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François Guichard - Ces bateaux qui ont écrit l'histoire de la marine

Embarquez pour quatre siècles d'innovations technologiques et d'aventures humaines au cœur de la Marine nationale.
Publié le 10/06/2026
L'Amiral François Guichard vous présente son ouvrage "Ces bateaux qui ont écrit l'histoire de la marine" aux éditions Glénat. Entretien avec Jean Petaux.
Avant le XVIIe siècle, la France ne possède pas de flotte de guerre permanente. Des navires comme la Cordelière (1498) témoignent d'une époque où la Couronne loue ou réquisitionne ses forces au gré des conflits. C'est le traumatisme du siège de La Rochelle qui pousse le roi Louis XIII et le cardinal de Richelieu à fonder une marine d'État autonome, matérialisée par le vaisseau la Couronne.

Sous Louis XIV, le gigantisme naval s'affirme avec le Soleil Royal, véritable « Versailles flottant » conçu pour projeter la puissance du souverain. Cependant, la réalité des combats pousse la marine vers plus de pragmatisme au XVIIIe siècle. L'école d'architecture française donne naissance aux vaisseaux de 74 canons. Plus bas sur l'eau, plus longs et plus maniables, ces navires révolutionnent la tactique navale et imposent une professionnalisation des équipages.

Le XIXe siècle bouleverse définitivement les doctrines avec l'apparition du canon Paixhans et de ses obus explosifs, condamnant les flottes en bois. La France prend une longueur d'avance en concevant les premières batteries flottantes cuirassées (Dévastation) puis la Gloire, première frégate cuirassée de haute mer. À la fin du siècle, la doctrine de la « Jeune École » théorise la guerre asymétrique en opposant à la lourdeur des cuirassés la vélocité d'une multitude de petits torpilleurs numérotés.

Cette quête technologique mène naturellement la France à devenir la première puissance sous-marine au monde au tournant du XXe siècle. L'expérimentation du Plongeur (1863), qui inspirera Jules Verne pour son Nautilus, aboutit au Narval (1900), qui introduit la double coque et la propulsion hybride. Parallèlement, la transformation du croiseur la Foudre marque l'acte de naissance de l'aéronautique navale française.

Après s'être arrêtée sur l'engagement des Forces navales françaises libres (FNFL) durant la Seconde Guerre mondiale — incarné par la corvette Aconit et le sous-marin Rubis —, la discussion s'oriente vers la marine moderne. Du Groupe Aéronaval articulé autour du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle aux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de troisième génération, la France maintient un outil de dissuasion et de projection mondial de premier ordre.

En conclusion, François Guichard rappelle que la performance d'une marine moderne repose avant tout sur son modèle humain. Face aux mutations sociétales et géopolitiques, le principal enjeu des vingt prochaines années réside dans la gestion des ressources humaines et la transmission des valeurs de solidarité propres à la vie en mer.
Bibliographie