L’histoire de la famille Larkin s’étend sur toute la seconde moitié du vingtième siècle et traverse une grande partie des Etats-Unis. Myra Lee, Fiona, Lexy et Alec quittent tous, chacun à leur tour, le nid familial à la recherche d’une nouvelle vie. Chacune de leur trajectoire est marquée par une horreur discrète, qui ne se montre jamais tout à fait.
Dans un récit à la construction efficace et ciselée, Adam Rapp propose une nouvelle approche du thème du serial killer. La mort n’est jamais le sujet principal du roman et pourtant on l’attend derrière chaque page. Il décrit une violence qui s’insinue petit à petit dans le cœur de ses personnages. Celle-ci s’exprime différemment chez chacun des membres de la famille Larkin : certains arrivent à la contrôler et d’autres non.
Par moments, le mal omniprésent laisse sa place à quelques instants de tendresse familiale, mais il ne disparaît jamais vraiment.
Ô sacrilège, Doudoulapin a été volé, Monsieur Toutriste est bien peiné. Heureusement, l’inspectrice Fortetête est déterminée à mener l’enquête. Une histoire policière pour les tout-petits, il fallait oser ! Le suspens y est insoutenable et les suspects absolument redoutables, ils ne craqueront pas, c’est certain.
Un album insolite, où chaque étape de l’enquête est illustrée par des photos d’enfants pris sur le vif, ce qui rend le récit particulièrement sincère et réjouissant. Cerise sur le gâteau, l’enfant peut de manière ludique et détournée, décortiquer les émotions différentes et leur mise en situation qui ornent chaque page. Un album d’une rare originalité !
Dès 2 ans
En avril 1981, Georges Perec part sur les traces de ses parents dans la petite ville de Lubartów en Pologne. À son retour à Varsovie, il aurait adressé à Claude Roy cette parole lapidaire, « Rien. Tout est effacé ». Ces mots sont le départ d’une enquête monumentale réalisée par Claire Zalc aidée de plusieurs post-doctorants et de traducteurs. Non pas spécifiquement sur l’histoire familiale de Perec mais sur les plus de 3000 juifs que compte Lubartów (3279 recensés en 1921) dont seulement 400 ont survécu en 1945, la plupart ayant immigré avant le début de la Seconde Guerre mondiale.
Cette enquête est divisée en 4 parties : ATTACHEMENTS, DÉPLACEMENTS, ARRACHEMENTS, DÉTACHEMENTS. Ces parties sont elles-mêmes divisées en 4 sous-parties : Enquête, Histoire, Echafaudages, Familles. L’originalité de ce plan permet à Claire Zalc de développer un récit protéiforme qui interroge la recherche historique autour des identités mouvantes et plurielles, des migrations, des persécutions et des exterminations, des mémoires heurtées et oubliées.
Dans « Enquêtes », nous suivons l’historienne dans ces déplacements aux archives et ces rencontres avec des rescapés ou des responsables d’associations de mémoire. Elle nous décrit son quotidien de chercheuse à travers les émotions et les doutes qui la traversent.
Dans « Histoire », elle fait le récit historique des Juifs de Lubartów en détaillant leur situation spatiale et sociale dans la ville, leurs trajectoires collectives et individuelles à travers ceux qui immigrent, ceux qui restent, ceux qui reviennent et les familles qui se séparent. Elle y analyse avec une grande rigueur les persécutions et la destruction par la mort d’une grande majorité des Juifs de Lubartów qu’ils soient restés sur place, en Pologne ou qu’ils aient immigrés avant la guerre dans des pays comme la France.
Dans « Echafaudages », Claire Zalc pose des questions épistémologiques passionnantes telles que l’exhaustivité généalogique, la comptabilité des morts, les questions éthiques autour des identités des victimes et des descendants.
Enfin dans « Famille », l’historienne se concentre sur des « aventures singulières où s’entrelacent et se heurtent archives et souvenirs, histoire et mémoire ». L’humanité se dévoile alors derrière les noms des registres et les statistiques.
Le monde de Lubartów est une étude majeure sur l’histoire de la Shoah dont la pluridisciplinarité et le caractère protéiforme du récit sont le gage d’une rigueur de recherche rarement atteinte.