En 1974 était édité pour la première fois « La graine, journal d'une sage-femme », un an plus tard était adoptée la loi Veil. En une période incandescente d'un quotidien de sage-femme que Jacqueline Manicom connaît si intimement, c'est un aperçu bouleversant des années qui précèdent cette loi que l'autrice raconte.
Impliquée dans les luttes pour les droits des femmes, seule femme noire signataire du « manifeste des 343 » aux côtés de Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, Françoise Sagan ou Marguerite Duras, cette sage-femme guadeloupéenne est de celles qui œuvraient chaque jour pour prodiguer des conseils alors illégaux, au risque de perdre leur travail.
« La graine », ce sont des femmes qui accouchent en le voulant, sans le vouloir, et souvent sans l'avoir voulu, ce sont aussi les blouses roses de l'hôpital public, ce sont des médecins méprisants, c'est la violence des actes médicaux, c'est ce qui pousse dans nos entrailles, c'est ce qu'en Guadeloupe nous enterrons sous un arbre à pain...
Un magnifique texte, joliment préfacé par les voix de Cloé Korman et Hina Hundt, que les éditions Gallimard rééditent dans la remarquable collection Imaginaire, cinquante ans après le décès de son autrice à la plume si belle.