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Sélection de livres

Les indispensables de ce Printemps

LittératureRentrée littéraireRoman
Retrouvez les titres les plus attendus de ce printemps !

Actualité

Laurent Gaudé - La dernière nuit du monde

Laurent Gaudé vous présente son ouvrage "La dernière nuit du monde"
aux éditions Actes Sud. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.

Rencontre autour de Shakespeare

Rencontre autour de Shakespeare avec Jean-Michel Déprats et Anne-Marie Miller-Blaise. Rencontre animée par Véronique Béghain.

Adeline Dieudonné - Kérozène

Adeline Dieudonné vous présente son ouvrage "Kérozène"
aux éditions de l'Iconoclaste.

Pauline Delabroy-Allard - Maison-tanière

Pauline Delabroy-Allard vous présente son ouvrage "Maison-tanière"
aux éditions l'Iconoclaste.

Dossiers

Au théâtre demain !

En mai, nous célébrerons les 50 ans de la mort de Jean Vilar, comédien, metteur en scène, directeur et auteur de théâtre. Nous profitons de l'occasion pour mettre en lumière le théâtre sous toutes ses formes, parce qu'il nous manque et que nous avons hâte de retrouver sur scène les textes, les au...

Minuit, l'heure est à l'élégance

Ce mois-ci, les éditions Minuit sont à l'honneur au rayon poche ; nous vous avons préparé une sélection parmi nos lectures préférées et les incontournables du catalogue, à lire sans modération.

Stephen King est de retour pour mieux vous hanter

Replongez-vous dans les œuvres de Stephen King : indémodables et intemporelles !

Coups de cœur

Je ne suis pas encore morte - Lacy M. Johnson

LittératureViolenceFemmesEcriture
« J’ai peur que l’histoire n’ait pas fini de se produire. Quelques fois, je me dis qu’il n’existe pas d’histoire entièrement vraie que je puisse raconter. Parce qu’il y a des choses que j’ignore tout bonnement, et d’autres que je ne sais tout bonnement pas dire. Pas par manque de mémoire, mais...
Les mots, Lacy M. Johnson a mis 13 ans à les trouver pour raconter une nuit d’horreur qui a pris possession de sa vie en juillet 2000. Et pourtant cette écrivaine, docteur en lettres et enseignante dans une université américaine, pratique les mots depuis longtemps, auteur de poèmes depuis sa plus tendre enfance.
Alors qu’elle est étudiante à la fac, Johnson suit les cours d’un professeur d’espagnol qui lui fait une cour assidue. Flattée et charmée par cet homme cultivé qui semble immédiatement vouloir l’éduquer autant intellectuellement que culinairement ou sexuellement, Lacy Johnson entame une relation avec cet homme, jamais nommé dans le récit, comme tous ceux qu’elle évoque ici.
Après deux années d’une relation particulièrement toxique, la jeune femme parvient à rompre avec difficultés au vu de la violence de son conjoint. Mais peu de temps après elle est kidnappée sur le parking de son travail et menée de force dans un appartement que son tortionnaire a spécialement préparé : pièce insonorisée et fusil d’assaut. Pendant cinq heures elle subit le viol et les agressions de son ravisseur avant qu’il ne quitte la pièce et le logement en la menaçant de mort et l’attachant solidement et entièrement nue.
Dans un incroyable sursaut d’instinct de survie et de détermination Lacy s’arrache à ses liens et se précipite dans le commissariat le plus proche.
Une enquête policière simple mais de nombreuses complexités judiciaires font que l’affaire est toujours en court, le dossier toujours ouvert.

Lacy Jonhson superpose, dans Je ne suis pas encore morte, les morceaux qui ont constitué les treize ans de sa vie entre ce jour de juillet 2000 et l’écriture de ce texte. Dépeignant sans complaisance les errances et les combats de la femme qu’elle est, avec une distance clinique d’une rigueur étonnante mais salvatrice, elle rend un texte qui bien plus qu’un témoignage questionne la violence, l’emprise et la sexualité tout en plaçant subtilement la question de l’écriture au centre du récit.

« Il y a l’histoire que j’ai, et l’histoire qu’il a, et il y a une histoire que la police conserve dans la salle des pièces à convictions de la police. Il y a l’histoire que la journaliste raconte dans le journal. Il y a l’histoire que La Femme Policier a décrite dans son rapport ; son histoire n’est pas mon histoire. Il y a l’histoire qu’il a dû raconter à sa mère quand il lui a téléphoné ; il y a l’histoire qu’elle a dû se raconter à elle-même. Il y a l’histoire qui vous restera quand vous refermerez ce livre. C’est un infini réseau d’histoires. Cette histoire me dit qui je suis. Elle me donne un sens. Et j’ai tellement besoin d’avoir un sens. »

Je ne suis pas encore morte n’est pas sans évoquer un autre remarquable travail de narration autobiographique, également publié aux éditions Sonatine, L’empreinte d’Alexandria Marzano-Lesnevitch. L’un et l’autre de ces textes sont gravés dans le corps de leurs auteures et Lacy Johnson, comme Alex Marzano-Lesnevitch ont choisi de faire de leur expérience traumatique un travail brillant de réflexion sociale, engagée et littéraire ; travail questionnant autant le rapport à la femme et à son corps que l’importance de l’écriture et du positionnement narratif dans l’activisme.

Nos elles déployées

LittératureFéminismeAdolescence
Un texte tout en finesse, sur trois générations de femmes qui luttent pour leurs droits. Magnifique !
Voilà un splendide roman pour adolescents ! Un grand roman, comme on en voit malheureusement trop peu dans le paysage littéraire.

En 1974, Coco amène sa fille Solange pour manifester avec elle et ses copines du MLF pour la loi Veil sur l'avortement. Coco élève sa fille seule, avec comme grande famille ses amies féministes, leurs idéaux de liberté et projets pour renverser le patriarcat et accéder à l'égalité. Pourtant, à 17 ans, même quand sa mère lui répète "Sois libre et sois toi-même", il n'est pas facile de s'affirmer, d'oser dire ce que l'on pense. Solange étouffe, a le sentiment d'être avalée par le mouvement féministe, de ne pas pouvoir penser par elle-même malgré toutes les injonctions qu'elle reçoit de tous les côtés. Alors elle se cherche et pour se trouver, elle part, en Algérie, où sa rencontre avec Yasmine va la transformer.

En 2018, Sidonie, la fille de Solange, veut changer le monde. Elle se bat, pour l'égalité, pour l'indépendance de tout le monde, pour plus de justice entre les classes sociales. Au début du mouvement des Gilets Jaunes, elle voit avec ses amis tout ce qu'elle pourrait faire pour que la situation change et se lance à cœur perdu dans le combat. Mais comme sa mère auparavant, trouver sa voie n'est pas facile. Surtout quand Coco lui demande d'être ses yeux et que Solange, aux abonnés absents, travaille sans cesse. Sido doit faire des choix et les assumera jusqu'au bout.

Nos elles déployées est une formidable saga féministe, sur trois générations de femmes. Les personnages, fins et intelligemment écrits, nous font vibrer au fil des pages. Ils n'ont pas tous les mêmes envies et idées, mais tous ont cette force, ce courage de tout affronter. Ce roman est d'une grande finesse, d'une formidable intelligence, nous décrit l'évolution des luttes féministes, tout en montrant la diversité des points de vue des femmes (et des hommes) qui les composent. C'est frais, c'est vif, c'est sensuel et charnel. C'est magique !

Chansons pour l'incendie, Juan Gabriel Vasquez

LittératureLittérature étrangèreNouvellesViolence
Neuf nouvelles magistrales du grand écrivain colombien Juan Gabriel Vasquez. Une lecture qui ne peut pas laisser de marbre ...

"(...) car seule l'existence du livre l'intéresse, c'est notre unique consolation à nous autres, les fils de ce pays ravagé par les flammes, condamnés à évoquer, à vérifier, à regretter avant de nous mettre à composer des chansons pour l'incendie."

Ainsi s'achève le dernier ouvrage de l'écrivain Juan Gabriel Vasquez. Neuf nouvelles pour évoquer la mémoire d'une violence omniprésente en Colombie, pays natal de l'auteur. Les différents narrateurs en font l'écho par leurs histoires teintées de secrets, mensonges ou trahisons.
Il y a cet homme, qui aurait pu partir en service militaire mais, par le jeu d'un tirage au sort, verra son meilleur ami partir à sa place. Ce dernier y décédera en exercice, et le narrateur ne se rendra pas à ses obsèques. Il y a ces enfants qui occupent leurs journées par des bagarres, et dont on comprend qu'ils vivent dans une résidence protégée car leurs parents sont tous menacés, sinon déjà tués, par les narcotraficants. Il y a cette narratrice qui se rappelle avoir fait croire à un homme, dont l'assistante était tombée à cheval dans la journée, que cette dernière était morte de sa chute, simplement pour voir sa réaction.

Le mal est partout et ne prend pas toujours la forme d'une violence faite de balles et de sang, il se niche dans les non-dits et les mensonges. Juan Gabriel Vasquez est très présent dans ces nouvelles, brouillant la frontière entre fiction et réalité, rendant ainsi ces histoires encore plus troublantes. Au-delà de la Colombie, pays meurtri, c'est chacun de nous que l'écrivain interroge sur son rapport à la violence, et à la mémoire de la violence. Son écriture juste et puissante laisse une très forte impression, c'est une lecture qui marque pour longtemps.

Carmilla - Sheridan Le Fanu

LittératureScience fiction et FantasyVampiresFantastique
Un chef-d'oeuvre de la littérature gothique, un texte fantastique incontournable !
L'histoire débute en Styrie, où la jeune Laura vit avec son père dans leur imposant château. Lorsque Carmilla, une voyageuse, est victime d'un accident devant leur demeure, Laura et son père se proposent de la recueillir le temps de sa convalescence.
Une amitié fusionnelle se développe alors entre Laura et Carmilla. Mais à mesure que cette relation grandit, Laura s'affaiblit mystérieusement et semble souffrir de terreurs nocturnes. Quant à Carmilla, elle devient chaque jour plus instable et plus menaçante . Il devient rapidement évident que cette dernière n'est pas celle qu'elle prétend être auprès de ses hôtes. 
 
Écrit vingt-six ans avant le Dracula de Bram Stoker, Carmilla met en scène un vampire au féminin, séduisant exclusivement des jeunes femmes. 
Roman fondateur du mythe du vampire, ce court récit capte en quelques pages toute l'attention du lecteur grâce au personnage charismatique de Carmilla. On passe en une poignée de chapitres de la curiosité à la fascination, en finissant par l'effroi. 
Mais au-delà du roman fantastique, ce texte met en scène une relation homosexuelle entre Carmilla et Laura, scandaleuse pour l'époque de sa parution en 1871, mais qui échappa tout de même à la censure. Une oeuvre sulfureuse, où séduction et horreur se mêlent à merveille. 
Sheridan Le Fanu nous offre un sublime roman fantastique, à la fois sensuel, envoûtant et terrifiant. Un grand classique de la littérature gothique. 

Le rouge n'est plus une couleur, Rosie Price

Littérature Anglo-SaxonneViolencePsychologieAngleterre
Un texte essentiel pour comprendre ce qui se passe dans un corps et dans un cerveau à la suite d'un traumatisme. Un roman bouleversant sur ce que pèse le silence et ce que pèsent les mots.
Je crois n'avoir jamais lu un tel roman ayant pour sujet un viol et ses nombreuses conséquences. Rosie Price nous livre un texte extrêmement précis, bouleversant autant que nécessaire, sur ce qu'un tel traumatisme cause chez une victime, et ce qui en découle sur ses relations avec ses proches. Le roman se passe sur une durée de cinq ans, et nous montre les mécanismes de défense, pas forcément bénéfiques, du cerveau. La mémoire corporelle, les rappels de trauma, la dépression et les crises d'angoisses y sont rendues au plus juste.
Ce roman est aussi le récit du lent délitement des relations au sein d'une famille qui subit diverses épreuves : la mort, la culpabilité de l'un des siens, la maladie, les souvenirs douloureux...
Inoubliable, intense et essentiel !

Le plus dangereux des jeux - Rinard Connell

LittératureAventureSurvieSuspense
La redécouverte d’un court texte culte, fabuleuse nouvelle d’aventures et de frissons.
The most dangerous game est une des nouvelles les plus célèbres aux Etats-Unis. Elle l’est en revanche un peu moins en France. Les cinéphiles se souviennent peut-être d’une des nombreuses adaptations cinématographiques, la plus célèbre étant celle réalisée en 1932 par Ernest B. Schoedsack et produite par Merian C. Cooper, à peu de choses près la même équipe qui réalisa King Kong, qui fut tourné de jour quand The most dangerous game le fut de nuit utilisant les mêmes décors.
Peut-être que d’autres se souviennent plus récemment des références qui sont faites au texte dans le film Zodiac de David Fincher en 2007. Le très célèbre tueur en série américain aurait fait allusion à la nouvelle de Richard Connell dans ses lettres envoyées à la presse et peut-être même dans le choix de son nom.

Le général Zaroff (dénommé Comte dans l’adaptation cinématographique de 1932) règne sur une île des Caraïbes où il a dressé un imposant château au milieu de la jungle, forteresse qu’on imagine tout aussi effrayante qu’un château dans les Carpates. Le général Zaroff est un homme mystérieux, ancien officier cosaque, il s’est retiré sur cette île du bout du monde pour une raison bien précise. Si Zaroff est un hôte charmant avec Sanger Rainsford, malheureux naufragé tombé d’un yatch aux abords de l’île, Rainsford comprend vite qu’il est tombé sur un homme dangereux consumé par sa passion de la chasse.

Le plus dangereux des jeux est une merveille d’intelligence et de suspens, débutant par un dialogue étonnant entre Rainsford et un marin sur l’éthique de la chasse et se concluant sur une note ingénieuse et troublante.

Goran Petrović - Soixante-neuf tiroirs

LittératureLittérature pays étrangersLittérature Pays de l'EstLittérature
Voici un roman pour les amoureux de la lecture ! Un roman fantaisiste, frais, porté par une plume délicate et un immense amour des mots ! Magique !
Jeune étudiant en langue et littérature serbe, Adam Lozanovitch, gagne sa vie en corrigeant des manuscrits pour une maison d'édition. Un jour, un vieil homme quelque peu mystérieux se présente à lui, lui demandant d'apporter quelques modifications à un texte. Cette demande plonge le jeune homme dans l'incompréhension : elle concerne en effet un roman qui semble publié depuis longtemps, relié, avec une belle couverture de cuir.. 
 
A l'autre bout de la ville, Iéléna, une jeune femme serbe, rêve de quitter son pays. Pour financer son départ, elle accepte un poste trouvé au hasard des petites annonces : une vieille dame recherche une personne attentive pour l'accompagner au quotidien, logée et nourrie. Elle n'a qu'une seule et étrange exigence : passer tous les jours quelques heures à lire ensemble, le même livre au même moment. 
 
Voici un roman pour les amoureux de la lecture ! Goran Petrović nous entraîne dans un univers poétique et foisonnant, où les différentes strates de la narration s'imbriquent les unes dans les autres. Un roman fantaisiste, frais, porté par une plume délicate et un immense amour des mots ! Magique ! 

Ancestrales - Goliarda Sapienza

LittératurePoésiePoésie auteurs étrangersPoésie
Ces poèmes, premiers écrits de Goliarda Sapienza, incarnent déjà la promesse de tout ce qui fait, aujourd’hui, le succès de son œuvre.
Écrits dans les années 1950, Sapienza dévoile à travers ses poèmes toutes les pensées, les doutes, les joies et les peines qu’elle a pu ressentir. Certains sont dédiés à sa mère, un des plus grands amours de sa vie, mais aussi à son père où, à l’inverse, la relation parent-enfant semble être plus complexe et douloureuse : « je clouerai le couvercle / du cercueil sur ton corps vivant ».

Entre ses souvenirs d’enfance, ses rêveries autour de l’Etna et l’évocation de ses amours masculines et féminines, la poésie est le moyen pour l’écrivaine d’éprouver et exprimer sa mélancolie, son attrait pour la mort et l’obscurité, le sentiment de vide ou même d’abandon : « C’est l’aube / je suis seule / et j’ai peur / Que cherches-tu dans le vide des pièces que j’habite ? / Je suis seule / et j’ai retourné les miroirs ».

Torturée, passionnée, aimant profondément tous ceux qui l’entourent, Goliarda Sapienza partage avec nous les différentes étapes de sa vie, ses émotions et sa vision du monde. Plus que tout, elle arrive à nous faire ressentir sa présence, son aura et son charisme en nous offrant une magnifique leçon de vie, que nous ne sommes pas près d’oublier.

« C’est vrai nous n’avons pas
beaucoup de choses à faire.
Tu étends le drap
sur le matelas. De la main tu aplanis
le moindre pli. Je verse l’eau
du verre
sur les géraniums brûlés du balcon. C’est vrai
il n’y a pas
beaucoup de routes à prendre
de morts à choisir.
Il n’y a qu’à jeter
la pièce de monnaie et regarder
le résultat du jeu de pile ou face. »

Elmet, Fiona Mozley

Littérature Anglo-SaxonneVengeanceFamilleForêt
Entre Snatch et Captain fantastic, un roman social anglais qui se dévore. Un texte fort sur les rapports de classe, l'autonomie et la famille, la lutte et la vengeance.
John vit avec ses enfants au cœur de la forêt dans le Yorkshire ; leur maison, ils l'ont bâtie de leurs propres mains, sur un terrain qui appartenait à sa femme. Voulant protéger les siens du monde et de sa violence omniprésente, John décide de vivre en quasi autarcie. Cathy et Daniel, les deux adolescents, sont plus qu'heureux de cette vie, proche de la nature. Mais la violence qu'ils pensaient avoir quittée les rattrape bientôt : ancien boxeur clandestin dont la réputation n'est plus à faire, John se voit rattrapé par son passé et voit ressurgir dans sa vie Mr Price, riche propriétaire local, qui impose à ses locataires des loyers indécents, et à ses travailleurs des conditions de misère. L'heure des comptes a sonné, et chacun va devoir faire des choix pour protéger ses intérêts et sa famille.

Littérature

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