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Sélection de livres

L'esprit de Noël

Sciences humaines - HistoireSciences Humaines#NoëlLibrairieMollat
Un Noël réussi ne peut se passer de l'esprit de Noël

Notre sélection de beaux livres pour les fêtes

Sciences humaines - HistoireSciences HumainesHistoire#NoëlLibrairieMollat
Pas de fêtes sans beaux livres, voici une jolie sélection des libraires sciences humaines et histoire

Dossiers

Les coups de coeur du rayon Sciences humaines

Les libraires du rayon Sciences humaines vous proposent une sélection de leurs ouvrages préférés en cette fin d'année. Bonne année et bonnes lectures!

Françoise Héritier 1933-2017

L’ethnologue et anthropologue nous a quittés à 84 ans.

Jean Baudrillard, la buée de sauvetage

Jean Baudrillard (1929-2007), qui en faisait un art, a disparu une fois de plus il y a dix ans. Il est un des rares écrivains à être capable de nous délivrer du sortilège des tautologies pathétiques de notre temps. Rien n’est plus étranger à sa pensée excentrique que le recopiage à l’identique de...

Coups de cœur

Pour les siècles des siècles

Sciences humaines - HistoireMoyen-ÂgeHistoire
Un coup de coeur de Jean-Baptiste Garros
Pour les siècles des siècles d’Oleg Voskoboynikov paru aux éditions Vendémiaire a pour fabuleuse ambition de redéfinir et de dresser le portrait de la civilisation médiévale de l’Occident chrétien et latin. L’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et la France y sont à l’honneur du fait de...

Ce livre est un exemple de vulgarisation scientifique et érudite qui ne cherche jamais à dresser un tableau exhaustif de toute la production culturelle de la période médiévale. L'objectif d'Oleg Voskoboynikov est de faire découvrir et redécouvrir certains textes, certains monuments et certains auteurs peu connus, ignorés ou complètement méconnus de la période médiévale. Ainsi se dévoile au fil de la lecture un autre Moyen Age .

Ce Moyen Age est bien loin de l’image traditionnelle obscurantiste où domineraient l’oppression, la violence et la régression (cette vision-là tiendrait dorénavant plus de l’image d’Épinal que de la réalité historique). Au contraire, à l’instar de la nôtre, la civilisation médiévale se caractérise par une culture de l’image : images littéraires, picturales et architecturales. Les bases en sont bien sûr les Saintes Écritures mais l’héritage antique y est omniprésent. De fait, de ce syncrétisme entre religion officielle et culture païenne ancestrale naît un art nouveau caractérisé surtout par la construction d’églises monumentales.

L’ouvrage nous présente cette civilisation des arts et des lettres pleine de symboles, de signes, de métaphores et de métonymies ; une civilisation qui se questionne sur elle-même et sur son devenir. « Que fait l’Homme sur terre ? » est LA grande question autour de laquelle s’articulent toutes les pensées, toutes les œuvres et productions artistiques et littéraires de la période. Elle se dote d’un esprit qui tantôt aime, tantôt méprise le monde qui l’entoure, reconnaissant un jour les lois de la nature et le lendemain criant au miracle surnaturel, tantôt ascétique, tantôt curieuse, un jour fidèle, le lendemain hérétique.

Finalement Oleg Voskoboynikov dresse le portrait d’une culture de la transcendance qui, au travers de la question du Bien et du Mal s’interroge sur la destinée de l’homme, sur le pouvoir de la Providence et sur la quête du salut des âmes. On constate alors de manière surprenante que le Moyen Age ne se caractérise pas uniquement par l’obscurantisme et l’oppression, mais aussi par une « poésie de la Création » et une liberté des arts médiévaux qui interpelle et fascine les imaginaires et les esprits.

Utopies réelles

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Un coup de coeur de Nicolas Lafon
À travers cet essai riche et stimulant, le sociologue américain Eric Olin Wright interroge la capacité des sociétés modernes à dépasser le modèle économique capitaliste. Animé par des convictions égalitaires et émancipatrices, le regard qu’il déploie ne se veut néanmoins pas idéologique. Ce livre...

Dans cet ouvrage, l’auteur pose les bases d’une « science sociale émancipatrice », dont l’objectif serait de « produire une connaissance scientifique en rapport avec un projet collectif contestant les différentes formes d’oppression humaine ». Il s’agit en premier lieu d’établir la critique du modèle social dominant, ceci afin d’identifier les différentes « formes d’oppression » produites structurellement par le capitalisme. Le sociologue soutient que ces nuisances seraient éliminables pourvu que nous nous libérions de la vision conservatrice qui tend à faire du capitalisme un horizon indépassable, inscrit dans l’ordre naturel du monde.

Afin de diminuer la mainmise du capital sur la production et la distribution des biens et services, l’auteur se demande comment replacer le pouvoir décisionnaire entre les mains de la société civile. Partant du constat que les décisions prises par un dirigeant de multinationale ou une personnalité politique intègrent des enjeux étrangers à ceux de la population, il paraît justifié de renforcer le pouvoir d’action de ceux qui subissent les directives économiques au premier chef.

L’accroissement du pouvoir d’agir social implique la revitalisation des processus démocratiques. Le principe de démocratie associative serait une voie possible, tout comme celui de démocratie directe, que l’auteur illustre en s’appuyant sur l’exemple du budget participatif municipal institué en 1989 dans la ville de Porto Alegre au Brésil. L’automatisation croissante, entrainant immanquablement la disparition de nombreux emplois, interroge la légitimité d’un revenu inconditionnel de base. Des alternatives concrètes à l’économie capitaliste sont d’ores et déjà mises en œuvre, comme au Québec, où des services d’accueil à l’enfance et d’aide aux personnes âgées ont été développés sur les bases d’une économie sociale. L’autogestion d’entreprise, dont le représentant le plus important est aujourd’hui le conglomérat de coopératives autogérées Mondragòn, favorise également cette dynamique. Mais pour que ces stratégies aient une chance de s’imposer comme des alternatives pérennes, l’auteur souligne qu’elles doivent être menées conjointement, à tous les niveaux de la société.

Wright questionne également les mécanismes de la reproduction sociale afin d’identifier les failles et les contradictions qui offriraient de véritables opportunités de changement. Il analyse enfin les trois stratégies de transformation sociale qui s’offrent aux individus : la transformation par la rupture, c’est à dire par la confrontation violente, la transformation interstitielle, inspirée de la tradition anarchiste, et la transformation symbiotique, la plus controversée du point de vue des sympathisants de l’idée socialiste, puisqu’elle postule que les intérêts des travailleurs ne seraient pas absolument antagonistes à ceux du capital.

Si Karl Marx prophétisait, à tort semble-t-il, l’effondrement du capitalisme, Eric Olin Wright s’interdit de spéculer sur un objet aussi imprévisible que la trajectoire du changement social. Pour lui, « la stratégie consiste plutôt à examiner les mécanismes spécifiques qui vont dans la bonne direction. » À la lecture de sa démonstration, transparaît le souci omniprésent de se préserver du discrédit des sceptiques et des cyniques. Comme il le rappelle : « les limites du possible ne sont pas quelque chose que nous pouvons connaître intégralement avant même de les tester ». Encore faut-il, pour se donner une chance d’éprouver un jour l’étendue de ces limites, éviter de sombrer au préalable dans la résignation et le fatalisme, ce contre quoi l’auteur tente de nous prémunir grâce à ce livre aussi instructif que roboratif.

Dans cet ouvrage, l’auteur pose les bases d’une « science sociale émancipatrice », dont l’objectif serait de « produire une connaissance scientifique en rapport avec un projet collectif contestant les différentes formes d’oppression humaine ». Il s’agit en premier lieu d’établir la critique du modèle social dominant, ceci afin d’identifier les différentes « formes d’oppression » produites structurellement par le capitalisme. Le sociologue soutient que ces nuisances seraient éliminables pourvu que nous nous libérions de la vision conservatrice qui tend à faire du capitalisme un horizon indépassable, inscrit dans l’ordre naturel du monde.

 

Sciences humaines - Histoire

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