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Coups de coeur

Avant l'aube

Romans policiersPolitiqueDe GaulleRencontre
Samedi 14 octobre à 10h30, "Mollat Polar" accueillera Xavier Boissel pour son troisième roman qui révèle une part sombre et méconnue du gaullisme des années 60.
Pour beaucoup d’entre nous, cette époque correspond à une période faste tant sur le plan économique que démographique et social. A rebours du rêve des « Trente Glorieuses », certains écrivains préfèrent gratter derrière le vernis des apparences, qu’elles soient intimes, sociales, historiques, politiques. Xavier Boissel a choisi d’exhumer quelques cadavres contenus dans les placards de la Vème République en situant son intrigue en 1966, alors que le visage du crime change à l’image de celui de la France qui se modernise.

Ancien maquisard pendant la Guerre, veuf depuis 6 mois (sa femme Jeanne a disparu dans un accident de voiture), l’inspecteur Marlin noie son chagrin dans les vapeurs de son whisky préféré et parmi les volutes de ses cigarettes, s’enfermant dans son studio du quartier de Batignolles en compagnie de la musique jazz qu’il affectionne et de son chat Duke. Après une bavure, il est muté à la Brigade Criminelle (autrement dit, le fameux 36 Quai des Orfèvres) où une sale affaire de crime passionnel va réveiller d’autres fantômes... insoupçonnés. Une jeune femme est retrouvée égorgée et mutilée près de la gare de Wagram, et un mystérieux tatouage de menottes dans son dos va permettre de l’identifier : la victime s’appelle Audrey Mésange, autrefois orpheline, confiée à l’Assistance publique et devenue prostituée avant de devenir la seconde épouse du très respectable Maurice Flanquart, patron d’une entreprise prospère de BTP œuvrant dans la construction d’infrastructures nouvelles, telles l’autoroute A6. Aidé par son supérieur le doux et discret commissaire Baynac ainsi que par une jeune journaliste de l’AFP Charlotte Saint-Aunix, Marlin va peu à peu découvrir un univers clos et corrompu où les ombres passées et présentes peinent à recouvrir les cendres fumantes d’un gaullisme flamboyant cultivant les actions secrètes du SAC, Service d’Action Civique qui officiellement protégeait le général tout en trempant dans l’argent sale, les magouilles politiques, voire le crime…

Amoureux de Paris à l’instar de son personnage « viscéralement urbain » qui parcourt sa ville de rades en fameux clubs de jazz, passionné autant d’histoire, de philosophie, de sociologie que de musique et de poésie, Xavier Boissel oscille entre le tempo d’une enquête classique qui dissèque patiemment et minutieusement une vérité effroyable (dans le pur style Léo Malet ou Simenon) et un rythme plus syncopé dans la lignée du roman noir au vitriol qu’il affectionne. A l'instar de Raymond Chandler (Philippe Marlin n’est pas sans rappeler un certain Philip Marlowe), Dashiell Hammett, James Cain, David Goodis, et plus récemment Manchette, James Ellroy ou encore Jérôme Leroy, Domnique Manotti ou encore Hervé Le Corre, tous nous révèlent l’envers d’un décor que certains s’attachent à nous rendre nostalgique. Ranimant une réalité tronquée qui n’omet pas les surprises de l’enquête et le plaisir de la langue - entre argot des dialogues et la beauté des citations - ce roman nous emporte dans les rêves confus de Marlin « vivant cerné par les morts » à l’assaut d’un combat sans répit contre l’oubli, dans les replis de l’Histoire (qui se rappelle à lui vingt-trois ans plus tard) :

« Le goût d’autres nuits m’a soudainement rattrapé, ces nuits de guerre où nous nous serrions les uns contre les autres, dans l’épaisseur des bois, nos corps jeunes ne formant plus qu’un seul, celui d’une communauté clandestine constamment menacée, vivant dans une peur extrême, dans une tension extrême. Mais cette vie âpre, invisible, je l’avais éprouvée comme un secret à protéger et qui nous protégeait ; et malgré le vent aigre, malgré le froid qui nous glaçait, nos cœurs se réchauffaient » (page 59)

Addict

Romans policiersDisparitionCrimeObsession
Un journaliste obsédé par la disparition inexpliquée d’une jeune femme se raconte dans un récit haletant et poignant.
Vous connaissez peut-être déjà James Renner, auteur de deux polars édités chez Super 8. C’est un personnage quelque peu décalé que ce journaliste d’investigation, récemment viré de sa rédaction pour comportements obsessifs. Et pour cause : doté d’un cerveau commun à celui de nombreux sociopathes et psychopathes, mais d’un QI élevé lui permettant d’être conscient de ses troubles de la personnalité, Renner est obsédé, compulsivement, par les personnes disparues. Par les femmes, notamment : à 13 ans, il tombe amoureux de Amy Mihaljevic, après avoir vu sa photo sur des avis de recherche. L’enquête qu’il mena pendant des années, si elle ne déboucha pas sur la résolution du meurtre, l’aida à finir son premier livre : Amy: My Search for Her Killer (Gray & Company, 2006).

C’est une addiction peu commune, qui a des répercussions très fortes sur la vie de Renner. Sur sa famille notamment : comment ne pas voir en son fils de 3 ans, colérique et déjà presque masochiste, les graines de ce mal qui l’a poussé à l’alcoolisme et l’abus de stupéfiants ? C’est pour trouver la réponse à ces questions que Renner nous raconte ici l’objet de sa dernière obsession : Maura Murray.

Maura Murray disparaît en 2004, dans le New Hampshire. Âgée de 24 ans, cette jeune femme sportive, souriante et prometteuse écrase sa voiture contre un arbre, au sommet d’une montagne à des centaines de kilomètres de sa ville de résidence, et s’évanouit purement et simplement. Aucune trace de pas dans la neige encore fraîche, aucune annonce de son départ : rien. Après de nombreuses battues et une médiatisation exceptionnelle de l’affaire, sa famille se rend à l’évidence et renonce. James Renner, lui, décide de se lancer dans son ultime recherche, quitte à y laisser sa santé mentale. Il lui faudra 10 ans pour conclure l’affaire Murray… et pour écrire ce livre.

Un true-crime américain, tendu, nerveux, et surtout une plongée délicieusement étrange et dérangeante dans la psyché de Renner : un récit qui réveille vos obsessions.

Zanzara

Romans policiersIntrigueJournalismeSuspense
On dit de certains écrivains qu'ils écrivent toujours le même livre... Ce n'est pas le cas de Paul Colize, dont le talent mutiple et varié autorise toutes les histoires !
Au fil de ses polars, votre libraire s'est promené dans la tête d'un homme cloué sur son lit d'hôpital en plongeant dans Back up (sujet a priori austère mais qui s'est avéré passionnant !), a traqué les nazis avec le palpitant et émouvant Un long moment de silence, a fait partie d'une bande de gangsters montant le braquage du siècle dans Concerto à quatre mains, s'est beaucoup amusé avec la comédie policière enlevée L'avocat, le nain et la princesse masquée, et avec ce nouvel opus, Zanzara, s'est retrouvé dans la peau de Fred, accro à l'adrénaline, travaillant à Bruxelles au Soir, journal d'info du web. Répondant à un coup de fil tardif un soir à la rédaction, notre reporter flaire le scoop.

- J'aimerais parler à un journaliste.
- Je vous écoute.
- J'ai des informations à vous communiquer.
- De quoi s'agit-il ?
- Pas par téléphone.
- Vous pouvez m'en dire plus ?
- Pas maintenant. Chez moi, demain, à la première heure. Je suis menacé, ils feront tout pour me faire taire.

Son mystérieux interlocuteur anonyme lui donne rendez-vous le lendemain. A l'arrivée, Fred trouve la porte de la maison fracturée. L'homme est assis dans un divan, la tête en arrière, la bouche grande ouverte. On pourrait croire qu'il dort, n'étaient les éclaboussures de sang noirci qui salopent le mur et le plafond. L'affaire se corse rapidement avec l'analyse du médecin légiste qui révèle que l'homme est mort depuis trois ou quatre jours. Fred s'interroge : en ce cas, qui a bien pu lui téléphoner ?

Alors que la police identifie le corps comme étant celui de Régis Bernier et que l'enquête conclue rapidement à un suicide, notre journaliste s'entête. Retraçant la piste du numéro d'appel, il s'avère que le portable utilisé est bien enregistré au nom de Bernier. Sur la scène de crime, des détails paraissent bizarres : le pistolet, malgré le recul dû au tir, a atterri bien loin de la victime... Sur le bureau se trouvent un écran, un clavier, une imprimante, une station d'accueil, mais l'ordi s'est envolé...

A l'instar du protagoniste enquêteur, votre libraire est allé de surprise en surprise, captivé par un scénario parfaitement huilé - car c'est là la grande force de l'auteur dans chacun de ses titres : des rebondissements savamment dosés, un dénouement impeccable, et des personnages bien campés. Ainsi, dans les interstices de l'intrigue se glissent les failles des uns et des autres, en particulier celles de Fred, qui a frôlé la mort à plusieurs reprises et qui carbure au danger au péril de sa vie en hommage à un fantôme qui le hante et qui lui avait donné le surnom de Zanzara (savez-vous ce qu'est un zanzara ? Un dictionnaire italien vous donnera la solution du titre), Fred et sa vie amoureuse (ah, Eloïse, la bombe de la team, ah, Camille la libraire, mais femme mariée), d'où des épisodes plein d'humour et des dialogues savoureux.

Le polar de l'été

Romans policiersHumour noirétéVacances
Quel polar idéal amener en vacances ? Ce livre existe bel et bien, il s’intitule justement LE POLAR DE L’ETE ! Son auteur, Luc Chomarat, s’est distingué l’an dernier en remportant le Grand Prix de littérature policière avec UN TROU DANS LA TOILE (Rivages), satire décapante sur l’hyperconnexion de...
En panne d’inspiration pour son nouveau roman, un ancien publicitaire passe d’ennuyeuses vacances sur l’île de Ré avec sa famille et des amis qui lui donnent l’impression de vivre dans un film de Claude Sautet et le narguent avec leurs lectures en vogue : Douglas Kennedy, Jo Nesbo, Michael Connelly… des pointures avec lesquelles le narrateur se sent incapable de rivaliser. Comment produire « le polar de l’été », ce best-seller que tous lisent alanguis sur la plage, dont tout le monde parle ? Il se souvient alors de « Pas de vacances pour les durs » d’un certain Paul Terreneuve, livre enfermé à double tour dans l’armoire de l’immense bibliothèque de son défunt père, à cause de sa couverture ornée d’une jolie fille. Remettre la main sur ce polar hard-boiled typique des années 60 et que tout le monde semble avoir oublié afin de le plagier tourne alors rapidement à l’obsession pour notre écrivain en mal d’amour et de reconnaissance qui se lance sur la piste de suspects farceurs qui auraient hérité de ce maudit livre.
Tout d’abord agacé puis amusé par les tribulations de notre antihéros, le lecteur se régale de sa quête rocambolesque qui l’oblige à un retour aux origines qui recèle bien des fausses pistes et des surprises bouleversantes. Suspense, aventures, émotions, clins d’œil multiples à la littérature de genre, érotisme et humour décapant, n’est-ce pas le cocktail parfait pour un été réussi ? Et si vous passez vos vacances dans la région, ne manquez pas de rencontrer Luc Chomarat au salon littéraire annuel « Les plumes de l’Herbe » : rendez-vous le vendredi 21 juillet de 18h à 21h à l’Hôtel de la plage au Cap-Ferret !

Romans policiers

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