Dans son ouvrage, Bénédicte Gory nous invite à découvrir 20 plantes du quotidien, leurs particularités et leurs arômes, et nous propose 20 épices et 20 recettes de condiments pour les cuisiner, avec l'aide de Thierry Marx.
Ce livre est bien plus qu’un simple livre de recettes sur les plantes, épices et condiments, mais bien une véritable ode à la cueillette, une ode au végétal, pour apprendre à mieux le comprendre et le reconnaître. Dans un monde qui va vite, elle nous rappelle l’importance de l’apprentissage, et comme il est dit si justement dans la préface : “peut-être que le plus grand risque aujourd'hui n’est pas de cueillir, mais d’oublier comment regarder. D’oublier que, tout près de nous, pousse encore un monde discret, complexe et vivant, qui n’attend qu’une chose : que l’on prenne le temps de le rencontrer.” C’est avec cette vision que l’autrice, passionnée de botanique et créatrice du compte “Jardin est la recette” sur les réseaux sociaux, nous propose un ouvrage complet et passionnant, pour les amoureux de la cuisine et de la nature.
Dans ce premier roman, l’autrice nous emmène sur les traces de son père à travers des fragments de souvenirs, de sons, d’images. Le récit est construit comme une enquête au cours de laquelle nous découvrons en même temps qu’Iman de nouvelles informations sur ce père dont elle connaît si peu le passé, la vie d’avant : avant l’accident, avant l’arrivée en France depuis Djibouti. C’est par la musique qu’elle redécouvre son père, via une chaîne Youtube lui ayant appartenu.
Une écriture poétique, très imagée, faite de sensations subtiles que l’autrice retranscrit avec beaucoup de douceur.
Une très belle découverte.
C’est la question à laquelle tente de répondre Andreas Malm, professeur de géographie humaine à l’université de Lund en Suède et militant écologiste.
“Que faire ?” se demandait déjà Lénine. La question est toujours brûlante d'actualité surtout face aux désastres en cours, liés à l’inaction, ou du moins à la trop lente adaptation de nos sociétés face aux défis climatiques. Les récents incendies et les épisodes de canicule sont un rappel palpable des risques encourus par nos sociétés à l’orée des deux prochaines décennies.
L’auteur s’interroge ici sur le potentiel point de bascule qui permet de passer d’un mode de contestation pacifique à l’usage d’une violence graduelle en cas de non prise en compte des revendications populaires. Principalement celles qui portent sur le climat et l’écologie, dont les avertissements des spécialistes sont multiples et anciens et les mobilisations populaires de plus en plus massives. Quand les manifestations pacifiques et la désobéissance civile ne suffisent plus, quels moyens reste-t-il pour agir ?
Si le titre de l’ouvrage laisse présager l’usage radical de la violence, l’auteur propose des moyens de lutte qui ne le sont pas systématiquement et appelle surtout à une prise de conscience collective. L’action non-violente reste la meilleure arme à notre disposition et, l'histoire l’a déjà démontré, que ce soit dans les luttes pour le droit de vote des femmes ou dans celles contre la ségrégation raciale. La non-violence constitue la solution qui, à terme, permet d’atteindre son but.
Un texte engagé, poignant et pleinement actuel, à lire absolument !
Maxime N.
“ [Ces lettres] ne sont habitées par aucune poétique, je ne suis pas de ceux qui voient une quelconque beauté dans les mots dépouillés des plus pauvres”
Cette phrase résume parfaitement la démarche de l’auteur : montrer un continuum dans une myriade de situations individuelles, et non esthétiser les parcours de galère et de souffrance.
À travers une collection de lettres-archives envoyées à la GISTI, une association d’aide juridique pour les démarches des personnes sans-papiers, on (re)découvre les difficultés administratives et les démarches à rallonge. L’immersion dans les évolutions des nouvelles lois pour l’obtention des titres de séjour est totale à travers ces lettres, certain.e.s étant au fait de toutes les nouveautés quand d’autres maîtrisent peu le droit et la langue. De ce fait, les demandes d'aides sont très différentes les unes des autres. Pourtant, toutes montrent une manière commune de vivre cet écrasement administratif que l’on découvre au fil des archives. Celles-ci dégagent pour celles et ceux qui les ont rédigées à la fois une volonté de trouver des solutions concrètes et matérielles mais aussi une émotion quant aux impasses qu’ils et elles rencontrent.
Les papiers des sans-papiers confronte le lecteur à une réalité qui n’est pas forcément sensationelle mais qui incarne pour les personnes qui appellent à l’aide un espoir qui ne se dément pas !
Christiane F. naît en 1962 et passe les premières années de sa vie dans la campagne allemande avant de déménager avec ses parents et sa petite sœur à Gropiusstadt, un quartier résidentiel dans la banlieue sud de Berlin. Elle découvre les cités de béton où l’ennui règne, apprend à ne pas se fier aux adultes et subit la violence de son père. De là, elle cherche à se débarrasser du sentiment de solitude qui la ronge. Elle va se rapprocher des jeunes de son quartier avec l’objectif de paraître “cool” à leurs yeux. Leurs modes deviennent les siennes, leurs échappatoires aussi.
Alors, quand les drogues se mêlent à leur passion pour le rock et la transgression, le petit groupe entre dans un cercle d’addictions qui ne fait que s’intensifier. Cette fuite en avant trouve un point de bascule à ses 13 ans, quand elle décide de prendre son premier “shoot” d’héroïne.
A partir des années 1960 et 1970, de nouvelles drogues envahissent les cités occidentales. Leur consommation s’ancre dans les pratiques récréatives de plus en plus de jeunes. Ce phénomène devient rapidement un problème de santé publique auquel les pouvoirs en place ne donnent généralement pas de réponse satisfaisante, encore aujourd’hui. Autour de ces générations consommatrices de tranquillisants et de stimulants, des représentations se sont forgées, des archétypes se sont construits. Les toxicos, les crackheads, les fixers, les punks. Autant d’étiquettes qui scellent nos imaginaires sans jamais se poser la question des noms, des parcours et des histoires. Christiane F. nous permet de se reconnecter à ces vies, à ces jeunesses brisées qui ne manquent pas d’espoir.
Ce texte est devenu mondialement connu et une référence pour toute une génération. L’expérience de Christiane F. entre en résonance avec la vie de tous les jeunes qui se sentent perdus ou sans repères. Il est bon de le relire pour mieux comprendre leurs errements et nos aveuglements.
Que signifie la sorcellerie aujourd’hui ? Que font les sorcières du XXIe siècle ?
Dans cet essai nuancé et à la méthodologie rigoureuse, Catherine Dumont-Lévesque tente de dresser le portrait des sorcières d’aujourd’hui, principalement européennes et nord-américaines. Elle revient tant sur l’histoire des procès et des chasses aux sorcières que sur les représentations de la sorcière dans la pop culture ces dernières décennies, ou encore leur présence plus récente sur les réseaux sociaux. La réappropriation de la notion de sorcellerie depuis le XXe siècle, notamment au sein des mouvements féministes, l’amène à interroger les liens entre ces deux courants : plus qu’une religion, la sorcellerie correspond en réalité plutôt à un mode de vie, une philosophie, voire un mode d’action politique.
Les valeurs mises en avant par les sorcières interrogées pour cette étude – écologisme, sobriété, lien avec le vivant, appartenance à la nature, voire anti-capitalisme –, de même que la claire majorité de femmes et personnes queers se définissant comme sorcières, perpétuent la figure de la sorcière comme une figure politisée. La sorcellerie, pratique souvent intime et solitaire, est avant tout appréciée pour la liberté et l’auto-détermination qu’elle offre : chacune peut ainsi choisir ses croyances, ses rituels, ses divinités. Catherine Dumont-Lévesque souligne la grande diversité des pratiques de celles qui se définissent sorcières, et donc la difficulté d’en dresser un portrait-type. Enfin, “la sorcellerie correspond à tout ce qui sert leur bien-être spirituel et celui des autres.” : loin des grands sorts spectaculaires et malveillants que l’on s’imagine habituellement, la sorcellerie se cache plus souvent, pour elles, dans des actions quotidiennes, dans des gestes anodins, et dans l’intention.
En mếlant croyances ésotériques, militantisme féministe et histoire, Catherine Dumont-Lévesque donne ainsi l’occasion aux femmes sorcières de raconter leur propre histoire, souvent effacée par la parole masculine et religieuse.
Un essai qui remet un peu de magie et de pouvoir dans notre quotidien !