Qu'elle soit Marie, Iphigénie, Jeanne d'Arc ou Virginia Woolf, la femme, quel que soit son parcours, semble vouée au sacrifice. Jeune fille, amante ou mère, toutes partagent un même destin : celui de trouver leur agentivité dans le renoncement à soi pour une cause qui les dépasse.
"On a sacrifié des femmes au nom d'à peu près tout et elles-mêmes ont souvent dû choisir le sacrifice pour [...] tout simplement exister", écrit Anne Dufourmantelle en introduction. Revient alors cette question de prophétie : même la femme d'aujourd'hui, celle dont l'histoire n'est pas spectaculaire, est porteuse de ce destin. En témoigne l'anonymat omniprésent des femmes, dans un monde où le patriarcat est partout. Aujourd'hui l'émancipation n'appelle-t-elle pas un sacrifice ?
C'est avec la douceur qui lui est si chère qu'Anne Dufourmantelle décortique les portraits des ces femmes qui ont vu bâtir leur identité sur ce sacrifice. Presque vingt ans après sa première publication, ce texte sensible et intelligent reste d'une troublante pertinence.