« Laissez-moi vous raconter une histoire. L’histoire d’un homme pour qui « se faire entendre » était devenu le sens de la vie. Cet homme possédait une voix divine. On le considérait comme l’un des meilleurs barytons et contre-ténors au monde. […] Il était ukrainien, soliste à l’Opéra national de Paris, et a été tué dans le Donbass en défendant l’Ukraine contre l’agression russe. ». C’est par ces mots que Volodymyr Zelensky rend hommage à Wassyl Slipak dans son premier discours prononcé à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2019.
Elisa Mignot part sur les traces de celui qui se faisait appeler Myth sur le champ de bataille, volontaire dans le groupe Pravyi Sektor, pendant la guerre du Donbass déclenchée en 2014. Loin de l’héroïsation qui a fait entrer Wassyl dans l’histoire de son pays, la journaliste dresse avec une écriture sensible, à la première personne, un portrait touchant. Elle part à la rencontre de ses amis en France, de sa famille en Ukraine, en posant la question de l’engagement dans la guerre : « Pourquoi s’engage-t-on corps et âme dans une cause ? Pour quelles raisons risque-t-on sa vie ? Mourir pour ses idées, d’accord, mais concrètement, quelles sont les étapes ? ». Un témoignage émouvant qui nous fait réfléchir sur nos valeurs et nos propres engagements dans un monde marqué par la multiplication des conflits.
Pensez au renard. Imaginez-vous cet animal malicieux, attachant, rieur qui accompagnait les histoires de notre enfance ?
Si telle est sa réputation de nos jours, au cours de ce dernier siècle la vie du goupil n’a pas été celle d’un conte de fées. D’abord persécuté à cause de son étiquette de nuisible, Vulpes vulpes n’est pas au bout de ses peines. Entre 1968 et 1998, la rage déferle telle une vague sur l’espèce, notamment en France, et les méthodes mises en œuvre par les français pour essayer d’arrêter la propagation sont tout aussi barbares. C’est pourtant sans compter sur sa persévérance et sa résilience que ce petit animal à la fourrure flamboyante survit à cet épisode dramatique. Intelligent et rusé, il se cache, échappe au massacre, et aidé par une campagne de vaccination, se reconstruit.
De nos jours, bien des choses ont changé. Le regard que nous portons sur le renard roux a évolué. Ses modes de vie ont dû s’adapter à de nouvelles contraintes. Il n’est plus considéré seulement comme un nuisible mais d’autres enjeux restent à définir pour l’avenir de l’espèce.
Nicolas Baron - historien des animaux en France, spécialiste de la question de la santé animale et des animaux de la campagne - revient avec le format poche de son ouvrage Vivre en renard paru initialement dans la collection Mondes Sauvages chez Actes Sud en 2023. Au fil d’une réflexion poussée sur le statut de l’espèce vulpine, il nous propose une incursion dans le XXe siècle et le début du XXIe. Ici, il n’est pas question de raconter le renard à travers un prisme anthropocentrique, mais de se glisser sous sa peau pour mettre en lumière sa propre histoire.
Un essai précis et enrichi par une large documentation, qui nous livre le récit d’une véritable épopée, pas toujours facile mais passionnante, qui saura captiver les néophytes comme les amateurs du goupil : celle du renard à travers le siècle dernier.
Clair, accessible et joliment illustré, il permet d’identifier facilement les plantes croisées en chemin. Organisé par saison et par couleur, il est ponctué d’anecdotes liées à la botanique et à l’histoire. On apprend à regarder autrement ce qui nous entoure, à reconnaître la beauté discrète des fleurs sauvages, et à mieux comprendre la nature au fil des saisons. Le compagnon idéal pour le retour des beaux jours !