Elisée Reclus, qui connaît son premier exil politique à 21 ans au moment du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, acteur de la Commune de Paris en 1871, est un théoricien de l’anarchisme. Cet engagement politique radical se découvre également dans une géographie qui se veut sociale en portant une réflexion sur le progrès et les inégalités et en défendant l’idée que les intérêts des humains se confondent aux intérêts du vivant de manière générale. On le voit par exemple dans À mon frère le paysan où il dénonce les spéculateurs et défend le droit de tous à la terre mais aussi dans le petit essai Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes (Éditions Omnia).
Lorsqu’il arpente les chemins de montagne dans Histoire d’une montagne ou qu’il flâne au bord des ruisseaux dans Histoire d’un ruisseau, deux livres magnifiquement illustrés par les éditions Reliefs, Elisée Reclus ne porte pas simplement un regard amoureux et poétique sur la nature, il développe une véritable philosophie de vie se rapprochant des discours écologistes et du mouvement préservationniste américain. Dans ces deux textes devenus des classiques réédités à de nombreuses reprises et rassemblés intégralement aux éditions Arthaud dans la collection Les fondamentaux de l’écologie, Elisée Reclus n’évoque pas d’endroits précis : c’est une lecture hors du temps, que chaque lecteur peut mettre en rapport avec ses propres souvenirs de randonnées et de balades.
Lire Elisée Reclus, c’est aussi redécouvrir le territoire français, des Alpes (Les Alpes, Editions Héros-Limites) au littoral aquitain (Le littoral aquitain, Editions Cairn) en passant par le Pays Basque (Les Basques : un peuple qui s'en va, Editions Cairn) ou encore les Pyrénées.