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Les coups de cœur des libraires

Coups de coeur Mollat
Un roman fou et obsédant, entre peurs et désirs.
Une lycéenne se réveille pieds et poings liés, kidnappée par sa professeure de lettres. L'origine de cet enlèvement est complexe, mais nous remontons le cours du temps progressivement pour comprendre petit à petit ce qui a mené à l'inévitable. Cette professeure, Clara, a une histoire particulière : séquestrée par des élèves dans un ancien établissement, ayant une fascination extrême pour sa propre mère, allant jusqu'à exercer le même métier et porter ses vêtements, ce personnage étrange cache une intériorité troublante. Quant à l'élève prisonnière, Fernanda, son adolescence est brûlante, faite de passions et d'irrévérence, et elle nourrit une obsession pour les films d'horreurs et les légendes urbaines.
Personnages féminins dévorants et désirants, corps vivants et menaçants, relations mères-filles, professeures-élèves, victimes-bourreaux, amitiés féminines et adolescentes, voici un thriller psychologique unique et troublant. L'autrice équatorienne nous dit la cruauté, les injustices, les souffrances et les désirs comme personne, dans un roman vertigineux et inoubliable !
Mâchoires
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"L'intuition soufflait à ces esprits idéalistes une seule et même idée, implacable, quelque part, ailleurs, il existe autre chose".
Pourquoi mettre le cap vers l'ailleurs ? Cette question est au cœur des essais de la voyageuse contemporaine Lucie Azéma. Après avoir déconstruit les récits de voyages qui ont occulté les femmes (Les femmes aussi sont du voyage, Flammarion), puis analysé la culture du thé à travers le monde (L'usage du thé, Flammarion), l'autrice livre ici une réflexion sur les utopies comme motivations de nombreux départs.

Qu'ils aient été conteurs, cartographes ou aventuriers, la promesse d'une terre radicalement autre a exercé une puissante attraction pour se jeter dans l'inconnu. Ainsi, Lucie Azéma met en avant comment depuis l'Antiquité notre imaginaire collectif est parcouru d'utopies sous la forme de grandes contrées lointaines avec d'autres règles, d'autres environnements et des organisations sociales diverses. De l'Atlantide à l'Eldorado, les rêves d'abondance et de liberté ont façonné des expéditions avec des issues différentes. Nous découvrons aussi que même dans le monde contemporain, les utopies sont parfois construites comme par exemple l'impulsion des mouvements hippies dans les années 1960 ou encore les micronations, des aspirations parfois déçues mais pourtant toujours renouvelées.

Dans un style clair et multipliant les exemples, Lucie Azéma permet de rappeler à notre imaginaire ces rêves. Mais elle transmet aussi l'idée que, malgré ses échecs, la recherche d'utopies n'est pas une fuite. Elle est le reflet d'un environnement qui peut parfois chercher à réduire les horizons et masquer le champ des possibles. Les rêves de lieux inaccessibles nous aident donc à regarder autrement notre espace quotidien et "soutiennent notre besoin d'espérance".

"Chaque fois qu'il a fallu porter au bûcher de l'existence -de sa réalité-, de ses certitudes écrasantes, tout ce que le monde imaginaire contenait de sensationnel, et tout ce qui me semblait, à moi, être la vraie vie, les esprits idéalistes ont été ma consolation."
Nous avons besoin d'un ailleurs qui n'existe pas : voyages et utopies
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Au menu : un redoutable pirate particulièrement gourmand, un apprenti mage bougrement maladroit et une mission vraiment impossible !
Sérieux et studieux, Esteban se présente à un examen qui fera de lui un mage confirmé capable de se téléporter, une compétence rare dans le royaume de Verama. Sans totalement échouer à l'épreuve, il se retrouve à mille lieues de l'endroit initialement visé et un malheur n'arrivant jamais seul, c'est une horde de pirates qui vient à son secours. A la tête de cet équipage se trouve le capitaine Luis, à la fois redoutablement machiavélique et délicieusement excentrique. Tout à sa ruse, le pirate sait déjà comment utiliser les pouvoirs de cet apprenti mage pour servir ses intérêts et ourdir un véritable complot : Esteban est fait prisonnier et se voit obliger de mettre ses pouvoirs au service d'un être des plus immoraux, lui qui a toujours été intègre et courageux. Sans surprise, ce duo particulièrement mal assorti sur le papier, fera bel et bien des étincelles dans la réalité. Un roman riche en rebondissements, des dialogues savoureux et une galerie de personnages hauts en couleur qui raviront les amateurs de fantasy, de romance et de pirates ! 
Pirate, magie et crème fouettée
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"Pourquoi s’engage-t-on corps et âme dans une cause ?"

« Laissez-moi vous raconter une histoire. L’histoire d’un homme pour qui « se faire entendre » était devenu le sens de la vie. Cet homme possédait une voix divine. On le considérait comme l’un des meilleurs barytons et contre-ténors au monde. […] Il était ukrainien, soliste à l’Opéra national de Paris, et a été tué dans le Donbass en défendant l’Ukraine contre l’agression russe. ». C’est par ces mots que Volodymyr Zelensky rend hommage à Wassyl Slipak dans son premier discours prononcé à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2019. 

Elisa Mignot part sur les traces de celui qui se faisait appeler Myth sur le champ de bataille, volontaire dans le groupe Pravyi Sektor, pendant la guerre du Donbass déclenchée en 2014. Loin de l’héroïsation qui a fait entrer Wassyl dans l’histoire de son pays, la journaliste dresse avec une écriture sensible, à la première personne, un portrait touchant. Elle part à la rencontre de ses amis en France, de sa famille en Ukraine, en posant la question de l’engagement dans la guerre :  « Pourquoi s’engage-t-on corps et âme dans une cause ? Pour quelles raisons risque-t-on sa vie ? Mourir pour ses idées, d’accord, mais concrètement, quelles sont les étapes ? ». Un témoignage émouvant qui nous fait réfléchir sur nos valeurs et nos propres engagements dans un monde marqué par la multiplication des conflits. 

Ténor de guerre : le dernier rôle de Wassyl Slipak
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Un siècle dans la peau du renard

Pensez au renard. Imaginez-vous cet animal malicieux, attachant, rieur qui accompagnait les histoires de notre enfance ?

Si telle est sa réputation de nos jours, au cours de ce dernier siècle la vie du goupil n’a pas été celle d’un conte de fées. D’abord persécuté à cause de son étiquette de nuisible, Vulpes vulpes n’est pas au bout de ses peines. Entre 1968 et 1998, la rage déferle telle une vague sur l’espèce, notamment en France, et les méthodes mises en œuvre par les français pour essayer d’arrêter la propagation sont tout aussi barbares. C’est pourtant sans compter sur sa persévérance et sa résilience que ce petit animal à la fourrure flamboyante survit à cet épisode dramatique. Intelligent et rusé, il se cache, échappe au massacre, et aidé par une campagne de vaccination, se reconstruit.

De nos jours, bien des choses ont changé. Le regard que nous portons sur le renard roux a évolué. Ses modes de vie ont dû s’adapter à de nouvelles contraintes. Il n’est plus considéré seulement comme un nuisible mais d’autres enjeux restent à définir pour l’avenir de l’espèce.

Nicolas Baron - historien des animaux en France, spécialiste de la question de la santé animale et des animaux de la campagne - revient avec le format poche de son ouvrage Vivre en renard paru initialement dans la collection Mondes Sauvages chez Actes Sud en 2023. Au fil d’une réflexion poussée sur le statut de l’espèce vulpine, il nous propose une incursion dans le XXe siècle et le début du XXIe. Ici, il n’est pas question de raconter le renard à travers un prisme anthropocentrique, mais de se glisser sous sa peau pour mettre en lumière sa propre histoire.

Un essai précis et enrichi par une large documentation, qui nous livre le récit d’une véritable épopée, pas toujours facile mais passionnante, qui saura captiver les néophytes comme les amateurs du goupil : celle du renard à travers le siècle dernier.

Vivre en renard : la traversée du siècle : essai
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Un guide enchanteur pour petits et grands curieux à glisser dans sa poche lors de chaque balade.

Clair, accessible et joliment illustré, il permet d’identifier facilement les plantes croisées en chemin. Organisé par saison et par couleur, il est ponctué d’anecdotes liées à la botanique et à l’histoire. On apprend à regarder autrement ce qui nous entoure, à reconnaître la beauté discrète des fleurs sauvages, et à mieux comprendre la nature au fil des saisons. Le compagnon idéal pour le retour des beaux jours ! 

Mini-flore du jardinier promeneur : mettez un nom sur les plantes qui vous entourent
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Depuis son dernier livre autour des questions de répression, Geoffroy de Lagasnerie continue de nous faire penser en s’attelant à la démocratie, invitant chacun à exercer son "droit fondamental à l’imagination politique". Un essai dialectiquement courageux paru cette semaine chez Flammarion : "L...
L’invocation systématique de la démocratie comme le camp du Bien, présentée comme une forme figée indépassable et moralement supérieure nous empêche précisément de penser au-delà, en dehors, et nous assigne à la résignation. Elle rend suspecte toute critique, toute désobéissance, et nous empêche, découragés, de mieux comprendre notre modernité en exercant notre rationnalité politique. Pourtant, nous assistons tous aux contradictions internes à nos démocraties libérales : silenciation des lanceurs d’alerte (comme Edward Snowden), fétichisme des institutions, sacralisation du vote comme l'unique modalité de participation, criminalisation de la contestation,...

En philosophe du politique, Geoffroy de lagasnerie s'attaque alors un tabou : comment un régime qui se prétend fondé sur la liberté et sa garantie peut-il, de fait, produire autant d’exclusions et de violences légales, et son propre nom ? Quel est donc précisément ce cadre imposé par la démocratie libérale, et sur quel système de valeurs repose t'il ? Autrement dit, quel ordre social légitime-t-il et reproduit-il? Toute action illégitime est-elle nécessairement anti-démocratique, et la légalité suffit-elle à produire la légitimité ?

Selon lui, c'est en acceptant de voir la démocratie comme un système normatif et donc en s’intéressant à ceux qu’elle exclut, blesse, marginalise , jusque dans leurs corps, que nous redevenons pleinement des sujets et acteurs politiques, tournés vers l’émancipation. En dehors des binarismes démocratie/dictature, démocrate/antidémocrate qui figent la pensée, il devient alors possible d’imaginer d’autres formes de représentativité, d’autres modes de décision, d’autres manières d’habiter le politique.

Alors, faut-il critiquer la démocratie pour mieux l'honorer ? Un essai vivifiant donc, tourné vers la transformation... et la respiration, contre l'impuissance.
L'âme noire de la démocratie : manifeste pour un autre idéal politique
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une écriture d'une rare sensibilité
Une jeune femme et sa meilleure amie Ann quittent la grande ville et son rythme insensé pour se réfugier dans la vieille chaumière familiale, perdue au milieu de la campagne polonaise.
Elles y retrouvent les grands parents de l'héroïne, après de nombreuses années marquées par des relations intimes distantes et complexes. Mais la grand-mère est gravement malade, sur le déclin, et leurs retrouvailles sont pleines de tendresse, elles parlent de ce qu'elles ont vécu séparément, de ce qui les rassemblent aussi.
 
La maison, à l'image de la grand-mère, est malade : constamment secouée par les intempéries et l'inflexible passage des saisons, de nouveaux dégâts sont à déplorer chaque matin, et le grand-père se met à la tâche, réparant inlassablement le foyer. 
 
De son côté, Ann renoue avec la nature et ses habitants, elle passe ses journées dans le jardin, au bord du ruisseau, à la lisière de la forêt, et y observe les plantes et les animaux sauvages qui vivent ici en harmonie. 
 
Malgorzata Lebda est une poétesse et sportive d'ultra-endurance polonaise, Vorace est son premier roman. On y retrouve une écriture d'une rare sensibilité, très onirique et vraisemblablement influencée par son travail poétique. Ce livre est surtout un hommage aux corps humains, face au temps, à la nature et à l'effort : un sujet qui transcende le parcours artistique et sportif de Lebda, habituée à courir sur des centaines de kilomètres et toujours animée par son désir de création poétique. 
 
Ode à la nature et à notre essence d'animal social, Vorace est aussi une œuvre très critique à propos de notre système moderne, plus violent et implacable que le monde sauvage lui-même.  
Vorace
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C'est le printemps des poètes ! Nous avons le plaisir de vous annoncer une rencontre exceptionnelle avec Catherine Ringer ! A noter dans votre agenda : rendez-vous à la Station Ausone lundi 9 mars à 18h.
L'autrice-compositrice-interprète, moitié du groupe Les Rita Mitsouko, vous invite, lors d'un entretien et d'une lecture, à découvrir les poèmes joyeux et sensuels d'Alice Mendelson, dont le recueil inédit vient de paraître aux Editions Points : L'érotisme de vivre.

L'occasion de rencontrer l'oeuvre d'une poétesse méconnue, décédée l'an dernier, qui a écrit et enseigné toute sa vie après avoir échappé à la déportation. Ses textes célèbrent son goût des hommes, du désir, de la volupté. Dans la préface qu'elle signe, Catherine Ringer écrit : "Ça me touchait à la manière de Jacques Prévert : tendresse, crudité, mots simples et spectaculaires !", d'où son envie d'en faire un spectacle qu'elle joue depuis 2021 partout dans le monde, accompagnée de Mauro Gioia qui en assure la mise en scène - et qui sera présent à ses côtés lors de cette soirée.

"Tradéri Dérira         "Tu mors dans ce jour avec moi

La voilà                   Dans la pulpe et l'écorce

Ma rieuse                Le jus de la joie

Amoureuse "           Buvons notre force."
L'érotisme de vivre : et autres poèmes
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Être tout petit n'empêche pas d'avoir de grandes idées !
Emmie, petite souris de génie, vit dans un grenier. Elle est très ingénieuse et emploie son temps à changer les objets oubliés par les humains en astucieuses machines lui permettant de contourner tous ses problèmes. Mais un jour, un chat terrifiant s’installe dans les lieux. Emmie va devoir redoubler d’inventivité pour repousser l’envahisseur…

Illustratrice australienne plusieurs fois récompensée dans son pays, Marjorie Crosby-Fairall signe ici son premier album en tant qu’autrice, et c’est une réussite ! Les illustrations fouillées sont remplies de petites notes nous expliquant les diverses inventions de notre héroïne, et on prend plaisir à scruter les machines pour regarder comment notre ingénieuse souris adapte nos vieilleries à ses créations. L’histoire n’est pas en reste, et part dans une direction inattendue qui ne manquera pas de vous faire sourire ! 

Dès 4 ans
Emmie : petite souris de génie
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« Quelle sorte de mère abandonne son enfant ? »
Pour tout un chacun, c'est forcément un monstre : personne d'autre n'est assez cruel pour quitter sa propre progéniture sans idée de retour.
Qui est donc cette mère qui commet l'impensable ? La romancière qui choisit de privilégier sa carrière ? (la Nobel Doris Lessing). L'amoureuse qui fuit sa prison dorée domestique ? (Anna Karénine). La jeune femme à qui sa mère impose de poursuivre sa grossesse puis de confier son nouveau-né à sa famille lointaine ? (Maria Montessori)... Des mères comme beaucoup d'autres, en définitive, mais dont l'Histoire n'aurait sûrement pas retenu le nom si elles s'étaient satisfaites de la tiédeur du foyer et des petites têtes blondes.
 
Dans cet essai qui puise dans la littérature, l'histoire et la pop-culture, la journaliste Begoña Gómez Urzaiz mène l'enquête sur ces femmes à qui la vie a imposé un choix bien souvent déchirant. Elle pousse la réflexion à nos maternités modernes, à l'heure des réseaux sociaux et de l'ultra médiatisation de la vie familiale. En invoquant aussi des profils de mères en apparence parfaites mais dont la vie n'est pas si rose, elle nous invite à questionner nos propres modes d'éducation et, peut-être aussi, à déculpabiliser et nous considérer sinon comme de bonnes mères, au moins comme des mères suffisamment bonnes.
Les abandonneuses : un homme quitte ses enfants, une femme les abandonne
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Une véritable pépite qui révèle l’homme derrière la loi.
Lorsqu’on évoque Robert Badinter, l’abolition de la peine de mort vient immédiatement à l’esprit. Mais il y a eu un après : une carrière prolifique à la tête du ministère de la Justice, de 1981 à 1986. Dans cet ouvrage, Badinter revient sur ses victoires, nombreuses et bien au‑delà de l’abolition de la peine capitale. Parmi ses accomplissements, on peut citer la réforme du code pénal, la lutte contre la torture et pour les droits humains, l’amélioration des conditions de détention, et bien d’autres initiatives. Il y évoque également ses projets restés inachevés, comme les réformes sociales pour les minorités, la réforme de la procédure pénale ou la décentralisation de l’administration judiciaire.

Pour autant, cet ouvrage n’est pas un simple panégyrique de sa carrière. C’est avant tout un récit de vie, dans lequel Badinter raconte ses mandats avec un regard humain et humble, mêlant petites vicissitudes et détails du quotidien. On y découvre la charge de ministre sous un regard inédit, dépouillée de toute prétention et libérée de ses oripeaux.
Les épines et les roses
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