En composant une histoire globale de la vanille, Éric Jennings emporte le lecteur dans un voyage fascinant au croisement de plusieurs histoires à commencer par celles de l’esclavage et de la colonisation. Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, c’est en effet l’empire colonial espagnol qui domine la production de cette étrange orchidée malgré les quelques tentatives de concurrences. La vanille s’intègre par la suite dans le processus de mondialisation à travers notamment l’appropriation de cette plante par l’empire colonial français au XIXe siècle. La mondialisation va de pair avec des innovations importantes telles que la découverte de la fécondation manuelle dont l’incroyable histoire est racontée par l’auteur. L’arrivée des arômes artificiels sur le marché avec la vanilline de synthèse représente la dernière étape d’une histoire multiséculaire.
Cette étude qui se devait à l’évidence d’être « globale » dit beaucoup de l’évolution de notre monde depuis l’époque moderne marquée par des processus de domination, de concurrence, de mondialisation et des bouleversements dans nos modes de consommation. Tout comme le café ou le cacao, la vanille a donc une histoire très riche qu’Éric Jennings nous raconte avec une grande exigence historique.