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Rendez-vous poétique sous le Cheyne

Les éditions du Cheyne fêtent leurs 40 ans d'existence
Un joyeux anniversaire tout en poésie !

Coups de cœur

Habiter poétiquement le monde

LittératurePoésiePoésieEcologie
Et si les poètes avaient le pouvoir de nous sauver ?
Vers 1800, le poète allemand Hölderlin posait une question restée célèbre dans une de ses élégies : “A quoi bon des poètes en temps de détresse?”.
Rédigé en 1823, son poème “En bleu adorable” apporte un éclairage tout aussi mémorable :
“Riches en mérites, mais poétiquement toujours,
Sur terre habite l’homme”.
En deux siècles, un grand nombre de penseurs et artistes venus de tous horizons  (philosophes, scientifiques, sociologues, peintres, moine zen) ont commenté, repris et adapté à leur domaine cet appel à “réenchanter le monde” avant de le changer, selon les vœux du paysan et écrivain Pierre Rabhi. Une magnifique anthologie de cent soixante de ces textes - allant des romantiques européens du début XIXe siècle aux voix actuelles les plus diverses - défend la nécessité de (re)trouver notre part poétique, cette “manière d’être, d’habiter et de s’habiter” selon les mots de Georges Perros en 1962 repris par Jean-Pierre Siméon en 2015.
Que signifie et comment “devenir poète de sa vie” comme le résume François Cheng ? Face à la fragilité de notre existence, au fracas du monde, à la course économique, la poésie invite à nous arrêter, à nous ouvrir à la beauté, à savoir contempler (Christian Bobin) et à “se tenir à l’affût du réel” (Sylvain Tesson) pour en laisser affleurer le sens plutôt que de vouloir le saisir, le comprendre, l’expliquer. Ce remarquable manifeste des éditions Poesis affirme que la  poésie n’est pas un vain ornement destiné à enjoliver notre quotidien, elle n’apporte ni réponse ni méthodologie, ni consolation, mais “cet ultime refuge intime” (Lawrence Ferlighetti), “cette liberté du rêve” (Le Clézio), “cette passion de l’infini” (Annie le Brun) résonne comme une recherche de l’absolu propre à s’élever contre les aliénations de tous temps. Ni mièvre ni réservée à une élite, cette promesse qui est à dénicher dans le réel le plus banal, dans une attention accrue aux choses et aux autres, est alors une véritable “demeure” offerte à la portée de tous. L’expérience poétique est alors re-création de l’espace des possibles, de cet infini trésor qui sommeille en chacun.

Anna Gréki, « voyou » littéraire

LittératurePoésiePoésieAlgérie
Les toutes nouvelles éditions Terrasses nous font découvrir pour leur première publication, sous une jaquette sobre et élégante, la grande poètesse algérienne Anna Gréki.

Anna Gréki, de son vrai nom Colette Anna Grégoire, est née en 1931 à Batna en Algérie. Elle commence des études supérieures de Lettres modernes en France interrompues par la guerre d’Indépendance. Elle rentre alors en Algérie et mène une forte activité de militantisme qui entraîne son arrestation en 1957. Elle sera torturée et expulsée du pays. Elle y reviendra après l’indépendance et enseignera jusqu’à sa mort brutale en 1966.

Elle ne cesse d’écrire des poèmes ainsi que des textes théoriques et critiques. Juste au-dessous du silence reflète parfaitement bien ces deux aspects  de l’œuvre d’Anna Gréki. On peut en effet y découvrir quelques poèmes magnifiquement traduits par la poétesse algérienne contemporaine Lamis Saïdi dans la première partie, puis, un choix de textes exposant la position de l’écrivaine sur différentes questions dont celle des langues d’expression dans la société algérienne. Question éminemment intéressante sachant qu’Anna Gréki avait choisi le français comme langue d’expression artistique.

Une grande voix politique et littéraire à lire à la lumière d’une histoire complexe qui associe en réalité trois guerres : coloniale, révolutionnaire et civile.

 

Poésie

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