Pour combler les vides de son histoire familiale, Laure part sur les traces de sa famille, en Kabylie. L'absence de sa mère, les secrets et silences de ceux qui sont toujours là mais ne veulent plus parler, la complexité d'être liée à une terre qui n'est pas vraiment la sienne, I. Desesquelles raconte tout cela avec beaucoup de poésie et de tendresse pour ses personnages.
Son héroïne cherche, creuse, pour laisser une place aux fantômes du passé, et trouver, peut-être l'apaisement, du moins donner corps à son histoire que certains veulent laisser derrière. Mais même par pudeur, même par tristesse, même à cause des blessures et des colères, il ne peut être bon de cloisonner le passé.
L'autrice montre très bien le côté frustrant et fatiguant qu'il peut y avoir à chercher à éclaircir son histoire, comme s'il était impossible de tirer sur toutes les ramifications du passé. Les souvenirs se mélangent, s'effacent, et la transmission (ou l'absence de transmission) ajoute encore à la perte d'informations et à la complexification, à l'impossibilité de savoir vraiment ce qui a été notre histoire, un passé pas si lointain et pourtant presque intouchable, ce qui nous a forgé, mené où nous sommes.
Voici un très beau texte, tout en poésie et pudeur !