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Penser rêver. n° 7, Retours sur la question juive

Paru le : 29/06/2005
Éditeur(s) : Ed. de l'Olivier
Série(s) : Non précisé.
Collection(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Directeur de publication : Michel Grivinski

Un coup de coeur de Mollat

Michel Gribinski et Henri Normand présenteront la revue penser/rêver à la librairie Mollat, le 13 juin à 18h.

L'arbre et la Croix : Une nécessité chrétienne imaginaire , de Henri Normand aborde la question juive du point de vue de la rupture opérée par le christianisme avec le judaïsme. Rupture qui se cristallise autour du culte de la Croix, et surtout dans la volonté chrétienne plus ou moins consciente et diffuse de créer un lien entre l'arbre du jardin d'Eden et la Croix de la crucifixion.

Henri Normand revient sur l'épisode de la Genèse ; ce récit n'est pas seulement le récit de la création, c'est aussi et surtout le récit d'une rupture et d'un dépassement, d'un changement de culture et de société. L'ordre ancien, celui du règne animal, condition des premiers hominiens, qui dans son rapport au religieux prend la forme d'un culte totémique, est symbolisé par l'arbre. Le serpent s'enroule autour de l'arbre. Il permet de penser l'articulation et le passage entre le polythéisme et le culte totémique, et l'avénement du monothéisme qui prend petit à petit ses distances avec dieu pour placer l'homme au centre du monde. Henri Normand souligne l'origine et l'originalité du judaïsme dans ce déplacement du divin et de l'humain ; le judaïsme dégage une place centrale pour l'homme. C'est la laïcisation du monde. On comprend alors mieux l'interdit auquel les premiers hommes de ce monde sont soumis : Tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bonheur et du malheur, car du jour où tu en mangeras, tu devras mourir (Genèse 2,17). Ce serait un interdit renvoyant à des pratiques symboliques ou réelles de cannibalisme, manger des fruits de l'arbre, par métonymie manger l'arbre lui-même. Quand les hommes sont chassés du jardin d'Eden, ils quittent l'ère totémique, dominée par l'omniprésence du religieux pour évoluer désormais dans le monde hors de Dieu.

Le christianisme comme nous l'avons annoncé précédemment, opère un retour au totémisme notamment par le culte de la Croix, mais aussi par le dogme de l'Incarnation qui replace Dieu sur terre. (On pourrait également se demander si la transubstanciation participe elle aussi à ce même retour). La Légende dorée de Jacques de Voragine nous rapporte le récit mythologique de la provenance du bois de la Croix. Le lien entre l'arbre et la Croix est manifeste ; L'anthropomorphisme totémique est rétabli, en opposition absolue avec le monothéisme juif, et plus encore avec la manière dont les juifs traitent le monothéisme. (p.120) Voici donc le contexte de la question juive : [...] constitué sous l'effet du scandale entraîné par l'abandon du totem, dans une conception du monde qui ne l'a pas accepté, et a réinstauré le totem. (p.116).

Pour conclure, nous citerons une nouvelle fois Henri Normand : Ce qui est donc devenu la "question juive" serait l'expression vive de la question de l'homme en lui-même, soucieux de ne pas se laisser aliéner par un système religieux, désireux de se dire sa propre solution à travers un espace potentiel pour son essor et sa croissance, en laissant vivre les questions. Si cet homme-là refuse la Croix, c'est qu'elle denie et annule ce parcours [...] Proposer la construction de ce type de lieu - une "topique" atemporelle, dés-incarnée et sans images - semble pour certains infiniment plus inquiétant et difficile que de construire un Dieu incarné qui élirait domicile chez les hommes, en se proposant comme objet total d'identification. L'homme serait-il rétif à ce qu'il perçoit, venant de lui-même, comme invitation à exercer une relative indépendance? Aurait-il peur de ses capacités créatrices? Haïrait-il ceux qui ont inventé cette liberté relative? Qualifier de "juive" la question dérangeante permet à bon compte de s'en laver les mains. La dire "juive" voudrait la restreindre à ses seuls héritier - ce qui semble une déraison inquiétante.(p.123-124).

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Résumé

Revient sur la question juive qui s'est constituée sous une double pression, extérieure (socio-économique, politique, religieuse) et intérieure (psychologique, pulsionnelle, imaginaire), la modelant différemment selon les lieux et les époques. ©Electre 2017

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Fiche Technique

Paru le : 29/06/2005

Thématique : Revues psychanalyse

Auteur(s) : Non précisé.

Éditeur(s) : Ed. de l'Olivier

Collection(s) : Non précisé.

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-87929-489-4

EAN13 : 9782879294896

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 256

Hauteur : 22 cm / Largeur : 15 cm

Épaisseur : 2,1 cm

Poids : 344 g