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Dossiers

Les éditions Sabine Wespieser ont 15 ans !

A l'occasion des 15 ans de Sabine Wespieser éditeur, la librairie vous présente quelques coups de coeur parmi ses publications ainsi qu'une nouvelle vidéo de la fondatrice de cette belle maison.

Michel Ohl

La revue Capharnaüm dédie son numéro de printemps 2017 à Michel Ohl, écrivain aux mille talents. La Table Ronde le met aussi à l'honneur avec la parution de "Petites scènes de la vie en papier" et de "La poule pond ; suivi de : Sonica mon Lapin". On y retrouve avec délice l'univers de ce landais ...

Rencontre exceptionnelle avec Michel Deguy

L’immense poète, philosophe et traducteur Michel Deguy nous fait l'honneur de sa présence jeudi 9 mars dès 18h à la Station Ausone.

Coups de cœur

Miniaturiste ou les secrets d'une maison...

Littérature étrangèreFéminismeMystère
Un roman d'apparence classique dans l'Amsterdam protestant du XIIe siècle, qui se révèle bien plus mystérieux et profond qu'il n'y paraît.
Amsterdam, XVIIe siècle. Nella, dix-sept ans, vient de quitter son village natal pour rejoindre la capitale Mariée quelques semaines auparavant à un homme plus âgé qu’elle n’a vu qu’une fois, la voilà devant sa future demeure. Elle frappe à la porte. Alors que celle-ci reste close, Nella se retou...

On lui montre se chambre, mais on ne lui dit pas où est Johannes, son époux, un riche et charismatique marchand qui a couru toutes les mers. Marin, sa sévère belle-soeur ne fait pas d’effort pour mettre à l’aise la jeune fille, et lui interdit même de laisser voler librement son oiseau qu’elle laisse en cage à la cuisine.

S’en est trop. Que fait Nella dans cette maison où chaque centimètre de tissu suinte le secret et le mystère, pourquoi son mari n’est-il pas là pour l’accueillir, pourquoi Cornelia, la servante, murmure-t-elle à la cuisine avec Otto, le valet qui fascine Nella ?

Trois jours passent, et Johannes revient de voyage. Il n’est pas désagréable avec Nella mais lui accorde moins de temps qu’à ses deux chiens qu’il semble ému de revoir. Nella participe tant bien que mal à la routine de cette demeure rythmée par des repas frugaux et les devoirs de croyance, car sa belle-soeur semble aussi pieuse que préoccupée par la future mission de Johannes, vendre des pains de sucre du Suriname.

Mais, enfin, un trait de lumière semble percer dans le coeur de Nella : Johannes lui offre une maison miniature. Fascinée, la jeune femme va peu à peu découvrir que cette maison de poupée, une réplique parfaite de la maison où elle vit, a un pouvoir. En effet, depuis ce cadeau, Nella reçoit régulièrement et de façon anonyme de petites figurines représentant chaque membre de la maison, qui, si on les regardent de près, dévoilent des secrets sur les évènements futurs….

 

Une ambiance exquise dans cet Amsterdam protestante, où l’argent et le commerce façonnent des hommes et des femmes féroces. Une partie des secrets et les mystères de la maison de Nella vont nous être révélés à la moitié du roman et c’est avec un grand cri de surprise qu’on les découvre. Ce roman d’apparence assez classique est en fait bien plus fort et profond : on court de surprises en surprises sur les personnages et les révélations donnent alors l’ampleur nécessaire à cette histoire pour en faire un très bon roman, féministe, et humaniste.

Profil perdu

LittératureMortPolicierRoman noir
Le rayon Polar fête le grand retour d'HUGUES PAGAN, qui a répondu présent à notre invitation ! Rendez-vous événement donc, mardi 2 mai à 18h station Ausone, l’animation sera assurée par HERVÉ LE CORRE (que du beau monde, on s'en réjouit !)
Les polardeux comprendront mon enthousiasme à la parution de Profil perdu, nouveau titre d’Hugues Pagan, absent des librairies depuis plus de 20 ans ! Plaisir et émotion anticipés, quand on a lu ses grands romans noirs, modèles du genre, que sont Dernière station avant l’autoroute, Tarif de groupe, L’étage des morts

Le talent de Pagan, c’est avant tout une plume incomparable, trempée dans l’encre noire de l'amertume, comme un blues entêtant. Le début donne le la : une garde à vue, un 31 décembre pluvieux, l'année finissante, le crépuscule qui tombe...

Un extrait, pour vous donner idée de l'ambiance et du style : Par la fenêtre du bureau, on voyait de grandes calendes de pluie balayer le parking. Elles se déplaçaient d'Ouest en Est avec une férocité mal contenue. On sentait qu'elles venaient de loin, et qu'elles n'étaient pas près d'arriver au bout de leur voyage, de l'autre côté des choses. Elles étaient froides et sans mémoire. C'était le soir, déjà les néons s'étaient allumés, de même que l'éclairage public et le lendemain était férié. Au loin, sur la rocade, les voitures roulaient au pas dans les grands éclaboussements sanglants de leurs feux de stop. C'était le soir, c'était le dernier jour de l'année et le lendemain serait le premier de l'année suivante. On sentait dans l'Usine comme un ralentissement, une baisse de tension, une sorte d'abandon tacite, on sentait bien qu'on allait fermer et que tout redeviendrait bientôt silencieux, sombre et désert et livré à la nuit.

"L'Usine" – tel est le surnom du commissariat – où le lecteur plonge de l'intérieur dans le quotidien des flics, les talonnant sur le terrain, suivant la progression et compte-rendu des enquêtes, le travail en équipes, les séances d'interrogatoire, et aussi les rivalités, les affrontements hiérarchiques ou les détestations personnelles... On flaire le vécu, la brutalité de la réalité, l'expérience rendue au vif de l'écriture - l'auteur a passé 25 ans dans la police, inspecteur divisionnaire, chef de la nuit à Paris.

En prélude de l'intrigue, une photo, le portrait d'une femme que l'inspecteur Meunier soumet à un dealer, qui refuse de se laisser tirer les vers du nez et se borne à le renvoyer à un de ses collègues, Schneider, chef du Groupe criminel (personnage qui apparaissait déjà dans La mort dans une voiture solitaire et dans Vaines recherches). Pour l'heure, celui-ci n'est pas joignable car il s'apprête à se rendre à une fête donnée par Monsieur Tom, ancien avocat d'Assises influent reconverti dans les affaires, inquiet de la disparition de sa fille. Charles Catala, son adjoint, dépose Schneider chez Bubu Wittgenstein, notoire trafiquant de bagnoles, qui bénéficie de hautes protections, à qui il a décidé d'emprunter une Lincoln Continental 1969 pour aller à la soirée costumée. Les personnages sont à peine esquissés que le tempo s'accélère, happant le lecteur : ce même soir, au lieu de rester avec sa femme Minnie, juge de métier, qui allaite leur bébé, Meunier ressort dans la rue, dans la nuit, sans se douter qu'il ne rentrera jamais, tandis qu'au détour d'un piano Schneider va tomber amoureux d'une femme...

N'en disons pas plus, suspense oblige, si ce n'est que Pagan entremêle en virtuose les sombres et forts thèmes de la mort, de l'amour, les noirs desseins des hommes, leurs vies, leurs espoirs et leurs destins, jusqu'aux ultimes notes de la dernière page qui résonnent comme du blues à l'état pur.

Endetté comme une mule ou la passion d'éditer d'Éric Losfeld

Littérature française et francophoneCritique et histoire littéraireAnecdotesAndré Breton
L'autobiographie de l'éditeur Éric Losfeld est un concentré d'humour, d'anecdotes, d'Histoire, et de culture.
Il fut l'ami de Breton et des surréalistes, écopa de nombreux procès pour ses ouvrages érotiques, mit l'amitié et la littérature au centre de sa vie. Pierre Belfond l'admirait, et lui demanda d'écrire ses mémoires "(...) ses amis et ses ennemis ne sont pas obligatoirement les miens ; et, parfois,...
Endetté comme une mule ou la passion d'éditer d'Éric Losfeld
Endetté comme une mule ou la passion d'éditer (qui a failli s'appeler Gai comme un pensum) nous prévient : éditer n'est pas un métier. Ce n'est pas un métier, mais Losfeld l'a pratiqué plus de vingt ans. Lui dont le nom flamand signifie terrain vague (une librairie rue du Cherche-midi et une maison d'édition furent baptisées ainsi, sur une idée de Breton), vient aujourd'hui vous secouer les puces avec ses mille et une aventures.

Je vous parle d'un temps que les moins de (?) ne peuvent pas connaître.

Un temps où l'on peut s'appeler Éric Losfeld, où l'on peut prendre rendez-vous avec André Breton 42 rue Fontaine pour lui demander une préface et raconter des années plus tard : "Entre le moment où j'ai frappé à sa porte, et l'instant où il m'a ouvert, je fus pris d'une espèce de malaise, d'une sorte de perte totale de conscience, bref n'ayons pas peur des mots, je me suis évanoui".

Un temps où l'on faisait des fiestas chez Gallimard, où l'on pouvait croiser Hemingway, qui hésita entre jouer au coup de poing avec vous ou siffler des whiskys (c'est le whisky qui l'emporta et vous le mettez, hilare et saoul, dans un taxi et ne le reverrez plus jamais.) "La seule littérature qui me touche, c'est la littérature écrite avec passion, ou plutôt la littérature passionnée. Je me méfie des mots qui ont trop servi ; à ces mots je préfère les images, et, parmi elles, les images pures, surtout quand elles ne sont pas innocentes."

Losfeld c'est aussi l'homme à procès -un club que Jean Jacques Pauvert ne tardera pas à rejoindre- celui qui vend par correspondance des textes érotiques dans un écrin bel oeuvre. À ses procès, Jérôme Lindon (éditions de Minuit), Gallimard et quelques auteurs fameux viennent plaider en sa faveur.

Et qui se souvient que Barbarella de Vadim est en fait tiré d'une bande dessinée de Jean-Claude Forest publié chez Losfeld ? Nous lui devons la découverte et la réédition de livres magnifiques : Qu'est-ce que Thérèse ? C'est les marronniers en fleurs de José Pierre, La Gana de Jean Douassot (Fred Deux), Albert Cossery (que sa fille, Joëlle Losfeld publiera dans sa précieuse collection Arcanes).

"Quand ce livre apparaîtra en vitrine des librairies, je suppose que 50% des acheteurs virtuels ne connaîtront pas mon nom (ça, c'est normal). 43% diront "Tiens, c'est l'éditeur porno, ça doit être croustillant", 5% diront : "Ah, Losfeld ! c'est l'éditeur qui a sorti deux ou trois bouquins rigolos!" Et 2% seulement se souviendront que je suis un éditeur surréaliste".

Endetté comme une mule est peut-être l'un des meilleurs livres lu depuis ce début d'année. Polissonnes, taquines, érudites, sympathiques, ces mémoires on le don de vous faire découvrir la littérature et l'édition des années soixante dans un grand éclat de rire.

Une pépite, et un grand merci aux éditions Tristram !

Nous, les passeurs - Marie Barraud, éditions Robert Laffont

Seconde guerre mondialeFamilleRésistanceHistoire
Remonter le fil, abattre les tabous, disloquer les verrous familiaux, voilà ce qu’entreprend dans ce livre Marie Barraud, petite fille du docteur Albert Barraud, résistant bordelais déporté au camp de Neuengamme en 1939.
En 2014, Marie Barraud atteint l’âge de 35 ans avec une sensation omniprésente de ne pas pouvoir vivre sa vie passionnément et pleinement. Quelque chose lui manque, savoir d’où elle vient, et comprendre pourquoi elle admire tant son père au point de ne pas oser lui poser des questions sur son passé. Qui était son grand-père ? Doit-elle l’aimer et honorer sa mémoire, ou se méfier quand elle devine la colère avec laquelle son père a grandit jusqu’à aujourd’hui. Marie n’ose pas bousculer ces non dits et cette obscure histoire qui hante les rapports qu’elle entretient avec les membres de sa famille. Un frère absent, un père effacé, une grand-mère à jamais endeuillée. Elle sent que ce qu’il y a derrière est lourd, pour eux et pour elle, que cette ombre qu’elle a envie d’affronter va changer à jamais leur avenir.

Un homme qui a connu son grand-père va lui apporter les réponses, le récit de « ce qui s’est réellement passé » au camp de Neuengamme. Le courage d’Albert Barraud, ses sacrifices, son espoir sans failles.
Mais le chemin de Marie ne s’arrête pas là. Il lui faudra désormais panser les blessures de sa famille grâce à ces informations qu’elle seule connaît.

Nous, les passeurs, dépasse l’anecdote historique sur le camp de Neuengamme et le naufrage du Cap Arcona le 3 Mai 1945, pour atteindre un prodigieux questionnement sur la famille, son héritage et ses douleurs. L’écriture touchante et pudique de l’auteur nous atteint au plus profond tant elle aborde une réflexion que nous menons tous à un moment de notre vie. Un grand grand coup de cœur !

Littérature

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