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Sélection de livres

Actualité

Diane Ducret

vous présente son ouvrage "La dictatrice"
aux éditions Flammarion

Montaigne - Les Essais

Présentation par Nina Mueggler.
Edition établie par Bernard Combeaud. Préface Michel Onfray. Collection Bouquins .

Soirée Boris Vian avec l'Oulipo - Clémentine Mélois et Ed...

Présentation de l'ouvrage "On n'y échappe pas"
aux éditions Fayard et concert de l'ensemble "Just Cool"

Colette Fellous

vous présente son ouvrage "Kyoto song"
aux éditions Gallimard

Dossiers

Voyages en Inde

"Certains s’étonnent qu’ayant vécu en un pays d’Europe plus de trente ans, il ne me soit jamais arrivé d’en parler. J’arrive aux Indes, j’ouvre les yeux et j’écris un livre. Ceux qui s’étonnent m’étonnent. Comment n’écrirait-on pas sur un pays qui s’est présenté à vous avec l’abondance des chos...

L'Inde à l'honneur

Le salon Livre Paris est annulé, mais profitons-en pour nous pencher sur cette littérature aux multiples facettes !

Rendez-vous poétique sous le Cheyne

Les éditions du Cheyne fêtent leurs 40 ans d'existence
Un joyeux anniversaire tout en poésie !

Coups de cœur

La deuxième femme - Louise Mey

LittératureRomans policiersFéminismePolar
Un thriller psychologique percutant et féministe.
Sandrine est enfermée dans l'image de son corps trop mou, trop gras, trop lent. Pourtant, elle a rencontré quelqu'un qui l'aime, lui donne le sentiment d'être belle, de compter enfin. Son bonheur bascule dès le premier chapitre car la "première femme" de son homme, présumée morte après deux ans d'absence et d'incertitude, réapparaît... Quand Caroline, partie courir seule dans les bois, s'était volatilisée, tout le monde avait craint le pire, mais l'enquête des flics était restée vaine. Or, celle qui fait la une du journal télévisé et vient d'être retrouvée errante, quasi nue et amnésique dans un champ le long d'une autoroute en Italie s'avère indéniablement la même personne que la svelte épouse sur la photo du buffet familial, "tout ce que Sandrine n'est pas"...

Un polar pourrait s'attacher à dénouer le mystère de cette absence et de cette résurrection aussi miraculeuse pour les parents de Caroline, son mari si émouvant dans sa peine et leur adorable fils Mathias, qu'effrayante pour celle qui l'a remplacée. En se plaçant du côté de Sandrine, cette victime collatérale, sans tomber dans la facilité d'une narration à la première personne ni dans les ficelles d'une intrigue policière sur ce qui est arrivé à Caroline, Louise Mey préfère poser d'autres questions pour nous amener plus loin : que va devenir celle qui s'est justement sentie "en trop", ni digne ni légitime ? Supportera-t-elle la douleur d'être renvoyée, reléguée tel un "modèle défectueux, retour en magasin" ou va-t-elle se battre comme une "louve" contre cette rivale menaçante ?

Si vous aimez les suspenses psychologiques surprenants, qui déjouent vraiment toutes les apparences, renversent vos illusions, et les codes du genre, parions que cette "deuxième femme" vous bouleversera pour ne plus vous quitter !

Regarde - Hervé Commère

LittératureRomans policiersAmourRoman noir
Regarde, le remarquable nouveau polar de Hervé Commère
Mylène abandonne tout lorsqu’elle rencontre le jeune Pascal. Bonnie and Clyde, ils vont partager un amour magnifique et destructeur. Leur relation se termine lors d’un braquage raté qui les envoie tous deux en prison. Mylène ne reverra jamais Pascal, il meurt, assassiné dans sa cellule. Des années ont passé et Mylène mène aujourd’hui une vie tranquille. Jusqu’au jour où elle loue pour le week-end une roulotte, remplie de meubles, d’objets et de photos qui semblent appartenir à son ancien amant.

« L'amour, c'est faire la connaissance de quelqu'un qu'on a la curieuse impression de connaître depuis toujours. Personne ne me croira, personne ne m'a jamais crue. Peu importe. Je n'ai besoin d'aucun aval. »

Roman noir, Regarde, nous fait douter jusqu’à la fin. Comme Mylène, nous sommes perdus entre le réel et l’envie de croire à l’impossible. Hervé Commère crée un hymne à l’amour puissant, porté par des personnages forts et touchants. Chaque description raconte une histoire, chaque émotion est ressentie dans son entièreté. Il faut connaitre le passé pour savoir qui l’on est réellement, voilà ce qu’Hervé Commère essaie de nous faire comprendre dans chacun de ses livres.

Il est des hommes qui se perdront toujours - Rebecca Lighieri

LittératureFamilleFratrieRoman noir
"L’espérance de vie de l’amour, c’est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée."
“Qui a tué mon père?”, c’est par cette phrase que commence ce roman et par cette même phrase qu’émergent les souvenirs de Karel, héros de l’histoire. Cette histoire, c’est celle de gamins essayant de grandir tant bien que mal au milieu d’une famille bancale, de la violence, de la drogue, du sida, de l’absence des institutions; c’est celle d’une fratrie : Karel, l’aîné, Hendricka sa soeur et Mohand, leur petit frère, né infirme; c’est celle de Marseille, entre les années 80 et 2000; c’est celle de la culture populaire, du foot, d’IAM, de Céline Dion, de Richard Cocciante…

C’est l’histoire d’une cité fictive du nord de la ville, flanquée d’un bidonville “le passage 50” et d’un terrain vague.

Karel, Hendricka et Mohand tenteront chacun de sortir de cette enfance prisonnière, qui ne les quittera jamais. Ils ne vous quitteront pas non plus, tous trois faisant partie de ces personnages qui nous restent encore longtemps après avoir lu la dernière page. Ode à la liberté : liberté de ne pas se laisser enfermer dans un destin et d’écrire le sien; liberté de ne pas choisir entre être un garçon ou une fille; liberté de faire comme si tout allait bien alors que tout va mal; liberté de vivre sa sexualité comme bon lui semble; liberté de vouloir vivre normalement malgré le handicap; liberté de chanter “Belle” tube de Notre Dame de Paris en version flamenco à un mariage gitan et d’en pleurer tellement c’est beau.

On est loin des clichés pourtant, tellement Rebecca Lighieri met en scène tous ces personnages de manière subtile. Elle signe ici un merveilleux roman, auquel on souhaite une espérance de vie infinie.

Une République lumineuse - Andres Barba

LittératureEnfantsMystèreAmazonie
Ce roman nous plonge d’emblée dans une atmosphère nimbée de mystère.
Une ville, San Cristobal, bordée d’un fleuve, le Rio Eré et d’une jungle aussi attirante que dangereuse. Existent-ils “en vrai” ces lieux ? Probablement pas, mais on pense à ces pays que traverse l’Amazone : Colombie, Brésil ou Pérou et aux villes humides et chaudes qui le bordent.
A San Cristobal donc, où vivent le narrateur, fonctionnaire de la ville, sa compagne et la fille de cette dernière, quelque chose a changé. Dans la torpeur locale, il faut un certain temps avant que les habitants ne comprennent de quoi il s’agit : les enfants. Ils sont de plus en plus nombreux dans les rues, pas les enfants indigènes que l’on y voit régulièrement faire la manche, mais un groupe d’enfants, entre 9 et 13 ans, jamais vus auparavant, tous arrivés en même temps et qui agissent en bandes séparées. Ces enfants captivent autant qu’ils inquiètent, d’autant qu’ils parlent une langue que nul ne comprend, inventée d’eux-mêmes. Encore plus préoccupant, il apparaît que les enfants de la ville, ceux qui vivent sous un toit avec leur famille, sont de plus en plus attirés par ce groupe de jeunes de leur âge, jusqu’à ce que certains commencent à disparaître …

Cette histoire tragique, racontée par le narrateur vingt ans après les faits, est à la fois effrayante et captivante. Elle met à jour nos contradictions d’adultes face au monde de l’enfance : ce groupe d’enfants terrifie car il échappe aux règles établies par les adultes, il semble incontrôlable.

Le sentiment d’une menace en suspens rappelle certains romans de Roberto Bolaño, qu’on aurait situés dans une ambiance matinée de superstition et presque surnaturelle évoquant le roman Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Autant d’éléments qui font de cet ouvrage un conte cruel qui nous happe.

Le Nouveau, Tracy Chevalier

Littérature Anglo-SaxonneWilliam ShakespeareLittérature contemporaine
T. Chevalier se prête au jeu de la réécriture shakespearienne avec brio.
Othello devient Osei, Desdémone devient Dee, et Iago devient Ian. Demeurent inchangés le complot, la jalousie, les incompréhensions et la violence. Ce sont des enfants qui jouent ce drame, et pourtant la tension, les passions et les blessures sont bien réelles. Il s'agit d'un roman, mais les références au théâtre sont nombreuses et incroyablement bien faites : nous retrouvons les trois unités du théâtre classique (unité de temps, tout se passe en une journée, unité de lieu, tout se passe dans la cour de récréation, et unité d'action, tout tourne autour de la relation entre Osei et Dee) ; de plus, les personnages semblent évoluer comme sur scène, la cour de récréation est un véritable théâtre. Ce texte est génial, si vous connaissez la pièce de Shakespeare, vous savez que vous ne pouvez vous attendre à un dénouement heureux - il s'agit d'une tragédie - ; pourtant la lecture de ce texte est un vrai plaisir !

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu - Zora Neale Hurston

LittératureLittérature étrangèreLittérature Anglo-SaxonneLittérature
Une quête identitaire d'une beauté incroyable qui condense avec force, finesse et poésie des problématiques aussi diverses que le racisme, le sexisme, l'estime de l'autre et de soi. Un immense coup de coeur !
Chef d'oeuvre de la littérature américaine, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un texte dont la première parution date de 1937. Resté quasiment inconnu du public français jusqu'à aujourd'hui, la nouvelle traduction de Sika Fakambi (dont il faut saluer l'immense performance) devrait permettre une belle diffusion de ce texte, et on en est absolument ravis !  

L'histoire nous relate la vie d'une femme nommée Janie, que l'on rencontre alors qu'elle n'a qu'une quinzaine d'années, qu'elle vit ses premiers émois, et que l'on suivra jusqu'à ses vieux jours. Cette destinée, celle d'une femme noire aux Etats-Unis dans les années 1930, semble donc bien déterminée. Et pourtant... Entre domination masculine et domination raciale, malgré les multiples interdictions, règles et usages, Janie est une femme qui sait qui elle est, comment elle souhaite vivre, aimer, et que rien ne saurait détourner de sa quête de liberté. 
Sous la plume de Zora Neale Hurston, la langue se fait à l'image de la vie, parfois une narration d'une poésie absolue, parfois le ton le plus abrupt de l'argot afro-américains du début du siècle vient rendre compte d'une vie rude et âpre. L'auteur porte un regard impartial sur la société américaine de l'époque, avec ses incohérences et ses aberrations, tout en y mêlant l'image de Janie, forte, insoumise et d'une intégrité presque naïve. 

Un personnage extraordinaire sublimé par une écriture solaire et poétique, ce texte est un bijou !