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L'ennemi au siècle des Lumières : de l'incorporation monarchique à l'activisme révolutionnaire

Auteur : Stéphane Mouré

Paru le : 05/02/2013
Éditeur(s) : Mare & Martin
Série(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Préfacier : Jean Barbey

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Résumé

Issu d'une thèse (2007), l'ouvrage analyse le concept d'ennemi à travers une étude de la connexité entre l'ordre politique de la monarchie d'Ancien Régime, la nation révolutionnaire et l'Etat, l'organisation et la mobilisation des acteurs de la guerre, hommes d'armes, guerriers, citoyens et les hommes des Lumières. ©Electre 2019

Quatrième de couverture

L'examen de la notion d'ennemi fait apparaître ce paradoxe singulier dont les termes essentiels s'impriment sur la trame de l'événement révolutionnaire : d'un côté, les hommes des Lumières ont en horreur la guerre et son cortège d'atrocités ; de l'autre ils se plaisent à promouvoir des idéaux ou des aspirations à partir desquels la Révolution conçoit la nécessité d'une mobilisation générale. Pareil élan inaugure une époque qui voit le surgissement du soldat citoyen, ou plutôt du citoyen activiste auquel le sans-culotte brandissant la pique donne une réalité de chair et de sang. En insistant sur la Cause à défendre, celle du peuple, de la justice, de la liberté ou de l'égalité, ces masses mobilisées, leurs porte-parole plus ou moins autoproclamés, ruinent les catégories du droit mises à l'honneur par le Jus publicum Europaeum : référence à l'ennemi juste des deux côtés ; neutralité du tiers ; équilibre des puissances ; analogie de la guerre et du duel ; personnification monarchique de la violence légitime. Aussi l'ennemi, en tant que concept central du jus belli, est-il le témoin infaillible de ces bouleversements de grande ampleur. Il ramène les constructions intellectuelles, les abstractions normatives ou les exposés théoriques à cette épreuve de force que constitue la fondation de la République. Cette expérience d'une démocratie tout ordonnée au temps de l'exception fondatrice tranche avec la rationalisation étatique de l'âge classique. Une telle intensité de vie collective résulte de ces enthousiasmes disposant chacun à embrasser sans réserve la Cause, déclarée sainte ou juste (justa causa). La Révolution se présente alors comme un conflit d'un genre inédit : elle exalte l'énergie de la vertu par laquelle les hommes devenus citoyens s'approprient démocratiquement leur destinée au point de rompre avec l'idée d'une guerre paritaire où ne se rencontrent en effet que des justi hostes. Si défaite il y a dans cette perspective d'une actualisation de l'hostilité révolutionnaire, c'est d'abord celle des « droits ennemis » (Jean Bodin) en tant qu'instituteurs d'une conscience déterminée par cette irrévocabilité de la condition politique, à ce titre imperméable aux injonctions du moralisme humanitaire propre à la Philosophie en laquelle travaille l'espérance d'une régénération non seulement de l'ordre public mais de l'homme.

Fiche Technique

Paru le : 05/02/2013

Thématique : Révolution Française

Auteur(s) : Auteur : Stéphane Mouré

Éditeur(s) : Mare & Martin

Collection(s) : Histoire du droit et des institutions

Série(s) : Non précisé.

ISBN : 2-84934-082-0

EAN13 : 9782849340820

Format : Non précisé.

Reliure : Broché

Pages : 763

Hauteur : 21 cm / Largeur : 15 cm

Épaisseur : 3,9 cm

Poids : 600 g