Chargement...
Chargement...

Affinez votre selection

Dossiers

Les écrivains à l'essai

Les écrivains sont-ils meilleurs commentateurs de la littérature que les essayistes, les universitaires ou les journalistes ? À cette question, nous vous proposons une dizaine de parutions récentes d’essais critiques écrits par des romanciers. Ceux-ci témoignent qu’à côté de leurs fictions, les a...

Coups de coeur

Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

PolarPolicierDestinThriller
Un roman noir à découvrir au plus vite !
Pour son cinquième roman, Sandrine Collette nous offre de vraies « sueurs froides », selon le nom de l’excellente collection polar de Denoël dont elle a inauguré le renouveau en 2013 avec Des nœuds d’acier, coup de cœur de vos libraires dès sa sortie, puis lauréat du Grand Prix de littérature policière.

À chacun de ses romans, elle réussit à dépeindre un univers radicalement différent du précédent : après avoir chevauché au fin fond du désert de Patagonie dans le terrifiant Il reste la poussière (qui vient de paraître au Livre de Poche), Les larmes noires sur la terre nous emmène à Papeete, mais le rêve de carte postale tourne court. Moe, jeune femme de 20 ans, rencontre Rodolphe son prince charmant, le suit en métropole et ne tarde pas à déchanter quand celui-ci se montre brutal et l’oblige à s’occuper de sa grand-mère aussi cruelle que lui envers cette « étrangère ». Six ans après, Moe veut repartir sur son île, mais tout a changé : elle est devenue mère, et son amour infini pour ce petit être neuf va faire basculer son destin. Désormais, elle se bat pour son fils, espérant en des lendemains meilleurs. Pourtant le sort s’acharne et elle échoue comme des milliers de défavorisés au centre d’accueil du Haut Barrage, soit une immense casse automobile, sorte de bidonville surveillé jour et nuit par des gardiens barbares, et une vieille Peugeot 306 grise pour tout abri. La place 2167, son matricule, sera sa nouvelle identité, et comme horizon le travail exténuant aux champs pour gagner une misère, pas vraiment de quoi payer leur billet retour. Sa véritable chance réside alors dans la rencontre avec ses voisines du « quartier » qui vont les apprivoiser, elle et son enfant. Le lecteur ne peut oublier Ada la vieille Afghane guérisseuse, Poule, Nini-peau-de-chien, Jaja, Marie-Thé : ces cinq femmes puissantes vont retracer chacune leur tour leurs histoires effrayantes et édifiantes, donnant à Moe la force de survivre, quitte à tenter l’impensable, quitte à tout perdre aussi…

La force de Sandrine Collette réside dans son incroyable talent de conteuse de ces destins brisés par la monstruosité des hommes et magnifiés par son écriture. Plongez dans l’enfer de la Casse et laissez cette magicienne vous ensorceler avec ce suspense digne d’une des grandes dames du « noir » contemporain !

L'irrésistible Agatha Raisin

PolarEnquêtePolicierSérie
Il était temps de découvrir M.C. Beaton, auteur d'une série culte en Angleterre avec les enquêtes de la truculente Agatha Raisin, enfin traduites en France (il lui aura fallu pas moins de 24 ans pour franchir la Manche, omission enfin réparée...).
On pense à la Miss Marple d'Agatha Christie, évidemment, mais en plus dévergondée : personnage de quinqua exaspérante qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec ! On l'adore d'emblée !
Albin Michel a décidé de publier l'intégrale (27 tomes) par salve de deux titres d'un coup, nous avons ainsi vu arriver sur nos tables des petits volumes attractifs (au doux prix de 14 euros) aux couvertures colorées et amusantes, attirant l’œil du curieux.
Ainsi, la première énigme La quiche fatale, met en scène l'arrivée d'Agatha Raisin à Corsely, paisible village des Costswolds, où elle décide, pour s'intégrer à la communauté, de participer à un concours de cuisine de la paroisse, qui tourne mal : mais qui a bien pu empoisonner la quiche ? Agatha mène l'enquête à sa façon et met... les pieds dans le plat !
Dans le deuxième opus, Remède de cheval, le vétérinaire succombe à un injection de tranquillisant destiné à un cheval rétif, la dose lui a été fatale ! Dans le volume suivant, la randonnée s'avère mortelle, puis la jardinière talentueuse - que tout le monde jalousait, y compris Agatha – est retrouvée assassinée, comme le titre le laissait pressentir elle n'a vraiment pas eu de pot...
Si vous aimez l'humour british, voilà une série à découvrir qui vous mettra de bonne humeur à l'heure du tea time en dégustant un scone, pour bien commencer cette nouvelle année !

Cartel : la suite de la griffe du chien

PolarDroguesEtats-unisMexique
L’événement polar de la rentrée est sans doute la conclusion du chef d’œuvre de Don Winslow "La griffe du chien", salué par James Ellroy dès sa parution en 2005.
L’impressionnante suite Cartel tient toutes ses promesses, et s’il peut se lire indépendamment du premier tome, il en possède le même souffle narratif resserré cette fois-ci sur huit années (2004-2012, alors que La griffe du chien s’étendait entre les années 70 et 2000). Don Winslow poursuit à travers une myriade de personnages la peinture de la guerre impitoyable menée par les États-Unis contre le Mexique pour le contrôle de leur frontière, enjeu crucial du commerce de la drogue et du pouvoir des cartels latinos qui se livrent entre eux à une lutte fratricide.

Au début de Cartel, le baron mexicain de la drogue Adán Barrera s’enfuit de prison et compte bien reprendre le contrôle de son gang de Sinaloa tout en misant deux millions de dollars sur la tête d’Art Keller, l’agent de la DEA (Drug Enforcement Administration, l’agence de lutte gouvernementale américaine contre la drogue) qui avait contribué à son arrestation.
Si Art, retiré dans un monastère où il s’occupe de l’élevage des abeilles, n’envisage pas dans un premier temps de relever le défi lancé par son ennemi, il ne tarde pas à répondre à l’appel de la vengeance. Mais celui qu’on surnomme « Killer Keller » est incontrôlable, et Barrera l’insaisissable va jouer au chat et à la souris, installant un climat de terreur qui engendre dans son sillage d’innombrables victimes : policiers et civils, dont des centaines de journalistes (auxquels est dédié le roman) lâchement assassinés.

Comme dans La griffe du chien, Don Winslow offre une plongée saisissante de réalisme dans le vaste empire capitaliste du narcotrafic sans épargner le premier acheteur mondial, les États-Unis : sur le sol américain, la cocaïne en provenance de la ville limitrophe de Ciudad Juarez représente un marché de plusieurs milliards de dollars. Ainsi, le Mexique n’est pas un « narco-état » comme on l’appelle souvent, place plutôt dévolue selon Don Winslow à l’Amérique du Nord, devenue ultra dépendante de ce commerce juteux… et meurtrier. Depuis les années 2000, ces gangs qui ont désormais de vraies « armées » ont proliféré et se sont renforcés avec la complicité des federales (policiers) et politiciens corrompus, ce qui complexifie la situation explosive qui menace désormais les pays voisins comme le Guatemala.

Malgré la violence quasi permanente qui imprègne ces 700 pages impossibles à lâcher, l’émotion affleure heureusement, notamment grâce aux personnages de femmes puissantes qui se révoltent face aux hommes qui s’entretuent, quitte à risquer leur vie, soit en devenant « narca » comme Magda, la maîtresse dans l’ombre d’Adán Barrera, soit en menant des combats personnels. Marisol, médecin dévouée et compagne d’Art, Jimena devenue chef de la police malgré son jeune âge, sans oublier la  journaliste Ana et son combat avec Pablo pour la vérité, redonnent une place aux invisibles et sans-voix de ces guerres civiles permanentes, comme le fait Don Winslow dans cette fresque magistrale bientôt portée à l’écran.

Les milices du Kalahari

PolicierEnquêteAfrique
Dans la lignée du grand Deon Meyer, maître incontesté du polar sud-africain, ce premier roman de Karin Brynard a bluffé votre libraire !
Un appel téléphonique happe le lecteur dès la première page : « Il y a eu un meurtre dans une ferme, annonça l'homme au souffle court. Deux morts. Une femme et un enfant. Toutes les deux massacrées, tout bonnement. Du sang. Sur tout. Partout ».

La scène de crime, minutieusement décrite, impressionne l'inspecteur Beeslaar, qui en a pourtant vu d'autres après vingt ans passés à Johannesburg dans l'ancienne Brigade des vols et homicides. Lui, le nouveau venu de la ville, qui peine à apprivoiser ce Nord-Ouest sauvage, ses pistes de sables, ses serpents, sa chaleur suffocante, a vu son espoir d'un poste paisible dans une petite bourgade à la campagne s'envoler très vite avec une vague de vols de bétails sans précédent, des fermiers furieux, puis deux ouvriers agricoles sauvagement assassinés - sans doute par des voleurs surpris en plein action...

Et maintenant, ce nouveau massacre. Une femme et un enfant. Toutes deux l'artère carotide tranchée avec une lame aiguisée. Des questions se posent aussitôt, qui préfigurent d'une enquête difficile : la femme, Frederika Swarts, ne semble pas avoir opposé de résistance, ni avoir tenté de se défendre. Elle n'était pas ligotée.
Connaissait-elle son agresseur ? A-t-elle été droguée ? L'autopsie révèle qu'elle n'a pas été violée. On lui a bizarrement coupé les cheveux très court, jusqu'au cuir chevelu.
La chambre a été mise à sac, comme si les agresseurs étaient à la recherche de quelque chose... S'agit-il d'un cambriolage avec violence ?
Personnalité atypique, artiste peintre dérangeante, la victime accueillait des enfants en placement, s'apprêtait à adopter la gamine tuée à ses côtés, s'impliquait dans la défense de revendication territoriale de la tribu griqua locale, ce qui n'était pas du goût de tout le monde... Faut-il suspecter son entourage, son étrange contremaître, sa gouvernante, sa fidèle amie, ou même sa sœur, avec qui elle était fâchée depuis longtemps ?...

A ce stade de l'histoire (et on en est qu'au début !) votre libraire a savouré le plaisir à venir d'une intrigue prometteuse et bien charpentée - ce que la suite a confirmé par une haletante nuit blanche, hé oui, hé oui, vous voici prévenus !

Romans policiers

Chargement...