Oliver Sacks, neurologue et professeur à l’université de Columbia, a eu au cours de sa carrière l’occasion de rencontrer de nombreux cas mystérieux de neurologie et de découvrir de nouvelles facettes du cerveau humain.
Au détour de consultations, il rencontrera Madeleine J, Madame O’C ou encore le docteur P, appelé aussi “l’homme qui prenait sa femme pour un chapeau”.
L’histoire du docteur P., justement, est particulière. Grand mélomane, il ne vit que pour la musique, sa vie est rythmée par la mélodie et c’est ainsi qu’il façonne son quotidien. Sauf que quelque chose ne va pas. Le docteur P se met à ne plus percevoir les choses comme avant et, curieusement, décortique chaque élément d’un objet ou un paysage sans que son cerveau ne les interprète comme un ensemble. Sur une image, il voit donc une rivière, une montagne ou encore un sentier, mais n’arrive pas à distinguer le paysage.
Le professeur Oliver Sacks analyse, cherche, étudie d’où peut venir ce trouble. Il conclut à une perte de visualité, une fonction cognitive qu’il ne pourra jamais retrouver. Mais dans son cas, la musique a remplacé l’image, lui permettant de vivre quasi normalement malgré ce manque.
L’auteur a pu rencontrer et écrire sur de nombreux patients avec des cas tout aussi étonnants que le docteur P., comme la femme désincarnée ou encore le marin perdu.
Pour chacun de ces cas cliniques, le neurologue vulgarise avec philosophie et psychologie l’atypie de ses patients, faisant de cet ouvrage l’un des grands classiques de la neuropsychologie, nous révélant les aspects fascinants de notre cerveau.
Boxeuse française la plus titrée de l’Histoire, Sarah Ourahmoune revient sur son parcours et le transforme en véritable leçon de vie. Femme d’origine algérienne, elle a évolué dans un milieu trop longtemps perçu comme masculin et qui a souvent tenté de lui faire comprendre qu’elle n’était pas à sa place. Malgré ça, la boxeuse a toujours su tirer le meilleur de ses échecs pour revenir plus forte et frapper juste.
Très engagée dans les questions sportives, féministes, et concernant la jeunesse, elle est à l’initiative de nombreux programmes s’appuyant sur la boxe. Cette pratique devient un outil pour s’affirmer, oser, prendre confiance en soi, gérer les peurs et les colères. Ces enseignements lui ont appris à toujours continuer d’avancer, à se relever et à faire face, le tout sans jamais trahir qui elle est.
Une leçon de résilience et de courage dont on peut tous s’inspirer !
Un beau matin d’été, Pisuké est enfin assez grande pour quitter ses parents, tout comme ses frères et sœurs l’ont fait avant elle, et trouver l’endroit où passer sa vie. Elle part en emportant l’essentiel dans son sac à dos et en gardant précieusement en tête le conseil de papa : “n’oublie pas de te présenter à tout ce qui t’entoure.”
Commence alors pour Pisuké un voyage à la fois riche en découvertes et semé d’embûches : Elle se fait refouler de la ville et subit le mépris de ses habitants, elle découvre la lumière réconfortante des lucioles dans la nuit noire, elle subit les inondations dans sa grotte près de la rivière mais sauve des insectes en perdition. Après bien des péripéties (nous n’allons pas tout vous raconter ! ) Pisuké trouvera finalement son havre de paix, son refuge, son home sweet home.
Ce délicieux récit initiatique nous apprend que chaque épreuve nous fait grandir et nous rapproche de notre but.
Les illustrations de Makiko Futaki sont riches en détails. La représentation de la nature est foisonnante et les couleurs lumineuses. Les petits personnages sont charmants. Et tous ces éléments contribuent à la réussite de cet album.
Dès 5 ans
Dans son ouvrage, Bénédicte Gory nous invite à découvrir 20 plantes du quotidien, leurs particularités et leurs arômes, et nous propose 20 épices et 20 recettes de condiments pour les cuisiner, avec l'aide de Thierry Marx.
Ce livre est bien plus qu’un simple livre de recettes sur les plantes, épices et condiments, mais bien une véritable ode à la cueillette, une ode au végétal, pour apprendre à mieux le comprendre et le reconnaître. Dans un monde qui va vite, elle nous rappelle l’importance de l’apprentissage, et comme il est dit si justement dans la préface : “peut-être que le plus grand risque aujourd'hui n’est pas de cueillir, mais d’oublier comment regarder. D’oublier que, tout près de nous, pousse encore un monde discret, complexe et vivant, qui n’attend qu’une chose : que l’on prenne le temps de le rencontrer.” C’est avec cette vision que l’autrice, passionnée de botanique et créatrice du compte “Jardin est la recette” sur les réseaux sociaux, nous propose un ouvrage complet et passionnant, pour les amoureux de la cuisine et de la nature.
Dans ce premier roman, l’autrice nous emmène sur les traces de son père à travers des fragments de souvenirs, de sons, d’images. Le récit est construit comme une enquête au cours de laquelle nous découvrons en même temps qu’Iman de nouvelles informations sur ce père dont elle connaît si peu le passé, la vie d’avant : avant l’accident, avant l’arrivée en France depuis Djibouti. C’est par la musique qu’elle redécouvre son père, via une chaîne Youtube lui ayant appartenu.
Une écriture poétique, très imagée, faite de sensations subtiles que l’autrice retranscrit avec beaucoup de douceur.
Une très belle découverte.
C’est la question à laquelle tente de répondre Andreas Malm, professeur de géographie humaine à l’université de Lund en Suède et militant écologiste.
“Que faire ?” se demandait déjà Lénine. La question est toujours brûlante d'actualité surtout face aux désastres en cours, liés à l’inaction, ou du moins à la trop lente adaptation de nos sociétés face aux défis climatiques. Les récents incendies et les épisodes de canicule sont un rappel palpable des risques encourus par nos sociétés à l’orée des deux prochaines décennies.
L’auteur s’interroge ici sur le potentiel point de bascule qui permet de passer d’un mode de contestation pacifique à l’usage d’une violence graduelle en cas de non prise en compte des revendications populaires. Principalement celles qui portent sur le climat et l’écologie, dont les avertissements des spécialistes sont multiples et anciens et les mobilisations populaires de plus en plus massives. Quand les manifestations pacifiques et la désobéissance civile ne suffisent plus, quels moyens reste-t-il pour agir ?
Si le titre de l’ouvrage laisse présager l’usage radical de la violence, l’auteur propose des moyens de lutte qui ne le sont pas systématiquement et appelle surtout à une prise de conscience collective. L’action non-violente reste la meilleure arme à notre disposition et, l'histoire l’a déjà démontré, que ce soit dans les luttes pour le droit de vote des femmes ou dans celles contre la ségrégation raciale. La non-violence constitue la solution qui, à terme, permet d’atteindre son but.
Un texte engagé, poignant et pleinement actuel, à lire absolument !
Maxime N.
“ [Ces lettres] ne sont habitées par aucune poétique, je ne suis pas de ceux qui voient une quelconque beauté dans les mots dépouillés des plus pauvres”
Cette phrase résume parfaitement la démarche de l’auteur : montrer un continuum dans une myriade de situations individuelles, et non esthétiser les parcours de galère et de souffrance.
À travers une collection de lettres-archives envoyées à la GISTI, une association d’aide juridique pour les démarches des personnes sans-papiers, on (re)découvre les difficultés administratives et les démarches à rallonge. L’immersion dans les évolutions des nouvelles lois pour l’obtention des titres de séjour est totale à travers ces lettres, certain.e.s étant au fait de toutes les nouveautés quand d’autres maîtrisent peu le droit et la langue. De ce fait, les demandes d'aides sont très différentes les unes des autres. Pourtant, toutes montrent une manière commune de vivre cet écrasement administratif que l’on découvre au fil des archives. Celles-ci dégagent pour celles et ceux qui les ont rédigées à la fois une volonté de trouver des solutions concrètes et matérielles mais aussi une émotion quant aux impasses qu’ils et elles rencontrent.
Les papiers des sans-papiers confronte le lecteur à une réalité qui n’est pas forcément sensationelle mais qui incarne pour les personnes qui appellent à l’aide un espoir qui ne se dément pas !