on arrive à peine à percevoir des étincelles de vérité, et de Manuel Mena et de son histoire, ce que nous savons est sans doute infiniment plus petit que ce que nous ignorons. »

C'est un livre intime et universel à la fois, écrit dans une prose souple, entre syncope et vagues puissantes. A travers Manuel Mena, Cercas cherche sa propre rédemption, et c'est avec beaucoup d'émotion que le lecteur accepte de le suivre sur un long chemin qui ne laissera personne indemne.

Réel coup de coeur!

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Une plongée dans la téléréalité des années 1990 en compagnie d'une jeune femme que vous aurez du mal à oublier.
"Johanna avait treize ans quand Ophélie Winter chanta Dieu m'a donné la foi, dont le clip fut diffusé en boucle sur la sixième chaîne. Il n'y avait rien de nouveau dans cette chanson et la chorégraphie était moins une danse qu'une gestuelle; mais elle passait à la télévision, la radio, dans les supermarchés, les magasins, les parkings, les ascenseurs. Même Mamie connaissait les paroles, alors que la tournée d'Ophélie Winter n'avait pas commencé et que presque personne, trois mois plus tôt, n'aurait pu dire de qui il s'agissait. La chanteuse était blonde, grandes jambes, seins ronds, deux globes magnifiques, et des lèvres appétissantes."

Le personnage principal de Réelle n'est pas Ophélie Winter mais Johanna, petite ado qui, au milieu des années 1990, troque ses leçons de danse avec Mme Merzeau pour des soirées au Club et rêve de devenir célèbre. 
On s'attache instantanément à cette gamine perdue avec ses rêves de gloire dans un appartement trop petit, un quartier trop médiocre, deux parents las et une copine tellement plus jolie et débrouillarde. Les affres de l'adolescence, déjà pénibles pour une jeune fille en manque de confiance deviennent de la torture lorsqu'elle tombe amoureuse d'Antoine, prince du bahut et futur prétendant à la HEC.
Le monde se partage entre beaufs et bourges et Johanna donnerait tout pour sortir de la première catégorie. Si Graines de Star ne transforme pas sa vie, une autre émission le fera: la toute première émission de télé-réalité française.
Johanna sera notre espion dans les coulisses de cette fabrique de stars, de cette machine alimentée par les espoirs, les frustrations et la tristesse de tant de gens que les téléspectateurs ont moqués, méprisés et oubliés.
Réelle est un magnifique roman porté par une écriture sobre et toujours juste: il parle pour toutes les ados qui ont rêvé, un jour, de dépasser leur condition sociale et à qui on a fait croire que cela était possible grâce aux strass et aux paillettes. 

Gwada, mon coeur

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Un superbe premier roman, tendre et juste, riche de vies et d'Histoire

Morne-Galant, là où les chiens aboient pas la queue, c'est la terre d'où la narratrice tire ses racines: née en Métropole, à Créteil, métisse, elle arrive à l'âge où on veut savoir qui on est et d'où l'on vient. En remontant le fil des souvenirs de son père, Petit-Frère, et de ses deux tantes, Antoine et Lucinde, Eulalie reconstitue non seulement son histoire familiale mais aussi l'histoire de la Guadeloupe de ces derniers 50 ans, si méconnue, si mouvementée, souvent si tragique.

En donnant la parole aux trois frères, aussi différents les uns des autres que possible, la narratrice multiplie les points de vue: Antoine, libre, fière, indépendante et impulsive, femme de poigne oscillant entre une foi à toute épreuve et les anciennes croyances créoles, celle dont le regard sur les Antilles est le plus tranchant et tranché.

Lucinde, héritière de la peau claire de sa mère, "sauvée", admiratrice des békés mais sachant mener sa barque contre vents et marées. Petit-Frère, le papa, le cadet de la fraterie, le plus discret et le plus raisonné, le plus engagé aussi. Hilaire enfin, le grand-père dont l'ombre plane sur tous les souvenirs, celui qui "représentait une Guadeloupe rurale frappée de disparition."

Estelle-Sarah Bulle profite de l'histoire familiale pour parler aussi de l'emprise jamais diparue des Békés dans les îles, du "grand programme de construction" des années 1960 qui a été mis en place pour troquer les cases contre des barres en béton, les répressions sanglantes contre les indépendantistes en 1967, de la violence silencieuse de la Métropole envers ses citoyens ultramarins. 

Coup de coeur sans réserve pour ce premier roman!


 

Entre la ville et la campagne: la Vie

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Un beau roman coup de coeur: il parle d'eux, de vous, de nous. Et de l'adolescence. Et c'est amplement suffisant.
Nous avons connu Nicolas Mathieu en 2014 avec un très réussi polar social publié aux Actes Sud, Aux animaux la guerre. Cette année il publie chez le même éditeur Leurs enfants après eux, un roman-radiographie de ce qu'on appelle aujourd'hui "la France péripherique": ces territoires ni tout à fait urbains, ni tout à fait ruraux, au sein desquels la désindustrialisation a provoqué quantité de drames humains.

"Le corps insatiable de l'usine avait duré tant qu'il avait pu, à la croisée des chemins, alimenté par des routes et des fatigues, nourri par tout un réseau de conduites qui, une fois déposées et vendues au poids, avaient laissé dans la ville de cruelles saignées. Ces trouées fantomatiques ravivaient les mémoires, comme les ballasts mangés d'herbe, les réclames qui pâlissaient sur les murs, ces panneaux indicateurs grêlés de plombs."
Nombreux seront ceux qui se reconnaîtront dans les personnages décrits avec tant de justesse dans ce roman qui prend au coeur son lecteur.
Quatre étés, une vallée dans l'est de la France, là où les hauts-fourneaux ont cessé de vivre et de faire vivre, une jeunesse qui essaie de tromper l'ennui et la frustration.
Anthony, ado mal dégrossi et son cousin du côté pavillionnaire, Hacine et ses potes du côté de la cité, Steph, Clem et leur bande d'amis, enfants "de la haute". Ils se frôlent, se croisent, se cherchent; parfois ils se font la guerre. Fils et filles d'ouvriers ou bien de notables, ils ont tous un seul but, laisser Heillange derrière eux, abandonner ce destin qui semble leur coller aux basques, celui de leurs parents, de leurs voisins mais décidément, pas le leur.
Leur vie d'adultes est là, à une encablure. Tributaires d'un passé qui refuse de s'en aller, ils en subissent les conséquences. Pourront-ils s'en défaire?
De 1992 à 1998 on les suit, eux et leur parents, les drames familiaux, les histoires d'amour, les histoire de haine et on voit chaque été leur ville se transformer au même rythme qu'eux mêmes deviennent adultes.
Leurs enfants après eux est un roman à mettre entre le mains de tous: une fenêtre ouverte sur des vies souvent méconnues. Nicolas Mathieu, à l'instar d'une Marion Brunet ou d'un David Lopez, fait partie de cette nouvelle génération de jeunes auteurs attachés à la réalité, à la vie, telles qu'elles sont et qui font en sorte que l'on ne puisse pas dire "je ne savais pas".
Leurs enfants après eux est un roman sensible et profond qui parvient avec brio à éviter le pathos et la facilité. Son auteur y réalise une analyse très fine de ces milieux trop souvent oubliés, voir méprisés et de leur jeunesse. A lire sans faute! 

Camarade Papa - Gauz

LittératureCommunismeColonialisme
Après Debout-payé, Gauz revient avec Camarade Papa, incroyable roman d'aventures sur la colonisation. Engagé et formidable !
« Pour l’enfer colonial, Camarade Papa a raison et demi : aucun diable, juste la chaleur. A la recherche d’une fièvre jaune, un docteur regarde dans ma bouche avec une torche et écoute mon cœur à l’aide de mon mot français préféré : « stéthoscope ». Il ne trouve rien parce qu’il se trompe de couleur. La fièvre rouge des masses laborieuses en lutte est ma seule fièvre. »

Camarade Papa envoie son fils, nourri d’idéaux communistes en Afrique retrouver ses racines et sa grand-mère. Né à Amsterdam à la fin du 20ème siècle ce petit garçon traverse une partie de l’Europe avec ses discours enflammés, savant mélange de l’éducation ultra-politisée que lui ont donnée ses parents et de son regard à hauteur d’enfant, soucieux d’être le digne héritier de l’ idéal socialiste de Maman et de Camarade Papa.

Un siècle plus tôt Dabilly enterre père et mère dans son petit village de France et décide de partir. Son périple l’amènera jusqu’en Côte d’Ivoire dans un comptoir français après un passage dans une usine française au plus près des ouvriers sur la côte atlantique. Le jeune Dabilly se retrouve au cœur de la colonisation du continent africain et des querelles entre la France et l’Angleterre. Mais loin de correspondre au colon étroit d’esprit, Dabilly s’enivre de la Côte d’Ivoire et de sa nouvelle vie. Observateur discret et humble, le garçon liera à jamais son destin à celui de son pays d’adoption.

« La terre est un alibi, la richesse une esquive, et la civilisation une escroquerie. Le caoutchouc, le bois, le café, l’ivoire, l’or, les pagnes anglais, le savon de Marseille, l’eau de Cologne, le gin hollandais, les parapluies, l’aiguille, le fil à tresser, les routes, le télégraphe…tout n’est que prétexte. La vie seule compte. Celle qu’on perd, celle qu’on donne. Cette chose qui se joue là n’est pas nous, et elle n’est pas eux. Ensemble nous devons lui trouver un nom autre que celui que l’on écrira dans les registres de la colonie enfantée avec elle. »

Brûlant d’un feu sacré, le dernier livre de Gauz est une merveille d’aventure. Humaniste, social et enragé. Pour chacun de ses personnages Gauz invente une langue, tantôt hommage à la littérature classique tantôt révolution politique et lexicale à l’humour radical. A un siècle de distance et à travers les migrations de ces deux garçons, Camarade Papa offre une réflexion passionnante sur la colonisation et ses effets.

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