Un roman envoûtant.
Les fous du volant, c’est une série de 69 portraits, oui, mais pas seulement. C’est une aventure, une plongée dans l’histoire de l’automobile à travers les hommes et les femmes qui ont marqué son histoire. On parle ici de pilotes et d’ingénieurs bien sûr, mais aussi d’écrivains, d’artistes, d’acteurs, de réalisateurs ou encore de rois et de criminels. Au fil des pages, Ayrton Senna côtoie ainsi Léopold III, Steve McQueen ou encore Blaise Cendrars.
Chacune de ces personnes a influencé le milieu de l’automobile à sa manière pour y laisser sa marque. C’est une histoire haute en couleur et tout sauf linéaire que nous présente Robert Puyal. Une manière de découvrir ou de redécouvrir ces personnalités singulières sous le prisme de leur passion commune : l’automobile.
Dans ce court essai très accessible, Flavie Falais, spécialiste des approches critiques du jeu vidéo à l’université de Limoges, apporte un éclairage sur les coulisses de l’industrie vidéoludique. Au-delà des aspects économiques de la première industrie culturelle du monde ou des impacts du jeu vidéo sur la société qui sont souvent au centre des débats, Flavie Falais s’intéresse surtout aux conditions des travailleurs et travailleuses de cette industrie, une myriade d’acteurs et d’actrices constituant tout un écosystème vidéoludique.
Après être revenue brièvement sur l’histoire de l’industrie du jeu vidéo et de l'imaginaire qui l’entoure notamment au travers d’un métadiscours sur le travail, Flavie Falais étudie plus spécifiquement les différents enjeux qui entourent la création d’un jeu vidéo. L’industrie du jeu vidéo repose sur une structuration par projets créant de l’instabilité et du flou pour les différents salariés. À quelques semaines de la sortie d’un jeu, certains studios imposent ainsi une période de crunch, c’est-à-dire que les développeurs travaillent beaucoup plus que leurs heures normales, parfois la nuit, pour peaufiner les derniers détails. Ces conditions de travail délétères peuvent être encouragées par une culture de la performance dans un paysage très masculin puisque la grande majorité des développeurs sont des hommes. Cet environnement de travail parfois qualifié de boy’s club peut engendrer des prises de conscience tardives voir des résistances concernant le sexisme dans le jeu vidéo et au sein même des studios, les questions de genre et de diversité. Sans s'arrêter à un état des lieux des différents problèmes, Flavie Falais analyse aussi les solutions à trouver pour les dépasser en montrant les moyens de résistances au sein du secteur, le rôle des pouvoirs publics ou la place des consommateurs-joueurs.
Au moment où l’IA est en passe de bouleverser le secteur, où l’instabilité de l’emploi éclate aux yeux de la presse avec des licenciements massifs malgré une industrie en croissance et où de plus en plus de jeunes s'intéressent à un avenir professionnel dans ce secteur, ce livre apporte un regard critique nécessaire.
Dès 11 ans
En cette année 1841, la bucolique petite rue Mirabelle au cœur de Paris accueillait une joyeuse bande de commerçants. On pouvait y trouver : un boucher, un crémier, un boulanger, un pharmacien, une mercière, un primeur et un libraire, bien que la plupart évitait de mettre les pieds dans la boutique obscure et un peu louche de ce dernier. Leur petite routine fut complètement bouleversée lorsqu’un matin, un bébé fut retrouvé abandonné au pied de la statue de Jules Bouchain-Morel qui ornait la rue. L’idée de la confier à un couvent est vite écartée, ils décident d’organiser la garde partagée de cette petite fille rapidement baptisée Mirabelle : le crémier s’en occupera jusqu’à ses un an, puis le pharmacien prendra la relève jusqu’à ses deux ans, etc. Alors que la révolte gronde dans les rues de Paris, c’est en tout insouciance qu’une petite famille inattendue se construit autour de ce bébé inespéré; sans même se demander vraiment d’où il vient et sans même penser qu’on pourrait venir le réclamer un beau jour…
Un roman pétillant, plein de malice et terriblement touchant !
Fleur Breteau a le sens de l’écriture, du rythme, de la phrase et une détermination à toute épreuve. Atteinte d’un deuxième cancer du sein en trois ans, son protocole médical s’alourdit cette fois-ci d’une chimiothérapie. Lors de ces séances à l'hôpital, se dévoile une triste réalité, celle du nombre de personnes atteintes de cancer alors même que le gouvernement porte un projet réintroduisant notamment un pesticide cancérigène.
“L’obligation de subir nous donne le droit de savoir”.
Fleur Breteau s’informe, engrange alors les rapports, les chiffres, les statistiques, les témoignages. Très rapidement les informations s’accumulent tant les médecins et les scientifiques tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Le constat est sans appel: l’impact des pesticides et autres PFAS (polluants éternels) est prouvé et documenté dans l’explosion des cancers notamment chez les jeunes et l’existence de “foyers” de cancers pédiatriques.
Le cancer est-il le risque à payer pour bénéficier d’une alimentation variée et abordable comme certains syndicats de grandes exploitations agricoles le justifient? La productivité doit-elle ou peut-elle être mise en concurrence avec notre santé? Et notre production est-elle vraiment si défaillante? S'agit-il de sauver nos agriculteurs quand ceux-là mêmes sont les premières victimes de l’utilisation récurrente de pesticides?
Fleur Breteau cherche, source à chaque fin de chapître toutes les informations qu’elle trouve pour étayer ses propos. Parler de pesticides sous-entend de parler d’agriculture, de souveraineté alimentaire, de santé mais aussi d’argent…. de beaucoup d’argent. A regarder de plus près, elle constate qu’une organisation lucrative et cynique s’est mise en place depuis des décennies dans laquelle les mêmes grandes entreprises produisent des pesticides et les médicaments contre le cancer… que la sécurité sociale paie au prix fort.
“La colère coule avec les produits de la chimio dans mes veines."
Alors, pourquoi les pouvoirs publics et politiques loin de prendre cette question à bras le corps entérinent des lois aussi dangereuses pour la santé? Pourquoi la pollution générale de l’environnement ne s’accompagne pas d’une politique d’urgence? La santé et les pesticides ne sont pourtant pas une affaire d’opinion comme l’indique le sous-titre de son ouvrage.
“Rien n’a changé mais, dis-moi, Rachel : ne nous reste-t-il que le découragement?
Rachel, c’est la biologiste américaine Rachel Carson qui écrivit Printemps silencieux en 1962 pour dénoncer l'empoisonnement des sols et de la vie par les pesticides. Elle même fut atteinte d’un cancer qui l’emporta deux ans après. Découragée, Fleur Breteau ne l’est pas: pendant cette période qui met son corps, son moral et ses finances à rude épreuve, elle crée le collectif Cancer colère “pour politiser les causes structurelles de cette maladie: les pesticides et les inégalités sociales”. Elle fait ainsi raisonner la voix des patients, des aidants, des proches, des médecins et des scientifiques notamment lors de manifestations Printemps bruyants.
Cancer colère se lit d’une traite, comme en apnée. C’est un ouvrage courageux et précieux, militant , qui rappelle que dans une démocratie, le rôle de l’Etat est avant tout de préserver la vie de ceux qu’il gouverne.