C’est en tant que prêtre mais aussi en tant qu’homme que Benoist de Sinety écrit ce texte. Durant de nombreuses années, il a été missionné auprès des étudiants catholiques d’Ile-de-France et a côtoyé de près les changements à la fois de l’Eglise mais aussi de ces jeunes en quête de sens. Il évoque notamment un nationalisme et un repli identitaire de plus en plus fort chez ces populations, mais pas seulement.
Ce sont ces changements qui lui sont apparus, qui l’ont alarmé quant au sens que ce “renouveau” catholique donne à l’évangile.
Il remarque ces dernières années différents mouvements de jeunes hommes catholiques promouvant une religion plus “virile”, avec des valeurs telles que la force ou le patriotisme, souvent nostalgiques d’une ancienne France. Ces mouvements, bien que minoritaires, voient leurs idées véhiculées dans les tranches moins drastiques de l’Eglise, qu’ils pensent trop féminisée, trop douce.
Ce que dénonce l’auteur, c’est la déformation du message de l’Evangile à des fins politiques pointe du doigt ceux qui, par convictions, n'hésitent pas à faire de leur identité chrétienne un porte étendard idéologique. L’homme d'Église remet en cause les idées de ceux qui appellent à une “France chrétienne” et dénonce ceux qui excluent plutôt que ceux qui aident.
Il nomme ceux qui profitent de leur identité religieuse pour discriminer, qui “agissent en contradiction frontale avec l’Evangile, qui inversent de façon éhontée ce qu’enseigne le message du Christ”.
Benoist de Sinety livre un essai éclairant et incisif aux prises avec une actualité brûlante avec un message d’acceptation de l’autre, de réconciliation et d’écoute.