Un coup de coeur de Lucie
Le roman nous raconte à la fois ce voyage en voiture, ponctué par les malaises de notre narrateur, séquelles de son séjour dans les geôles de Pitești, et les souvenirs qui ressurgissent au fil de la route. Virginie Ollagnier raconte la faim, la peur, la torture et l'épuisement, mais surtout cette entreprise méthodique de déshumanisation qui avait pour objectif de construire « l'homme nouveau ». Et comme si cette volonté d'effacement avait laissé sa marque jusque dans le récit, nos deux frères n'ont pas de nom : seulement des surnoms qu'ils se donnent tout au long du roman. Le narrateur, lui, ne parle plus. Est-ce le choix d'un homme qui ne veut plus parler, ou celui d'un homme à qui l'on a retiré la parole ? Après tant d'années, il ne s'agit plus seulement de retrouver un homme, mais de pouvoir enfin le nommer.
Un roman d'une très grande force.