"Je suis une enfant du dimanche, une enfant du soleil ; ses rayons d'or m'ont tissé un trône, leur éclat a tressé ma couronne, c'est dans sa lumière que je demeure ; mais si jamais elle venait à manquer, je devrais mourir" - Élisabeth d'Autriche
Sissi ou plutôt l'impératrice Elisabeth d'Autriche est l'une des plus grandes figures de l'histoire où le mythe a sûrement dépassé la réalité. Cette mystification autour d'elle masque pourtant une partie de son portrait tourmenté, sombre et ambivalent. "Sa beauté est son sacerdoce [...] sa beauté fait d'elle l'impératrice, imposant l'humilité, le respect et l'adoration". Mais derrière cette élégance, se cache bien des tourments, elle souffrait notamment de névrose phobique obsessionnelle, d'anorexie et de profondes crises de dépression, ce qu'on appelait à l'époque "mélancolie".
Dans un style léger et poétique, Laurène Vernet redonne vie à Elisabeth de Wittelsbach et dépeint une femme broyée par la machine impériale, infantilisée par ce surnom "Sissi", scrutée, jugée et idéalisée tout au long de sa vie. La solitude, la frustration et l'ennui constituent son quotidien quand il n'est pas dicté par l'archiduchesse en l'absence de l'empereur. Sa vie, ses poèmes, ses états d'âme n'enlèvent rien au côté dramatique de sa personnalité mais, l'historienne replace son existence dans un contexte historique de révolutions politiques et de bouleversements sociaux qui permettent de saisir toute la profondeur de sa personnalité érudite. C'est finalement grâce à l'art et la culture que Sissi parvient à fuir sa réalité...