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Axel Arno et Edouard Ferlet

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Du 21/11/2015 au 21/11/2015
Horaires d'ouverture : Non renseigné
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Publié le 16/11/2015
Dans le cadre du festival L'esprit du piano à Bordeaux du 17 au 25 novembre Présentation de "METAMORPHOSE BACH" Au « 91 », rue Porte-Dijeaux
Par l'une des formules provocatrices qui lui sont chères, Woody Allen comparait un jour les Variations Goldberg aux ébats érotiques d'un couple de juifs new-yorkais. Axel Arno me pardonnera cette référence insolite, qui me vient à l'esprit après avoir vu le film troublant qu'il consacre à Jean-Sébastien Bach. Troublant, il l'est à plus d'un titre. Par sa constante sensualité déjà, mais aussi parce que, sous ses habits de teintes vives, il laisse deviner ce qu'il y a de plus intime en chacun de nous. Ne retenir d'un tel travail que l'illustration d'une grande musique par de belles images nous maintiendrait encore à la surface des apparences. Il y a bien plus que cela dans ces rapports subtils qui, sur l'écran, marient l'œil et l'oreille.

Rien de convenu, jamais. Deux éléments que l'on pourrait croire étrangers se retrouvent d'un morceau à l'autre, sans jamais emprunter les mêmes chemins. tour à tour exalté et apaisé, un dialogue s'installe entre eux de façon continue, comme si les propos échangés se faisaient à la fois flammes et branches, souffles et étreintes, nuit et lumières.

Cette conversation exaltée entre une musique parmi les plus exigeantes qui soient et une création plastique, qui redouble à tout instant d'invention et d'ardeur, n'est pas si éloignée des jeux de l'amour. comment ne pas être frappé, en effet, par ces élans d'harmonie, orchestrés avec panache par Maurice Salaün, puis par ces embrasements soudains qui, dans un esprit d'absolue liberté, se plient aux rythmes du piano d'Édouard Ferlet ?

Sous des latitudes infinies, l'imagination peut ainsi vagabonder à son aise. très brièvement, on croit reconnaître la chine et ce n'est certes pas une illusion car Axel Arno reste marqué par les fréquents séjours qu'il y effectue, aujourd'hui encore. De ses voyages en terre millénaire, il a retenu en particulier des leçons d'élégance et de concision, d'énergie et d'enthousiasme. sur un tel terrain, il ne peut que retrouver Bach. Les distances dans le temps et dans l'espace n'ont dès lors plus guère d'importance puisqu'une même passion, sans attaches ponctuelles, donne son sens général à ces «métamorphoses ».

Entre ancien et moderne, lointain et proche, les oppositions s'estompent aussitôt pour nous plonger en pleine fusion créatrice, comme si, sous nos yeux, se dessinait une vie nouvelle. cela n'a rien à voir, c'est évident, avec les « relectures » qui s'imposent aujourd'hui sur la scène de nombreux théâtres, et par lesquelles un regard actuel prétend régénérer un ouvrage d'autrefois, à l'intention d'un public incapable de se projeter dans le temps. ici, nous ne quittons jamais le domaine de l'abstraction, qui a le double avantage de ne pas être prisonnier d'une mode et de s'ouvrir sur un imaginaire sans frontières. La spiritualité y reprend aussitôt la place qui doit être la sienne. ace régime, le sévère cantor de Leipzig abandonne sous nos yeux ses lourdes perruques grises pour affirmer en pleine lumière combien sa musique est toujours aussi riche de couleurs brûlantes.


Pierre Cadars


> "METAMORPHOSE BACH" sera joué à l'Auditorium de Bordeaux le dimanche 22 novembre 2015 à 11h00


> www.espritdupiano.fr