Permet à tous ses détenteurs d'obtenir 5% de réduction sur tous les livres lors du retrait en magasin (réduction non cumulable avec les réductions de type étudiant).
Offre également un certain nombre d'avantages auprès de nos partenaires.
Avec les favoris, retrouvez dans un espace les sélections effectuées au fur et à mesure de vos navigations dans le site.
Constituez pour votre usage personnel vos listes de livres en prévisions d'achats futurs et votre sélection d'articles, dossiers, événements, vidéos ou podcasts préférés ou à découvrir plus tard...
Il suffit simplement de cliquer sur "Ajout Favori" sur chaque page qui vous intéresse pour les retrouver ensuite dans votre espace personnel.
Antoine Compagnon vous présente son ouvrage "1966, année mirifique" aux éditions Gallimard. Entretien avec Pierre Coutelle.
Dans cet échange, Antoine Compagnon revient sur la genèse de son livre, né d'un cours au Collège de France et d'une intuition personnelle : l'année 1966 constitue le véritable pivot de la France contemporaine, bien plus que 1968. Si 1968 est l'explosion, 1966 est l'année des inflexions profondes, marquant l'apogée des Trente Glorieuses et l'émergence de mutations sociales irréversibles.
L'auteur souligne deux indicateurs majeurs : la baisse de la natalité et l'augmentation de la productivité. La France s'enrichit, découvre les vacances et la télévision (50 % des foyers équipés). C'est aussi l'année de l'irruption de la jeunesse comme force démographique et culturelle. Les "boomers" investissent l'université, poussant le gouvernement de l'époque à créer un ministère de la Jeunesse et à lancer la réforme Fouché, qui abolit la sélection à l'entrée des facultés de lettres.
Antoine Compagnon analyse ce basculement à travers le prisme de la culture et de la théorie. 1966 est l'année du structuralisme triomphant où de nouveaux maîtres à penser — Michel Foucault, Roland Barthes, Claude Lévi-Strauss, Jacques Lacan et Louis Althusser — détrônent la figure tutélaire de Jean-Paul Sartre. La littérature et le cinéma témoignent de ces tensions : du "jeunisme" d'Aragon à la mélancolie des personnages de Georges Perec, jusqu'aux films de Jean-Luc Godard et Robert Bresson, qui saisissent l'air du temps entre consommation et métaphysique.
Enfin, l'entretien aborde la dimension politique et mémorielle. Entre l'affaire Ben Barka qui ébranle le pouvoir gaulliste et les débats sur la contraception, 1966 marque aussi un tournant dans la conscience du génocide des Juifs. À travers les polémiques liées aux livres de Hannah Arendt et Jean-François Steiner, la France commence à distinguer camp de concentration et camp d'extermination, posant les jalons d'une mémoire renouvelée.
L'année 1966, sommet des Trente Glorieuses, constitue selon l'auteur un tournant autant démographique que politique, économique, social et culturel. Il dresse un portrait de cette année-charnière et évoque la Nouvelle Vague, Georges Perec, le structuralisme et Roland Barthes, Michel Foucault, le briquet jetable, la microcassette Philips, Marguerite Duras, André Malraux, ou La Grande Vadrouille....