Un grand roman noir ciselé et émouvant !
Abigail Boone, ex brigadière-cheffe de la police du Kent affectée aux disparitions non résolues veut désormais se faire appeler Boone, comme pour rayer de son identité ce prénom qui ne la définit plus, selon elle, depuis qu’elle a été enlevée pendant quatre longs jours. De ce violent kidnapping auquel elle a réchappé grâce à l’intervention de ses collègues policiers qui ont mis en fuite ses ravisseurs, elle est ressortie profondément blessée physiquement et psychologiquement. Une amnésie profonde lui a enlevé jusqu’aux souvenirs de son mari et de son fils auprès desquels elle tente malgré tout de survivre.
A la recherche de sa mémoire, elle finit par comprendre que son traumatisme n’est pas sans rapport avec l’enquête qu’elle menait autour d’une jeune fugueuse, Sarah, dont on avait perdu la trace six ans plus tôt, mais qui aurait été vue dans l’est de Londres il y a un an. Or, un an, c’est exactement le moment de l’agression de Boone et de sa détention dans l’appartement sordide de ce quartier de la capitale…
Aidée d’une amie, ancienne prostituée bulgare qui a été séquestrée avec elle mais avait réussi à échapper à leurs bourreaux, Boone sait qu’elle doit reprendre ses investigations pour retrouver la trace de Sarah, et ainsi retrouver une part d’elle-même, enfouie dans les méandres de ce passé meurtri.
Dans ce troisième polar sombre et parfaitement maîtrisé, à l’écriture et la construction remarquables, Boone dans sa traque obsessionnelle combat le mal par le mal, en espérant une lueur d’espoir au bout du chemin. Véritable quête personnelle déchirante, intense, et enquête à hauts risques qu’on ne lâche pas à l’image de son héroïne résiliente, “J’étais Abigail Boone” vous bouleversera…