Chargement...
Chargement...

Lee Miller (1907-1977)

Un dossier de
Publié le 04/05/2026
Du 10 avril au 2 août 2026, le Musée d'Art Moderne de Paris organise une importante rétrospective consacrée à Lee Miller
Les vies de Lee Miller est le titre de la biographie écrite par son fils Anthony Penrose. Ce titre révèle la pluralité des expériences vécues par cette femme. Lee Miller (1907-1977) est née aux Etats-Unis, par la suite elle rejoindra Paris, retournera aux Etats-Unis, vivra quelques années en Egypte, et finira par s'établir en Angleterre. Elle aura notamment été mannequin, photographe et reporter de guerre. 

Des Etats-Unis à Paris

Lee Miller découvre la photographie dès son plus jeune âge, en servant de modèle. Elle fera du mannequinat son métier à partir de 1926. Elle posera notamment pour Edward Steichen, photographe en chef de Vogue et Vanity Fair. Ce dernier donnera à Lee Miller l'envie de mener sa propre carrière artistique. C'est aussi Steichen qui la recommandera à Man Ray. Elle part alors pour Paris en 1929. Elle devient l'élève de Man Ray, artiste surréaliste de renommée internationale, avec lequel elle aura aussi une relation amoureuse. Cette période permettra à Lee Miller d'assimiler les techniques artistiques et les idées surréalistes. "Non seulement ils se prennent pour sujets l'un l'autre, posant devant l'objectif, mais ils partagent aussi leurs idées, modèles, accessoires, procédés, espaces de travail et appareils photo. Tous deux sont fascinés par la puissance érotique du corps". Les photographies Anatomies, Nu, Cou, Nu penché en avant témoignent magnifiquement de leurs collaborations. "Lee Miller développera aussi une pratique artistique indépendante. En dialogue avec les artistes modernes et surréalistes de son entourage, elle braque son objectif sur les rues de Paris, s'intéresse à la faculté qu'a l'appareil photo de décontextualiser et de réimaginer le familier." 

La période Égyptienne 

Lee Miller en 1934, récemment marié à un riche homme d'affaires issu de la haute bourgeoisie égyptienne, débarque au Caire. "Bien qu'ayant renoncé à la photographie en quittant New York, au cours de l'été 1935 un voyage à Jérusalem ravive l'étincelle. Les quatre années suivantes, des expéditions dans les déserts d'Egypte, de Syrie, de Palestine ou du Liban, mais aussi à Chypre, en Roumanie, en Bulgarie et en Grèce réveillent son esprit aventurier et sa pratique artistique. N'étant plus au service des marques de luxe et de ses prestigieux clients, Lee Miller est à nouveau libre de faire des photographies pour son seul épanouissement." Les belles images Portrait de l'espace, Escalier, Reflet dans la jante de la roue, Dômes du monastère de Sainte-Marie El Sourian sont des exemples de la production de Lee Miller à cette période. 

La guerre

Lorsque la Luftwaffe nazie commence à bombarder Londres et l'Angleterre, Lee Miller ne peut se résigner à rentrer aux Etats-Unis. Elle photographie, entre autres sujets, "le travail extraordinaire des femmes infirmières, ouvrières dans les usines, mécaniciennes, pilotes, photojournalistes...". A partir de juillet 1944, Lee Miller et d'autres femmes journalistes sont autorisées à rentrer dans la zone de conflit. La photographe américaine couvrira les événements jusqu'en 1946 à travers une grande partie de l'Europe. "Son journalisme a ceci d'exceptionnel qu'il combine photographies et récits palpitants pour raconter ce dont elle est témoin. [...] L'Europe en guerre déclenche chez elle une avalanche d'articles percutants, dans lesquels le verbal et le visuel s'articulent de manière saisissante. Or son oeuvre est plus extraordinaire encore que cela n'a pu être constaté de son vivant : la plupart de ses reportages, prolifiques, ne seront pas publiés, faute d'espace dans des magazines dont le papier est drastiquement rationné." Elle témoignera aussi de l'existence des camps de concentration nazis. 

"Alors que l'Europe avait encore à être "libérée"... après avoir réfléchi et m'être consumée en idées pendant tant d'année, j'ai trouvé soudain un crochet où les suspendre, j'ai trouvé les mots, l'élan, le partage et le courage. C'est un monde nouveau, sans illusions..." Extrait d'un lettre de Lee Miller à Roland Penrose

Le catalogue de l'exposition est édité par Paris Musées.

Livres illustrés et revues

Biographies, roman et bande dessinée

Lee Miller et la guerre

Livres en anglais