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Crime & châtiment

Paru le : 01/04/2010
Série(s) : Non précisé.
Collection(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Non précisé.

Sur une idée de Robert Badinter, Jean Clair a organisé une brillante exposition, dont il a le secret, mélangeant art et science, sur le thème du crime et de son corollaire le châtiment au Musée d'Orsay du 10 mars au 27 juin 2010.

« L'Homme est un rat pour l'homme » comme le souligne Michel Serres dans son texte impitoyablement lucide, Thanatomanie humaine, qui clôt ce catalogue d'exposition. Un Goût de la mort particulièrement vif au XIXème et au XXème siècle.

La révolution de 1789 nous a offert la démocratie et la terrible guillotine (une mort propre dont la Terreur montra la grande efficacité et qui a remplacé le spectacle des supplices de l'Ancien Régime) mais aussi un important changement de la procédure pénale : l'audience criminelle est ouverte au public. Un bouleversement qui signe l'entrée en scène de la figure du héros criminel dans l'imaginaire collectif. Il n'est plus ancré dans le mythe ou l'histoire : il est là vivant, parmi nous. On apprend son histoire, son crime dans ses moindres détails et sa figure que l'on peut scruter à loisir.

Le public, grâce l'essor de la presse populaire, se délecte de faits divers, de la chronique judiciaire mais aussi des héros criminels qui pullulent dans la littérature feuilletonesque depuis que Victor Hugo a publié Dernier jour d'un condamné (1829) qui narre la confession d'un assassin vingt-quatre heures avant son exécution. La science, évidemment, s'empare de la figure du criminel pour le comprendre, le reconnaître, voir prévenir les crimes et éviter les récidives : naissance de la nouvelle discipline médicale de la psychiatrie grâce aux travaux de Pinel et Esquirol ainsi que de nombreuses théories dont certaines ne sont pas sans échos contemporains : physiognonomie de Lavater, phrénologie de Gall, traité des dégénérescences de Morel, théorie du criminel-né de Lombroso…

Les artistes sont aussi fascinés par le crime et sa puissance de transgression. Leurs créations, souvent hallucinantes, sondent le mystère de la figure du criminel, saisissent la folie du geste assassin et l'horreur non moindre du châtiment, de la prison à la peine de mort.
Le catalogue d'exposition de Crime et châtiment avec ses précieuses contributions développe et illustre tous ces thèmes de manière admirable. Jean Clair livre ici une exposition aussi forte que Vienne 1880-1938, Apocalypse Joyeuse (1986) ou Mélancolie (2005) et signe un texte brillant : Naissance de l'acéphale sur la figure fascinante d'une tête sans corps né de l'imaginaire de la guillotine et d'un corps sans tête dont il fait un emblème de notre XXème siècle…
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Résumé

Crimes, prisons, décapitations, autant de thèmes qui parcourent l'art depuis la Révolution française. Qu'il soit politique ou crapuleux, le crime de sang décuple par l'image sa puissance fantasmatique. De Goya à Grosz en passant par Delacroix, une exploration de la représentation du crime dans l'art. ©Electre 2016

Quatrième de couverture

Crime & châtiment Mettez le juge dans un plateau, Placez le bourreau dans l'autre, Pesez la justice humaine, Et dîtes-moi ce que vous pensez De la peine de mort. Victor Hugo Crimes, prisons, décapitations, autant de thèmes qui parcourent en tous sens l'art depuis la Révolution française et ses premières tentatives d'abolir la peine de mort. Qu'il soit politique ou crapuleux, le crime de sang décuple par l'image sa puissance fantasmatique sur nous. Car la violence, même si elle n'est pas assortie de l'expression du plaisir, en apporte au spectateur, quelle que soit sa répulsion première. Des représentations littérales aux allégories de toutes sortes, la peinture confirme à foison cette ambiguïté fondamentale : des pendus de Victor Hugo à La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime de Pierre Paul Prud'hon. De nouveaux thèmes s'imposent à l'imaginaire, telle la femme criminelle. Stigmatisée par Jacques Louis David, réhabilitée par Paul Baudry puis noircie à nouveau par Edvard Munch, Charlotte Corday rejoint ainsi les figures du mythe. Se pose aussi la question des rapports entre folie, génie et crime, des prisonniers d'Eugène Delacroix à ceux d'Egon Schiele. Les plus grands artistes sont ceux chez qui la représentation exaspérée du crime ou de la peine capitale aboutit au saisissement maximum, de Francisco Goya et Théodore Géricault à Edgar Degas, Pablo Picasso, Otto Dix, George Grosz. Paria social, monstre conscient ou tueur irresponsable, le criminel a toujours fait débat. De même, son châtiment. Il n'est pas de meilleur miroir de l'homme et de l'art modernes.

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Fiche Technique

Paru le : 01/04/2010

Thématique : Art du XIXème siècle

Auteur(s) : Non précisé.

Éditeur(s) : Gallimard Musée d'Orsay

Collection(s) : Non précisé.

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-07-012874-1

EAN13 : 9782070128747

Format : Non précisé.

Reliure : Relié

Pages : 415

Hauteur : 28 cm / Largeur : 23 cm

Épaisseur : 4,1 cm

Poids : 2170 g