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Dossiers

Avec le printemps vient la poésie : le Printemps des poèt...

Instants suspendus, fugaces, volés au temps, les poèmes chantent ce renouveau et l'espoir, tout comme les voiles vaporeux des danses de Loïe Fuller qui illustrent notre grande vitrine

Hommage à Michel Deguy, immense poète, philosophe et trad...

Insatiable chercheur de mots, Michel Deguy nous a quitté : son oeuvre immense reste avec nous.

Les femmes poètes donnent de la voix !

À l’occasion du 24ème Printemps de la poésie, rencontrez Diglee à la librairie le vendredi 25 mars. Cette illustratrice amoureuse des mots qui a déniché, dessiné et raconté ses cinquante poétesses préférées nous fera aussi le plaisir de lire quelques bijoux de son anthologie "Je serai le feu".

Célébrons Baudelaire : 200 ans de poésie !

A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Charles Baudelaire, et du Printemps de la poésie dédié cette année au “désir”, laissons-nous enivrer par le génie des "Fleurs du mal" qui a bouleversé la littérature.

Philippe Jaccottet (1925-2021)

Disparu ce mercredi à l’âge de 95 ans, Philippe Jaccottet demeure l’une des dernières grandes voix de la poésie du XXème siècle.

Coups de cœur

En l'absence du capitaine - Cécile Coulon

Découvrez sans plus tarder un recueil bouleversant regorgeant de questions essentielles pour penser nos vies.
Cécile Coulon nous livre un nouveau recueil de poèmes marqué par le deuil de sa grand-mère. À travers des poèmes touchants et profondément intimes, la poétesse interroge nos liens avec nos grand-mères et nous montre la confiance que celles-ci peuvent nous donner. Nous tenons également entre les mains un guide poétique pour surmonter le deuil et trouver la force de continuer à vivre.

« Je suis là et tu n’es plus.
Je n’ai pas les mots pour couvrir
les milliers de larmes qui me montent aux yeux
comme monte sur les champs corréziens
la brume du printemps

je te remercie d’avoir été ma grand-mère aussi longtemps. »

(poème Pour toi)

Dans ces vers, il est aussi beaucoup question de la nature, toujours très présente chez l'autrice, et qui devient ici le décor des souvenirs familiaux. Par ailleurs, au fur et à mesure des mots, c’est toute une réflexion sur l'amour intergénérationnel et sur l'écriture qui nous est proposée. La perte d’une grand-mère est une étape importante même si elle signifie une part de l'enfance qui s'enfuit. Pour l’autrice, la question qui s’est imposée comme une évidence est : comment continuer à écrire ?
La réponse : continuer d'écrire, malgré tout.

« Tu étais tout pour moi.
Je me sens forte de tes leçons,
fragile de ton absence.
La nuit, le moindre de mes rêves
trébuche sur ton visage.
J’ai ce gros trou dans la poitrine
plein de belles choses à retenir.
J’aurais aimé te voir
cheminer dans mon avenir. »

(poème En l’absence du capitaine)

Diglee - Je serai le feu

Sous la couverture noire, rose et or, “Je serai le feu” est un trésor poétique à offrir et à s’offrir sans tarder !
C’est après avoir entendu Christian Bobin parler à la télévision d’une poétesse qui lui était inconnue, Anna Akhmatova, que l’amoureuse des mots, Diglee, s’est lancée dans la quête frénétique d’une culture poétique féminine. Ce qui est rapidement apparu comme un défi s’est mué en une véritable chasse aux trésors, qu’elle nous fait partager, avec une passion insatiable et contagieuse dans ce beau livre composé de cinquante de ses autrices de poésie préférées allant du XIXe au XXIe siècle. Si certaines sont passées à la postérité, la majeure partie d’entre elles ont été partiellement ou totalement oubliées de l’histoire littéraire. Toutes ont en revanche en commun un ardent désir d’écrire envers et contre tout, et tous !
A côté d’un portrait original dessiné à l’encre, Diglee a rédigé une notice biographique qui les présente, explicite avec passion la place que chacune occupe dans son panthéon et dans ce volume. Cette double entrée en matière ne suscite qu’une brûlante envie : celle de s’adonner à la lecture des deux cents poèmes qui suivent, patiemment exhumés d'œuvres souvent difficilement trouvables, puis de poursuivre l’entretien de ce feu, en se procurant les recueils de ces voix incandescentes.
De cette cosmogonie personnelle née de ses pérégrinations notamment dans les librairies et, Diglee a créé huit constellations : les filles de la lune, les prédatrices, les mélancoliques, les magiciennes, les excentriques, les insoumises, les alchimistes du verbe et les consumées.
A côté des noms les plus connus (Emily Dickinson, Marceline Desbordes-Valmore, Anna Akhmatova, Sylvia Plath, Patti Smith, Marina Tsvetaeva, Andrée Chedid, Laura Kasischke), l’illustratrice nous ouvre les portes vers d’autres étoiles amies, soeurs, maîtresses, chaque voix entrant en résonance avec d’autres. Nous découvrons alors Claude de Burine (c’est un de ses vers “je serai le feu” qui sert de titre), Rosemonde Gérard, Simonne Michel Azais, Valentine Penrose, Irène Hamoir, Meret Oppenheim, Lise Deharme, Marie-Jeanne Dury, Gisèle Prassinos...
Farouchement libres, éprises d’absolu, assumant leurs désirs et leur folie créatrice, elles ont trop aimé, trop souffert, trop vécu. Certaines se sont effacées (Emily Dickinson), d’autres ont été évincées au profit de leurs maris, amants illustres (Jane Catulle-Mendès, Marie de Heredia), ou, pour certaines plumes anglo-saxonnes, n’ont jamais été publiées. Christina Rossetti, Vita Sackville-West,Maya Angelou, Audre Lorde et Nikki Giovanni trouvent alors, pour la première fois, une place grâce à la traduction de Clémentine Beauvais, romancière poétesse.
Chacune incarne à sa façon cette révolte intime contre l’ordre (patriarcal, moral, social, politique). Toutes réunies forment un chœur de résistance et montrent que la poésie n’est ni l’apanage des femmes, des hommes ou des élites, mais un art toujours incendiaire, en cela vivant et essentiel, comme l’a écrit par exemple Ingeborg Bachmann :

“Il vient un grand feu,
il vient un fleuve sur terre.

Nous serons témoins.”

Thomas Vinau - Le Cœur pur du barbare

Un recueil intime, humain et sincère par l'une des voix marquantes de la poésie contemporaine. 
À travers ce recueil, Thomas Vinau nous embarque dans son quotidien, nous raconte ses rêves ou ses souvenirs ainsi que tous les petits riens qui rythment ses journées. 

Lire "Le Cœur pur du barbare" c'est l'occasion de plonger dans les réflexions et pensées philosophiques du poète, de découvrir les grands artistes qu'il admire tant (comme Billie Holliday, Sylvia Plath ou Richard Brautigan) et de comprendre sa vision du monde à travers ses observations et/ou son vécu. 

"La souillure

Les chiens se lèchent le cul
se roulent dans des charognes
et sentent la sardine de la gueule
et pourtant il faut bien se rendre à l'évidence
et constater qu'en matière de crasse
nous restons loin devant" (p.37)

Ancestrales - Goliarda Sapienza

Ces poèmes, premiers écrits de Goliarda Sapienza, incarnent déjà la promesse de tout ce qui fait, aujourd’hui, le succès de son œuvre.
Écrits dans les années 1950, Sapienza dévoile à travers ses poèmes toutes les pensées, les doutes, les joies et les peines qu’elle a pu ressentir. Certains sont dédiés à sa mère, un des plus grands amours de sa vie, mais aussi à son père où, à l’inverse, la relation parent-enfant semble être plus complexe et douloureuse : « je clouerai le couvercle / du cercueil sur ton corps vivant ».

Entre ses souvenirs d’enfance, ses rêveries autour de l’Etna et l’évocation de ses amours masculines et féminines, la poésie est le moyen pour l’écrivaine d’éprouver et exprimer sa mélancolie, son attrait pour la mort et l’obscurité, le sentiment de vide ou même d’abandon : « C’est l’aube / je suis seule / et j’ai peur / Que cherches-tu dans le vide des pièces que j’habite ? / Je suis seule / et j’ai retourné les miroirs ».

Torturée, passionnée, aimant profondément tous ceux qui l’entourent, Goliarda Sapienza partage avec nous les différentes étapes de sa vie, ses émotions et sa vision du monde. Plus que tout, elle arrive à nous faire ressentir sa présence, son aura et son charisme en nous offrant une magnifique leçon de vie, que nous ne sommes pas près d’oublier.

« C’est vrai nous n’avons pas
beaucoup de choses à faire.
Tu étends le drap
sur le matelas. De la main tu aplanis
le moindre pli. Je verse l’eau
du verre
sur les géraniums brûlés du balcon. C’est vrai
il n’y a pas
beaucoup de routes à prendre
de morts à choisir.
Il n’y a qu’à jeter
la pièce de monnaie et regarder
le résultat du jeu de pile ou face. »

Poésie

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