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Les coups de cœur des libraires

Coups de coeur Mollat
Un guide enchanteur pour petits et grands curieux à glisser dans sa poche lors de chaque balade.

Clair, accessible et joliment illustré, il permet d’identifier facilement les plantes croisées en chemin. Organisé par saison et par couleur, il est ponctué d’anecdotes liées à la botanique et à l’histoire. On apprend à regarder autrement ce qui nous entoure, à reconnaître la beauté discrète des fleurs sauvages, et à mieux comprendre la nature au fil des saisons. Le compagnon idéal pour le retour des beaux jours ! 

Mini-flore du jardinier promeneur : mettez un nom sur les plantes qui vous entourent
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Depuis son dernier livre autour des questions de répression, Geoffroy de Lagasnerie continue de nous faire penser en s’attelant à la démocratie, invitant chacun à exercer son "droit fondamental à l’imagination politique". Un essai dialectiquement courageux paru cette semaine chez Flammarion : "L...
L’invocation systématique de la démocratie comme le camp du Bien, présentée comme une forme figée indépassable et moralement supérieure nous empêche précisément de penser au-delà, en dehors, et nous assigne à la résignation. Elle rend suspecte toute critique, toute désobéissance, et nous empêche, découragés, de mieux comprendre notre modernité en exercant notre rationnalité politique. Pourtant, nous assistons tous aux contradictions internes à nos démocraties libérales : silenciation des lanceurs d’alerte (comme Edward Snowden), fétichisme des institutions, sacralisation du vote comme l'unique modalité de participation, criminalisation de la contestation,...

En philosophe du politique, Geoffroy de lagasnerie s'attaque alors un tabou : comment un régime qui se prétend fondé sur la liberté et sa garantie peut-il, de fait, produire autant d’exclusions et de violences légales, et son propre nom ? Quel est donc précisément ce cadre imposé par la démocratie libérale, et sur quel système de valeurs repose t'il ? Autrement dit, quel ordre social légitime-t-il et reproduit-il? Toute action illégitime est-elle nécessairement anti-démocratique, et la légalité suffit-elle à produire la légitimité ?

Selon lui, c'est en acceptant de voir la démocratie comme un système normatif et donc en s’intéressant à ceux qu’elle exclut, blesse, marginalise , jusque dans leurs corps, que nous redevenons pleinement des sujets et acteurs politiques, tournés vers l’émancipation. En dehors des binarismes démocratie/dictature, démocrate/antidémocrate qui figent la pensée, il devient alors possible d’imaginer d’autres formes de représentativité, d’autres modes de décision, d’autres manières d’habiter le politique.

Alors, faut-il critiquer la démocratie pour mieux l'honorer ? Un essai vivifiant donc, tourné vers la transformation... et la respiration, contre l'impuissance.
L'âme noire de la démocratie : manifeste pour un autre idéal politique
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une écriture d'une rare sensibilité
Une jeune femme et sa meilleure amie Ann quittent la grande ville et son rythme insensé pour se réfugier dans la vieille chaumière familiale, perdue au milieu de la campagne polonaise.
Elles y retrouvent les grands parents de l'héroïne, après de nombreuses années marquées par des relations intimes distantes et complexes. Mais la grand-mère est gravement malade, sur le déclin, et leurs retrouvailles sont pleines de tendresse, elles parlent de ce qu'elles ont vécu séparément, de ce qui les rassemblent aussi.
 
La maison, à l'image de la grand-mère, est malade : constamment secouée par les intempéries et l'inflexible passage des saisons, de nouveaux dégâts sont à déplorer chaque matin, et le grand-père se met à la tâche, réparant inlassablement le foyer. 
 
De son côté, Ann renoue avec la nature et ses habitants, elle passe ses journées dans le jardin, au bord du ruisseau, à la lisière de la forêt, et y observe les plantes et les animaux sauvages qui vivent ici en harmonie. 
 
Malgorzata Lebda est une poétesse et sportive d'ultra-endurance polonaise, Vorace est son premier roman. On y retrouve une écriture d'une rare sensibilité, très onirique et vraisemblablement influencée par son travail poétique. Ce livre est surtout un hommage aux corps humains, face au temps, à la nature et à l'effort : un sujet qui transcende le parcours artistique et sportif de Lebda, habituée à courir sur des centaines de kilomètres et toujours animée par son désir de création poétique. 
 
Ode à la nature et à notre essence d'animal social, Vorace est aussi une œuvre très critique à propos de notre système moderne, plus violent et implacable que le monde sauvage lui-même.  
Vorace
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C'est le printemps des poètes ! Nous avons le plaisir de vous annoncer une rencontre exceptionnelle avec Catherine Ringer ! A noter dans votre agenda : rendez-vous à la Station Ausone lundi 9 mars à 18h.
L'autrice-compositrice-interprète, moitié du groupe Les Rita Mitsouko, vous invite, lors d'un entretien et d'une lecture, à découvrir les poèmes joyeux et sensuels d'Alice Mendelson, dont le recueil inédit vient de paraître aux Editions Points : L'érotisme de vivre.

L'occasion de rencontrer l'oeuvre d'une poétesse méconnue, décédée l'an dernier, qui a écrit et enseigné toute sa vie après avoir échappé à la déportation. Ses textes célèbrent son goût des hommes, du désir, de la volupté. Dans la préface qu'elle signe, Catherine Ringer écrit : "Ça me touchait à la manière de Jacques Prévert : tendresse, crudité, mots simples et spectaculaires !", d'où son envie d'en faire un spectacle qu'elle joue depuis 2021 partout dans le monde, accompagnée de Mauro Gioia qui en assure la mise en scène - et qui sera présent à ses côtés lors de cette soirée.

"Tradéri Dérira         "Tu mors dans ce jour avec moi

La voilà                   Dans la pulpe et l'écorce

Ma rieuse                Le jus de la joie

Amoureuse "           Buvons notre force."
L'érotisme de vivre : et autres poèmes
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Être tout petit n'empêche pas d'avoir de grandes idées !
Emmie, petite souris de génie, vit dans un grenier. Elle est très ingénieuse et emploie son temps à changer les objets oubliés par les humains en astucieuses machines lui permettant de contourner tous ses problèmes. Mais un jour, un chat terrifiant s’installe dans les lieux. Emmie va devoir redoubler d’inventivité pour repousser l’envahisseur…

Illustratrice australienne plusieurs fois récompensée dans son pays, Marjorie Crosby-Fairall signe ici son premier album en tant qu’autrice, et c’est une réussite ! Les illustrations fouillées sont remplies de petites notes nous expliquant les diverses inventions de notre héroïne, et on prend plaisir à scruter les machines pour regarder comment notre ingénieuse souris adapte nos vieilleries à ses créations. L’histoire n’est pas en reste, et part dans une direction inattendue qui ne manquera pas de vous faire sourire ! 

Dès 4 ans
Emmie : petite souris de génie
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« Quelle sorte de mère abandonne son enfant ? »
Pour tout un chacun, c'est forcément un monstre : personne d'autre n'est assez cruel pour quitter sa propre progéniture sans idée de retour.
Qui est donc cette mère qui commet l'impensable ? La romancière qui choisit de privilégier sa carrière ? (la Nobel Doris Lessing). L'amoureuse qui fuit sa prison dorée domestique ? (Anna Karénine). La jeune femme à qui sa mère impose de poursuivre sa grossesse puis de confier son nouveau-né à sa famille lointaine ? (Maria Montessori)... Des mères comme beaucoup d'autres, en définitive, mais dont l'Histoire n'aurait sûrement pas retenu le nom si elles s'étaient satisfaites de la tiédeur du foyer et des petites têtes blondes.
 
Dans cet essai qui puise dans la littérature, l'histoire et la pop-culture, la journaliste Begoña Gómez Urzaiz mène l'enquête sur ces femmes à qui la vie a imposé un choix bien souvent déchirant. Elle pousse la réflexion à nos maternités modernes, à l'heure des réseaux sociaux et de l'ultra médiatisation de la vie familiale. En invoquant aussi des profils de mères en apparence parfaites mais dont la vie n'est pas si rose, elle nous invite à questionner nos propres modes d'éducation et, peut-être aussi, à déculpabiliser et nous considérer sinon comme de bonnes mères, au moins comme des mères suffisamment bonnes.
Les abandonneuses : un homme quitte ses enfants, une femme les abandonne
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Une véritable pépite qui révèle l’homme derrière la loi.
Lorsqu’on évoque Robert Badinter, l’abolition de la peine de mort vient immédiatement à l’esprit. Mais il y a eu un après : une carrière prolifique à la tête du ministère de la Justice, de 1981 à 1986. Dans cet ouvrage, Badinter revient sur ses victoires, nombreuses et bien au‑delà de l’abolition de la peine capitale. Parmi ses accomplissements, on peut citer la réforme du code pénal, la lutte contre la torture et pour les droits humains, l’amélioration des conditions de détention, et bien d’autres initiatives. Il y évoque également ses projets restés inachevés, comme les réformes sociales pour les minorités, la réforme de la procédure pénale ou la décentralisation de l’administration judiciaire.

Pour autant, cet ouvrage n’est pas un simple panégyrique de sa carrière. C’est avant tout un récit de vie, dans lequel Badinter raconte ses mandats avec un regard humain et humble, mêlant petites vicissitudes et détails du quotidien. On y découvre la charge de ministre sous un regard inédit, dépouillée de toute prétention et libérée de ses oripeaux.
Les épines et les roses
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Des échanges riches et variés autour de la civilisation féline !
Si vous trouvez étonnant la réunion de plusieurs inconnus, dans un café, avec comme seule activité une longue discussion autour de ce sujet qu’est le chat, c’est que cet animal du quotidien vous est encore bien trop inconnu !

Mais n’ayez crainte, le cercle des ailurophiles anonymes vous invite, non pas seulement à combler quelques lacunes en matière de chat, mais plus que cela, à réaliser l'étendu de son histoire et de ses représentations.

C’est en mêlant humour, légèreté, références en tout genre et tout temps, que l’autrice dresse un vaste inventaire vivant et coloré de la civilisation féline.
Au café des amoureux des chats : réunion des ailurophiles anonymes : quand les accros du chat se retrouvent pour partager leur folie douce
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Le témoignage saisissant de la championne olympique

“Je vivais sur une planète inhabitable sur laquelle je n’avais même pas le droit de mourir.”

C’est en ces mots que la championne olympique Gabriella Papadakis décrit ce qu’elle a vécu pendant sa carrière de patineuse. Avec ce livre, elle livre un témoignage dur mais hautement nécessaire sur la violence de ce milieu.

En patinage, il y a plus de femmes que d’hommes, alors pour faire carrière, il faut démarcher très jeune le peu de garçons présents, et naît ainsi un rapport de force qui ne s’atténuera plus jamais. Gabriella Papadakis l’a vécu, l’a subi, et a vu nombreuses autres patineuses vivre la même chose. Si elle écrit ce livre pour que son parcours ne soit pas oublié, elle l’écrit aussi et surtout dans l’espoir de mettre la lumière sur cette violence systémique, afin de mieux la combattre et d’éviter aux futures patineuses de la subir à leur tour.

La championne retrace son parcours, de l’enfance à aujourd’hui, elle relate ses entraînements, ses expériences en compétition mais aussi son intimité, ses traumatismes, nombreux, et ses sacrifices. Elle s’arrête aussi sur ses centres d’intérêts hors du patinage, parmi lesquels le théâtre, la mythologie et la littérature : elle confie avoir déjà écrit à de nombreuses occasions, parfois même en se mettant dans la peau du personnage qu’elle devait interpréter dans son programme du moment. Cela se ressent dans sa plume, très accessible, capable de raconter les joies et les souffrances avec une grande aisance et toujours des mots justes.

Lire ce livre ce n’est pas juste découvrir son histoire, c’est ouvrir les yeux sur un milieu dont on ne nous montre que la beauté et qui pourtant abrite tant de violence. C’est partager le temps de quelques pages le poids d’une souffrance trop longtemps restée silencieuse. C’est ne pas oublier qui est Gabriella Papadakis, et lui permettre de ne pas disparaître.

Pour ne pas disparaître : la championne du patinage artistique confie les raisons de son départ
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“C’est un oseur ! [...]. Il s’est fait paysagiste d’expression.”, écrit le critique d’art Auguste Jal.

À l’occasion de sa réouverture, le Musée de la Vie romantique rend hommage à un peintre méconnu du public ayant pourtant contribué à asseoir le paysage romantique du XIXe siècle dans toute sa splendeur. 

Né à Paris en 1803, Paul Huet porte très tôt un regard sensible sur les espaces verts parisiens en bord de Seine et tout particulièrement sur ceux de l’île Séguin, motif prisé de ses contemporains romantiques comme Camille Corot - l’un des fondateurs de l’école de Barbizon - ou bien le célèbre peintre britannique William Turner qui n’aura de cesse de voyager. 

Ayant suivi une formation académique auprès d’Antoine Jean Gros, Paul Huet hérite de l’enseignement des Maîtres Anciens et de son attention pour la peinture d’après nature. Ami d’Eugène Delacroix, et touché par ses contemporains britanniques exposés en 1824 au Musée du Luxembourg dont John Constable tout particulièrement, il s’émancipe de l’idéal italien pour dépeindre d’un geste sincère sa terre natale, la Normandie, devenant le premier peintre français à faire de la valeur expressive du paysage et de ses ciels un sujet à part entière. 

Au rythme de ses voyages dans les régions françaises, puis en Italie, et plus tard en Angleterre, Belgique et Hollande, il cultive son goût pour les natures riches en contradictions, parfois de celles qui apaisent et se laissent contempler, autrement de celles mues d’un souffle puissant et indomptable.

Ainsi, l’exposition témoigne de l’apport durable de ce peintre précurseur et, concomitamment, déploie une vaste galerie d’artistes peintres rassemblés sous les ciels, se distinguant les uns des autres par l’exploitation singulière qu’ils portent sur un motif aussi ambivalent qu’est le paysage. 

Un paysage qui ne peut se conjuguer qu’au pluriel, puisque ses formes infinies dépassent très largement cette exposition, mais dont cette dernière en dresse un témoignage touchant.

Face au ciel : Paul Huet en son temps
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Difficile d'imaginer qu'une grande arachnophobe puisse devenir l'une des plus ferventes défenseuses des araignées...
Ancienne vétérinaire, et créatrice du compte Terrapodia dédié à la découverte des arthropodes, Jessica Jousse-Baudonnet inaugure ici la collection Âme animale. Une collection de courts essais personnels dans laquelle auteurs et autrices témoignent de leur rencontre avec un animal ou une espèce qui a bouleversé leur vie et leur regard sur le vivant. L'ambition étant de se glisser dans le peau de l'autre afin de comprendre et de ressentir autrement. À travers son expérience, l’autrice nous guide vers une réconciliation inattendue. On referme ces pages avec un regard changé plus curieux, plus respectueux et, peut-être, un peu moins craintif.
Ce que les araignées m'ont appris
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Le travail reproductif : pilier invisible du capitalisme.
"Fatiha travaille à tout faire briller avant que les cadres de l'entreprise n'arrivent. Pendant qu'ils dormaient, elle a traversé la ville puis frotté, vidé, essuyé, lavé les tasses oubliées dans les salles de réunion... Personne n'y pense : le propre, ça ne se voit pas."

A travers une étude approfondie et rigoureuse, étayée par une solide documentation, l'historienne Fanny Gallot et l'économiste et sociologue Hugo Harari-Kermadec mettent en lumière le travail reproductif, c'est-à-dire l'ensemble des tâches de soin, d'éducation, et de ménage. Un travail effectué gratuitement au sein du foyer, ou faiblement rémunéré dans le milieu professionnel, accompli la plupart du temps par des femmes ou des personnes précaires. Un travail non reconnu, "dissimulé derrière les affects". Un travail qui rend possible celui des autres.

Comment définir le travail reproductif ? Pourquoi les femmes en assurent-elles la majorité et en quoi cela résulte-il de choix politiques ? Dans quelle mesure occupe-t-il une place centrale dans l'histoire des mobilisations ? Que représente-il en termes de richesse ? Comment le quantifier ? Pourquoi sa valeur est-elle exclue du calcul du PIB ? Lorsqu'il est réalisé dans la sphère privée, ne faudrait-il pas envisager de le rémunérer ? Ou l'institutionnaliser en multipliant les services publics ?

En explorant l'histoire sociale et économique, depuis les théories des féministes marxistes des années 1970 jusqu'aux luttes intersectionnelles et décoloniales actuelles, Fanny Gallot et Hugo Harari-Kermadec démontrent que ce travail dévalorisé structure en réalité tout le système capitaliste, il en est la colonne vertébrale. Un pilier invisible, qui, si on le repensait, pourrait constituer "une clé stratégique pour imaginer des formes d'organisation sociale fondées sur l'entretien de la vie plutôt que sur sa marchandisation."


Le coeur du capital : ces travailleuses de l'ombre qui font tourner le monde
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