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Coups de coeur

Sharko - Franck Thilliez

ThrillerEnquêteRoman noir
Pour le dernier Mollat Polar avant l’été, rendez-vous samedi 17 juin avec un invité de choix et à un horaire exceptionnel : à 14 h, nous aurons le plaisir de recevoir Franck Thilliez autour de « Sharko » paru aux éditions Fleuve Noir. La rencontre se déroulera Station Ausone et sera suivie d’une ...
Chaque prologue de ses romans donne le ton : ici, à l’Océanopolis de Brest, les visiteurs se pressent au milieu d’immenses aquariums renfermant des requins. Lorsqu’un employé du centre plonge parmi les squales pour s’occuper de l’entretien des bassins, chacun retient son souffle, captivé par le spectacle du face-à-face de l’homme avec l’animal. Quand l’homme grenouille se saisit brusquement d’un couteau qu’il dissimulait et s’entaille la main en gardant un calme imperturbable, l’odeur du sang laisse présager le pire avec ces prédateurs. La frayeur saisit bientôt les spectateurs qui pensent inévitablement à une scène des « Dents de la mer » : suicide ? coup de folie ? On peut se douter à juste titre avec cet orfèvre du suspense que l’hallucinante vérité ne se dévoilera que bien plus loin, au prix d’autres vertigineux rebondissements.

Quel lien cet horrible fait divers possède-t-il avec l’enquête de Franck Sharko et Lucie Hennebelle, le célèbre duo et couple de flics du 36 quai des Orfèvres qui fait le succès de leur auteur ? Alors que Franck s’acharne à protéger un secret terrible qui pourrait mettre en péril sa famille, il doit également arrêter le monstre responsable de la mort de 13 personnes retrouvées vidées de leur sang, cet « or rouge » fascinant symbole de vie et de mort. Le cauchemar ne fait que commencer et nous plonge, avec la rigueur scientifique et la curiosité habituelle du romancier, dans le milieu des sectes satanistes, mais aussi dans l’univers de l’art transgressif (bio-art, body-art), à la rencontre des tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée dans les années 50, ou encore à la découverte de scandaleux centres de transfusion à la frontière mexicaine ainsi que dans les coulisses de l’Institut Français du sang en plein cœur de Paris.

Ce sixième titre de la série – qui peut être lu indépendamment bien que votre libraire vous conseille de commencer idéalement par Le Syndrome [E] puis d’enchaîner avec Gataca, Atomka, Angor, Pandemia, tous parus chez Pocket – explore plus avant les méandres psychologiques de la peur, cet instinct primitif et vital qui s’empare de chaque lecteur suspendu au destin des héros.

Frissons garantis cet été avec le maître français du thriller à retrouver samedi prochain dès 14h Station Ausone !

Un silence de mort

Romans policiersEnquêtePolarAfrique du Sud
L'Afrique du Sud n'est pas une destination de tout repos - le lecteur aguerri des polars de Deon Meyer, Roger Smith, Wessel Ebersohn, Michèle Rowe, voire le terrible « Zulu », écrit par notre français bourlingueur Caryl Férey, le sait bien... Dans la même veine, les éditions du Masque ont l'exce...
Le livre s'ouvre sur la description d'une scène de crime – ça commence fort, s'est dit votre libraire :

Deux corps, des Blancs, sans doute des adolescents. Il semblerait qu'ils aient été abattus, probablement au cours des quarante-huit dernières heures. Un chien les a trouvés au fond de la benne à ordures, en face des cuisines, à l'arrière... Au milieu des cartons et des emballages en plastique, les deux cadavres gisent nus, désarticulés et enveloppés dans des bâches transparentes. Mises à part les taches rouge sang, les corps paraissent très blancs, très maigres.

L'autopsie pratiquée sur les corps, curieusement émaciés, révèle des symptômes de malnutrition, l'analyse des restes du dernier repas dans leur estomac indique qu'ils ont mangé les mêmes aliments, leur musculature est bizarrement faible comme s'ils avaient manqué d'exercice, l'état de leur dentition est déplorable, ils portent des signes d'abus sexuels fréquents et nombreux... Selon le colonel (blanc) et son adjudant, Don February (officier noir) – on en saura plus au fil du récit sur leurs relations et sur le fonctionnement de la police du pays, sur fond de tensions politiques et raciales - l'hypothèse la plus vraisemblable suggère que les deux jeunes ont été élevés ensemble, dans les mêmes conditions, et privés de liberté depuis longtemps – reste à savoir où, pourquoi, comment : une prison ? Un centre éducatif fermé ? Une séquestration ? Soudain de Vries se liquéfie, il a reconnu le visage d'un des garçons, qui le ramène 7 ans en arrière : trois écoliers enlevés, en plein jour, à quelques heures d'intervalle. On ne les a jamais revus... L'affaire, impossible à résoudre, a hanté les nuits du colonel.

Ce début haletant augure de multiples péripéties, dans une construction alternant le présent de l'enquête et les ombres douloureuses du passé qui remontent à la surface. L'auteur tient son intrigue de main de maître et votre libraire s'est fait mener en bateau jusque dans les dernières pages, la vérité surgit au détour, là où on ne l'attend pas...

Quand sort la recluse

PolicierEnquêtePolarNouveautés
AH, un nouveau Fred Vargas ! Sitôt paru, sitôt lu, car un Fred Vargas, ça ne saurait attendre...
Le jour J, votre libraire s'est empressé d'ériger à l'entrée du rayon une montagne hommage au commissaire Adamsberg (dont le nom, on le sait, signifie la montagne d'Adam), que les lecteurs ont pris d'assaut - échanges spontanés et animés dans la place : Est-ce un bon cru ? Vous l'avez déjà lu ? Alors, qu'en pensez-vous ? Car moi, le précédent, Temps glaciaires, m'avait un peu laissé sur ma faim, pas vous ? Oui, ce n'était peut-être pas son meilleur, mais bon...

Qu'on se rassure, ce nouvel opus a fait l'unanimité des dames en noir du rayon Polar.


Dès la page 27, on a l'explication du titre intrigant, car la recluse (et même, recluse violoniste!) est une allusion à une araignée timide, d'où son nom, dont la morsure, rare, n'est pas mortelle... Or, justement, c'est à propos de la recluse que notre commissaire va instiller le doute dans ses troupes, se fiant comme à son habitude à l'intuition de sa tête remplie de bulles gazeuses : on retrouve alors avec un plaisir délectable les personnages improbables et terriblement attachants de la Brigade qui font l'univers si singulier et poétique de l'auteur, chacun y allant de son petit grain de folie ; Mercadet, hypersomniaque, qui s'endort d'un coup, Estalère, dyslexique, mais qui connaît les goûts de tous en matière de café, Froissy, génie de l'informatique qui remplit son placard de provisions par peur de manquer (il va lui arriver des malheurs, chut...), Danglard l'érudit mordu de citations (les relations avec son supérieur sont ici très orageuses !), Voysenet l'ichtyologue (on n'oubliera pas de sitôt l'épisode de la murène ! ), Retancourt, solide comme un roc), sans oublier bien sûr le chat (mascotte de la brigade qui squatte la photocopieuse), etc...

On n'en dira pas plus ici – raconter une énigme vargassienne dans ses détails est mission impossible – le bonheur de la lecture résidant précisément dans les méandres de la résolution – mais sachez que votre libraire se l'est dégusté, savouré, comme une friandise !

Romans policiers

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