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Sélection de livres

Nos Articles

Les limbes - Olivier Bal

Dans la panoplie de romans SF/Thrillers qui inonde les rayons des librairies, il est toujours difficile de faire son choix. LES LIMBES, avec sa couverture sombre et mystérieuse, attire l’oeil. Mais en quoi, sort-il du lot?

Nos lectures du week-end - semaine #16

C'est lundi ! Et comme chaque lundi retrouvez nos lectures du week-end.

Patrice Chéreau - la genèse d'un penseur de théâtre

Journal de travail : années de jeunesse - Volume 1
De L'Intervention, sa première mise en scène en 1964, à l'un de ses derniers spectacles produits à Sartrouville, en 1968, Le Prix de la révolte au marché noir.

Le temps gelé - Mikhaïl Tarkovski

Les éditions Verdier traduisent pour la première fois en France Le temps gelé de Mikhaïl Tarkovski, qui donnera prochainement lieu à un second volume. Dans cet ouvrage, l'auteur, petit-fils du poète Arseni Tarkovski et neveu du célèbre réalisateur Andreï Tarkovski, partage avec nous son expérienc...

Articles

Patrick Grainville élu à l'Académie française

Patrick Grainville vient d'être élu à l'Académie française ! Lauréat du prix Goncourt en 1976 pour son livre "Les flamboyants", le romancier a été élu au fauteuil qu'occupait  Alain Decaux.

Dossiers

Pierre Desproges à l'honneur

"Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans."

10 ans de Contre-allée

Les éditions de la Contre-allée fêtent leur dix ans cette année ! Dix années de découvertes, tant en littérature française qu'étrangère, dix années aussi à donner la voix aux écrivains, chercheurs, essayistes pour sillonner, interroger et analyser le monde qui nous entoure. Faites un pas de côt...

Coups de cœur

Tout cela je te le donnerai - Dolores Redondo

LittératureRomans policiersAmourPolicier
Cinq ans après le succès mondial de sa trilogie policière du Baztán mettant en scène l’inspectrice Amaia Salazar au cœur des légendes ancestrales de son Pays basque natal, le nouveau roman de Dolores Redondo couronné du prestigieux prix Planeta (équivalent espagnol de notre Goncourt) nous plonge ...
Alors que Manuel Ortigosa est en train d’achever son prochain roman dans le confort de son appartement madrilène, la police vient l’interrompre pour lui annoncer l’impensable : son mari Álvaro, en déplacement professionnel depuis quelques jours, vient de mourir dans un accident de la route près de Lugo, bien loin de là où il était censé se trouver. L’univers de Manuel s’effondre encore davantage quand le mensonge s’avère concerner jusqu’à la véritable identité de l’homme dont « le corps était sa patrie » depuis quinze ans. En même temps que sa disparition, Manuel apprend qu’Álvaro est le marquis de Santo Tomé, descendant des Muñiz de Dávila, illustre lignée de la noblesse galicienne auprès de laquelle il avait apparemment renoué contact et qui laisse ce mari héritier d’une fortune et d’un titre qu'il ne veut assumer. Terriblement blessé par son amour trahi, Manuel va devoir faire connaissance avec une belle-famille recluse dans son luxueux pazo autour de la mère d’Álvaro, matriarche revêche gardienne de valeurs et de traditions obsolètes. Ce mystère des origines a-t-il un lien avec la mort suspecte d’Álvaro dont le corps a été retrouvé blessé par arme blanche avant de quitter la route ? Aidé de Nogueira, un policier officiellement à la retraite peu ouvert d’esprit, ainsi que de Lucas, l’ami d’enfance d’Álvaro devenu prêtre, Manuel va mener l’enquête sur le double visage de son époux, tentant d’écarter les brumes épaisses du mensonge, à l’image de l’ « orballo », cette bruine locale nimbant les êtres et la nature d’une atmosphère ensorcelante.
Tout à la fois quête des origines et du sens du devoir envers sa famille, mais aussi réflexion sur l’écriture tour à tour baume de vérité et « acide virulent », ce captivant roman d’amour plein de suspense nous confirme la place de Dolores Redondo parmi les grands noms de la littérature.
Retrouvez en vidéo l’entretien et le reportage en immersion de votre libraire partie le mois dernier à la rencontre de l’auteur que nous tenons à remercier chaleureusement ainsi que son éditeur Fleuve pour la découverte des lieux magiques de la Ribeira sacra (non loin de Saint-Jacques-de-Compostelle) qui l’ont inspiré pour écrire Tout cela je te le donnerai, telle une promesse tenue à chacun de ses lecteurs…

Le "Grand mal", le chef-d'oeuvre bordelais de Jean Forton

LittératureRomanAmitiéEducation
Les libraires vouent une grande passion pour Jean Forton. Lisez le "Grand mal", vous serez conquis vous aussi !
Connaissez-vous Jean Forton?
Né en 1930 et mort en 1982, il figure, avec Jean de la Ville de Mirmont, Jacques Rivière, Raymond Guérin ou encore Jean Balde parmi les plus grands écrivains bordelais. Publié de son vivant par Gallimard, finaliste pour le Goncourt à plusieurs reprises, sa présence sur la scène littéraire a été aussi courte qu'intense : après avoir publié huit romans en l'espace de douze ans, il met brutalement fin à sa carrière lorsque son manuscrit L'enfant roi se voit refusé par son éditeur. Suivront ensuite presque vingt ans de silence durant lesquels il exerce comme libraire à Bordeaux - ville qu'il n'aura jamais quittée en fait.
Il faudra attendre le milieu des années 90 pour que le Dilettante puis Finitude rééditent ses romans et pour qu'enfin l'oeuvre de Jean Forton retrouve sa place en librairie. Une place que la publication du Grand mal aujourd'hui ne fait que conforter. C'est l'Eveilleur, maison spécialisée dans la redécouverte de petits chef-d'oeuvres oubliés d'auteurs bordelais, mais pas que -André Lafon, Francis James, mais aussi Siegfried Sassoon ou encore Henry S. Whitehead- qui a eu l'excellente idée de publier ce roman, paru pour la première fois en 1959.
Que désigne ce fameux "grand mal"? Dès les premières pages du livre, Jean Forton nous donne plusieurs pistes. Dans la ville portuaire de la fin des années 50 où se déroule l'histoire, un grand malheur déchire la population : des jeunes écolières disparaissent de façon inexpliquée, sous l'impuissance des forces de l'ordre. Parallèlement, nous suivons le quotidien de trois jeunes adolescents rebelles, ivres d'amour et de liberté et prêts à en découdre avec le système scolaire comme avec l'autorité parentale. Si les agissements de ces garçons n'ont rien de criminels, on devine pourtant que l'issue de notre histoire pourrait être tragique.
Grand texte sur l'adolescence, sur la question du rapport à l'autorité aussi -alors que le livre parait presque dix ans avant Mai 68, on sent déjà ici les prémisses d'une révolte - formidable roman noir, il est la quintessence de tous les thèmes chers à Forton.
Les bordelais qui liront cette histoire pourront se livrer à un jeu de piste amusant. Car si Bordeaux n'est jamais nommée directement, ses ruelles, son port et ses monuments sont facilement reconnaissables mais surtout la puissance et la justesse avec lesquelles Forton parvient à les incarner en est troublante. Le grand mal est véritablement un livre troublant, dans son ambiance, ses personnages et son intrigue implacable. Lisez Forton, c'est un grand !

My Absolute Darling, un roman déjà culte aux éditions Gallmeister

LittératureLittérature étrangèreRomanEtats-unis
Gabriel Tallent a pris huit ans pour l'écrire. En refermant le roman j'ai compris pourquoi.

Certes, la quatrième de couverture vous annonce les grandes lignes. Vous vous êtes peut-être arrêté dessus à cause de cette magnifique couverture qui interpelle et que l'on remarque de loin.

Mais rien, RIEN ne vous aura préparé à ce choc littéraire qu'est My Absolute Darling

 

Turtle : « Elle boite jusqu'à sa chambre, ferme la porte et se baisse très lentement sur son lit. Elle ferme les yeux, des taches rouges et dorées fleurissent dans l'obscurité derrière ses paupières. Elle pense, C'est moi. C'est moi. C'est ce que je suis et c'est ici que je vis. Elle pense, Mon papa me déteste. Puis elle pense, Non, c'est injuste. Elle s'endort en pensant à cela. »

 

Imaginez une adolescente de quatorze ans qui grandit avec son père entre l'océan et la forêt. Qui manie les armes comme une pro – son passe-temps préféré est de nettoyer ses armes comme si sa vie en dépendait (et ce n'est pas une figure de style). Une adolescente qui va au collège mais qui reste – on l'aura deviné – en marge de la vie de l'école. Turtle ne sait ni ce qu'elle vaut ni ce qu'elle peut.

Et pour cause : Martin, le père obsédé par la fin du monde, obsédé par sa fille à un point que le lecteur aurait presque envie de prendre des pauses dans sa lecture, instable et imprévisible, passant de la tendresse la plus douce à la violence la plus extrême, Martin donc est le seul repère dans la vie de Turtle.

Comment se développe-t-on dans ce type d'environnement ? Turtle s'adapte mais c'est au prix de sa confiance en elle, de sa confiance dans le monde.

On s'attache presque instantanément à Turtle et pourtant il y a des passages où elle aussi nous met mal à l'aise : c'est la force de My Absolute Darling, pas de dichotomie évidente. Les deux personnages principaux alternent le chaud et le froid et même si nous savons qu'il s'agit du récit d'un abus, les sentiments que le lecteur éprouve sont à la mesure de la complexité de cette situation insoutenable.

Une rencontre déclenchera un basculement irréversible. Et petit à petit nous aussi on commence à espérer que Turtle s'en sortira : on est définitivement mordu.

 

My Absolute Darling, roman d'apprentissage d'une rare force fait partie de ces romans qu'il sera difficile voire impossible à oublier. Turtle rejoint la longue lignée de personnages cultes aux côtés d'un Holden Caulfield ou d'un Hucklberry Finn.

 

Bravo aux éditions Gallmeister d'avoir reconnu dans ce roman un futur classique !
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinski

Une fille d'Alger

LittératureAlgérie
Pour son deuxième roman aux éditions Mollat, Jean-Michel Devésa crée une image cérébrale et sensuelle de la fin de l'Algérie Coloniale
La fille d'Alger c'est Hélène Samia Lapérade, dont le nom dit la double ascendance française et Algérienne. C'est une très belle jeune femme, dont la beauté rappelle Sophia Loren, c'est ainsi qu'on l’appellera Sophia dans la maison de passe où elle travaille. La scène est à Alger, en 1960 alors que la guerre est à son paroxysme et qu'il semble aussi impératif qu'impossible de choisir un camp. Mais la scène est aussi en 1962 sur le bateau "Ville-de-Bordeaux" qui emmène Hélène sur un continent qu'elle ignore.

A Alger elle a fait l'expérience de l'amour pour un homme du milieu, expérience de la limite de cet amour, de l'abandon qui aussi celle du devoir et des mensonges.

A la voix de cette femme Jean-Michel Devésa mêle celle d'un narrateur qui lui ressemble et qui est aussi un enfant de l'Algérie. Par ce mélange il parvient à donner à son livre une grande profondeur de traitement où il apparaît que l'histoire de l’Algérie n'en finit plus de vivre en nous, que cette histoire est toujours à la fois nationale et intime, qu'elle  est une histoire de filiation où les places des pères et des mères ne sont jamais assignées, à la fois mouvantes et troublantes.

En parvenant à incarner magnifiquement Helène, l'auteur rend compte tant de l'architecture, de la lumière, de la sensualité, que de la douleur d'exister dans un monde qui se déchire ; surtout il sait tout à la fois refaire vivre un monde sans le nimber d'une nostalgie déplacée mais aussi il parvient à trouver les moyens littéraires de son élucidation, le faisant paraître à nos yeux dans toute sa complexité.

Une fille d'Alger est un roman où le mélange des corps et des sentiments vient en même temps buter contre la guerre et dire la décolonisation.

Un très beau livre.

Littérature

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