Chargement...
Chargement...

Affinez votre selection

Sélection de Noël

Coups de coeur

Cartel : la suite de la griffe du chien

PolarDroguesEtats-unisMexique
L’événement polar de la rentrée est sans doute la conclusion du chef d’œuvre de Don Winslow "La griffe du chien", salué par James Ellroy dès sa parution en 2005.
L’impressionnante suite Cartel tient toutes ses promesses, et s’il peut se lire indépendamment du premier tome, il en possède le même souffle narratif resserré cette fois-ci sur huit années (2004-2012, alors que La griffe du chien s’étendait entre les années 70 et 2000). Don Winslow poursuit à travers une myriade de personnages la peinture de la guerre impitoyable menée par les États-Unis contre le Mexique pour le contrôle de leur frontière, enjeu crucial du commerce de la drogue et du pouvoir des cartels latinos qui se livrent entre eux à une lutte fratricide.

Au début de Cartel, le baron mexicain de la drogue Adán Barrera s’enfuit de prison et compte bien reprendre le contrôle de son gang de Sinaloa tout en misant deux millions de dollars sur la tête d’Art Keller, l’agent de la DEA (Drug Enforcement Administration, l’agence de lutte gouvernementale américaine contre la drogue) qui avait contribué à son arrestation.
Si Art, retiré dans un monastère où il s’occupe de l’élevage des abeilles, n’envisage pas dans un premier temps de relever le défi lancé par son ennemi, il ne tarde pas à répondre à l’appel de la vengeance. Mais celui qu’on surnomme « Killer Keller » est incontrôlable, et Barrera l’insaisissable va jouer au chat et à la souris, installant un climat de terreur qui engendre dans son sillage d’innombrables victimes : policiers et civils, dont des centaines de journalistes (auxquels est dédié le roman) lâchement assassinés.

Comme dans La griffe du chien, Don Winslow offre une plongée saisissante de réalisme dans le vaste empire capitaliste du narcotrafic sans épargner le premier acheteur mondial, les États-Unis : sur le sol américain, la cocaïne en provenance de la ville limitrophe de Ciudad Juarez représente un marché de plusieurs milliards de dollars. Ainsi, le Mexique n’est pas un « narco-état » comme on l’appelle souvent, place plutôt dévolue selon Don Winslow à l’Amérique du Nord, devenue ultra dépendante de ce commerce juteux… et meurtrier. Depuis les années 2000, ces gangs qui ont désormais de vraies « armées » ont proliféré et se sont renforcés avec la complicité des federales (policiers) et politiciens corrompus, ce qui complexifie la situation explosive qui menace désormais les pays voisins comme le Guatemala.

Malgré la violence quasi permanente qui imprègne ces 700 pages impossibles à lâcher, l’émotion affleure heureusement, notamment grâce aux personnages de femmes puissantes qui se révoltent face aux hommes qui s’entretuent, quitte à risquer leur vie, soit en devenant « narca » comme Magda, la maîtresse dans l’ombre d’Adán Barrera, soit en menant des combats personnels. Marisol, médecin dévouée et compagne d’Art, Jimena devenue chef de la police malgré son jeune âge, sans oublier la  journaliste Ana et son combat avec Pablo pour la vérité, redonnent une place aux invisibles et sans-voix de ces guerres civiles permanentes, comme le fait Don Winslow dans cette fresque magistrale bientôt portée à l’écran.

Pères, fils, primates

PolarMexiqueSocialHumour noir
Cap en Amérique du Sud cet été, et plus précisément sur la côte paradisiaque du Yucatán au Mexique, avec le premier roman traduit d'un auteur basque, Jon Bilbao, déniché par la maison d’édition bordelaise Mirobole.
A Cancún, Joanes vient assister au remariage de son beau-père, un homme aussi ridicule qu’insupportable qui le harcèle avec un contrat lucratif à signer avec un mystérieux client, quand un ouragan se rapproche dangereusement des côtes, annulant la cérémonie et précipitant le rapatriement des invités. Joanes profite du chaos général pour fuir seul, loin de ses problèmes familiaux et professionnels.

Jon Bilbao conte alors, avec truculence et une ironie mordante, les mésaventures de son personnage qui va faire plusieurs rencontres incroyables au fil de son "road trip", dont une femelle singe égarée et son ancien professeur d'université qui se lamente de ne pas avoir de nouvelles de son propre fils.

Qui, du singe ou de l’enseignant, sera finalement épargné par la folie ambiante ?

Polar social dans la veine du fabuleux Le Couperet de Donald Westlake (tel que le suggère la quatrième de couverture), Jon Bilbao offre une farce tragique sur les relations humaines et son miroir animal, ce qui n’est pas sans rappeler l’excellent Lézard lubrique de Melancholy Cove dans lequel Christopher Moore inventait un monstre marin aux instincts primitifs et meurtriers.

Père, fils, primates nous régale de son humour noir et absurde truffé de rebondissements, à dévorer sans tarder pour des vacances réussies !

Les milices du Kalahari

PolicierEnquêteAfrique
Dans la lignée du grand Deon Meyer, maître incontesté du polar sud-africain, ce premier roman de Karin Brynard a bluffé votre libraire !
Un appel téléphonique happe le lecteur dès la première page : « Il y a eu un meurtre dans une ferme, annonça l'homme au souffle court. Deux morts. Une femme et un enfant. Toutes les deux massacrées, tout bonnement. Du sang. Sur tout. Partout ».

La scène de crime, minutieusement décrite, impressionne l'inspecteur Beeslaar, qui en a pourtant vu d'autres après vingt ans passés à Johannesburg dans l'ancienne Brigade des vols et homicides. Lui, le nouveau venu de la ville, qui peine à apprivoiser ce Nord-Ouest sauvage, ses pistes de sables, ses serpents, sa chaleur suffocante, a vu son espoir d'un poste paisible dans une petite bourgade à la campagne s'envoler très vite avec une vague de vols de bétails sans précédent, des fermiers furieux, puis deux ouvriers agricoles sauvagement assassinés - sans doute par des voleurs surpris en plein action...

Et maintenant, ce nouveau massacre. Une femme et un enfant. Toutes deux l'artère carotide tranchée avec une lame aiguisée. Des questions se posent aussitôt, qui préfigurent d'une enquête difficile : la femme, Frederika Swarts, ne semble pas avoir opposé de résistance, ni avoir tenté de se défendre. Elle n'était pas ligotée.
Connaissait-elle son agresseur ? A-t-elle été droguée ? L'autopsie révèle qu'elle n'a pas été violée. On lui a bizarrement coupé les cheveux très court, jusqu'au cuir chevelu.
La chambre a été mise à sac, comme si les agresseurs étaient à la recherche de quelque chose... S'agit-il d'un cambriolage avec violence ?
Personnalité atypique, artiste peintre dérangeante, la victime accueillait des enfants en placement, s'apprêtait à adopter la gamine tuée à ses côtés, s'impliquait dans la défense de revendication territoriale de la tribu griqua locale, ce qui n'était pas du goût de tout le monde... Faut-il suspecter son entourage, son étrange contremaître, sa gouvernante, sa fidèle amie, ou même sa sœur, avec qui elle était fâchée depuis longtemps ?...

A ce stade de l'histoire (et on en est qu'au début !) votre libraire a savouré le plaisir à venir d'une intrigue prometteuse et bien charpentée - ce que la suite a confirmé par une haletante nuit blanche, hé oui, hé oui, vous voici prévenus !

Méthode 15-33

ThrillerPsychologieEnlèvement
Une lettre est arrivée à la librairie, ressemblant à un curieux appel au secours anonyme...
Seul indice de l'expéditeur : une enveloppe tamponnée à l'adresse des éditions Denoël. La semaine suivante, le facteur apporta une trousse sur le rayon polar, contenant de petits objets disparates : un taille-crayons, une épingle à cheveux, dix punaises, un fil de laine rouge, un élastique...
Votre libraire, intrigué, n'a su le fin mot de l'énigme qu'à parution du livre de Shannon Kirk, Méthode 15-33 (car, après cette mise en bouche intrigante, impossible bien sûr de ne pas se ruer sur les premières pages !!!)...

Dès le début, l'auteur vous happe. Une jeune femme raconte son histoire. Elle se souvient, en flash back, de son enlèvement. Elle avait 16 ans. On l'a forcée à monter dans une camionnette. On l'a enfermée dans une chambre. Son profil psychologique atypique - elle maîtrise parfaitement ses émotions - et ses facultés scientifiques exceptionnelles, la rendent fascinante.
Au lieu d'avoir peur, elle va étudier froidement et méthodiquement les petits détails autour d'elle, qui pourraient l'aider à s'évader. La routine des trois repas par jour instaurée par son ravisseur. Les objets dans la chambre. Une latte mal fixée, une couverture en laine rouge, une haute fenêtre, des poutres apparentes... Comment assembler tout ça ? Mais oui, bien sûr, le seau. Et oui, oui, oui, le sommier à ressorts est neuf, il n'a pas enlevé le plastique. Allez, continue, passe tout en revue, il faut que tu trouves une solution. Des poutres apparentes, un seau, le sommier à ressorts, le plastique, une haute fenêtre, une latte mal fixée, une couverture en laisse rouge, le...

Ce thriller psychologique en huis-clos rebondit de façon infernale de chapitre en chapitre, là où on ne l'attend pas. Au jeu du chat et de la souris, au final, le plus dangereux n'est peut-être pas celui qu'on croit...

Actualités polar

Polar en Cabanes 2016

Du 23/09/2016 au 25/09/2016
Divers
Festival du roman et du film noirs, du 23 au 25 septembre 2016
Pour sa 5ème édition, le festival Polar en Cabanes investit la place Camille Jullian à Bordeaux et accueille 18 auteurs français et étrangers, 1 ré...

Mollat Polar #18 : Marin Ledun - En douce

Rencontre du 10 septembre 2016
« En douce », aux éditions Ombres Noires, présenté au « 91 » rue Porte-Dijeaux

Laurent Philipparie - Ne regarde pas l'ombre : policier

Rencontre du 14 septembre 2016
« Ne regarde pas l'ombre : policier », aux éditions Vents Salés, présenté dans les salons Albert Mollat

Sophie Hannah - La mort a ses raisons

Sophie Hannah vous présente son ouvrage "La mort a ses raisons" aux éditions Le Masque. Rentrée littéraire 2016.

Romans policiers

Chargement...