Il semblerait que si Raphaël Krafft aime tant les frontières, c’est pour pouvoir les repousser, que ce soit à vélo, à pied ou par les ondes…
Dans La baie, il nous dévoile le récit plus intime de sa passion pour le surf. Il nous ouvre les portes de la relation touchante qu’il entretient avec celui qu’il surnomme « Tonton », un vieux loup clope au bec, canne à la main et pieds dans l’eau. Il l’accompagne dans la Baie des âmes, où les corps des naufragés se mêlent à ceux des surfeurs.
Ici, plus de frontières, tout se mélange dans cet espace liminal entre ciel et mer, entre vie et mort. Face à la Baie, entre deux conversations avec un Tonton dont les pensées semblent tourner autour de la mort, il se remémore ses rencontres sur le fil de l’horizon. La transmission de son amour pour le surf à son fils, les premières vagues de Mamadi, mineur non-accompagné originaire d’Afrique de l’Ouest, ni adolescent ni adulte, livré à lui-même et qui trouve la grâce dans l’eau… De l’Afrique du Sud à Tahiti, en passant par Gaza, il mêle ses anecdotes personnelles et ses photographies à l’histoire du surf et offre une lecture politique de cette pratique qui est bien plus qu’un simple sport. Appropriation culturelle, tourisme de masse, dénaturation des paysages… l’attrait pour le surf n’est pas sans conséquences et Raphaël Krafft nous propose une réflexion de réel passionné, tout en nuance et en sensibilité.
Un récit touchant et puissant qui nous emporte à la découverte de ce qui fait l’âme du surf.