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Du 10 avril au 2 août 2026, le Musée d'Art Moderne de Paris organise une importante rétrospective consacrée à Lee Miller

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Cécile Michel - Quand les femmes écrivaient l'histoire

Une immersion dans l'intimité de la Mésopotamie.
Cécile Michel vous présente son ouvrage "Quand les femmes écrivaient l'histoire : entre la Mésopotamie et l'Anatolie il y a 4.000 ans" aux éditions du Seuil. Entretien avec Jean Petaux.

Julie Neveux - Avec la langue : manuel de survie linguist...

Réinventez votre rapport aux mots avec une exploration savante et malicieuse des rouages de notre parole quotidienne.
Julie Neveux vous présente son ouvrage "Avec la langue : manuel de survie linguistique" aux éditions Grasset et France-Inter. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.

Coups de cœur des libraires

Petite déclaration d'amour à la montagne

Notre archipel entre ciel et terre

Loin du bruit du monde, à l'air sous les arbres, perché comme dans un autre monde, au milieu de paysages un rien fantastiques... C'est l'endroit rêvé pour Jérôme Maufras. Ce montagnard d'adoption, qui a préféré les flancs verdoyants aux rues grises parisiennes, nous livre le récit intime de son amour pour les hauteurs.

Entre anecdotes historiques ou personnelles et envolées lyriques, le tout corsé d'une bonne dose d'humour et de mauvaise foi (« Thomas Mann n'a pas, que je sache, écrit Le bassin magique. »), il déroule toutes les raisons qui l’ont amené à l’exil montagnard.

Y flâner, y randonner, y trouver calme et refuge… Nombreux sont les prétextes pour céder à l’appel des sommets :
« 1. Le vrai fromage vient de la montagne. Et aucune vie humaine n'est possible sans fromage.
2. [...] A-t-on déjà vu une marmotte sur la plage ? Nouvelle preuve de la supériorité du milieu montagnard. »

Si vous n'aviez pas prévu de vous emmontagner cet été, vous risquez de changer vos plans, tant ses arguments trop sincères pour être objectifs feront battre vos cœurs.



Haine de la philosophie - Dionys Mascolo

La haine de la philosophie, pour celles et ceux qui l'adorent.

Je m'attriste et une sorte d'hostilité me tient dans l'obscurité de la chambre - et dans ce silence de mort. - George Bataille, L'Impossible (anciennement La haine de la poésie)

Le milieu intellectuel français de la deuxième moitié du XXème siècle connaît un bousculement général de la pensée. Martin Heidegger, philosophe allemand, rejoint l'Hexagone, qui malgré un antigermanisme d'après-guerre très farouche, fait grand accueil de ses idées. Sa lecture phénoménologique du "sens de l'être" déchaîne les passions, et l'intelligentsia l'intègre, l'étudie et le célèbre, Heidegger étant quasiment considéré comme un philosophe français. Il faut près de 60 ans pour traduire la quasi-intégralité des textes du penseur, une oeuvre qui trouvera le nom Être et temps.
Mais il suffit parfois d'un livre pour tout chambouler. S'opère dans les années 1980 une banalisation de la pensée heideggérienne, se propageant au-delà du cadre universitaire pour atteindre le grand public, ce qui ne passe pas inaperçu auprès de Victor Farrias, intellectuel chilien qui publie en 1987 Heidegger et le nazisme, un texte à charge contre l'auteur, rappelant l'adhésion du philosophe allemand au parti nazi de 1930 à 1940, mais montrant également que la pensée nazie est intégrante à celle d'Heidegger. Le livre arrive très rapidement en France, et fait polémique : les philosophes heideggeriens sont sommés de se justifier, et le débat s'envenime.

Si je dois indiquer mon identité à des inconnus, je suis amené à dire, assez vite, que je suis communiste. Et cela n'est pas politique. - Dionys Mascolo

En réaction à la polémique, Dionys Mascolo, véritable clandestin de la pensée, résistant pendant la guerre puis militant politique et essayiste (un peu philosophe malgré tout), prend d'assaut l'intellectualisme français en 1994 avec Haine de la philosophie. Prenant le "cas Heidegger" comme point de départ, Mascolo s'attaque au "plus grand philosophe du XXème siècle", qu'il replace comme fondateur de l'existentialisme. Et si revenir sur l'affaire permet à l'auteur de poser un regard critique sur les principaux paradoxes de la pensée heideggerienne, elle est avant tout un prétexte pour un cas bien plus grave : la mort de la philosophie.
Farouchement opposé aux notions d'intellectualisme, Dionys Mascolo fait de Haine de la philosophie un commentaire méta sur l'impotence de la philosophie, qu'il qualifie de pensée simplificatrice (abstraite, rigide et obéissantes aux règles de la logique) face à la pensée entière, englobant une somme de rapports humains, absents de la pensée heideggerienne, comme l'amour, le désir, le rire, l'amitié. Dionys Mascolo, dans les rapports amicaux, voit l'accomplissement même de la forme philosophique, en dehors des institutions, dans les rapports d'un humain à l'autre : Aucun "grand" philosophe n'a eu d'ami. Et seule une amitié sans réserve, la pleine reconnaissance d'une pensée pleinement accomplie en une autre, rend possible la naissance dans l'esprit d'une pensée entière.
Trop souvent retenu seulement comme "l'amant de Marguerite Duras", lire Dionys Mascolo aujourd'hui, c'est lire un témoin de l'époque, un penseur savant, engagé, constamment refusé au statut de philosophe, qui fait avec Haine de la philosophie le pari du contre-courant, dans une prose toujours habile et apprêtée.

Les vapeurs de Tokyo, Stéphanie Crohin, collection Komon, Les Arènes

Connaissez vous les sento? Ces bains publics qui font pleinement partie de l’identité japonaise deviennent l'obsession de l’autrice; et on comprend pourquoi!
Stéphanie Crohin les découvre par hasard, étudiante, lors de son premier voyage à Tokyo. Si sa vie est une série de péripéties, ses pas la ramènent sans cesse à ces havres de paix vaporeux et apaisants.

Ces bains deviennent pour la jeune française tout à la fois une drogue douce et une source inépuisable de curiosité; à tel point qu’elle se met à sillonner le pays à la recherche de ces “véritables petits paradis cachés” pour les expérimenter, les recenser et même les prendre en photo. "Chaque bain a sa personnalité, sa propre histoire, une atmosphère unique qui en fait un microcosme intégré à son quartier".

Si l’origine des sento remonte certainement à des rites purificateurs, ils sont devenus des "lieux d’habitude et de transmission”. Car au sento, on se lave, on se repose mais on se retrouve aussi, on papote de tout, de rien, du temps,… Le sento est un espace intergénérationnel dans lequel la nudité n’est aucunement gênante; des relations à proprement parler nues comme le dit joliment Stéphanie Crohin, sans aucun artifice.

Ce onzième opuscule de la collection Komon, consacrée à la vie au Japon, vous donne une furieuse envie de vous glisser dans l’un de ces bains chauds, parfumés et d’en admirer toute la variété des arts décoratifs. Stéphanie Crohin nous emporte avec délice et sensualité dans les Vapeurs de Tokyo et nous offre un moment de lecture d’une absolue douceur.


Tornade : à la poursuite du monstre des plaines américaines, Simon Fichet, Folio

Lorsque le reporter Simon Fichet accepte de réaliser un documentaire sur les tornades aux Etats-Unis, il ne se doute pas alors dans quels tourments va le plonger cette aventure extrême. Sensations fortes garanties!
Tornado Alley: cette longue bande s’étirant sur 500 000 km carrés du nord au sud des USA recense un nombre impressionnant de tornades. C’est là que Simon Fichet se rend avec deux scientifiques dont une météorologue pour saisir dans l'œil de sa caméra ces monstres de vents, de pluie et de grêle.
Mais très vite, une sourde angoisse étreint le journaliste et ses acolytes: au fil des milliers de kilomètres avalés dans cette amérique étonnante des motels et highways, pressés par le temps imposé par la production du documentaire, va s’engager une course poursuite effrénée pour croiser la route de ces imprévisibles et redoutables forces de la nature. Quelques jours haletants avec notamment les fameux storm chasers, ces chasseurs de tornades chevronnés pour parvenir à comprendre et à filmer ces phénomènes fascinants par leur extrême violence; quelques jours enfin pour entrevoir la vulnérabilité qu’elles provoquent chez les habitants de ces régions.
Au cœur de la tourmente, Simon Fichet nous livre un récit à couper le souffle.

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