Christiane F. naît en 1962 et passe les premières années de sa vie dans la campagne allemande avant de déménager avec ses parents et sa petite sœur à Gropiusstadt, un quartier résidentiel dans la banlieue sud de Berlin. Elle découvre les cités de béton où l’ennui règne, apprend à ne pas se fier aux adultes et subit la violence de son père. De là, elle cherche à se débarrasser du sentiment de solitude qui la ronge. Elle va se rapprocher des jeunes de son quartier avec l’objectif de paraître “cool” à leurs yeux. Leurs modes deviennent les siennes, leurs échappatoires aussi.
Alors, quand les drogues se mêlent à leur passion pour le rock et la transgression, le petit groupe entre dans un cercle d’addictions qui ne fait que s’intensifier. Cette fuite en avant trouve un point de bascule à ses 13 ans, quand elle décide de prendre son premier “shoot” d’héroïne.
A partir des années 1960 et 1970, de nouvelles drogues envahissent les cités occidentales. Leur consommation s’ancre dans les pratiques récréatives de plus en plus de jeunes. Ce phénomène devient rapidement un problème de santé publique auquel les pouvoirs en place ne donnent généralement pas de réponse satisfaisante, encore aujourd’hui. Autour de ces générations consommatrices de tranquillisants et de stimulants, des représentations se sont forgées, des archétypes se sont construits. Les toxicos, les crackheads, les fixers, les punks. Autant d’étiquettes qui scellent nos imaginaires sans jamais se poser la question des noms, des parcours et des histoires. Christiane F. nous permet de se reconnecter à ces vies, à ces jeunesses brisées qui ne manquent pas d’espoir.
Ce texte est devenu mondialement connu et une référence pour toute une génération. L’expérience de Christiane F. entre en résonance avec la vie de tous les jeunes qui se sentent perdus ou sans repères. Il est bon de le relire pour mieux comprendre leurs errements et nos aveuglements.
Que signifie la sorcellerie aujourd’hui ? Que font les sorcières du XXIe siècle ?
Dans cet essai nuancé et à la méthodologie rigoureuse, Catherine Dumont-Lévesque tente de dresser le portrait des sorcières d’aujourd’hui, principalement européennes et nord-américaines. Elle revient tant sur l’histoire des procès et des chasses aux sorcières que sur les représentations de la sorcière dans la pop culture ces dernières décennies, ou encore leur présence plus récente sur les réseaux sociaux. La réappropriation de la notion de sorcellerie depuis le XXe siècle, notamment au sein des mouvements féministes, l’amène à interroger les liens entre ces deux courants : plus qu’une religion, la sorcellerie correspond en réalité plutôt à un mode de vie, une philosophie, voire un mode d’action politique.
Les valeurs mises en avant par les sorcières interrogées pour cette étude – écologisme, sobriété, lien avec le vivant, appartenance à la nature, voire anti-capitalisme –, de même que la claire majorité de femmes et personnes queers se définissant comme sorcières, perpétuent la figure de la sorcière comme une figure politisée. La sorcellerie, pratique souvent intime et solitaire, est avant tout appréciée pour la liberté et l’auto-détermination qu’elle offre : chacune peut ainsi choisir ses croyances, ses rituels, ses divinités. Catherine Dumont-Lévesque souligne la grande diversité des pratiques de celles qui se définissent sorcières, et donc la difficulté d’en dresser un portrait-type. Enfin, “la sorcellerie correspond à tout ce qui sert leur bien-être spirituel et celui des autres.” : loin des grands sorts spectaculaires et malveillants que l’on s’imagine habituellement, la sorcellerie se cache plus souvent, pour elles, dans des actions quotidiennes, dans des gestes anodins, et dans l’intention.
En mếlant croyances ésotériques, militantisme féministe et histoire, Catherine Dumont-Lévesque donne ainsi l’occasion aux femmes sorcières de raconter leur propre histoire, souvent effacée par la parole masculine et religieuse.
Un essai qui remet un peu de magie et de pouvoir dans notre quotidien !
Caramel au zaatar, pâte sablée, pâte feuilletée, fruits ou légumes : le blogueur Bastin Petit revient, après le Brunch Book, avec un livre sur la revisite de la Tatin. Classique de la cuisine française, cette tarte renversée se réinvente avec des recettes renversantes !
Redécouvrez cette tarte sous toutes ses formes, sucrées ou salées : courgettes, miso, échalotes, figues, pêches, kaki ou encore fèves tonka. Vous trouverez votre bonheur dans chacune de ces revisites.
Plongez dans des visuels gourmands et des recettes originales qui raviront vos papilles !
Entre essai et roman, le critique et historien d’art Martin Gayford nous conte les 9 semaines d’une cordée singulière, aussi productive que destructrice : celle de Vincent van Gogh et Paul Gauguin. Un si fameux séjour arlésien qui se nimbera de légendes, deviendra un mythe, souffrira surtout de plumes historiennes qui voudront relater un seul point de vue : un Van Gogh souffrant et chétif et assez fou pour se mutiler, écrasé par un Gauguin titanesque et autoritaire. Il n’en est rien ici, et si parfois la prose flirte avec le roman et la fiction, Martin Gayford redonne à cet épisode tragique un air de vraisemblance, crédible et objectif, documenté, où se croisent citations et correspondances, se lisent quelques brillantes analyses d’oeuvres érudites.
Un récit réellement captivant qui convoque de sublimes descriptions des paysages arlésiens, des soirées sous les chaleurs provençales, sous des nuits étoilées, face aux labeurs de paysans qui s’affairent aux labours et besognes des champs. Et surtout, un récit fort sur cette relation conflictuelle, non dépourvue de fascination et respect mutuel, entre deux grands peintres que tout oppose mais qui rêvèrent un temps d’une communauté possible de peintres dans une petite maison-atelier aux volets verts !
Un livre à découvrir et dévorer avant de se replonger dans les peintures de ces deux géants !
En s’inspirant de la figure de Viollet-le-Duc, Aurélien Bellanger tisse un pont entre la restauration de Notre-Dame et l’embrasement de sa toiture le 15 avril 2019, entre la vie du célèbre architecte qui envisagea de restaurer le Mont Blanc et Ancelin, un jeune tailleur de pierre dont nous suivons l’inititation au XXIe siècle.
Brassant comme à son habitude, des réflexions érudites sur l’Histoire, la Littérature (de Victor Hugo à Fulcanelli) et les idées réactionnaires, Aurélien Bellanger nous propose avec ce court mais passionnant roman de s’interroger sur ce qui nous anime réellement dans nos volontés de restauration.