Un coup de coeur de Rayon Beaux-arts
À l’occasion de sa réouverture, le Musée de la Vie romantique rend hommage à un peintre méconnu du public ayant pourtant contribué à asseoir le paysage romantique du XIXe siècle dans toute sa splendeur.
Né à Paris en 1803, Paul Huet porte très tôt un regard sensible sur les espaces verts parisiens en bord de Seine et tout particulièrement sur ceux de l’île Séguin, motif prisé de ses contemporains romantiques comme Camille Corot - l’un des fondateurs de l’école de Barbizon - ou bien le célèbre peintre britannique William Turner qui n’aura de cesse de voyager.
Ayant suivi une formation académique auprès d’Antoine Jean Gros, Paul Huet hérite de l’enseignement des Maîtres Anciens et de son attention pour la peinture d’après nature. Ami d’Eugène Delacroix, et touché par ses contemporains britanniques exposés en 1824 au Musée du Luxembourg dont John Constable tout particulièrement, il s’émancipe de l’idéal italien pour dépeindre d’un geste sincère sa terre natale, la Normandie, devenant le premier peintre français à faire de la valeur expressive du paysage et de ses ciels un sujet à part entière.
Au rythme de ses voyages dans les régions françaises, puis en Italie, et plus tard en Angleterre, Belgique et Hollande, il cultive son goût pour les natures riches en contradictions, parfois de celles qui apaisent et se laissent contempler, autrement de celles mues d’un souffle puissant et indomptable.
Ainsi, l’exposition témoigne de l’apport durable de ce peintre précurseur et, concomitamment, déploie une vaste galerie d’artistes peintres rassemblés sous les ciels, se distinguant les uns des autres par l’exploitation singulière qu’ils portent sur un motif aussi ambivalent qu’est le paysage.
Un paysage qui ne peut se conjuguer qu’au pluriel, puisque ses formes infinies dépassent très largement cette exposition, mais dont cette dernière en dresse un témoignage touchant.