Dans ce deuxième roman, Polina Panassenko mène une enquête familiale des plus haletantes.
Avec À voix haute, beaucoup est d’abord tu. C’est en premier lieu la liste des choses à taire avant de rentrer en Russie, ce sont aussi les règles tacites de l’École du théâtre national de Moscou, ce sont même les révolutions dont on ne parle pas près des murs fins, ce sont les secrets de famille dont on ne parle toujours pas mais qui vivent à travers des objets ou photos, et c’est surtout cet aïeul dont on ignore jusqu’au nom. Même la plume dit tout sans le dire vraiment, le roman n’en est pas pour autant énigmatique, il est puissant, de ces histoires qui vous captivent, de ces destins qui vous touchent et vous hantent.
Après Tenir sa langue, Polina Panassenko continue son exploration du langage, cette fois-ci c’est la quête de l’oralité qu’elle recherche, et avec l'oralité, la vérité : celle d'une histoire familiale mais aussi celle de l'héritage d'un pays.
Intelligent dans la langue, tendre et affectueux dans la relation d’une petite-fille et son grand-père, ancré dans une histoire russe qui sème empiriquement des secrets familiaux, l’autrice signe un deuxième roman qui confirme son talent.
Un énorme coup de cœur de cette rentrée littéraire !