Beata Umubyeyi Mairesse entremêle son histoire avec celle d’un pays, l’Afrique du Sud, dont elle suit jeune étudiante l’évolution. Cet état subsaharien gouverné par Nelson Mandela puis Thabo Mbeki se reconstruit petit à petit après 43 ans d’apartheid et peine à reconnaître alors l’épidémie de sida, la maladie charriant avec elle son lot de préjugés homophobes et racistes.
L’auteure elle-même a réchappé à la contamination au VIH, utilisée lors du génocide rwandais comme arme de guerre contre les femmes et les filles de tous âges. Elle se rapproche donc d’associations comme MSF (Médecins sans frontières) mais aussi d’Act up où elle effectue un stage dans la commission Nord-Sud, sa “plus importante école de militantisme” : “J’avais l’impression d’avoir trouvé le foyer de la marginalité heureuse.”
Cette photo choisie par Beata Umubyeyi Mairesse montrant Nelson Mandela et l’activiste Zackie Achmat arborant des tee-shirts HIV Positive évoque avant tout l’exemple d’un combat collectif allant bien au delà des frontières qu'elles soient géographiques, sociales, genrées, raciales ou encore politiques. “La solidarité́ des ébranlés s’édifie dans la persécution et les incertitudes.” : c’est au philosophe et résistant polonais Jan Patočka que l'auteure emprunte son titre. De sa plume limpide et précise, Beata Umubyeyi Mairesse nous invite à nous rappeler que dans un futur bien incertain, la convergence des luttes est mère de toutes les batailles.