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Les nouveautés du mois d'avril vont vous faire frissonner !

En mars, faites de beaux cauchemars

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Petit florilège de romans policiers à dévorer en attendant le printemps...

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Rencontre avec Bernard Minier

Jeudi 6 avril, le Musée National des Douanes de Bordeaux ouvre ses portes au public de 16h30 à 19h, pour une rencontre exceptionnelle avec l'auteur de thrillers Bernard Minier, à l'occasion de la parution de « Nuit » (XO éditions).

Coups de coeur

Profil perdu

LittératureMortPolicierRoman noir
Le rayon Polar fête le grand retour d'HUGUES PAGAN, qui a répondu présent à notre invitation ! Rendez-vous événement donc, mardi 2 mai à 18h station Ausone, l’animation sera assurée par HERVÉ LE CORRE (que du beau monde, on s'en réjouit !)
Les polardeux comprendront mon enthousiasme à la parution de Profil perdu, nouveau titre d’Hugues Pagan, absent des librairies depuis plus de 20 ans ! Plaisir et émotion anticipés, quand on a lu ses grands romans noirs, modèles du genre, que sont Dernière station avant l’autoroute, Tarif de groupe, L’étage des morts

Le talent de Pagan, c’est avant tout une plume incomparable, trempée dans l’encre noire de l'amertume, comme un blues entêtant. Le début donne le la : une garde à vue, un 31 décembre pluvieux, l'année finissante, le crépuscule qui tombe...

Un extrait, pour vous donner idée de l'ambiance et du style : Par la fenêtre du bureau, on voyait de grandes calendes de pluie balayer le parking. Elles se déplaçaient d'Ouest en Est avec une férocité mal contenue. On sentait qu'elles venaient de loin, et qu'elles n'étaient pas près d'arriver au bout de leur voyage, de l'autre côté des choses. Elles étaient froides et sans mémoire. C'était le soir, déjà les néons s'étaient allumés, de même que l'éclairage public et le lendemain était férié. Au loin, sur la rocade, les voitures roulaient au pas dans les grands éclaboussements sanglants de leurs feux de stop. C'était le soir, c'était le dernier jour de l'année et le lendemain serait le premier de l'année suivante. On sentait dans l'Usine comme un ralentissement, une baisse de tension, une sorte d'abandon tacite, on sentait bien qu'on allait fermer et que tout redeviendrait bientôt silencieux, sombre et désert et livré à la nuit.

"L'Usine" – tel est le surnom du commissariat – où le lecteur plonge de l'intérieur dans le quotidien des flics, les talonnant sur le terrain, suivant la progression et compte-rendu des enquêtes, le travail en équipes, les séances d'interrogatoire, et aussi les rivalités, les affrontements hiérarchiques ou les détestations personnelles... On flaire le vécu, la brutalité de la réalité, l'expérience rendue au vif de l'écriture - l'auteur a passé 25 ans dans la police, inspecteur divisionnaire, chef de la nuit à Paris.

En prélude de l'intrigue, une photo, le portrait d'une femme que l'inspecteur Meunier soumet à un dealer, qui refuse de se laisser tirer les vers du nez et se borne à le renvoyer à un de ses collègues, Schneider, chef du Groupe criminel (personnage qui apparaissait déjà dans La mort dans une voiture solitaire et dans Vaines recherches). Pour l'heure, celui-ci n'est pas joignable car il s'apprête à se rendre à une fête donnée par Monsieur Tom, ancien avocat d'Assises influent reconverti dans les affaires, inquiet de la disparition de sa fille. Charles Catala, son adjoint, dépose Schneider chez Bubu Wittgenstein, notoire trafiquant de bagnoles, qui bénéficie de hautes protections, à qui il a décidé d'emprunter une Lincoln Continental 1969 pour aller à la soirée costumée. Les personnages sont à peine esquissés que le tempo s'accélère, happant le lecteur : ce même soir, au lieu de rester avec sa femme Minnie, juge de métier, qui allaite leur bébé, Meunier ressort dans la rue, dans la nuit, sans se douter qu'il ne rentrera jamais, tandis qu'au détour d'un piano Schneider va tomber amoureux d'une femme...

N'en disons pas plus, suspense oblige, si ce n'est que Pagan entremêle en virtuose les sombres et forts thèmes de la mort, de l'amour, les noirs desseins des hommes, leurs vies, leurs espoirs et leurs destins, jusqu'aux ultimes notes de la dernière page qui résonnent comme du blues à l'état pur.

Canicule

PolarRomanPolicierCrime
Pour échapper au temps morose, pluie, vent et froid, votre libraire (cycliste de surcroît, que la météo n'épargne pas), a décidé de partir en Australie avec un polar de Jane Harper au titre jugé irrésistible : « Canicule ».
Dès la première page, il fait chaud (ô joie) à la lecture de ces lignes : la sécheresse, cet été-là, n'avait laissé que l'embarras du choix aux mouches, ou encore : la bourgade miroitait depuis des jours et des jours sous l'ardeur d'un ciel uniformément bleu...

Si la météo est au beau fixe, les esprits s'échauffent depuis la découverte macabre d'une famille de fermiers, dont trois des quatre membres ont été massacrés à coups de fusil : le père, la mère, le fils, Luke. Karen. Billy. Seigneur, que le cercueil du milieu était petit. Coincé entre les deux autres, de taille normale eux, l'effet n'en était que pire. Seul en a réchappé le bébé, Charlotte, âgée de 13 mois. Aaron Falk, flic à la brigade financière de Melbourne, a fait le déplacement jusqu'à Kiewarra, patelin de son enfance, pour assister à la cérémonie funèbre. A l'époque, Luke et lui étaient unis comme les deux doigts de la main, au point de mentir l'un pour l'autre pour se couvrir (mais chut, n'en disons pas plus pour ne pas déflorer le suspense...)
Selon les premières constatations établies par les enquêteurs venus de Clyde - la grande ville la plus proche disposant d'un commissariat au complet - tout indique que le père de famille aurait abattu sa femme et son gamin de six ans avant de remonter dans son pick-up et de se tirer une balle dans la bouche. Le sergent Raco, fraîchement nommé, qui reprend consciencieusement l'affaire, trouve que des détails ne collent pas. De son côté, Falk est sollicité par les parents du défunt pour éplucher les comptes... Histoire de dette ? De vengeance ? Coup de folie d'un fermier qui a pété les plombs ?

Ce premier roman de Jane Harper, caniculaire à souhait, vous donnera assurément non pas des coups de soleil mais d'ardents accès de sueur !

Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

PolarPolicierDestinThriller
Un roman noir à découvrir au plus vite !
Pour son cinquième roman, Sandrine Collette nous offre de vraies « sueurs froides », selon le nom de l’excellente collection polar de Denoël dont elle a inauguré le renouveau en 2013 avec Des nœuds d’acier, coup de cœur de vos libraires dès sa sortie, puis lauréat du Grand Prix de littérature policière.

À chacun de ses romans, elle réussit à dépeindre un univers radicalement différent du précédent : après avoir chevauché au fin fond du désert de Patagonie dans le terrifiant Il reste la poussière (qui vient de paraître au Livre de Poche), Les larmes noires sur la terre nous emmène à Papeete, mais le rêve de carte postale tourne court. Moe, jeune femme de 20 ans, rencontre Rodolphe son prince charmant, le suit en métropole et ne tarde pas à déchanter quand celui-ci se montre brutal et l’oblige à s’occuper de sa grand-mère aussi cruelle que lui envers cette « étrangère ». Six ans après, Moe veut repartir sur son île, mais tout a changé : elle est devenue mère, et son amour infini pour ce petit être neuf va faire basculer son destin. Désormais, elle se bat pour son fils, espérant en des lendemains meilleurs. Pourtant le sort s’acharne et elle échoue comme des milliers de défavorisés au centre d’accueil du Haut Barrage, soit une immense casse automobile, sorte de bidonville surveillé jour et nuit par des gardiens barbares, et une vieille Peugeot 306 grise pour tout abri. La place 2167, son matricule, sera sa nouvelle identité, et comme horizon le travail exténuant aux champs pour gagner une misère, pas vraiment de quoi payer leur billet retour. Sa véritable chance réside alors dans la rencontre avec ses voisines du « quartier » qui vont les apprivoiser, elle et son enfant. Le lecteur ne peut oublier Ada la vieille Afghane guérisseuse, Poule, Nini-peau-de-chien, Jaja, Marie-Thé : ces cinq femmes puissantes vont retracer chacune leur tour leurs histoires effrayantes et édifiantes, donnant à Moe la force de survivre, quitte à tenter l’impensable, quitte à tout perdre aussi…

La force de Sandrine Collette réside dans son incroyable talent de conteuse de ces destins brisés par la monstruosité des hommes et magnifiés par son écriture. Plongez dans l’enfer de la Casse et laissez cette magicienne vous ensorceler avec ce suspense digne d’une des grandes dames du « noir » contemporain !

L'irrésistible Agatha Raisin

PolarEnquêtePolicierSérie
Il était temps de découvrir M.C. Beaton, auteur d'une série culte en Angleterre avec les enquêtes de la truculente Agatha Raisin, enfin traduites en France (il lui aura fallu pas moins de 24 ans pour franchir la Manche, omission enfin réparée...).
On pense à la Miss Marple d'Agatha Christie, évidemment, mais en plus dévergondée : personnage de quinqua exaspérante qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec ! On l'adore d'emblée !
Albin Michel a décidé de publier l'intégrale (27 tomes) par salve de deux titres d'un coup, nous avons ainsi vu arriver sur nos tables des petits volumes attractifs (au doux prix de 14 euros) aux couvertures colorées et amusantes, attirant l’œil du curieux.
Ainsi, la première énigme La quiche fatale, met en scène l'arrivée d'Agatha Raisin à Corsely, paisible village des Costswolds, où elle décide, pour s'intégrer à la communauté, de participer à un concours de cuisine de la paroisse, qui tourne mal : mais qui a bien pu empoisonner la quiche ? Agatha mène l'enquête à sa façon et met... les pieds dans le plat !
Dans le deuxième opus, Remède de cheval, le vétérinaire succombe à un injection de tranquillisant destiné à un cheval rétif, la dose lui a été fatale ! Dans le volume suivant, la randonnée s'avère mortelle, puis la jardinière talentueuse - que tout le monde jalousait, y compris Agatha – est retrouvée assassinée, comme le titre le laissait pressentir elle n'a vraiment pas eu de pot...
Si vous aimez l'humour british, voilà une série à découvrir qui vous mettra de bonne humeur à l'heure du tea time en dégustant un scone, pour bien commencer cette nouvelle année !

Cartel : la suite de la griffe du chien

PolarDroguesEtats-unisMexique
L’événement polar de la rentrée est sans doute la conclusion du chef d’œuvre de Don Winslow "La griffe du chien", salué par James Ellroy dès sa parution en 2005.
L’impressionnante suite Cartel tient toutes ses promesses, et s’il peut se lire indépendamment du premier tome, il en possède le même souffle narratif resserré cette fois-ci sur huit années (2004-2012, alors que La griffe du chien s’étendait entre les années 70 et 2000). Don Winslow poursuit à travers une myriade de personnages la peinture de la guerre impitoyable menée par les États-Unis contre le Mexique pour le contrôle de leur frontière, enjeu crucial du commerce de la drogue et du pouvoir des cartels latinos qui se livrent entre eux à une lutte fratricide.

Au début de Cartel, le baron mexicain de la drogue Adán Barrera s’enfuit de prison et compte bien reprendre le contrôle de son gang de Sinaloa tout en misant deux millions de dollars sur la tête d’Art Keller, l’agent de la DEA (Drug Enforcement Administration, l’agence de lutte gouvernementale américaine contre la drogue) qui avait contribué à son arrestation.
Si Art, retiré dans un monastère où il s’occupe de l’élevage des abeilles, n’envisage pas dans un premier temps de relever le défi lancé par son ennemi, il ne tarde pas à répondre à l’appel de la vengeance. Mais celui qu’on surnomme « Killer Keller » est incontrôlable, et Barrera l’insaisissable va jouer au chat et à la souris, installant un climat de terreur qui engendre dans son sillage d’innombrables victimes : policiers et civils, dont des centaines de journalistes (auxquels est dédié le roman) lâchement assassinés.

Comme dans La griffe du chien, Don Winslow offre une plongée saisissante de réalisme dans le vaste empire capitaliste du narcotrafic sans épargner le premier acheteur mondial, les États-Unis : sur le sol américain, la cocaïne en provenance de la ville limitrophe de Ciudad Juarez représente un marché de plusieurs milliards de dollars. Ainsi, le Mexique n’est pas un « narco-état » comme on l’appelle souvent, place plutôt dévolue selon Don Winslow à l’Amérique du Nord, devenue ultra dépendante de ce commerce juteux… et meurtrier. Depuis les années 2000, ces gangs qui ont désormais de vraies « armées » ont proliféré et se sont renforcés avec la complicité des federales (policiers) et politiciens corrompus, ce qui complexifie la situation explosive qui menace désormais les pays voisins comme le Guatemala.

Malgré la violence quasi permanente qui imprègne ces 700 pages impossibles à lâcher, l’émotion affleure heureusement, notamment grâce aux personnages de femmes puissantes qui se révoltent face aux hommes qui s’entretuent, quitte à risquer leur vie, soit en devenant « narca » comme Magda, la maîtresse dans l’ombre d’Adán Barrera, soit en menant des combats personnels. Marisol, médecin dévouée et compagne d’Art, Jimena devenue chef de la police malgré son jeune âge, sans oublier la  journaliste Ana et son combat avec Pablo pour la vérité, redonnent une place aux invisibles et sans-voix de ces guerres civiles permanentes, comme le fait Don Winslow dans cette fresque magistrale bientôt portée à l’écran.

Romans policiers

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